PLANTES DU MONDE PRIMITIF, PETRIFICATIONS
EN dans son. ouyrage sur le monde primitif 55), a soutenu hardiment, que la craie doit. être regardée comme Ja limite que les. pétrifications de corps organiques, connus, tels que ceux qui vivent encore aujourdhui dans la nalure, ne franchissent point , de sorte que toutes les pétrifications que l'on trouve dans les terrains antérieurs, appartiennent, selon ui, à une création entiérement détruite. | |
Il range, ainsi que nous l'avons fait, les empreintes arbatiformes. parmi ee “monocotyledones. „Ges ‚empreintes,. dit-il, ont le plus de ressemblance avec les troncs des palmiers, avec ,ceux des Dracaena ou des fougères arbres. On ne remarque nulle-part une. analogie exacte „et parfaite, mais l'ordre ue que l'on peut établir d’ après l'inspection de ces empreintes, „paroit devoir tenir sa place entre les genres ci-dessus nommés.
33) Die Urnwelt, von Linck, p. 46.
En effet, nous ne comnoissons aucune espèce d’arbres qui, semblable à celles que nous avons décrites et dont nous avons donné les figures sous le nom de Lépidodendron, conserve à tout âge et sur toute l'étendue du trone les écailles qui se forment par l'attache des pétioles des feuilles , ou par lemboftement des feuilles mêmes.
Les Jucca, les Dracaena, les palmiers se dépouillent entiérement de ces écailles, quand -elles sont desséchées ; il ne reste que des espèces d’anneaux rangés autour du tronc en diverses directions. Les palmiers flabelliformes (Fächerpalmen) conservent leurs écailles
x: l'extrémité ‘inférieure du tronc, mais en vieillissant ils les perdent au haut de la sr qui depuis le milieu environ jusqu'à l'extrémité supérieure est tout à fait nue, ainsi que Piso l'avoit déjà remarqué dans son ouvrage sur le Brésil 54). Chez les espèces fossiles de Lepidodendron, du moins chez toutes celles que nous avons vues jusqu'à présent, les écailles, depuis le bas de la tige jusqu'à l'extrémité des branches, se suivent dans une proportion décroissante, ce que nous n'avons remarqué encore chez aucun autre genre de plantes à nous connu. Faut-il ranger ce genre d'arbres parmi un grouppe de végétaux qui aujourd’hui est indigene seulement entre les tropiques, et dont la végétation exige un climat plus doux et une température plus élevée? — c'est une question qui a souvent été faite, et à laquelle on a répondu presque toujours affirmativement. Linck au contraire, dans l'ouvrage cité, se prononce pour la négative 3) et réfute par de solides argumens diverses objections contraires à son systeme. Il termine de la manière suivante:
„On ne peut admettre un changement de température que sous un rapport. Le monde »primitif avoit vraisemblablement des mers plus vastes, des lacs et des marais plus étendus
„que ceux que nous voyons aujourd hui. Le nombre des animaux aquatiques enfouis dans
„la terre est incomparablement plus srand que celui des animaux terrestres, et la structure „de ces derniers indique qu'ils ont vécu dans les marais. Les anaploteres ont en partie une „structure analogue à celles des loutres. Le grand nombre des quadrupèdes de l'espèce des „Tapirs du monde primitif ont vraisemblablement vécu, comme les Tapirs d'aujourd'hui, dans geuses.“
„Les palmiers et les fougeres arbres se plaisent le plus souvent dans les marais. Ro-
„des forêts maréca
„senmüller prétend que les ours gitoient dans les cavernes, peut-être parcequ’alors tout „etoit eau ou marais.“
» Les débris de cerfs et autres animaux ruminans ne se trouvent que dans des districts „peu étendus. Mais quand même ces suppositions ne seroient pas fondées, il n’en reste pas „moins constant, d'après le grand nombre d'animaux aquatiques renfermés dans les terrains „secondaires, que l'eau occupoit sur la face du globe un bien plus grand espace qu'elle ne le „fait aujourd'hui. En admettant même que cela ne puisse pas se dire de toutes les époques „du monde primitif, on peut au moins l'affirmer de celle où les testacées et les autres Corps » Organisés qui semblent déposer en faveur de l'existence d'un climat plus chaud, se trou voient sur la terre. Or, nous savons aujourd'hui par expérience, que la température des „eaux, est bien plus égale que celle des continens, lesquels s’echauffent et se refroidissent „bien plus rapidement, et par cette raison sont plus chauds en ete, et plus froids en hiver „que la mer. C'est pourquoi les pays maritimes ont des hivers beaucoup plus doux, mais „aussi des étés plus froids que les pays méditerranés. La côte de la Norwege a une tem-
„perature beaucoup plus douce que la Suede, et on y cultive des arbres fruitiers à une la- „titude beaucoup plus élevée qu'ici.
