‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 12 sur 189 · QUI ACCOMPAGNENT ORDINAIREMENT LES HOUILLES · texte numérisé non relu

QUI ACCOMPAGNENT ORDINAIREMENT LES HOUILLES

Le gres houillier, le grès rouge (grès ancien de d’Aubuisson) ou le poudingue et le calcaire secondaire sont reconnus «comme les compagnons ‘ordinaires des houilles. Dans des alpes et dans la formation schisteuse cuprifère, le calcaire alpin et le calcaire cellulaire sy réunissent aüssi. Liopinion des naturalistes a jusqu'à présent penché vers l'idée que les poudingues sont le résultat d'une destruction méchanique de montagnes antérieures , et. que leurs débris, arrondis par les vagues; ont été rénnis et liés ensuite par diverses gangues. Mr. de Raumer diffère de: ce sentiment, et: nous voulons prendre en considération Vopinion qu'il a manifestée à ce sujet. | Ba 2 | j Voici ce quil a publié il y a environ dix ans sur cet article 4). | „Si l'on veut expliquer: les anciennes formations et les anciennes destructions par l'his- „toire assez moderne de: nos montagnes, + pourquoi a-t-on négligé de faire attention à une „seconde' voie de ‘destruction ou de décomposition, savoir la voie chymique par: l'air et: l'eau ? »Non:seulement cette voie produit des effets égaux à la voie méchanique, mais même elle „les surpasse peut-être: es AE: | | „Les roches schisteuses se délitent dans la direction de leur structure en plaques lar- „ges avec les coims et les bords arrondis: Les roches sans stratification apparente, telles que „les granites, la syénite, de basalte,; le diabase, se délitent en masses ‘arrondies, les roches en „eouches ou grénues se'décomposent en. couches de’ galets. Lesöcoins; les angles et quelque- „lois les superficies se .dissolvent partie en 'sable, partie en une argile grasse.“

3, Maintenant que seroit-il: arrivé; : si à la période primitive de la formation chymique des sMmontagnes avoit succédé une décomposition, dont. la force dissolvanté: aussi active :que la - force productrice, qui l'avoit précédé, auroit attaqué. le quarz même? Or, comme le premier » symptôme de chaque décomposition, même de chaque ‘principe: de dissolution; > est Tarron- „dissement des ‘parties ‘anguleuses;- la rondeur des parties coëfficientes dans les montagnes ;de‘poudingues ne doit peut-être pas être attribuée au simple frottement, mais à ce: procédé, „ou ’à cette action chymiques; ‚dont: nous venons de parlér, tandis que le sable et l'aroile, „qui forment: en partie les couches: intermédiaires, en partie la gangue des débris : et frag- „mens quils enveloppent, sont des restes nouvellement combinés des bords et des angles sdécomposés. 15 bunt 0 ok. f | u | ser 3 |

„Je ne vois pas trop bien; comment on. pourroit autrement expliquer cette soudure des contours des: couches, qui se remarque dans diverses stratifications; si ce n’est au moyen sde cette dissolution, dont‘ je viens de parler, qui; selon Heine, aura peut-être également „produit' l'endureissement -des : masses öde galet ou «des poudingues (der: Geschiebe).. Consi-

14) Geognostische Fragmente von Karl von Raumer. Nürnberg 1811, ps 63— 76.

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dérés sous ce point de vue; les. formations purement chymiques dans le grès rouge ancien

» (Todtliegende) pourroient fort bien se rapprocher beaucoup plus du conglomérat, quon ne „le croit au premier aspect. Ge sont peut-être des synthèses de montagnes primordiales les „plus :complettement dissoutes ; et en proportion de leur dissolution ‘plus ou moins complette, ; la crystallisation se monirera plus ou moins achevée.“

„En admettant, que la décomposition chymique ait agi dans les périodes les plus recu- ,lées, il ne faut pas pour cela tomber dans l'erreur, qui a été très-justement signalée, la- „quelle consistera a rejeter l'autre mode de destruction, savoir le mode méchanique. Nous „les voyons aujourd hui agir de concert et se prêter réciproquement un puissant appui, et il „est probable, qu'antérieurement les mêmes phénomènes auront eu lieu. “

