‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 11 sur 189 · PRET RES · texte numérisé non relu

PRET RES

calcaire, continuée même aprés que le regne animal à commencé; peut-être (vü le perfec- „tonnement plus tardif de l'hémisphère méridionale) pourroït-l exister d'autres rapports?

„Les mers du nord n’offrent point d'exemple d'une semblable formation calcaire. | Les „tourbieres sent fréquentes, au contraire, dans les régions hyperboréennes, bien plus ancienne- „ment achevees; elles paroissent surtout appartenir aux côtes maritimes de l'Asie. et .de lEu- » septentrionales. “ |

L'hypothèse de Mr. Krüger (à quelques modifications et restrictions. près) panait étre puisée à la même source: nous la rapporterons ici textuellement.. +. | 1 :

„I s'en faut de beaucoup que tous les charbons fossiles soient les. restes de; forêts en- „glouties par quelque ‘catastrophe; une grande partie de ces charbons. (et. même la plus „grande) appartient aussi bien à la composition de la croûte terrestre, que les formations x calcaires argileuses et talqueuses, qui sont nées de l'action a a di des forces universelles „et planétaires 5). | |

»Déjà le pénétrant Steffens: “} avoit provoqué notre attention: sur deux grandes, series, „Qui; dans l'histoire de la composition du globe, jouent un rôle important; savoir la serie. si- „liceuse et la série calcaire, la première ayant le carbone et l'hydrogène; et la seconde l'azote pour agens principaux. La-première a: donné naissance aux masses. argileuses et „am règne végétal, ‚et leur principe se perd dans le miea de granit. La série calcaire, fon- „dee sur le Feldspath, se change.en masses calcaires et dans les corps, organiques.“

„Le carbone paroït ne point appartenir aux grandes forces universelles, mais être un principe planétaire primitif, qui s'est développé complettement plus tard, conjointement avee

5 MPa Beiträge ve zur inneren Naturgeschichte der Erde. ‚Freiberg‘ 1807. 1, Bass 36. nach hrüger.

-*) Il nous paroît essentiel de relever ici une erreur, quü:sest glissée dans le texte original. — La page 36, cité en note dans l'original, ni aucune autre de l'ouvrage de Steffens, ne contient le passage, qui se trouve dans le texte de Mr. Krüger, cité de notre honorable ami. Voici littéralement ce qui se trouve pag. 58. de l'ouvrage de Steffens: à

» LC série siliceuse, qui constitue la masse principale des montagnes les plus „anciennes et les plus considerables de notre globe, et dans laquelle a er hui- „leuses, qu'elle nous présente, indiquent les restes d'une végétation détruite et „qui se rattache encore aujourd'hui, par les tourbieres, a. toute la végétation subsséstante, se distingue surtout par le carbone et l'hydrogène, dont l'action combinée „caracterise principalement ses produtts.“ | |

Pag. 69. „Toute la série calcaire, qui a son principe dans. les is anciennes „montagnes de notre terre, et qui, traversant des périodes de toutes des formations, se „montre plus puissante à mesure que ces périodes sont plus voisines de nous, qui dans „les petrifications quelle renferme ; nous montre des restes d'une animalisation „detruite, qui enfin se rattache encore aujourd'hui à l'animalisation subsis- „tante (par les bancs de corail) comme à ur membre actif et vivant, se distingue „surtout par l'azote et Uhyd rogene, dont l'action combinée caractérise principale: „ment ses produits.“ —

Il suit positivement de ces deux passages, que, selon Steffens; les regnes vegetal et animal n'ont point leur origine dans les series siliceuse et calcaire, ainsi que le texte de Mr. Krüger le feroit supposer. Steffens affirme clairement le contraire, en disant, que les series siliceuse et calcaire offrent des restes d'une végétation, et d'une animalisation détruites, mais non que cette végétation et animalisation ont leur origine dans la silice ou dans la chaux. Il dit guencore aujourd'hut la végétation et l’animalisation subsistantes contribuent, par les tourbieres et les bancs de corail, à de nouvelles formations appartenantes à ces séries, dont élles sont ainst des membres actifs et vivans. Steffens na per dit non plus que la serie calcaire est fondée sur le Feldspath, ce mineral etant un des membres principaux de la serie siliceuse. | Note du traducteur.

