‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 12 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

faire. I] faut être aveugle soi-même, incapable par conséquent de reconnaître qu'ils le sont, pour se laisser mener par eux : autrement, comment pourrait on consentir à les prendre pour guides (1)? Tel n’est pas le cas des disciples : ils voient, parce que Jésus leur a ouvert les yeux; ils savent, grâce à ses instructions, que les pharisiens sont des aveugles, grossièrement ignorants de ce qui se rapporte à Dieu et au caractère spirituel de 88 loi; et avec cela si or. gueilleux, qu’ils se croient plus clairvoyants que personne, et qu'ils veulent montrer aux autres le chemin. Aussi les disciples doivent-ils résolüment se détacher d’eux.

XV, 15. ᾿Αποχριθεὶς δὲ ὁ XV, 16. Pierre prenant la pa- Πέτρος εἶπεν adt@- Φράσον ἡμῖν role, lui dit : Explique-nous cette

τὴν παραδολὴν ταύτην. ° 16. Ὁ δὲ Ἰησοῦς elrev:

19. Ἐχ γὰρ τῆς καρδίας ἐξέρχονται διαλογισμοὶ πογηροί, φόνοι, μοιχεῖαι, πορνεῖαι, χλοral, ψευδομαρτυρίαι, βλασφηbla. ,

parabole.

46. Mais Jésus dit : A présent même, vous aussi, êtes-vous sans intelligence ?

47. Ne comprenez-vous pas encore que tout ce qui entre dans ia bouche, s’en va dans le ventre et est jeté aux lieux secrets P

48. Mais ce qui sort de la bouche procède du cœur, et c'est là ce qui souille l’homme.

49. Car du cœur procèdent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les diffamations.

(4) Voir Luc, VI, 39, comment Jésus s’était appliqué à rendre celte pensée familière à ses disciples, avant d’en faire une appli-

cation directe aux pharisiens.

MATTHIEU. XV, 15-20. ol

20. Ταῦτά ἐστι τὰ χοινοῦντα 20. Ces choses-là sont celles τὸν ἄνθρωπον᾽ τὸ δὲ ἀνίπτοις qui souillent l’homme; mais de χερσὶ φαγεῖν où χοινοῖ τὸν manger avec des mains non laἄνθρωπον. ο΄ vées, ne souille point l'homme.

Les disciples de Jésus n'avaient pas encore tous renoncé aux ablutions prescrites par la tradition. Il paraît que Pierre était du nombre de ceux qui avaient besoin d’être éclairés sur ce point, puisqu'il se rendit leur organe, après qu’ils furent arrivés à la maison (Marc, VII, 17), pour le prier de leur expliquer la parabole qu’il avait dite : renseignement intéressant qui nous fait voir combien il devait être difficile aux Juifs, assujettis à la fois aux ordonnances de leurs docteurs et aux rites de la loi cérémonielle, d’en faire le triage, et de rejeter les unes, tout en retenant les autres. Quelque lourd que füt le joug imposé aux Israélites par Moïse, les disciples, et Pierre en particulier (Actes, X, 14), n’en continuèrent pas moins à le porter scrupuleusement jusqu’au jour où le mur de séparation entre les Juifs et les Gentils ayant été renversé à la suite d’une détermination inspirée d’en haut (Actes, XV, 28), les ordonnances de la loi elle-même ne furent plus considérées comme obligatoires. Jésus ne voulait alors porter à celles-ci aucune atteinte : relever la loi morale et rendre au culte de Dieu la sainteté qu’il doit avoir, en empêchant les pharisiens de transformer plus longtemps les actions communes et indifférentes en actes de religion, et de faire de la religion une routine et un commerce, voilà tout ce qu’il se pro-

posait. Après un éclat comme celui qui venait d’avoir lieu, l’opposition qui existait entre eux et lui devait nécessairement avoir de plus en plus le caractère d’une guerre ouverte. Tel fut, en effet, le résultat de la rencontre de Jésus avec les docteurs de Jérusalem, à laquelle se rattache cet entretien avec les disciples.

