Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus
Saint Luc, après avoir rapporté l'expulsion des marchands du temple, raconte, en deux endroits de son Évangile, que Jésus y enseignait tous les jours (Luc, XIX, 47), et que le peuple y venait dès le matin pour l'entendre. (Luc, XXI, 37, 38.) Les instructions du Seigneur dans le temple, depuis cette expulsion, appartiennent donc à une suite de jours entre lesquels il nous est permis de chercher à les répartir.
(4) « Da du nicht hast. » (Winxxn, Grammatik des neutes!amentlichen Sprachidioms. 4844. Page 562.)
MATTHIEU, XXII, f-14. 241 La parabole que nous venons de lire étant à l’adresse de tout le peuple a un but tout autre que celles qui la précèdent, dans lesquelles Jésus n'avait en vue que les archiprêtres et les pharisiens. On pourrait supposer, d'après cela, qu’elle ne lui a été proposée que le lendemain ; et ce qui me confirme dans cette pensée, c’est qu’elle est introduite par les mots Jésus prenant la parole, qui peuvent servir à marquer le commencement d’un nouvel enseignement ; nous senons donc au 7 de nisan.
Ceux mêmes des Juifs qui ne reconnaissaient pas en Jésus le Messie, le regardaient comme un prophète. (XXI, 11.) C’eût été assez pour les décider à prendre parti contre les sacrificateurs, s'ils avaient voulu le faire arrêter dans le temple, à la suite des paraboles qu’il y avait prononcées contre eux ; mais cela ne suffisait pas pour les rendre dociles à sa voix. Le Seigneur les avait comparés autrefois à des enfants assis dans les places publiques, que leurs compa- : gnon8 chercheraient en vain à tirer de leur apathie en leur jouant de la flûte et en leur chantant des complaintes (XI, 16, 17), et ils étaient encore les mêmes. Leurs chefs religieux n’étaient donc pas les seuls coupables. Aussi est-ce toute leur génération qu'il a maintenant en vue, en parlant, dans cette nouvelle parabole, de gens invités depuis longtemps par un roi à un banquet pour les noces de son fils, afin que, prévenus à l’avance, ils puissent prendre leurs dispositions pour s’y rendre.
Le jour en est arrivé, et il les fait appeler à deux IV. 16
reprises par ses serviteurs ; mais quoiqu’use telle is. vitetion, de la pert d'un roi, füt pour eux un très. grand honneur et qu'ils dussent ne sen promettre que du plaisir, au lieu d’accourir quand os les averti qu’il en est temps, ils refosent de venir; et ques l'avertissement est renouvelé, ils ne tieanené paspius de compte du second message que di prentier, otis continuent à vaquer à leurs affaires esdsasires, B es est même permi eux qui s'irritent de tant d'inss tance, au point d’outrager et de mettre à: mort ceux qui leur sont envoyés. Ge trait doit paraître eacessif dass la parabole; ear on ne pourrait comprendre pourquoi des personnes invitées à une noce par m roi feraient mourir les serviteurs qui les y comvient; mais il l’est à dessein ; car il doit servir à. faire re sortir l’énormité du crime dont il est la figure.
Le festin de noces représente les bénédictions et les grâces de l’alliance évangélique annoneée par les prophètes (Jérémie, XXXI, 31-35), οἱ dans. laquelle le nom d’époux est donné au Fils de Dieu. Le premier appel à y venir qu’on ait entendu parmi les Juifs est eelui dont les. anges ont été les organes, lorsqu'ils ont célébré la naissance du Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur, comme le sujet d’une grande joie pour tout le peuple, et qui, répété d’abord par les bergers, Va été ensuite par Siméon divinement inspiré et par Anne la prophétesse. (Luc, IL.) Tous ceux qui, trente ans après, ont été chargés d'aller vers les brebis per, dues de la maison d'Israël, pour leur dire : ε Le « royaume des cieux est proche » (lil, 2; IV, 17;
MATTHIEU, XXIX, i-H. 248 X, 7; Lue, X, 9), ont été les mimistres du second appel. En ΩὟὟ répondant pas, les Juifs ont fait voir qu'ils ne faisaient aucun cas des joies célestes qui leur étaient proposées. Jésus, qui savait ce qui était dans l'homme et de quoi chacun en particulier était capable (Jean; IL, 28), reproche même à uno partie de ceux-ci d’avoir fait. périr les envoyés de som Père, quoiqu'ils ne l’eussent pas fait encore, savait bien qu'ils en viendraient là et il l'avait déjà prédit. (X, 47, 24.) Aussi, quand il veut faire le procès à eelte génération, ka divise-t-il en deux classes, colle des indifférents, qui font lo grand-nombre, gens qui, be Constltant que leur penchants naturels et leurs intérêts, ne se laissent détourner du frain dé ce mondé par fien de supérieur aux ehoses terrestres ; δὲ puis celle des ennemis, dont les fureurs, il est vrai, ne 86 sont pas encore manifestées, mais desquels Jésus di: sait alors : « Ils ont δαὶ et moi et mon Père » (Jean, XV, 24), et qui, disciples des faux docteurs qui le feront mourir, feront mourir, à leur exemple, ceux qui confesseront son nom. (Actes, VIE, 58; XII, 2, 3; etc.)
