‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 13 sur 107 · Alors Jésus lui répondit · texte numérisé non relu

Alors Jésus lui répondit

O femme, grande est ta foi :

qu’il te soit fait comme tu veux!

Et sa fille fut guérie dès cette

ἀπὸ τῆς ὥρας ἐχείνης. beure-là.

Tout Israélite était obligé de célébrer la Pâque le quatorzième jour du mois de nisan. Jl n'y avait d'exception que pour ceux qui étaient souillés ou qui se trouvaient en voyage hors du pays (4). La loi de Moïse était positive à cet égard. (Nombres, IX, 10, 15.) Il est probable sans doute qu’on en était venu peu à peu à considérer beaucoup d’autres raisons comme suffisantes pour ne pas assister à la grande fête nationale. Le danger que Jésus aurait couru à Jérusalem, s’il s’y était rendu après ce qui venait d'avoir lieu, devait être à ses yeux un motif légitime pour n’y pas aller, et pour n’y pas laisser aller ses disciples, qui y auraient été exposés aux mêmes périls que lui; mais afin que ses ennemis ne pussent pas l'accuser de violer par son abstention la loi qu’il reprochait aux pharisiens d'annuler par leur tradition, il résolut de sortir du pays et de se retirer dans la

(1)... χαὶ ἐν ὁδῷ μακρὰν oùx ἔστι. (Nombres, ΙΧ, 43. LXX.) — « Si quelqu'un n'étant pas en voyage à l'étranger... » (COLANI, Revue de Théologie, tome XI, page 27.)

portion de la Phénicie où sont Tyr et Sidon : de cette manière il se trouvait dans J’un des cas où l'absence de la fête était formellement autorisée. La Pâque se célébrait pendant sept jours. (IL. Chroniques, XXX, 21 ; Ezéchiel, XLV, 21.) On comptait trois jours pour y aller des provinces, et trois jours pour en revenir (4) : il fallait donc deux semaines environ pour y prendre part. Mais comme ceux qui étaient en voyage au 14 de nisan, devaient célébrer la Pâque le 14 du mois suivant, s’ils étaient alors de retour (Nombres, IX, 10, 11), et que les raisons que Jésus avait pour ne pas monter à Jérusalem auraient été aussi fortes à cette seconde époque qu’à la première, il était obligé, pour ne pas enfreindre la loi, de demeurer absent tout ce temps-là. Il paraît, d’après saint Marc, dont le récit est plus détaillé que celui de Matthieu, s’être établi d’abord sur les confins de Tyr (2) et n’avoir

(4) Démétrius constatait avec beaucoup d’exactitude cette coutume des Juifs, quand, voulant combattre l'ascendant qu’Alexandre, fils d’Antiochus Épiphane, commençait à prendre, il leur promettait, dans une lettre adressée à Jonathan Maccabée et au peuple, « que les sabhats et les fêtes, et trois jours avant la fête et trois « jours après la fête, χαὶ τρεῖς ἡμέραι πρὸ ἑορτῆς χαὶ τρεῖς « ἡμέραι μετὰ ξορτὴν, seraient pour eux, sous sa domination, des « jours de vacation et d’immunité. » (1. Maccab., X, 34.)

(2) Le texte reçu, Καὶ ἐχεῖθεν ἀναστὰς ἀπῆλθεν εἰς τὰ μεθόρια Τύρου χαὶ Σιδῶνος (Marc, VIE, 24), désigne, il est vrai, d’une manière générale les confins de Tyr et de Sidon comme la contrée où Jésus se rendit alors ; mais les mots χαὶ Σιδῶνος manquent dans plusieurs manuscrits importants, entre autres dans celui de Cambridge. La version de l'Évangile selon saint Marc publiée par des ministres des deux Églises protestantes nationales de France suit cette leçon. Elle tradait ainsi : Jésus partit ensuite de là et s'en alla sur le territoire de Tyr, sans ajouter et de Sidon.

MATTHIEU, XV, 21-28. τ été à Sidon que plus tard, au moment où il repartit de cette contrée. (Marc, VII, 341.)

