Que vous en sembleP Hs répondirent : Il mérite la mort
67. Alors ils lui crachèrent au visage et ils le frappèrent avec le poing ; et quelques-uns lui donuèrent des βου Ποῖ,
68. Disant : Révèle-nous, Christ, quel est celui qui t’a frappé?
Après que tous les disciplesse furent enfuis, Pierre,
revenant sur ses pas, suivit Jésus de loin jusqu'à ἰὰ
(4) Le Clerc ἃ traduit : « à la droite de la puissance de Dieu, » empruntant les mots en italiques au passage parallèle de ssh Luc, XXII, 69, afin d'éclaircir le sens; mais c'était inutile, suinsl cette remarque de Beausobre : « Jl ne faut rien suppléer. Le a Puissance, c'est Dieu. C'est l'explication du mot ar; car ἐξ « terme, selon la rigueur, pour me servir des expressions d’Evα sèbe, signilie δύναμις, puissance, ἰσχὺς, force. Ainsi, ἃ la « droile de la Puissance, signifie à La dreite de Dieu. » (Re marques sur le N. T. La Haye, 4742. Tome I, page 78.) M. Billid a traduit ainsi. Dieu était nommé le Fort, le Puissant, che le Hébreux (Deutéronone, X, 47; Jérémie, XXXIT, 48), comme août le nommons le Tout-Puissant.
MATTHIEU, XXVI. 57-68. 430 cour du souverain sacrificateur. Saint Jean ajoute qu'un autre disciple le suivit avec Pierre (Jean, XVII, 15), et personne ne doute que ce n'ait été Jean lui-même. Aussi peut-on expliquer par là les détails plus circonstanciés dans lesquels 1l entre sur ce qui se passa alors. On ne conduisit pas directement Jésus chez Caïphe; on le mena d’abord chez Anne, son beau-père, qui avait exercé autrefois le souverain pontificat, et qui, bien que dépossédé de cette charge par Quirinius, n’en continuait pas moins, sous ses fils et sous son gendre, qui en furent revêtus successivement, à être un personnage considérable parmi les Juifs. On trouva convenable sans doute de l'informer, en passant, du succès de l'arrestation, à laquelle il ne devait pas attacher moins d'importance que les archiprêtres qui y avaient assisté. (Luc, XXII, 52.) Peut-être ceux-ci demeurèrent-ils avec lui pour prendre ensemble les mesures nécessaires à la réunion du sanhédrin, dont il fallait se hâter, maintenant que Jésus était entre leurs mains, de convoquer les membres.
Lorsque le reste de la troupe arriva au palais du souverain sacrificateur, Jean, qui était connu de lui, n'eut pas de peine à entrer dans la cour en même temps que le Seigneur, et c’est lui qui obtint ensuite de la portière que Pierre, demeuré hors de la porte, püt aussi entrer. (Jean, XVIII, 15, 16.)
C'était la nuit; mais Caïphe n’en fit pas moins comparaître immédiatement Jésus devant lui. 1] l’interrogea au sujet de ses disciples et de sa doctrine.
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espérant trouver dans ses réponses de quoi l’accuser auprès du sanhédrin, quand 1] serait réuni. Il était besoin, en effet, de donner des bases à cette affaire, qui n’en avait point encore. Jésus se borna à lui ré. pondre qu'ayant toujours enseigné en publie, soit dans la synagogue, soit dans le temple, il n’avait rien de plus à dire que ce que tout le monde savait ; que ce n’était donc pas lui, mais ceux qui l'avaient entendu, qu'il fallait interroger, si l’on croyait avoir quelque chose à lui reprocher. Α ces mots, un huissier, prétextant qu’il avait mal répondu au souverain sacrificateur, lui donna un soufflet; et saint Jean, pour qu’on puisse mieux se représenter celte triste scène, nous informe qu'Anne, qui aurait assurément pu faire délier Jésus lorsqu'on 16 lui avait amené lié, « l'avait envoyé lié à Caïphe. » (Jean, XVII, 19-24) Il était donc alors en cet état devant lui.
Nous n’avons pas à nous occuper en ce moinent des reniements de Pierre, bien qu'ils aient eu lieu avant et pendant cette première comparution. (Jean, XVIII, 17, 48; 25-27.) Saint Luc était fondé à les placer avant la réunion du sanhédrin, qui ne 5.85 sembla que « quand le jour fut venu. » (Luc, XXI, 66.) Mais nous devons suivre saint Matthieu qui ne raconte les chutes du disciple qu'après avoir achevé de rapporter ce qui arriva au maître pendant qu'il fut retenu chez le souverain sacrificateur.