) 4 DK

5 l'organisation du elobe, de même que dans les corps organisés Ton: voit, lorsqu'ils ont ac- „quis une ‘certaine maturité, se développer des principes plus délicats, par exemple ceux de „la fructification. Le carbone, dans l’état actuel de la croûte de notre globe, joue avec lhy- » drogène un grand rôle. Il est au nombre des principes fondamentaux, qui sont une con- „dition nécessaire de la vie organique, cette puissance facultative supérieure. vs. screen. „Dans la composition successive de la croûte terrestre il n’étoit nullement nécessaire, que le ; carbone passât en premier lieu par les organes des végétaux, avant de pouvoir produire les grandes houilleres, que la ‘terre renferme. : Sans avoir besoin:de cet immense :détour, la „houille, avec ses diverses subdivisions, telle que la houille noire brillante ; la houille schis- „teuse, lamelleuse &e., a été produite par l'action des: forces: universelles sur les principes »planétaires, ainsi que les porphyres, les basaltes, le gres charbonneux, le traumate ‘&c:“. „Les débris de végétaux que l'on rencontre dans les couches des charbons de terre, n'y „sont venus quaccidentellement, et ils ont apparemment tout aussi peu contribué à la for- ;mation secondaire des houilles, que les débris des crustacées, épars çà et là dans quelques „depots calcaires, ont donné naissance aux masses énormes dece genre, qui pèsent sur la „surface du globe. | at | | u „Mais c'est toute autre chose à l'égard des lignites; ici l’origine végétal est indubita- »ble ; ‘quoiqu'assez souvent une action chymique des principes primitifs, qui ont donné nais- „sance aux houilles d’aneienne formation, y ait aussi concouru, “ 6) | Si les auteurs, que nous venons de citer, se füssent bornés à noué représenter uniquement comme un produit de l’action des forces universelles sur les principes planétaires, le charbon minéralisé (mineralische Holzkohle) de la formation du schiste cuprifere, se manifestant comme charbon fossile pur 7), phénomène à la vérité tres-rare, surtout en erandes

% » . o . v 9 masses, — ou bien sils avoient restreint l'application de l'hypothèse des embryons de ve

O@= taux non parvenus à la vie, à des substances appartenant à des plantes placées au Fe rang de l'échelle végétale ; on pourroit peut-être accorder à leurs assertions quelqu’ ombre de vérité; mais un phénomène qui se représente constamment dans des circonstances semblables, telles que les impressions des plantes dans les charbons fossiles de plus ancienne formation, ne sauroit être regardé comme fortuit; et des arbres tout formés, entassés par milliers, ou rangés les uns à côté des autres dans les houillères, devra-t-on aussi les considerer comme une superfétation oisive, comme un accident très- indifférent de la composition des houilles? s

Nous ne nous rappelons pas avoir visité une seule mine de charbon fossile de la période des terrains secondaires, sans y avoir trouvé des impressions de plantes, bien que les mineurs assurassent quil ny en avoit point. satt

D’Aubuisson assure également, ne pas avoir vu une grande houillere sans les y avoir rencontrées; elles abondent, dit-il, dans les couches d'argile schisteuse, compagnes ordinaires des houilles noires #8) |

Si donc lon ne peut contester la présence d'un grand nombre de plantes, et même d'arbres tout formés, dans les houillères de la période secondaire ; si les lignites, qui forment la transition entre les houilles noires et les tourbieres, sont reconnues être d'origine végétale (et en effet les houilles renferment souvent de Tasphalte résineux qui, suivant l'analyse de Buchholz 9), contient 91 parties d'une résine végétale dissoluble dans de Talcohol bien pur,

. ) Le Q , * © « - . a Q et seulement 9 parties d'une résine minérale, qui ne sy dissout point); si l'organisation inté-

6) Die Wälder der Vorwelt, von J. F. Krüger, im Archiv für die neuesten Entdechungen aus der Vorwelt, von Ballenstedt und hrüger, 2“ Bandes 2" Heft, pag. 260. ES: | PR | : LRU 7) Freisleben, Geognostische Beiträge des Hupferschiefergebirges. 3. Thl. P: 153. | 8) ‚Les Impressions des plantes abondent dans un grand nombre de couches d’argile schisteux, eE je mai pas vu encore une grande houillere, dans laquelle elles ne se soyent. trouvées. D Aubuisson de Voisin Traité de geognosie,. Strasbourg 1819. T: II. P° 290%. y |

) Journal für Chemie und Physik, 1811. TIL. St. 3. 8. 290 — 209.

5 se

rieure des lignites. bitumineuses decele clairement la même origine ; il est des-lors impossible de nier, que la végétation n'ait concouru à la formation de la houille noire, tout aussi bien qu'à celle des lignites, quoique d’autres circonstances ayent d'ailleurs nécessairement dü con- ‘tribuer à la production de la première.