34) Circa dioecesin Paraybajenensem elegantissima palma conspicitur, cujus brachia sive ramt caudam pavoninam aemulantur. — Barbart Caramaisam et Anachacarint, lusitani Tamur appellant. — Cortex interior griseus et cartilagine a terra ad aliquod spatium squamatus, squamis ordine cochleatim ‘positis qui primo longiores,; sensim fiunt breviores imitandem decidunt superne: nam arbores adultiores caudicis superiorem medietatem habent glabram inferiorem solum squamatam, squamae enim
nihil aliud sunt, quam ramorum, qui exciderunt reliquiae. Piso Dre Cap. X. de
Palmis.
35) Linck L cp. 69 et seg.
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,L'Islande a beaucoup de plantes qui se retrouvent en Portugal, et un beaucoup plus „grand nombre de plantes peuvent s'y maintenir à l'air libre quà Paris, quoiqu'à la vérité „les fruits n’y atteignent pas une maturité complette comme chez nous; de la vient que les „plantes marécageuses sont, ainsi que Linné Ta déjà observé, beaucoup plus répandnes „que les plantes des terrains secs. Le Myricagale croit également bien sur les tourbières „du brûlant Alentejo en Portugal et sur celles de la Suède, ce qui ne peut se dire dau- ,ceune “) plante des terrains secs.“
„Cest pourquoi un grand nombre de testacées peuvent tout aussi bien exister dans sl Adriatique que dans la mer des Indes, et ce n’est que sous ce rapport quon peut préten- „dre que le monde primitif a eu une température plus douce que la nôtre, de sorte qualors les „palmiers et les fougères arbres croissoient dans des contrées beaucoup plus septentrionales, „et quil y avoit dans les mers d'Italie beaucoup plus de testacées de l'océan indien, quil „n’y en à aujourdhui. « |
Nous avons déjà, dans le premier cahier de cet ouvrage, manifesté l'opinion, que la végetation qui a fournit les matériaux de la formation houillère, appartient à l'époque où notre conunent étoit un pays maritime, ou un pays dilots Nous conviendrons volontiers que la diminution du volume des eaux a dû faire baisser la température de notre climat, et changer les rapports de notre atmosphère. Nous souhaitons même qu'au milieu des progrès toujours croissans de notre agriculture, on ne se laisse point entraîner à dessécher une trop grande quantité de lacs, de grands étangs et de vastes marais, qu'on s'efforce de convertir en champs
et en prairies, sans songer quau même moment où nous voulons gagner du terrain en sur-
SAS face, nous produirons peut-être dans l'état de notre atmosphère des altérations capables de détruire nos espérances. | , Mais que les eaux océaniques ou méditerranées ayent suffi seules pour favoriser la végétation des palmiérs et des fougères arbres depuis le 42 degré de latitude septentrionale jusque tres-loin vers le nord — espace ‘où l'on trouve les houilléres et les impressions de plantes qui les accompagnent, — cest ce qui ne nous paroît nullement vraisemblable. En effet, dans l'Amérique septentrionale, où il y a un si grand nombre de lacs immenses, on trouve les plantes et les animaux du monde primitif non sur la terre, mais dans son sein, comme chez nous. Des lacs qui se couvrent de glace, un sol presque toujours enseveli sous les neiges, ne sauroient être la patrie des végétaux qui ont une structure spongieuse, et la présence seule des eaux répandues sur de vastes surfaces, auroit-elle suffi pour bannir de nos contrées et les neiges et les glaces, si d'autres causes n’eûssent influé plus puissamment sur l'élévation de leur température? | |