On était résolu à faire mourir Jésus; toutefois on ne savait pas encore comment on pourrait motiver 88 condamnation. En raison de son refus de répondre,
MATTHIEU, XXVI, 57-68. ui il fallait produire des témoins contre lui; mais rien ne semble avoir été préparé à l’avance. Si l’on parvintà en faire venir à la hâte un grand nombre, on n'eut pas le temps de leur faire suffisamment la leçon. Le plus souvent, leurs dépositions se contredisaient, ou bien, quelque contraires qu’elles fussent à la vérité, elles n'étaient pas de nature à faire prononcer la peine de mort. Les évangélistes n’en ont recueilli qu'un seul exemple. « Détruisez ce sanctuaire, et « dans trois jours je le relèverai, » avait dit Jésus trois ans auparavant. (Jean, II, 19.) Il l’avait dit de son corps, dans la prévision qu'ils le feraient mourir, employant le même mot (ναόν) dont saint Paul se servit plus tard pour dire aux fidèles que « leur corps « était le sanctuaire (ναός) du Saint-Esprit, qui était «en eux. » (I. Corinthiens, VI, 19.) Et combien plus n’y avait-il pas lieu de le dire du Christ, « toute la « plénitude de la Divinité habitant corporellement «en lui! » (Colossiens, IT, 9.) Mais les faux témoins ont changé tout cela : à les en croire, le Seigneur n'aurait pas dit qu’il reléverait ce sanctuaire, mais qu'il le rebdtirait, ce qui ne peut s’entendre que d’un édifice. D’après saint Marc, ils en ont même parlé comme d’un sanctuaire fait par la main des hommes, que Jésus aurait dit vouloir détruire, pour en bâtir en trois jours un autre, non fait de main d'homme, en sorte que leurs témoignages se contredisaient. (Marc, XIV, 58, 59.) Voilà certes des altérations grossières; et néanmoins, si Jésus avait tenu ce langage, on n'aurait pu l’accuser « d’avoir proféré des
a paroles blasphématoires contre le lieu saint » (Actes, VI, 13), duquel, en les supposant sorties de δὲ bouche, il aurait ainsi prédit, en cas de destruction, la reconstruction miraculeuse. Caïphe le savait bien; aussi, connaissant l'insuffisance de ces faux témoignages, pressait-1l Jésus de parler, espérant qu'il s compromettrait en cherchant à se justifier; mas Jésus gardait le silence devant le sanhédrin, comme il l'avait fait quand le souverain sacrificatour l'avait interrogé en particulier.
Les Juifs avaient déjà attribué cette même signitcation à la déclaration du Seigneur, dénaturée par les témoins, lorsqu'il l'avait faite autrefois dans les termes que j'ai cités, et ils s’étaient alors écriés : « θὲ « ἃ été quarante-six ans à bâtir ce sanctuaire, et ti « le relèveras en trois jours! » (Jean, II, 20.) Ce revenait à dire : Qui es-tu donc pour oser park ainsi? La même pensée se retrouve dans la sommtion faite à Jésus par Caïphe, au nom du Dieu vivant, de dire s’ilest le Christ, le Fils de Dieu. Nul autre que le Christ ne pourrait avoir un tel pouvoir : prétends-tu l'être? Et tous se joignirent au souveran sacrificateur pour le lui demander. (Luc, XXII, 67.