Dans la parabole, leur châtiment est terrible : le roi errvoie ses armées ; il fhit périr ces meurtriers, ét il brüle leur ville. Jésus ayant expressément ânnoncé, quelques jours après, la désolation de Jérustlem (Luo, XXI, 20) et la ruine de l nation juive, en dé- Clerant que cette génération ne passera point que ces choses-ne soient arrivées (XXIV, 34), il faut sang doute prendre ceci à la lettre, et y voir le pendant de
la sentence prononcée auparavant contre les villes de la Galilée où le Seigneur avait fait le plus de miracles. (XI, 21, 23.) Mais à côté de ce châtiment temporel, il en est un autre. De même que Jésus avait dit la veille aux archiprêtres et aux pharisiens que le royaume de Dieu leur serait ôté et qu'il serait donné à un peuple en produisant les fruits (XXI, 43), de même il dit ici à tout Israël que puisqu'il s’est rendu indigne des promesses de l'Évangile par le mépris qu’il en a fait, les appels qui lui avaient été d’abord adressés, parce qu’il était le dépositaire des oracles de Dieu (Romains, ΠΙ, 2) et qu’à lui appartenaient
l'adoption et les alliances (Romains, IX, 4), vont
l'être maintenant à ceux qui n’ont été jusqu’à présent que des étrangers et des gens de dehors. (Éphésiens, 11, 19.) Cette vocation des Gentils, alors qu'ils entendront la voix des apôtres les convier au ban-
quet des cieux, ne pourra manquer de leur causer une surprise aussi grande que le serait celle de voyageurs qui se verraient tout à coup invités à des noces, au
point de rencontre de plusieurs routes, quelles que
soient leur origine et leur condition, par les servr-
teurs d’un roi. Nous savons par l’histoire qu’ils ont répondu à l'invitation avec un empressement égal à celui de ces passants ramassés sur les chemins.
Elle était faite indistinctement à ceux-ci sans égard à la mauvaise mine ou à la bonne apparence qu'ils pouvaient avoir; mais il allait bien sans dire, puisqu’il s’agissait de noces, qu’ils n’y devaient venir
que vêtus comme il est d’usage de l'être en pareille
MATTHIEU, XXII, 1-14. 215 occasion. De même aussi, ceux qu’ils représentent, appelés sans triage préalable, mauvais et bons, ne doivent entrer dans l’Église qu'avec les vêtements de salut et le manteau de justice dont parle Ésaïe (ΧΙ, 10), en d’autres mots, qu’avec les sentiments et la vie qui conviennent à des élus de Dieu. (Colossiens, ΠΙ, 12, 14.) Si quelqu'un s’y introduisait sans les avoir, ses compagnons n’y prendraient peut-être pas garde; mais l’heure viendrait certainement où le roi du ciel lui demanderait compte de son audace et le ferait jeter dehors dans les ténèbres, pour en être puni, parce qu'il est indigne de faire partie de l’assemblée, quoiqu'il se soit mêlé à elle. Tout cela, dans la parabole, a lieu en une même journée, image de l’économie présente. Le moment où le roi entre et regarde ouvre l’économie future, dans laquelle ceux- R seulement qui seront vêtus de lhabit de noces auront part aux joies du banquet, tandis que les pleurs et les grincements de dents seront le partage de ceux qui, pour ne l’avoir pas, en seront expulsés. Jésus avait dit précédemment (VIII, 12) que tel serait le sort de ces Israélites qui, parce qu’ils étaient de la postérité d'Abraham, s’imaginaient tous être ses enfants. (Romains, IX, 7.) Si, dans la portion de la parabole qui se rapporte à la vocation des Gentils, il n'est question que d’une seule expulsion, c’est qu’en ces premiers temps il n’y avait guère que ceux qui se convertissaient réellement qui pussent avoir des motifs pour se joindre à l’Église. La salle des noces était pleine; mais quelque grand que füt lé nombre
des fidèles, qu’était-ce auprès de l’innombr'able muititude des Gentils vers lesquels les messagers de ἰδ boane nouvelle étaient envoyés ἡ Et qu’en est-il encore aujourd'hui? 11] est donc vrai pour tous les hommes, comme il l’a été pour les Juifs, que besucoup sont appelés, mais que peu sont élus.