Sans doute on peut avancer plus d'une hypothèse sur la possibilité de l'existence d’une temperature plus élevée. Dans notre premier cahier nous avons cité l'hypothèse d’Alexandre de Humboldt, qui nous represente le calorique s'échappant à mesure que le globe passoit d'un état fluide à un état solide et compact; nous en citerons une autre que Gelpke établit dans son dernier ouvrage sur le peuple primitif de notre planète 5), Ce naturaliste explique les changemens survenus sur la surface de la terre par la chûte de mondes étrangers sur notre globe; une masse planétaire de la grandeur de Vesta lui paroit suffisante
pour produire ces effets. „A l'approche d'une semblable masse la mer a dû s'élever par la „force d'attraction, et couvrir au moment de son reflux les plus hautes montagnes; les corps „organises, habitans des ‘terres ou des mers, ont alors dû -être déposés ca et là sur leurs ,cimes les plus élevées, “
“) Toutes ces conséquences sont forcees, et les exemples insuffisans. Pourguoi la côte de la Normwege est-elle plus chaude que celle de la Suede, qui est baignee par la Baltique? — IT est faux que sur le sol de l'Islande autant de végétaux puissent résister à l'air libre qua Paris. — Il y a des plantes de terrains secs qui croissent également bien dans des climats très-opposés ; p- ex. Salix capraea, S. aurita; fragaria vesca, etc. Les endroits les plus froids de la terre sont ceux occupés par les eaux; p. ex. les mers qui environnent les pöles. Note du traducteur.
36) Gelpke, Ueber das Urvolk der Erde. braunschweig, 1820, p. 61 u. s m.
„En admettant qu'une telle masse se soit précipitée sur l'hémisphère septentrional de „notre globe, alors le centre de gravité de ce dernier a dû être changé, une moitié de l’&qua- „teur se porter vers le Nord, l'autre vers le Sud, et les pays qui appartenoient à la zone tor- „ride, tels que ceux que nous habitons, auroient été ainsi poussés vers le Nord dans une „zone plus temperee.“
: , Cependant cette révolution n'aura rien changé à la direction de l'axe de la terre, parce- „que le mouvement du globe sur son axe ne a pas de la pesanteur des masses, mais
„de la premiere el qui lui a été donnée dans le principe.
» Seulement les pôles arctique et antarctique ne se sont plus trouvés, après cette ktande „revolution, au même point où ils avoient été antérieurement; mais à chaque g grande secousse „nouvelle ils ont dû affecter un autre point.“ |
„Si nous placons maintenant le pöle antarctique sous le Cap de bonne espérance, à en- „viron 40 ou 50° de l'équateur, et le pôle arctique dans la mer pacifique, à une égale dis- „tance du pôle nord actuel, alors la terre aura, d'après les calculs savans et cannictts de »Mr. le conseiller privé Klügel %), une figure parfaitement régulière, savoir celle d'une „ellipsoide, dans laquelle en de rotation et celui de la figure, qui dans l'état présent sont |
»très-différens Tun de l'autre, ne feront plus qu un. “ ; |
„La terre, d'apres l'influence partout uniforme de la gravitation, doit dans le principe avoir eu cette figure régulière, avant quelle eût été derangee par la chüte de masses pla- „metaires considérables. A cette époque primitive la moitié de la zone tempérée, où se „trouvent l'Europe et une partie de l'Asie, étoit dans la zone torride. Il faut bien que cela „soit ainsi, puisque la multitude de grands animaux terrestres et de végétaux, qui n’appar- „tiennent quà des climats chauds, et dont nous trouvons partout les débris, soit pétrifiés, »soit empreints sur les roches dans le sein de la terre, doivent nécessairement avoir vécu „dans ces contrées.“
Sans nous occuper davantage du soin de rechercher quelle température a été nécessaire. pour produire les plantes du monde primitif, dont nous possédons les empreintes, nous donnerons principalement nos soins à rassembler tout ce qui a été trouvé, à le ranger dans le meilleur ordre possible et à déterminer ce qui sera susceptible de l'être.