Après une expérience de dix années, à la suite d'un grand nombre de voyages et de recherches géognostiques, l'auteur dans son dernier ouvrage revient sur cet objet, et cela pour donner encore plus d'extension à son opinion, et Tappuyer sur des bases plus so-

lides 15), | = Selon lui le grès rouge et le grès houiller ont une même formation. Le porphyre,

ré , . . RP l'amygdaloïde, le basalte sont, d'après sa manière de voir, des membres, ou des dérivés du grès rouge. Ses preuves, il les tire des rapports géognostiques locaux. — Relativement aux

conglomérats voici comment il s'exprime:

» Ayant donc trouvé les galets (Geschiebe) dans les brèches ou les poudingues entièrement

shomogènes:et homochrones, et d'une nature et d'un âge entièrement semblables, ou à leur gan- „gue' ou aux divers cailloux, qui alternent dans leur: composition, — je: me vois forcé »de rejeter l'opinion ordinaire, qui veut que les conglomérats soient le résultat des débris de „montagnes antérieures, arrachés et entrainés par une force méchanique, :et entassés et Je me suis, au contraire, senti entrainé vers

‘comme pétris ensuite en une: seule masse.

»lhypothèse que Dietrich, si je ne me trompe, a le premier avancée, que Göthe a dé- „finitivement adoptée, et que dernièrement Jameson a défendue ‘par les argumens les plus „solides — savoir que les poudingues ne sont point des débris: de roches antérieures, mais „quils sont une formation primordiale. : Dans les poudingues Dietrich ne voit que la ten- “dance des pierres vers la forme ronde, sitôt que leur erystallisation a été détruite. Mais si »lon prouve par l'examen: de la structure ‚du: conglomérat ‘tout-à-fait. dans le voismage des “montagnes ou masses principales, que la roche de ces dérnières s'accorde parfaitement avec „les morceaux enveloppés dans le conglomerat, et si l'on demande alors, pourquoi le conglo- „merat superposé au gneis contient tant de fragmens de gneis, pourquoi celui; qui est super- »posé au schiste argileux, contient à son tour un; si grand, nombre de-débris de ce schiste — cette circonstance, bien loin d’affoiblir mon opinion, me :paroît.au contraire une réfutation évidente de celle, qui jusquici a été la plus communément réçue — car un frottement et sun arrondissement aussi complets de ces fragmens,:vû l'extrême voisinage des roches, dont „ils doivent avoir été détachés, est presqu entièrement inexplicahle: &e. «:

Ces observations et ces remarques sont: dignes d'exciter: l'attention ‘du: naturaliste. Que le quarz ait été sujet à. une décomposition, c'est ce ‘que me semblent attester ces: innombrables mammelons ‘de: schiste siliceux épars dans:les cercles de Klattau,. de Pilsen, de Beraun et de Rakonitz en Bohème, et qu'une multitude de blocs: de diverse grandeur, disséminés sur le sol, ‘indiquent de loin à l'oeil du voyageur. : On en. trouve. de :semblahles à. une ‚profondeur ; de’ 3 — 4°. sous la terre végétale dans une couche desterre glaiseso.Les; petits fragmens répandus notamment sur les champs: ont. seulement! leurs bords émouüsséss::on ne-les trouve arrondis que sur les bords des fleuves, rarement en: a en Rs le, plus: ‚commuünement méêlés avec des cailloux: roules de.;gres ou de quarz. rqqols lern

Il est naturel de penser, quà l'époque où le globe avoit une EN se sé. l'action des forces chymiques étoit plus efficace, et la: décomposition «des substances soumises à cette action plus prompte, on:peut-encore aujourd'hui. apercevoir :distinctement-sur:les alpes les grands effets de ces forces. La décomposition ‚de certaines parties constitutives des-montagnes soumises à une décomposition plus accélérée, :occasionne -des crevassés: dans! la roche

45) Das Gebirge Nieder-Schlesiens us. ms don K. u. Raumer:. Pag. 90.

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primordiale; ces crevasses, bientôt remplies de neige, font éclater lors du passage subit d'un dégel à une forte selée, les masses de roches environnantes, dont les débris roulent et tombent alors sur les flancs inclinés de la montagne. Des côtes entières sont couvertes de ces eboulemens, au milieu desquels on trouve un assez grand nombre de fragmens plus anciens, dont les angles sont émoussés. Nous n'avons jamais trouvé de cailloux complettement arrondis, encore moins de conglomérat dans ces éboulemens alpins; la décomposition chymique paroit bien être suffisante pour séparer les masses, mais non pour en arrondir les débris, et les combiner de nouveau. Mais cette séparation devroit nécessairement, dans les structures crystalliformes, avoir lieu suivant l'allure des feuilles (nach dem Blätterdurchgang).