Son intention n'était pas de s’y montrer en public. Il désirait, au contraire, que le séjour qu'il y allait faire ne fût pas connu des habitants. Le repos qu’il avait voulu procurer aux apôtres dans la solitude voisine de Bethsaïde, où 1l s'était réfugié avec eux, ayant été rendu impossible par l’arrivée de la multitude qui l’y avait suivi (XIV, 43), c'était à la fois une occasion de les en faire jouir et de reprendre avec eux, dans la demeure écartée qu'il avait choisie, les entretiens par lesquels il les préparait à la grande mission qu’il leur devait confier; mais nous verrons bientôt qu’il ne put pas y être caché. (Marc, VII, 24.)

Tyr et Sidon sont situées au nord-ouest de la Galiée. Tyr est la plus méridionale de ces deux villes. Sidon n’en est éloignée que de quelques lieues. Ce pays n’a jamais appartenu aux Hébreux. La tribu d'Ascer s’y était établie au milieu des Cananéens, sans les déposséder. (Juges, I, 31, 32.) A l’époque où Alexandre s’empara des contrées voisines (il serait inutile de remonter plus haut), ce prince agrandit le territoire de Tyr et de Sidon, et en fit un petit royaume; mais cet État insignifiant, trop faible pour maintenir son indépendance, partagea bientôt les vicissitudes de la Syrie et finit par tomber avec elle au pouvoir des Romains. Le nom de Syrophénicie a pu être employé, à partir de cette époque, en parlant de la Phénicie, pour la distinguer des autres parties de la province romaine de Syrie, ce

qui suffit pour expliquer qu’on ait, d’après les Évangiles, nommé Syrophéniciens, au temps de Jésus, les descendants des anciens habitants de cette contrée. (Marc, VII, 26, à comparer avec Matthieu, XV, 22.) La Phénicie ne paraît pas, du reste, avoir formé, après son adjonction à la Syrie, une province distincte avant le temps de Septime-Sévère. Ce n’est qu’à cette époque que le nom de Syrophénicie fut officiellement donné à la portion méridionale de la Syrie, après la séparation en deux de cette grande province (1). Une foule de gens étaient venus de ce pays-là pour entendre Jésus et pour être guéris de leurs maladies, lorsqu'il avait été demeurer à Capernaüm. (Luc, VI, 17.) C'était après qu'il eut soutenu contre les pharisiens le droit qu’il avait de guérir le jour du sabbat, comme on le peut voir par la place que ce récit occupe dans le troisième Évangile. Il opéra en ce même temps cette guérison d’un démoniaque aveugle et muet, dont les Juifs furent si étonnés qu'ils se demandaient, ainsi que Matthieu le rapporte, si Jésus ne serait point le Fils de David. (ΧΙ, 28.) A leur retour chez eux, ces étrangers racontèrent naturellement tout ce dont ils avaient été témoins. Quelles ne durent donc pas être les émotions de Ja pauvre mère dont l’histoire est ici racontée, quand elle apprit que celui qui faisait de telles choses était dans son voisinage!

(4) À cette époque appartiennent les bornes milliaires qui existent encore entre Tyr et Sidon, et qui portent cette inscription : Præsidem. Province : Syriæphænic. Voir OngLrr, Inscriptionum latinarum collectio, tome I, n° 905,

Ce n’était pas une femme juive, bien que de tout temps 1] y ait eu beaucoup de Juifs en ce pays-à, mais une femme grecque (Marc, VIE, 26), dans le sens large que les Juifs, habitués depuis la conquête macédonienne à comprendre sous le nom de Grecs toutes les races autres que la leur, attachaient à ce mot (1); ou, pour parler comme Matthieu, c'était une vraie Cananéenne (2), issue des anciens habitants

(4) « Ἑλληνίς, a religione, non ab origine. Recte Latfous « interpres reddidit : Erat enim mulier gentilis, genere Syro- « phœnissa… Infinitam liceret segetem exemplorum ex auctoribus « demetere et admetiri, quibus vox Ἕλλην sic sumitur pro gen- «tili, si res ignota pluribus testibus probari deberet… Sic cum « genus bumanum Paulus in Ἕλληνας et Ἰουδαίους dividit (Rom., « 111, 9), duas religiones 408 tunc vigebant maxime, comprehen- « dere voluit, gentilem, quam Græci maxime profitebantur, et unius « verique Dei cultum, quæ erat θρησχεία Judæorum. » (SALmasIus.)