Les notices qui nous sont parvenues antérieurement sur les empreintes des plantes, concourent surtout à établir un fait, savoir que dans toutes les houillères on trouve presque toujours les mêmes empreïntes. Les figures des anciens ouvrages ne peuvent être consultées quavec doute et précaution. , Faujas de St. Fond et Schlotheim ont attiré de nouveau l'attention sur cet objet, on a examiné les impressions de plantes avec plus de soin, on en a donné des figures plus exactes, sans cependant les caractériser suffisamment, |
Freisleben, dans son ouvrage!’ souvent cité sur la formation du schiste cuivreux, ne neglige à la vérité jamais de faire mention des petrifications de chaque formation en particulier, mais il ne les mentionne qu'en général. Dans les houillères de Mannebach on trouve beaucoup d'empreintes, surtout des fougères 3). Il paroît qu'anciennement elles étoient encore en plus grande quantité, car, d'après un rapport sur l’état de ces mines en 1695 39), une partie de la minière fut appelée Montagne aux plantes, et en effet on y avoit trouvé 30 espèces de plantes différentes, et cela en tres-grand nombre. Dans la houille (Lettenkohle) des montagnes calcaires coquilliers des pays de Weimar et de Gotha, et dans le orès argileux des environs de Stuttgard, on trouve des impressions de plantes et de sémences 40), L'auteur possède dans sa collection des impressions de feuilles de diverses espèces, dont quelques-unes ont 6 pouces de longueur et 7, de largeur; elles ont été tirées des quartiers
37) Rlügel’s Ausdehnung der Erde, in den astronomischen Sammlungen von Berlin. T. III. p. 764 — 169.
38) Freisleben, L. cit. T. IV. p. 183.
39) bericht einer herrlichen Bergsituation etc. Leipzig, 1695. in 4”. — Freisleben am a. O. in der Note. |
40) Freisleben a. a. O. pP: 324.
6, 7 et 31 des mines de Mansfeld #). II est difficile de deviner la plante que l'auteur a fait figurer sub I. Fig: 1. Steininger a décrit avec plus de détail plusieurs impressions tirées de diverses houillères d'Allemagne; cependant il est également difficile de savoir précisément à quoi sen tenir relativement à celles qui ne sont point fisurées. Voici p. ex, la manière dont l'auteur determine une impression tirée de la houillère de Friedrichsthal.
„De petites impressions de noeuds triangulaires en longues raies, avec un peu de char- „bon dans le milieu. Ges noeuds sont rangés vis-à-vis les uns des autres, 4 à 4, dans chaque „rhombe, dont les côtes ont 2 lig. de longueur.“ Il fait le plus souvent mention de plantes arundinacées et de fougères. Les troncs de jeunes arbres avec des raies et des internoeuds, que l'on trouve dans la roche d'argile ferrugineuse, paroissent être des calamythes.
L'hexagonum carbonarium, que l'auteur compare avec la palma cariothyca de Kämpfer. Msn exot. p. 770. Tom. III, Fig. 1. est notre alveolaria hexagona (palmacites hexagonus. Schlotheim). |
Dans un ouvrage postérieur du même auteur il cite des empreintes de dattiers et de bambousiers arbres (baumartigen Rohrstämmen), mais il ne les décrit pas #2).