Dans sa réponse à Pierre, Jésus s'étonne de ce que lui et ses compagnons ont si peu profité des leçons qu’il leur a données jusque-là, qu’une explication leur soit encore nécessaire pour comprendre ce qu’il vient de dire avec une si parfaite clarté. Il consent cependant à la leur donner puisqu'ils la demandent, et il ne se refusera à aucun détail pour leur rendre intelligible le sens de la parabole qu’il a proposée au peuple. La forme lui en avait été suggérée par la discussion qu’il venait d’avoir avec les pharisiens. Ceux-ci avaient reproché à quelques-uns des disciples de prendre leur nourriture avec des mains non lavées : elle est ce qui entre dans la bouche. Jésus les avait accusés eux-mêmes de donner un enseignement qui annulait la loi de Dieu par la tradition : il est ce qui en sort. La bouche n’est nommée ici que parce qu'elle a été en cette occasion comme une issue du cœur (XII, 35); mais, dans le passage parallèle de saint Marc, elle ne l'est pas (Marc, VII, 15), et elle ne peut pas l’être, parce qu’il s’agit là de sentiments du cœur se manifestant la plupart, non par des discours, mais par des actes. Toutes les infractions à la loi divine ont pour germes

MATTHIEU, XV. 15-20. 53 de « mauvaises pensées, » quoiqu’elles ne se traduisent pas toujours en paroles : alors que la bouche se tait, les pieds peuvent courir au mal, et les mains faire des actions de violence. (Ésaïe, LIX, 6, 7.) Elles sont nommées à l’entrée de cette énumération que Jésus fait de toutes sortes de fautes, non comme un péché particulier, mais comme la source commune de tous les péchés qui suivent, et qui tous viennent du cœur. La liste en est plus longue chez Marc (VII, 22) que chez Matthieu; mais celle de Matthieu suffit pleinement au but; et si l’on se souvient que Jésus venait de parler de la violation du commandement d'honorer les parents par lequel s’ouvre la seconde table de Ja loi, plaçant ainsi ce commandement en tête des autres, on reconnaïîtra que, par les grossières violations de la loi qu’elle rappelle, elle correspond, selon leur ordre, à tous les commandements de cette partie du décalogue. (Exode, XX, 12-16.) Ces choses-là, qui sortent de l’homme, souillent l'homme; mais ce qui entre en lui ne le souille point, paree que le cœur ne saurait être rendu impur par les viandes, qui n’ont aucun rapport avec lui, et desquelles, impures ou non, il ne reste, peu de temps après, plus rien en l'homme. Vaine est donc cette excessive préoccupation de la souillure légale, la moralité n’y élant pas intéressée, et le cœur, auquel Dieu regarde, n’y ayant point de part.

Mieux on se rendra compte des idées des Juifs et des intérêts des pharisiens à cette époque, et plus on reconnaîtra la grandeur de la lutte que Jésus venait

d'engager contre ces derniers. Les hommes puissants qu’il avait démasqués et hardiment accusés, allaient remonter à Jérusalem avec les Juifs de la contrée qui se disposaient à aller à la fête. Jésus se joindrat-1l à eux pour s’y rendre? Mais ce serait 86 livrer à eux et courir à une perte certaine, avant d’avoir achevé d'instruire ses disciples sur sa personne et sur ses plans, et de les avoir ainsi mis en état de continuer son œuvre. Il se décida donc à ne pas aller,

cette année-là, à la Pâque qui était proche.

XV, 21. Kat ἐξελθὼν ἐχεῖθεν ὃ Ἰησοῦς ἀνεχώρησεν εἰς τὰ μέρη Τύρου χαὶ Σιδῶνος.

22. Καὶ ἰδού, γυνὴ Χαναναία ἀπὸ τῶν δρίων ἐχείνων ἐξελθοῦσα ἐχραύγασεν αὐτῷ λέγουσα" Ἐλέησόν pe, χύριε, υἱὲ Δαυΐδ: h θυγάτηρ μου χαχῶς δαιμονίζεται (1).

28. Ὁ δὲ οὐχ ἀπεχρίθη αὐτῇ λόγον. Καὶ προσελθόντες ol μαθηταὶ αὐτοῦ ἠρώτων αὐτὸν λέγοντες" ᾿Απόλυσον αὐτήν, ὅτι χράζει ὄπισθεν ἡμῶν.

ι- 26. Ὁ δὲ ἀποχριθεὶς etxev

. Male dæmonizatur. » (AntAs MonTAnNUS.) — « …

XV, 21. Et Jésus, étant parti de là, se retira dans la contrée qui dépend de Tyr et de Sidon.

22. Et voici, une femme Cananéenne de ces confins-là, étant sortie, le poursuivit de ses cris, disant : Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David, ma fille est démoniaque et dans un misérable état. ‘

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