‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon saint MatthieuChapitre 84 sur 107 · IV · texte numérisé non relu

IV

τε -MATTHIRU, XXVI, 47-56.

En ce moment, l’un des apôtres, c'était Simon- Pierre (Jean, XVIII, 10), croyant se conformer en cela à des paroles du Seigneur qu’il avait mal comprises (Luc, XXIE, 36), prit en main une épée qu'il venait de se procurer à Jérusalem, et en frappa un serviteur du souverain sacrificateur. Rien ne pouvait être plus contraire aux intentions de Jésus. Il guéri le serviteur blessé (Luc, XXII, 51), et 1l dit à Pierre: « Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui δὺ- « ront pris l'épée périront par l'épée. Autrement « penses-tu que je ne puisse pas maintenant prit « mon Père, et il m’accorderait plus de doux « légions d’anges? » Il se garde bien de les demander à son Père, pour les opposer aux légions romaines, comme s’il se proposait de rétablir le royaume d'Iraël. (Actes, 1, 6.) L’épée peut servir à conquérir des royaumes ; mais on les perd aussi par l'épée, € ceux qui prennent l’épée s’exposent à périr par elle. Tout autres sont les conditions du royaume qui vient fonder : c’est un royaume spirituel. Le Chris n’a d’autre épée que « l’épée de sa bouche » (Rér. de saint Jean, Π, 16), et c’est pour cela aussi « qu'il ni « aura pas de fin à son règne. » (Luc, I, 33.) Ceux qu veulent combattre pour lui ne doivent pas non plus en avoir d'autre. (Éphésiens, VI, 17.) Si deux épées suffsent, comme il le leur a dit au moment du dé part (Luc, XXII, 38), c’est qu’elles ne sont destinées qu’à lui fournir l’occasion de le leur apprendre (1).

(4) « Jésus-Christ, qui s’y entendait apparemment, ἃ jeté, lui le « premier, le défi aux théories et aux faits, mais c'était en s'imm

a Remets ton épée dans le fourreau : ne boirai-je

« pas la coupe que le Père m'a donnée à boire? » (Jean, XVIII, 41.) Dans son plein acquiescement à la volonté de son Père (XXVI, 42), quoique sachant

« lant et en disant : Remettez l'épée au fourreau! Depuis ce « temps-là le christianisme n’est fort que par l’immolation. Pour « lui, toute politique autre que le sacrifice est une forfaiture d'a- «bord, et un détestable calcul ensuite. » (Massr10 D'AZ&eLI0, L'Italie de 1484] à 41865. Correspondance politique, 1866. Page 312.)

Le pape Boniface VIII entendait la chose autrement, lorsqu'il disait, en 430%, dans la bulle Unam sanctam :

« Que Pierre ait en sa puissance les deux glaives, l’un spirituel « et l'autre temporel, c’est ce que l'Évangile nous apprend: car les «apôtres ayant dit: Voici deux glaîves tci, c’est-à-dire dans « l'Église, puisque c'étaient les apôtres qui parlaient, le Seigneur « ne leur répondit pas : C’esf trop ; mais il leur dit : C’est assez. « Assurément, celui qui nie que le glaive temporel soit en la puis- « sance de Pierre, méconnaît cette parole du Sauveur : Remets « TON épée dans le fourreau.

«a Le glaive spirituel et le glaive matériel sont donc l’un et l’antre « en la puissance de l'Église ; mais le second doit être employé « pour l'Église et le premier par l Église. Celui-ci est dans la main « du prêtre, celui-là dans la main des rois et des soldats, mais « sous 12 direction et la dépendance du prêtre. L’un de ces glaives « doit être subordovné à l’autre, et l'autorilé temporelle doit être « soumise au pouvoir spirituel.

« En effet, suivant l'Apôtre, foute puissance vient de Dieu, et « celles qui existent sont ordonnées de Dieu. Or, elles ne se- « raient pas ordonnées si l’un des deux glaives n’était soumis à « l’autre, et, comme inférieur, ramené par lui à l’exécution de la « volonté souveraine. »

« La bulle Unam sanciam, » remarque M. Charles Périn, professeur de droit public à l'Université catholique de Louvain, auquel j'emprunte cette traduction, « est une de ces décisions souveraines « du Pontife infaillible, auxquelles les catholiques sont tenus de « se soumettre, en les prenant dans leur sens naturel et sans en « réduire la portée. » (Les Lois de la sociélé chrétienne. Paris, 1875. Tome er, pages 251-255.)

tout ce qui lui doit arriver (Jean, XVIIE, 4), il ne veut plus que le parfait accomplissement de cette volonté telle qu’elle est révélée dans les Écritures, et il repousse ce qui y est contraire. Au lieu de l'arrêter dans le temple où il enseignait tous les jours, ce qu’on n’avait osé faire, parce que le peuple le tenait pour un prophète, on sort après lui, comme après un brigand, avec des épées et des: bâtons, pour le prendre. 1] en est attristé, mais il n’a pu en être surpris; car il venait, un peu avant cela, de dire à ses disciples : « Je vous dis que ce qui est écrit doits'æ- « complir en moi : Il a été mis au rang des malfar « teurs. » (Luc, XXII, 37.) Par cette citation d’Ésaie (LITI, 12), il les avait mis sur la voie des prophéties relatives à sa passion, dont elle marquait le premier acte. Et maintenant il se borne à dire à ceux qui le viennent arrêter : « C’est ici votre heure et la puis « sance des ténèbres. » (Luc, ΧΧΗ͂, 53.)

Quel calme, après qu’il a prié, dans son attitude et dans ses paroles; mais chez les apôtres, qui s croyaient si sûrs d'eux-mêmes, à la suite d’une surexcitation de quelques instants, quel découragement! Ils le laissent et ils s’enfuient. « Tous, cetie « nuit, vous tomberez à cause de moi, » leur avai dit Jésus ; « car il est écrit : Je frapperai le berger, « et les brebis du troupeau seront dispersées. »

Il. LA CONDAMNATION DU CHRIST PAR LE SANHÉDRIN. IL EST LIVRÉ A PILATE.

XXVI, 57. Οἱ δὲ χρατήcaves τὸν Ἰησοῦν ἀπήγαγον πρὸς Καϊάφα) τὸν ἀρχιερέα, ὅπου οἱ γραμματεῖς καὶ οἱ πρεσ- Erepot συνήχθησαν.

60. Καὶ οὐχ ebpov. Καὶ πολλῶν ψευδομαρτύρων προσελθόγτων οὐχ εὗρον. Ὕστερον δὲ προσελθόντες δύο ψευδομάρτυ-

XXVI, 57. Ceux donc qui avaient arrêté Jésus l'emmenèrent chez Caïphe, le souverain sacrificateur, où les scribes et les anciens s'assemblèrent.

58. Et Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du souverain sacrificateur ; et y étant entré, il s’assit avec les huissiers, pour voir la fin.

59. Or les archiprètres et les anciens et le sanhédrin tout entier cherchaient un faux témoignage contre Jésus, afin de le faire mourir,

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