Link, dans son dernier ouvrage, après avoir rapporté ee diverses opinions sur l'origine des houilles, termine par ces mots: 10)

» L'opinion la plus vraisemblable est celle qui attribue l'origine des Honilles à des amas „de bois flottés par les eaux. Le principal argument en faveur de cette opinion est lanalo-

sie de nos bois avec les lignites bitumineuses minérales , dont la contexture ligneuse est si

»8 » évidente, quil est impossible de meconnoitre leur origine. Elles forment d'immenses depots, „comme les houilles, et se rapprochent de ces dernières par des degres insensibles; elles fini- „roient par s'y assimiler encore davantage, si ce n'étoit la difference des époques de leurs » formations respectives. Une autre preuve en faveur de la même opinion est la métamor- »phose de diverses parties des végétaux, p. ex. de fragmens de feuilles, ou de feuilles en- „tieres des fougères, (de diverses graines &c.), en une masse charbonneuse fossile compacte ; „et effectivement il n'est pas rare de trouver des empreintes de ces plantes sur les ‘houilles „de cette nature: or, si ces parties plus délicates ont bien pu se transformer en houille noire „compacte, pourquoi les arbres même ne l'auroient-ils pas pu?*

… » On a remarqué, que les troncs des bois fossiles gisent souvent dans une même direction, ce qui explique naturellement, comment ces amas réguliers se sont transformés en »couches de charbons fossiles. Bref, de toutes les hypothèses relatives à l'origine des houil- „leres celle-ci est la plus vraisemblable. . . .. L'opinion en vertu de laquelle des substances „animales auroient produit les houilles, en tout ou en BER me paroit tellement dépourvue „de toute vraisemblance, que je ne la juge pas digne de m'y arrêter. «

Pour ce qui concerne le gisement uniforme ds bois fossiles, il est à. propos de faire observer, que le plus souvent dans les mines de houille cette particularité ne se remarque pas, sans que cependant il en soit résulté le moindre dérangement dans les couches de charbon. En général l'on ne doit pas se figurer la formation des couches de charbons fossiles comme le résultat d'un entassement de végétaux -élaborés: par la voie sèche, mais plutôt comme une précipitation de la masse ligneuse délayée; et réduite par la voie humide en une sorte de bouillie; c'est du. moins ce que nous nous sommes efforcés de prouver dans notre premier cahier. | 4

Quant à la formation des oudiés par des chlitaso Re > on ne peut pas la rejeter entièrement, ‘bien que cette espèce de charbon doive être nécessairement. distinguée de la houille noire proprement dite. : Freisleben en fait mention en divers sin „On „wouve, dit-il, non-seulement parmi les débris et les impressions de corps organiques , qui „se rencontrent si souvent dans les couches de schistes cuprifères, une espèce de houille »piciforme (Pechkohle), qui a beaucoup d’analogie avec le bitume solide luisant (schlacki- „ges Erdpech) et avec la houille schisteuse, on la trouve aussi en couches tout-à-fait pures, „ou en parties longues de plusieurs pouces, et ayant jusquà un demi pouce d'épaisseur, »ou-en lisières, ou entremelees dans d’autres substances. Alors elle est d’un noir obscur »très-luisant, sa cassure dans la longueur est schisteuse, et transversalement elle est con- »choïde “ 11),

» Quelquefois aussi on trouve de la houille en masses arrondies, qui paroissent avoir été „produites par des, corps organisés. Cette -houille est très-pure, sa cassure est partie schis- „teuse ou incomplettement lamelleuse, partie conchoïde: de plus, outre cette sorte de cassure „conchoide menue, : elle a une structure. écailleuse, :qui lui est propre. Exposée pendant » quelque items. à l'air, elle se colore tantôt en gris, bleuâtre, tantôt en bleu indigo. “

„Parmi les impressions de poissons du comté de Mansfeld, le corps entier d'un poisson » S'est äranslunege en une masse de houille Pieiforme (FPechkohle).: Cette houille, qui se rap-

10) Die Vornelt und das Alterthum, erläutert durch die Naturkunde; von Link. Berlin 1821. Pag. 48.

11) Freisleben, I. c. B. 3. p. 757 et set

age 4

„proche ‘effectivement beaucoup du bitume solide luisant, ıl nest pas rare de la rencontrer. „melde aveê! des pyrites cuivreuses, du cuivre sulfuré IE ou feuillete, et du minérai „de euivre bigarré. |

11 faut soigneusement “age toutes ces houilles de notre houille ordinaire schisteuse, ou de la fouille noire luisante; quoique la présence des pyrites sulfureuses (Schmwefelkies) qui les accompagnent, et qui pourroient bien être la cause de leur irisation, fasse soupçonner une formation analogue:

D’Aubuisson a traité la ‘question de la naissance des houilles avec plus de détail,

il est parti dun point de vue, qui saccorde avec le nôtre 2). Nö gserath en a be

lés passages les plus importans dans l'ouvrage mentionné plus haut, et s'est appuyé de cette autorité, pour combattre Thypothèse de Raumer. C'est pourquoi nous ne les répèterons pas:

mais il nous paroît essentiel d'attirer l'attention du lecteur sur ‘la part que le souilre paroît avoir à la formation des houilles.