Il est très-positif que les conglomérats consistent souvent dans les débris de la même roche qui se trouve en grandes masses dans le voismage; mais cela ne suffit pas, pour prouver que l'arrondissement de ces fragmens n'ait pas eu lieu par le mouvement des eaux, sans le concours d'une autre force méchanique. Quiconque aura parcouru (dans la Haute Bavière) le Vallersee, le Königssee — ou lac de St. Barthélemy (pays de Berchtesgaden) et d'autres grands lacs alpins, lorsque leurs eaux étoient agitées par les vents, aura sûrement remarqué que, placé sous le vent, on entend distinctement le bruit; occasionné par le mouvement‘des’cailloux qui, dans le fond du lac, se heurtent et se choquent entre eux. S'il arrivoit jamais, que les eaux du Königssee düssent, par quelque révolution imprévue, abandonner le lit quelles occupent; on verroit le fond de ce lac couvert de cailloux roulés, : fragmens détachés antérieurement des masses du Watzmann ou des autres montagnes environnantes. Ä

Tous les galeis (ou cailloux roulés) ne sont pas tellement homogenes, qu'on puisse retrouver dans leur voisinage la roche mère, d'où ils derivent; c'est pourquoi l'opinion manifestée antérieurement par Mr. de Raumer, par laquelle il admet le concours des deux forces chymique et 'mechanique, se rapproche davantage de nos idées,

L'amygdaloïde, le porphyre et le ‘basalte appartiennent-ils à la formation des TES? — C'est une question qui doit être soumise à des recherches plus exactes. L’amygdaloide : du cercle de Beraun en Bohême, qui traverse des terrains de roche martiale argileuse, de traumate (Graumwacke), de schiste siliceux, de calcaire secondaire et de diabase — est, ainsi que les porphyres et les basaltes des montagnes secondaires de Bohême, : séparée des grès rouges (Todtliegendes) par de grands espaces. Les basaltes se rattachent plus particulièrément à la formation des grès blancs (Quadersandstein), qui se prolongent en Saxe sur les rives de l'Elbe. ph 154 |

Un phénomène local peut établir une exception, ou indiquer ‘tel rapport particulier et nouveau, mais pour tirer des conséquences générales, il faut avoir recueilli un plus grand nombre d’observations exactes et positives. Car, ainsi que Breislak l'observe avec beaucoup de justesse 16): | | | Hs bros: |

„I faut bien se garder, en geognosie, de trop généraliser; il s’est glissé dans cette science „une grande quantité d'erreurs, parcequ’on a voulu appliquer à toute l'étendue du globe des „observations faites dans des espaces très -retrecis. «

Les différens membres de la formation calcaire, qui, particulièrement dans les:alpes et dans les terrains de schiste cuprifère, se rattachent à la formation des houilles, ne sont pas moins dignes de l'attention suivie des naturalistes, que les terrains de sres.. En effet, les gradations ne sont pas encore suffisamment précisées dans cette série. —

une formation lente et successive, au moyen de laquelle les branches les plus éloignées se trouveroient liées à l'ensemble.

Mr. de Schlotheïm, d'après son dernier ouvrage, ne paroftroit pas éloigné d'admettre

„Dans tous les terrains secondaires, dit-il, 17) nous remarquerons un rä rochemen | | PP s une „transition d'une couche dans une autre; — même dans les montagnes dites de transition,

16) Scipio Breislak’s Lehrbuch der Geologie, übersetzt von Strombech. Th: T. p- 450.

17) Die Petrefactenkunde auf ihrem Jetzigen Standpunkte, von Herrn von Schlotheim. Gotha 1820. p VIII.

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soù dans les terrains secondaires anciens, cette même disposition nous frappera: et-nous re- „eonnoftrons en même tems,: que la ‚m@me. nature de terrains. — plus; ces derniers s étendent „et «s'éloignent, pour ainsi dire, de leurs foyers primordiaux, — se.change et s'altère ordi- „nairement un peu. “ |

C'est un motif puissant de soupçonner que le calcaire alpin, de calcaire augileus! contpacte, le calcaire des'gryphites et le: calcaire caverneux (Gryphiten-. und. Höhlen-Kalksstein), et peut-être même le calcaire du Jura; ne sont que des modifications d'une forma-

„tion principale, :qui .se sont changées de la manière HquEe ci-dessus, à mesure qu elles se