— « Depuis que les Grecs sous la conduite d'Alexandre le Grand « se furent rendus maîtres de la Syrie, les Juifs commencèrent « à appeler tous les païens des Grecs, ce qu'ils continuèrent même « après que les Latins eurent établi leur empire dans tout l'Orient, « comme il paraît par ce passage, et Rom., 1,46; 1. Cor., I, 22, 23; « Col., IT, 44, » (Davin ManTiN.) — « Pour cette raison, dit « Calvin, souvent en saint Paul on trouve cette antitbèse entre « les Grecs et les Juifs. » (Commentaires sur le N.T., tome, page 490.) Les Grecs, toutefois, se distinguant à leur tour des Barbares, cette distinction est aussi marquée dans les épitres. Il résulte de là que la désignation de Grecs n'y embrasse pas toujours indistinctement, comme celle de Gentils (τὰ ἔθνη), tous ceux qui ne sont pas de la nation des Juifs. Voir Romains, 1, 44; Colossiens, III, 44.

(2) Les Septante donnent le nom de Phénicie au pays de Canaan. Exemple : « Les enfants d'Israël. mangèrent la manne jusqu’à « ce qu'ils furent parvenus aux frontières du pays de Canaan, « ἕως rapeyévovre εἰς μέρος τῆς Φοινίκης. » (Exode, XVI, 36. LXX.) Ils nomment les rois des Cananéens οἱ βασιλεῖς τῆς Φοινίχης. (Josué, V, 1. LXX.) Samuel Bocbart a fait la remarque

de la Phénicie, dont Sidon, fils de Canaan, était le père. (Genèse, X, 15.) Informée du lieu où Jésus demeure, elle sort pour aller le trouver, et ne doutant pas que ce ne soit lui, en compagnie de ses disciples, quand elle aperçoit devant elle des inconnus sur le chemin, elle élève la voix, et le nommant comme elle sait que le font les Juifs, elle le conjure, avant même de l’avoir rejoint, d’avoir pitié d'elle, en guérissant sa fille qui est démoniaque.

Jésus gardait le silence; mais ses disciples, instruits de son désir de ne pas attirer l’attention dans ce pays, lui représentèrent que les cris de cette femme ne manqueraient pas de le faire connaître à tous, s’il n’y mettait un terme, et qu'il fallait absolument, pour rester inconnu, qu’il la congédiât d'une manière ou d’une autre. Jésus ne l’ignorait pas; mais des pensées plus hautes que les leurs l’empêchaient de lui répondre : aussi rempli de compassion pour l’affliction de la Cananéenne que pour les maux de ses compatriotes, il lui en coûtait de lui dire qu’il outrepasserait son mandat s’il lui venait en aide; et cependant c’est là ce qui le préoccupe, et il le déclare à ses disciples : « Je ne suis envoyé, leur dit-il, qu’aux « brebis perdues de la maison d'Israël. » Les enfants d'Israël, tous issus d’un seul homme, formaient une même famille, alors même qu'ils étaient devenus une que la même personne est appelée Cananéenne en un endroit de la version des Septante, et Phénicienne en un autre : α χαὶ Σαοὺλ υἱὸς τῆς Χανανίτιδος. (Genèse, XLVI, 40.) — χαὶ Σαοὺλ ὃ ἐχ

τῆς Φοινίσσης. (Exode, VI, 45.) — Pour l'usage du mot Phénicie dans le Nouveau Testament, voir Actes, XT, 49; XV, 3; XXI, 2.