L'enseignement de Jésus sur le royaume des cieux, qui est le fond de l'Évangile de saint Matthieu, a surtout été donné par lui en Galilée. C'est, 1] est vrai, à Jérusalem qu'il dit à Nicodème, à la Pâque qu suivit son baptême, qu'il fallait naître de nouveau pour entrer dans ce royaume. (Jean, ΠῚ, 8.) Mais, autant que nous le pouvons savoir, considérant que rien n'était plus propre à exaspérer ses ennemis que l'annonce d’un royaume de Dieu sans rapport avec celui dont ils rêvaient le rétablissement, il s’abstint d’en faire le sujet de ses instructions pendant les autres séjours qu’il fit dans la ville sainte, de peur sans doute qu’ils ne voulussent l'empêcher d’achever son œuvre. Mais son heure étant venue (Jean, XII, 38), Î] n’a plus rien à ménager. Aussi, depuis son arrivée, toutes ses paraboles ont-elles eu pour objet le royaume étornel (11. Pierre, 1, 44) qu’il est venu fonder. Les docteurs des Juifs, à quelque secte qu'ils appartins sent, ne s'an accommodaient pas mieux que les 2rchiprêtres et que les anciens. Nous allons les voir essayer de venir en 8146 à ceux-ci, en recourant à divers expédients destinés à perdre Jésus ou à le discréditer auprès du peuple. La vivacité croissante
MATTHIEU, XXIT, 16-22.
de ses atiaques leur faisait désirer d’en trouver
promptentent le moyen.
XXI, 15. Τότε πορευθέντες οἱ Φαρισαῖοι συμδούλιον ἔλαθον, ὅχως αὐτὸν καγιδεύσωσιν ἐν
16. Καὶ ἀποστέλλουσιν αὐτῷ τοὺς μαθητὰς αὑτῶν μετὰ τῶν ᾿ λέγοντες“ ἀδιδάmake, οἴδαμεν, ὅτι ἀληθὴς εἶ καὶ τὴν ὁδὸν τοῦ Θεοῦ ἐν ἀληθεία διδάσκεις, κάϊ où μέλει σοι περὶ οὐδενός. οὐ γὰρ βλέκεις εἰς πρόσωπον ἀνθρώπων.
17, Kim οὖν ἡμῖν, τί σοὶ Borel; ἔξεστι δοῦναι χῆνσον Καίσαρι, À οὗ ;
19. Ἐκιδείξατέ μοι τὸ γόμισμα τοῦ xhvoou, OÙ δὲ προσήνεγχαν αὐτῷ δηνάριον.
(4) Littéralement : comment.
XXII, 48. Alorsles pharisiens, s'étant retirés, convinrent ensemble par quels discours (4) fs l’attireralent dans le piége.
46. Et ils lui envoyèrent leurs disciples, avec les Hérodiens, qui lui dirent : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes véritablement la voie de Dieu, et sans t’inquiétér de personne ; car tu ne regardes point quelle est la figure des géns.
47. Dis-nous done, que t'en semble-t-il, est-il permis de payer le cens à César, ou non P
48. Mais Jésus, ayant reconnu leur méchant dessein, leur dit :
Pourquoi cherchez-vous à me surprendre, bypocrites ©
19, Montrez-moi la monnaie du cens. Et ils lui présentèrent un denier.
20. Et il léur dit : De qui est cette image et cette inscription P