‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 6 sur 107 · Et il dit: Apportez-lesmoi ici · texte numérisé non relu

Et il dit: Apportez-lesmoi ici

20, Καὶ ἔφαγον πάντες χαὶ ἐχορτάσθησαν" χαὶ ἦραν τὸ πεptoceüov τῶν κλασμάτων, δώδεχα χοφίνους πλήρεις.

49. Et après avoir commandé que la foule s’assit sur l'herbe, ayant pris les cinq pains et les deux poissons, les yeux levés au ciel, il prononça la bénédiction, et ayant rompu les pains il les donna aux disciples, et les disciples à la multitude.

20. Et tous mangèrent et [ἃ rent rassasiés, et on ramassa les restes des morceaux : douze paniers pleins.

21. Or ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les en-

fants.

Instruit par les disciples de Jean de la mort de leur maître, et ayant appris en outre, sans doute par la voix publique, de quelle manière Hérode parlait de lui, Jésus résolut de se retirer des États de ce prince et de passer, de la rive occidentale de la mer de Galilée, où il paraît avoir résidé depuis son retour du dernier voyage de Pâque qu'il avait fait à Jérusalem (1), à la rive orientale, dans la

(A)... ἣ ξορτὴ τῶν Ἰουδαίων. (Jean V, 4.) Ces mots me paraissent désigner la Pâque de l’an de Rome 780 (an 27 de l'ère vulgaire), ou la seconde Pâque après le baptême au Jourdain, comme je l’ai étahli ailleurs. (Le Recensement de Quirinius en Judée, page 48.) C’est la première après l’emprisonnement de Jean.

L'absence de l’article devant ξορτή. en beaucoup de manuscrits, a fait penser à divers commentateurs qu'il ne s'agissait pas dans ce passage de ἰα fête principale des Juifs, mais d'une fête autre que la Pâque. L'article ne serait pas nécessaire pour désigner la Pâque; il se trouve, au reste, dans quelques-uns des manuscrits les plus anciens, notamment dans le plus ancien de tous, le Codex Sinaïticus, découvert par M. Tischendorf.

On a prétendu que la fête dont il s'agit ici est celle des Purim

MATTHIEU, XIV, 13-21. 17 Gaulanite, qui faisait partie de la tétrarchie de Philippe. Les apôtres venaient de se rassembler autour de lui, après s'être acquittés de la mission qu’il leur avait confiée ; peut-être l’approche d’une autre P4-

ou des Sorts, qui se célébrait un mois avant la Pâaque. Mais si Jésus avait êté à Jérusalem à la fête des Purim (V, 4), comment, au lieu d’y rester pour la Pâque, en serait-il reparti avant la Pique (VI, &), pour aller au delà de la mer de Galilée (VE, 4), au risque de choquer les Juifs par son départ de la ville sainte, au moment où l’on allait s’y rendre de toutes parts? Une autre objection plus forte encore contre cette interprétation, c’est qu'il serait impossible, si la fête mentionnée au chapitre V du quatrième Évangile avait été la fête des Purim et que Jésus l'eût passée à Jérusalem, de faire place, dans le mois qui séparait les Purim de la Pâque du chapitre VE, à tous les événements qu'il faudrait, dans ce cas, y faire entrer. Comment aurait-il suffi d'un mois pour les quelques jours au moins que Jésus passa encore après la fête à Jérusalem (V, 14-16); pour son retour en Galilée, et son séjour dans cette province, marquè par de nombreux miracles; pour l'effet produit sur le peuple par la décapitation du Baptiste, et pour l'infuence que les pensées du peuple eurent sur l’esprit d’Hérode: pour le retour des apôtres auprès de Jésus, et leur retraite avec lui dans 18 Gaulanite ; pour les scènes, enfin, qui se passèrent là eten la contrée de Génézaretb (Jean, VI, 4-59; Matthieu, XV, 4-20), el à la suite desquelles il fallait encore que les Juifs qui se trouvaient alors en Galilée et qui voulaient assister à la Pâque, eussent le temps d'y arriver au plus tard pour le 40 de nisan, c’est-à-dire quatre jours avant sa célébration ἢ 11 y a à cela de telles impossibilités qu’on est forcé d’espacer beaucoup plus ces faits, ne pouvant les renfermer en de si étroites limites.

La principale raison ailéguée par les commentateurs dont je combats l'opinion, pour ne pas reconnaître une Pâque dans la fête du chapitre V, c’est que si c'était une Pâque, il se trouverait que Jésus, qui ne s’est pas rendu à la Pâque du chapitre VI, mais seulement, six mois après, à la fête des Tabernacles, serait resté éloigné pendant un an et demi de Jérusalem, ce qui leur paraît peu probable. Ils ne prennent pas garde qu’ils écourtent et bouleversent toutes choses en retranchant ainsi onze mois au ministère de Jésus en Galilée, et ils méconnaissent complétement

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