„sont étendues.“ >: Même le: calcaire als secondaire, qui: dans = lieux bas et sur les: bords de la

‚mer passe à l'état de craie, n'est peut-être. que le dépôt.de ces mêmes mers qui, en se retirant: peu à peu jusque dans leurs limites-actuelles, ‚ont. dû déposer des couches différentiées; parceque le principe de leurs: précipités avoit été. épuisé dans les premières ‚stratifica- ,tions, et que la nature ‚des parties constitutives de la masse du fluide marin même s’etoit „alteree dans des périodes de tems incalculables. “ | |

De semblables observations de laffinité et des. rn des formations. calcaires paroissent avoir: induit Mr. de Raumer à penser, que la chaîne des alpes est une: formation récente, laquelle auroit succédé au calcaire coquiller 4). La remarque que. l’auteur a faite dans les houillères de Monosque et de Forcalquier (Departement des Basses-Alpes), que:la roche calcaire, qui ;contient: quelques fois des impressions de. poissons, est stratifiée. tantôt horizontalement, et tantôt renversée, et rappelle ainsi le calcaire alpin et le calcaire. secondaire, pourroit bien, pour ce qui concerne le rapport (das Verhalten),'se trouver aussi confirmée dans les alpes. | | |

» Mais ce qui seroit: plus décisif pour déterminer dois époques des. haies formations, ce seroit si une assertion faite dans un autre endroit par Mr. de Schlotheim. (savoir qu'il. a été trouvé. dans lé calcaire caverneux des coraux, des zoophytes et des coquilles tout-à- fait. différentes de celles du calcaire de transition plus ancien, ainsi que: du. calcaire secondaire plus récent) se confirmoit, et si une continuation..de ‘nouvelles observations, faites avec exactitude! pouvoit. établir également l'existence de différentes périodes de végétation dans ces formations;et dans d'autres. Alors nous adhérerions complettement à ce quil énonce - ice sujet;dans; le passage suivant: an 444 dti

„Dans les formations du calcaire secondaire le plus ancien, die il, «et dans le calcaire „caverneux qui en dépend, on ne trouve que les animaux qui, lorsque la plus grande, partie „des regnes vegetal et animal. primitifs étoient dejä.,ensevelis dans : les: couches: du calcaire „des: het de transition, vivoient à une: époque -où; : du moins dans nos environs, les: mon- „tagnes de transition formoient les. côtes. des mers -existantes alors... C'est pourquoi le: cal- »Caire coquiller secondaire et les grès (Quader-Sandstein 3 nous offrent vraisemblablement,, :à „leur tour; le tombeau des. animaux.-et des, plantes, ‘qui ‚peuploient‘ et -embellissoient la terre ;à l'époque où le: calcaire ancien et le calcaire ‚caverneux, dont nous, venons de parler,, s’e- ,levoient, pour ainsi dire, du sein des mers, pour leur servir de limites 9% “ dé:

Nous aurons l'occasion de prouver par des exemples, que la végétation trouvée dans lé ores est. différente de celle, des houillères. ‚En général ce que :d’ Méb dit .avee: beaucoup de justesse ‚de l'étendue de la formation: des terrains de transition, peut piques par-

faitement aux terrains-caleaires: | | A LE Pr Ne 4 PE 2 , . ud’ A ins r Suter: e 5 ., En voyant l'extension que l'on donne sind aux terrains intermddigines s, a côté

. . bi, . Pe °° : 9 4

sen: remontant: vers | époque primitive; , et de l'autre en. descendant. dans .les ‘terrains. secon-

„daires, on peut en tirer une conséquence bien positive, — c'est. que.dans la succession ‚des

sformätrons: minérales il y.a.un telsenchainement et un tel rapport, que, lorsqu'on. part d’un

„point, on ne sait, plus où l'on doit s'arrêter, soit en.remontant, soit en. descendant :dans ‚la

„suite des âges. On ne trouve de limite précise en aucun point, et entrainé involontaire-

18) Das Gebirge Nieder - Schlesiens, von A. v. Raumer. P. 1m. 0329)° "Böiträg se zur Naturseschichte: der: Versteinerungen von Eu. VaRt allein, in der Be. der A. Akademie in München. T. VI. P- 28 39.088 ee

| | „ment«pär;les rapports les. plus frappans, on regarde comme ne faisant qu'un seul tout, et son. réunit à la. même formation, des. masses qui, prises isolément et à grandes distances,

„sont, encore tres-distinetes 20).

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