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VIII, 23. Et quand il fut entré dans la barque, ses disciples le suivirent.
24. Et voici, une grande tempête s’éleva sur la mer, de sorte que la barque était couverte par les vagues, et il dormait.
25. Et ses disciples, s’étant approchés, le réveillèrent, en disant : Seigneur, sauve-nous, nous périssons.
26. Et il leur dit : Pourquoi êtes-vous dans la crainte, gens de petite foi? Alors, s'étant levé, il imposa silence aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme.
27. Et ces hommes furent dans l'admiration, disant : Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ?
Matthieu ne dit pas si le scribe et l’autre disciple,
qui venait de perdre son père, furent de ceux qui entrèrent avec Jésus dans la barque. Ceux qui l’y suivirent purent voir comment reposait paisiblement pendant la tempête ce Fils de l'homme qui n’avait pas où poser sa tête.
I fallait que le danger fût bien grand pour paraître tel aux pêcheurs de la suite de Jésus (IV, 18- 22), habitués aux agitations de cette petite mer intérieure. Dans leur détresse, ils lui demandent de les délivrer; c’est donc qu’ils lui en croyaient le pouvoir. Il les nomme cependant des gens de petite foi, parce qu'il y avait en eux, ainsi que cela résulte de sa réponse, plus de crainte encore que de confiance. Le
pouvoir de Jésus devait être grand à leurs yeux, puisqu'ils l’avaient vu guérir tous les malades qu’on Jui amenait; mais ses guérisons ne leur apprenaient pas de quel secours il pourrait leur être dans une tempête : de là leur admiration, quand d’un mot il arrête les vents et 1l rend le calme à la mer.
Bien qu'il n’y eût point de degrés dans la puissance par laquelle Jésus opérait ses miracles, « le « miracle ne se pouvant mesurer (1), » il y en avait dans l’idée qu’on pouvait s’en faire. Aussi quelquesuns des miracles que Matthieu rapporte, et celui-ci entre autres, devaient-ils, en raison de la grandeur de leurs effets, inspirer à ceux qui en furent les témoins un étonnement plus grand, qui, de ces phénomènes, remontait à leur auteur. On en peut juger par l’exclamation qui termine ce récit.
Les faits qui vont suivre, jusque vers la fin du chapitre IX, au lieu d’être empruntés à différents temps, comme ceux qui viennent d’être racontés, appartiennent tous à la même époque, à celle où Matthieu lui-même reçut appel de Jésus. Ce qui précéda et ce qui suivit sa vocation devait former pour lui un ensemble de souvenirs, auxquels il était d’autant plus naturel de faire place ici, que les miracles, qui sont le sujet principal de ce fragment, y abondent.
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(1) Viet, Nouvelles Etudes évangéliques. Première édition, page 439.
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