Dès le commencement de son ministère, quelque disciples de Jean le Baptiste, instruits par leur maitre que Jésus était « le Fils de Dieu, » en avaient conti qu'il était « le Messie, c’est-à-dire le Christ, » où, comme ils le disaient encore, « le Roi d'Israël. » (Jean, , 34, 41, 49.) C'était tout un pour eux, € c’est parce que beaucoup de gens entendaient k
MATTHIEU, XXVI, 57-68. 443 chose de même, que Jésus défendit aux apôtres, après la confession de Pierre, de dire à personne qu'il fût le Christ. (XVI, 16-20.) D’autres qu'eux le disaient cependant (Jean, IV, 29, 42; VIL, 81, 41); et les Juifs de Jérusalem avaient arrêté, pour s’opposer aux progrès de cette croyance, que si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait chassé de la synagogue. (Jean, IX, 22.) Pendant son précédent séjour dans la ville sainte, ils s'étaient assemblés autour de lui, le pressant de leur dire lui-même s’il l’était véritablement ; et puis, sur sa réponse affirmative, s’autorisant sans doute de la loi de Moïse, qui prescrivait de lapider les blasphémateurs (Lévitique, XXIV, 16), ils avaient pris des pierres et ils les lui avaient jetées ; et comme ils cherchaient à se saisir de lui, il s’était échappé de leurs mains et il avait repassé le Jourdain. (Jean, X, 22-40.) Sachant ce que Jésus avait répondu au peuple, Caïphe, en lui adressant la même question, était certain d'en obtenir la même réponse, et il ne pouvait rien désirer de mieux; car, d’une part, en le condamnant pour ce motif, le sanhédrin donnait raison à l’émeute et s’assurait la faveur populaire, et d'autre part, il lui était facile de s’autoriser de cette réponse de Jésus, s'il la faisait devant ses juges, pour l’accuser de menées politiques et de projets ambitieux auprès des Romains, et solliciter de ceux-ci la confirmation de la sentence qu’on voulait rendre contre lui par un motif tout à fait différent de celui qui l'aurait, en réalité, fait condamner.
Jésus n’eut garde de donner dans le piége. Quand le souverain sacrificateur, se prévalant de l'autorité dont il était revêtu, lui ordonne de dire s’il est ce Christ, ce Fils de Dieu, que les prophètes ont annoncé, qui est l'attente d'Israël et qui doit être 8 gloire, il lui répond, il est vrai : « Tu l’as dit; je le « suis » (Marc, XIV, 62); mais, par ce qu'il ajoute, il rend impossible, à moins qu'on n’en tienne pas compte à dessein, de le représenter comme se pro posant de délivrer les Juifs du joug que leurs conquérants faisaient peser sur eux. (Luc, XXIV, 24.) Oui, il est le Christ; mais la royauté du Christ ne sen pas ce que le peuple pense. Les temps de son premier avénement vont finir, et alors il ne faudra plus le chercher sur la terre. « Désormais vous verrez le « Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance. » (Psaume CX, 1; Daniel, VII, 18, 14; Actes, VI 55, 56.) Il sera « souverainement élevé » (Philippiens, Il, 9) et « couronné de gloire et d’honneur. » (Hébreux, II, 9.) Et puis « vous le verrez venant sur « les nuées du ciel. » Ce sera son second avénement, duquel Jésus parle maintenant aussi ouvertement ὁ ses juges qu’il le faisait depuis quelque temps à ss disciples. (XVI, 27.) Caïphe déchire alors ses vêlements, pour simuler l’indignation et la tristesse. « « ἃ blasphémé, s’écrie-t-il. Qu’avons-nous encore « besoin de témoins? Voici, vous venez d’entendrt « son blasphème ! » Devant les Romains, ce n'aurait pu être là un chef d’accusation (Actes, XXV, 19); mais il en était autrement devant le conseil des Juif,
MATTHIEU, XXVI, 57-68: 69-75. us et quand le souverain sacrificateur leur demande ce qu'il leur en semble, heureux de venger leur propre injure en paraissant venger l’injure de Dieu, ils répondent : « Il mérite la mort. »
Ne nous étonnons pas des outrages et des mauvais traitements dont Jésus fut l’objet après le prononcé de l'arrêt. Nous avons vu qu'ils avaient commencé dès le premier interrogatoire. (Jean, XVIII, 22, 23.) On ne les lui épargna pas non plus ensuite, pendant les heures qui précédèrent la réunion du sanhédrin. (Luc, XXII, 63-65.) Mais c’est quand la sentence de mort eut été rendue qu’il dut ne pas y avoir de bornes aux insultes. Qu'elle fût confirmée ou non par le gouverneur, le sanhédrin avait donné gain de cause à la populace qui avait voulu lapider le Seigneur, et ceux qui lui crachaient au visage et qui lui demandaient de deviner qui l'avait frappé, puisqu'il était prophète, flattaient à la fois les chefs de la nation et l plus vile portion du peuple.
XXVI, 69. Ὁ δὲ Πέτρος ἔξω
ΧΧΥ͂Ι, 69. Cependant Pierre était assis dehors dans la cour.
Et une servante s’approcha de lui, en disant : Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen.
70. Mais il le nia devant tous, en disant : Je ne sais ce que tu dis.
74. Comme il s’en allait vers la porte, une autre le vit et dit à ceux qui étaient là : Celui-là aussi était avec Jésus le Nazaréen.