MATTHIEU, XV, 21-28. ei nation. 1] fallait que Jésus exerçôtson ministère parmi eux, pour accomplir les promesses qui leur avaient été faites, avant que les Gentils ne pussent se réjouir avec son peuple. (Romains, XV, 8-10.) Provoquer en Phénicie, par des miracles, de grands rassemblements pareils à ceux de la Galilée, empiéter ainsi sur l'œuvre réservée à ses apôtres, au lieu d’achever la sienne, c’eût été renverser l’ordre que Dieu avait établi, dans l'intérêt même des Gentils, en ne l'envoyant qu'aux Juifs; et cela, au risque d'irriter les Juifs et de les rendre hostiles à son œuvre, en paraissant se détourner d’eux. Il y avait certes là, pour Jésus, des questions graves à considérer, au lieu de suivre simplement l’impulsion de son cœur.

Tandis que le maître et les disciples s’entretiennent ensemble, la Cananéenne s’est approchée ; elle les a atteints, et se jetant aux pieds de Jésus, elle sollicite de nouveau son secours. Jésus lui répond que n’étant pas de la maison d'Israël, elle n’est pas dans les conditions où il faut être pour avoir part aux grâces dont la dispensation lui est confiée: « Laisse pre- « mièrement rassasier les enfants, » lui dit-il, suivant saint Marc, plus complet en cet endroit que ne l'est saint Matthieu; « car il n’est pas bien de pren- «dre le pain des enfants et de le jeter aux petits « chiens. » (Marc, VII, 27.) Il y avait assurément des grâces en grand nombre destinées également aux Juifs et aux Gentils, et toujours accessibles aux uns et aux autres; mais il y avait aussi des bénédictions spécialement réservées aux enfants du royaume (Mat-

thieu, VIII, 42), ou qui du moins devaient passer par eux comme par un canal, avant d'arriver aux autres nations de Ja terre. Tout ce qui correspondait à l'adoption de ce peuple, et à la place qu’il tenait dans le plan de Dieu pour la réconciliation du monde, en faisait partie. C’est là ce que Jésus nomme 10] k pain des enfants. Les guérisons miraculeuses étaient comprises par lui sous ce nom, puisque c’est à leur occasion qu’il en fait mention. Faire, au milieu des Juifs, des miracles au profit des Gentils, commeil l'avait fait quelquefois (1), ce n’était rien ôter aux Juifs; mais se mettre à en faire en la contrée de Tyr et de Sidon, comme si, renonçant à poursuivre son travail parmi les Juifs, 1l se tournait vers les Gentils, ce serait prendre aux uns ce qui leur appartient et leur est nécessaire, pour le jeter à d’autres qui n'y ont point de droit; or, le proverbe qu'il cite, affirme qu'agir ainsi ce serait mal faire.

Que répond à cela la Cananéenne? Toute la conduite de Jésus, qui n’était pas sorti jusque-là de l’enceinte de son pays, et qui avait expressément rattaché son œuvre à la loi de Moïse et à la parole des prophètes, était de nature à la lui faire envisager comme une œuvre essentiellement nationale, ainsi qu’elle devait, en effet, l'être d’abord, et il n’y avait en cela rien qui dût l’étonner, les Juifs ayant été sé-

(4) Matthieu, VIII, 5-43. — On peut supposer qu'il y avait des Gentils parmi ceux qui vinrent des environs de Tyr et de Sidon. (Marc, Il, 8.) Ils font partie de ceux dont Matthieu dit que Jésus les guérit tous. (Matthieu, XII, 45.)

MATTHIEU, XV. 21-28. 63 parés des Gentils à travers toute leur histoire. Elle n'objecte donc rien à ce que Jésus vient de dire; elle y souscrit au contraire. Mais qu'y a-t-il là qui doive l'empêcher d’obtenir ce qu'elle sollicite? Les miettes qui tombent de la table du père de famille sont pour les petits chiens, sens qu’il en résulte aucune privation pour les enfants. Aussi demande-t-elle avec confance que ce dont les enfants n’ont que faire soit pour elle. Si sa fille est guérie, les malades juifs ne le seront pas moins pour cela, et la grâce qu'elle désire obtenir ne leur peut ainsi faire aucun tort.

