Tout comme le Fils de
(1) « Presens βακτίζομαι vim habet Futuri, atque positum est « pro μέλλω βαπτίζεσθαι. Sed bæc ipsa verba τὸ βάπτισμα...
« βαπτισθῆναι ἢ. 1. (εἰ... βακτισθήσεσθε, v. 23) in plerisque « codd. et verss. desunt. » (KuInogL, Commentarius in libros Novi Testamenti historicos. Vol. 1, page 562.)
(2) « ᾿Αλλά n’est pas ici au lieu de εἰ μή. La conjonction « signifie mafs (sondern). On doit sous-entendre après elle « δοθήσεται. contenu dans δοῦναι qui la précède. » (Wines, Grammatik des neutestamentlichen Sprachidioms, 45 édition, page 530.) — « C’est une expression défectueuse où il faut sup- « pléer quelque chose. » (3. Le CLrnc, Le Nouveau Testameni traduit sur l'original, 1703. Page 82.)
κοῦ οὐχ ἦλθε διαχονηθῆναι, l'homme n’est pas venu pour être ἀλλὰ διαχονῆσαι rat δοῦναι τὴν servi, mais pour servir et donner : φυχὴν αὑτοῦ λύτρον (1) ἀντὶ sa vie en rançon pour un grand πολλῶν. nombre.
Nous avons vu, dans la quatrième partie de cet Essai, comment Jésus, qui se nommait habituellement le Fils de l’homme, s’est appliqué, depuis le jour où Simon-Pierre reconnut en lui le Christ, le Fils du Dieu vivant (XVI, 16), à rectifier les idées que ses disciples se faisaient du royaume qu’il venait fonder sur la terre, et qui, leur disait-il, devait subsister dans les cieux. Il commença alors à leur déclarer qu'il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu'il souffrit beaucoup de la part des anciens, des archiprêtres et des scribes, et qu’il füt mis à mort, mais pour se réveiller le troisième jour à la vie. En même temps qu'il leur annonçait sa passion, il les préparait à la souffrance, n'engageant à venir après lui que ceux qui voulaient renoncer à eux-mêmes et prendre leur croix pour le suivre. Quand ils s’élevaient, il les abaissait, et pour qu’ils ne pussent se faire aucune illusion sur le caractère spirituel de sa rovauté, il revenait sans cesse sur les qualités morales qu’il exigeait de ceux qui aspireraient à faire partie de son peuple.
C’est aux instructions données en Pérée par son maitre, que Matthieu a emprunté les derniers ensei-
(1) Λύτρον. Seuls emplois du mot : ici et Marc, X, 45. ᾿Αντί- Autpov, mot qui ἃ le même sens, particulier au N. T., ne s’y trouve qu’une fois : I. Timothée, II, 6.
gnements ayant ce but qu’il a recueillis. Le Seigneur était encore dans cette contrée lorsque, sur la nouvelle de la maladie de Lazare, il se décida à retourner en Judée. À son arrivée à Béthanie, Lazare était mort depuis quatre jours; mais Jésus avait dit à Marthe : « Ton frère ressuscitera, » et quand il l'appela, Lazare sortit vivant du sépulcre. (Jean, ΧΙ, 1-44.)
Ce miracle, en raison duquel beaucoup de Juifs crurent en Jésus, donna lieu à une réunion du conseil, dans laquelle on résolut de le faire mourir (et cela sans avoir fait aucune enquête sur sa culpabilité), de peur que tout le monde ne crüût en lui. 1] pertit en conséquence de Judée, et se retira secrètement avec ses disciples à Éphraïm (Jean, XI, 54), non loin du désert de ce nom, à quelques lieues au nord de Jérusalem. Les archiprêtres et les pharisiens firent alors commandement à ceux qui sauraient où il était de le faire connaître, afin qu’on püt se saisir de lui. Matthieu a passé tout cela sous silence. Il ne reprend son récit qu’au moment où Jésus, à l’approche de la Pâque, a quitté Éphraïim (Jean, ΧΙ, 53) pour aller à Jéricho, d’où il voulait se rendre à ls fête.
Ses disciples le suivaient pleins de crainte sur ce qui pourrait arriver (Marc, X, 32), n'ayant pas oublié tout ce qu’on avait entrepris déjà contre lui. (Jean, VIE, 1-32 ; VIII, 59; X, 31, 39.) Mais, au lieu de les rassurer, il leur répète ce qu’il leur a déclaré plusieurs fois sur le sort qui lui est réservé dans la
MATTHIEU, XX, 17-28. ° 193 ville sainte, en y ajoutant des détails qu’il ne leur avait pas donnés encore : « Voici, nous montons à « Jérusalem, leur dit-il, et le Fils de l’homme sera «livré aux archiprétres et aux scribes ; et ils le con- « damneront à mort et le livreront aux Gentils, pour «être moqué et flagellé et crucifié; et le troisième «jour il ressuscitera, » Nous y montons! Ce qu’il leur a annoncé précédemment est donc sur le point d'arriver : on va le faire mourir, et c’est le supplice infamant de la croix, duquel il fait mention ici pour ἰὰ première fois en termes exprès, quoiqu'il y ait fait allusion ailleurs (Jean, III, 14; VIII, 28), qui lui sera infligé. Quand on se rappelle les instructions dont Jésus avait accompagné ses déclarations antérieures sur le même sujet, il semble que les apôtres auraient dû être tout préparés à entrer dans sa pensée ; mais 1] n’en était rien, et les récits de cette section me paraissent destinés à, nous faire connaître leurs sentiments et ceux du peuple à la veille du dénoûment qui approchait.
La résurrection de Lazare dont ils avaient été les témoins devait les encourager à attendre avec confiance celle de leur maître, après qu’il aurait été crucifié, Mais comme ils étaient charnels, quelques-uns d'eux, au lieu de se laisser seulement rassurer par elle, n’ont-ils pas pu se dire, que puisque la mort de Lazare ne l’avait pas empêché, après sa sortie du tombeau, de reprendre son train de vie ordinaire (Jean, XII, 2), celle de Jésus ne l’empêcherait pas non plus, lorsqu'il serait ressuscité, de fonder le