Les expériences de Hattchet, rapportées par d’ Li de prouvent que l'effet de l'acide sulfurique sur les végétaux transforme ‘une bien: plus grande: partie de leur masse en charbon, que la earbonisation opérée par le feu. Gent parties de seiure de chêne, traitées avec l'acide sulfurique, lur ont donné 45 parties de charbon, tandis que, traitées par la voie sèche, elles ne lui en ont rendu que 20: : De plus lecharbon, obtenu au moyeñ: de l'acide sulfurique, est dur et brillant; il brûle lentement; comme les houilles sèches, et sa cendre ne donne: point dalkali. Hattchet na pu parvenir à tirer du bitume des substances végétales par les procédés connus. ‘Le comte Joachim Sternberg qui, en 180%, s’oceupoit Eenpisriences semblables, avoit converti dw bois de sapin en un RER qui avoit beaucoup de rapport avee l'anthracite: il 'brüloit avec une très-faible flamme, ou se consumoit lentement plutôt, quil ne brüloit, et sans donner le moindre indice de bitüme. : Nous nous rappelons avoir vu des conpeaux de sapin plongés jusqu'à moitié dans l'acide mentionné. La partie, qui étoit hors du fluide, n’avoit subi aucun changement, tandis que celle qui y étoit plongée, étoit entièrement changée en charbon, ‘est à: regretter, que ces expériences intéressantes aient été interrompues par da mort:de ce frèré chéri, et quil ne nous soit resté aucun renseignement à ce sujet, si Ce nest le: commencement d'une lettre à Pictet. Les expériences de Hattchet réfutent l'assertion dé: Proust, qu'aucun végétal ne : fournit tant de carbone, que la houille. : Steffens,'dans son-dernier exposé sur cet objet; écarte les objections de

Proust et de Kirwan. — „Les substances végétales, dit-il, ne nous offrent-elles pas le „phenomene' :surprenant d'un monde entier de formations particulières? — acides,’ huiles,

» grasses ; fixes et volatiles ,: sommes, rézines, gommes rezineuses, alkohol aëther, différentes sespèces de gaz; et tout cela se développant des mêmes substances constitutives (le carbone, „Uhydrogene vet l'oxygène}; de sorte que de faibles nuances dans le procédé suffisent pour ;effacer des caractères propres-anciens, et en manifester de nouveaux: et nous devrions nous „estonner ‚quenla mature; ‘qui opère par des voies inconnues sur des masses énormes set pen- „dant d'immenses N de un des effets, “AREA il nous est interdit dat- „teindre ?* 15) 04. 2109 ost asian

En général nous attaches pas une grande importance à une preuve négative: dep de l'impéssibilité, ou sont les chymistes, d'opérer avec leurs faibles moyens comme la nature avec son immense appareil; les forces de ces deux laboratoires sont hors de toute ‘comparaison Mais alors il faut aussi ‘abandonner, ‘comme: trop matérielle , image; : par laquelle nous nous: fisurons les houilles: pe comme le ae Me ig ER Ber une force SUR 90 oe rg 9 biodonco sitio ‚sessllomsl trogiottolamonti wo asıral

La structure intérieure du bois, toute ‘trace de ie fibre EEE ont ordinairement tellement disparu; et sont ‘tellement effacées, non seulement dans les impressions: dés plantes (?), mais même dans les arbres qui ‚ont été trouvés eur ga — est re au botaniste, de baser la-dessus ses déterminationss U» mon ms oi a | |

Cela suppose cependant une dissolution antérieure, qui paroit avoir été beaucoup plus

12) en er ess Traité de géognosie. T. 1. FA st ‚300. 13) Nöggerath L c.p. 25.

complette: dans Les houilleres,; que dans les substances organiques que l'on trouve pétrifiées dans la silice. La structure intérieure de ces dernières est quelquefois: si bien conservée, qu'on peut, malgré son: état de pétrification, distinguer la forme du tissu cellulaire,

“Ce:n’est: que par des soins persévérans à tout recueillir et à tout rechercher, ainsi que par des expériences et des observations comparées, que nous parviendrons à débrouiller, au moins en partie, ‘les secrets dont la nature couvre les opérations dont elle s'occupe depuis des milliers d'années dans les profondeurs de la terre. | | |

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