Comment, après une telle réponse, Jésus aurait-il pu résister encore à sa pribre? N’était-ce pas lui qui avait dit à la femme de Sichar, qui s’était montrée surprise que, quoique Juif, il lui eût demandé à boire, à elle qui était Samaritaine, que si, sachant qui il était, elle le lui avait demandé elle-même, il. lui aurait donné une eau vive? (Jean, IV, 9, 10.) La foi de la Cananéenne est grande comme celle du centurion : pourquoi donc ne serait-elle pas exaucée comme lui ? Le motif qui avait fait hésiter Jésus à lui accorder la guérison de son enfant n'existait plus, du moment qu’il était bien entendu que ce n'était là qu'une grâce personnelle, cé qui empêchait tout à fait de considérer ce miracle, accompli hors des limites assignées par son Père au ministère de Jésus, comme une extension intempestive qu’il lui aurait donnée arbitrairement. Il répond donc à la femme, comme il y était porté dès le premier instant : « Qu'il te soit fait comme tu veux! » Et en rentrant dans 88

θέ MATTHIEU, XV, 21-28; 29-58.

maison, elle trouva la pauvre démoniaque, naguère si agitée, revenue à son bon sens et paisiblement couchée sur son lit. (Marc, VII, 30.)

Dans le temps même où Jésus venait de blâmer les pharisiens et de recommander à ses disciples de les laisser (XV, 14), il témoignait que la barrière qui le séparait des Gentils ne devait pas toujours subsister, quoique la vraie saison de les secourir ne fût pas encore venue. S'il préparait la rupture du lien charnel qui seul unissait alors les Juifs les uns aux autres, il leur faisait entrevoir aussi la formation du lien spirituel destiné à unir désormais ce qui avait été en opposition jusque-là. Quand nous serons arrivés au terme de cette section, il nous sera facile de reconnaître le rapport entre eux des faits qui la remplissent, et qui tendent tous à ce but.

XV, 29. Kat μεταδὰς ἐχεῖθεν ὃ Ἰησοῦς ἦλθε παρὰ τὴν θάλασσαν τῆς Γαλιλαίας " χαὶ ἀναδὰς εἰς τὸ ὄρος ἐκάθητο ἐχεῖ.

XV, 29. Et Jésus, s’en étant allé de là, vint aux bords de la mer de Galilée ; etétant montésur la montagne, il y séjournait (4).

30. Et de grandes troupes vinrent à lui, ayant avec elles des boiteux, des aveugles, des muets, des impotents, et d’autres encore, et ils les amenèrent aux pieds de Jésus, et il les guérit:

314. De sorte que la multitude était dans l'admiration à la vue de ces muets qui parlaient, de

(4) J'ai dit ci-dessus, page 19, note 4, pourquoi je traduis ainsi,

au lieu de traduire à s’y assit, comme on le fait ordinairement.— « Il s’y arrêta, » (Le P. Bounouns.) — « Καθῆσθαι, sich sefzen, hier verioeilen. » (PAuLUs.)

περιπατοῦντας χαὶ τυφλοὺς βλέrovras” χαὶ ἐδόξασαν τὸν Θεὸ Ἰσραήλ.

33, Kai λέγουσιν αὐτῷ ol μαθηταὶ αὐτοῦ" Πόθεν ἡμῖν ἐν ἐρημίς ἄρτοι τοσοῦτοι.) ὥστε χορτάσαι ὄχλον τοσοῦτον :

ces impotents rendus valides, de ces boiteux qui marchajent, de ces aveugles devenus voyants, et elle glorifiait le Dieu d'Israël.

32. Or Jésus, ayant appelé ses disciples, dit : Je suis ému de compassion pour ceffe multitude ; car voici déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi, et ils n'ont rien à manger, et je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu’ils ne défaillent en cheniin.

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