AVANT-PROPOS
Ceux qui partageaient avec nous l’heureuse fortune de suivre le service de M. le professeur Teissier, se rappellent ces malades du mercredi, qui, sortis depuis un temps variable de ces mêmes salles, venaient soit remercier l’habile et bienveillant médecin de leur guérison complète, soit lui faire part des nouveaux troubles dont ils souffraient depuis peu.
Parmi eux, beaucoup remis à grand’peine d’une maladie infectieuse, soignée dans le service, avaient essayé de reprendre les occupations que la nécessité leur imposait : leur force avait trompé leurs efforts et ils revenaient, se plaignant de désordres à intensité variable : les fiévreux d’antan étaient devenus des nerveux !
Nerveux ! beaucoup l’étaient si peu ! Rien qu’une céphalée minime, une démarche un peu chancelante, jointe à cet air mélancolique qui sied si bien : les douches et
l’Italie auraient eu raison, en un mois, de tout cela! Pareil traitement ne convenait point à pareils malades, la plupart ouvriers et ouvrières, vivant de leur travail journalier.
Au sujet de ces malades, M. le professeur Teissier ne manquait pas de nous faire remarquer combien souvent la guérison des maladies infectieuses était illusoire, combien étaient gros de conséquences ces états post-infectieux, quand la victime était déjà un paria de la société, privé désormais de tout gagne-pain. C’est ainsi que nous franchissions par la pensée les quatre murs de l’Hôpital, nous rendant compte du rôle social que peut et doit jouer le médecin.
Aussi est-ce avec enthousiasme que nous acceptâmes la proposition de notre excellent maître de rechercher l’explication de ces troubles post-infectieux, persuadé qu’une étude consciencieuse de pathogénie permettra, à coup sûr, de trouver une méthode rationnelle de thérapeutique.
Avant d’entreprendre cette tâche, nous n’oublierons point le devoir que nous sommes heureux de remplir aujourd’hui.
Le nom que nous avons écrit en tête de ces pages nous rappellerait, si nous pouvions l’oublier, qu’au début de nos études, au milieu de circonstances pénibles, des sympathies multiples nous ont accueilli : nous saisissons l’occasion de manifester nos sentiments d’estime et de recon-
naissance envers le corps tout entier de l’Internat en médecine des hôpitaux de Paris ; nous avons admiré cette solidarité étroite entre tous ses membres, qui les poussait à recevoir comme un des leurs le frère de leur malheureux collègue.
M. le professeur Pinard, en ces mêmes circonstances, s’est montré à l’égard de notre famille et de nous-même si plein de tact et de sympathie délicate, que nous faisons bien peu en lui vouant une reconnaissance profonde.
Nous remercions particulièrement ces amis de la première heure, la plus pénible, les docteurs Bernard, Guiron et Potocki. Nous témoignons toute notre sympathie à MM. les docteurs Arthaud, Bouisson, Pilliet, dont nous n’avons plus à compter les services.
Nos premiers maîtres dans les hôpitaux de Paris, MM. les docteurs G. Humbert, chirurgien de l’hôpital du Midi, et J. Gomby, médecin de l’hôpital Saint-Louis, ont commencé à nous faire aimer les études médicales : nous sommes heureux de leur offrir aujourd’hui nos remerciements.
A la Faculté de médecine de Lyon, nous avons trouvé des maîtres dont l’accueil nous a profondément touché.
M. le professeur Teissier a été pour nous le maître écouté, le guide bienveillant qui a imprimé à nos études médicales une direction dont elles ne s’écarteront point : son enseignement a semé en nous des fruits précieux, et si ce travail présente des assises assez solides, c’est un
simple reflet, bien pâle, de ces leçons cliniques de l’Hôtel- Dieu, dont le souvenir nous reste, impérissable. Élève modeste, nous croyons qu’une voix plus autorisée serait nécessaire pour énumérer les qualités scientifiques de notre excellent maître : contentons-nous de lui offrir aujourd’hui le témoignage de notre affectueuse gratitude, en retour de tant de services ! L’honneur qu’il nous fait, en acceptant la présidence de notre thèse, nous est une marque inappréciable de sa bienveillance habituelle.
M. le professeur Pierret a bien voulu assister à la soutenance de ce travail : nous sommes heureux d’entendre les critiques d’un maître aussi incontesté, et nous le remercions vivement d’un tel honneur.
Nous assurons M. le D r Viry, médecin-chef de l’hôpital Desgenettes, de notre reconnaissance pour les soins affectueux qu’il nous a prodigués, lors de notre séjour à l’Hôpital, et nous remercions M. le D r Martino, major de l’École de santé militaire, de la bienveillance qu’il n’a cessé de nous montrer.