Flürl est celui qui a mis le plus d’exactitude et de soin dans la description des impressions de Hering. Il avoit pris le plus sûr moyen pour y réussir, en abandonnant au digne vétéran de la botanique, le chevalier et academicien Fr. Paul de Schrank à Munich, le travail des determinations, D’empreinte la plus importante de cette formation est celle dun palmier (Fächerpalme), qui a été reconnue être une feuille de Borassus flosbelliformis.
Ce palmier est différent du palmier flabelliforme, qui se trouve dans nos houillères de Boheme, et autant que je puisse le savoir, il n’a été trouvé nulle part ailleurs Déja Humboldt a provoqué notre attention sur cette particularité de l'espèce des palmiers qui, renfermés d’ailleurs dans d'assez étroites limites, sont ici extraordinairement multipliés. Les empreintes qui ont été données sous le nom d’Erica mediterranea, paroissent dans louvrage de Mr. de Schlotheim (parmi les Lykopodiolithes). On ne retrouve plus l’asplenium viride, soit dans la collection de l'académie royale à Munich, soit dans celle de Mr. l'académicien Flürl; nous devons à sa prévenance obligeante, ainsi qu'à l'amitié de Mr. Schrank, la communication de dessins exacts de ces empreintes, |
Nöggerath #), dans son dernier ouvrage déjà indiqué, a cité itérativement plusieurs exemples d'arbres pétriliés restés debout, et en a fourni de nouveaux. : Un arbre de ce genre, trouvé dans la carrière de Kohlwald, et qui a été décrit l'année dernière, est déjà decouvert dans une étendue de 103 pouces. On en a trouvé deux autres à Willweiler, qui ont de 29 à 30 pouces de diametre. |
Le fossile que Mr. Schmidt de Siegen a découvert, pendant un de ses voyages en Westphalie, dans une carrière de gres bouille à Kloster- Rumbeck, près Arnsberg; est extrönrement remarquable. Ce végétal, qui étoit dans une coüche d'argile schisteuse sablonneuse, consiste en une tige simple et de diamètre à peu près égal dans toute sa longueur; cette tige, entièrement dépourvue de ramifications, est transformée en une masse de grès, A l'extrémité supérieure de la tige est un fruit en forme de massue de 10 pouces de longueur, lequel a été transformé en spharosidérite (T’honeisenstein). La tige et le fruit sont aplattis, de forme elliptique; la tige est visiblement rayée. Mr. de Nöggerath trouve que
le habitus de ce végétal rappelle au premier coup d'oeil les analogues existant aujourd'hui,
41) Freisleben, T. III. p. 182.
42) Johann Steininger, Geognostische Studien am Mittel-Rhein. Mainz, 1819. P. 68. und folg. Desselben Erloschene Vulcane in der lg am Nieder- Rhein. Mainz, 1820. p. 110.
43) Nöggerath am a. O. p. 52 — 59. In einem späteren Nachtrag bemerkt Herr Nöggerath, dafs, nach den beobachtungen vom Herrn Professor Pusch, die ‚fossilen bäume von Hainchen, nach den gefurchten Stämmen zu urtheilen, an denen keine Abgliederungen bemerkt wurden, zu der Gattung Syringodendron gehört haben könnten. Isis, 1820. Band II. p. 902.
quoique. dans de moindres proportions, et qui appartiennent aux genres Cycas et Zamia. Mais. il-nous. est difficile. de nous figurer une de ces plantes, qui sont tres-riches en feuilles, avec une tige tout-à-fait droite et enticrement nue, le fruit attaché à l'extrémité. supérieure, sans aucune. trace de feuilles à la partie inférieure de la plante, et l'on a pu d'autant mieux s'assurer. quil n'en existoit pas, que-les racines y sont bien distinctement conservées. La température existante à cette époque auroit-elle été assez chaude, pour détruire entièrement la trace des feuilles, comme cela se remarque en Espagne aux. exemplaires du Ghemaprofis humilis, qui ont poussé sur des collines arides. | |
| La manière dont les impressions de plantes sont décrites dans les ouvrages anglais, est telle, qu'on ne sauroit risquer de les classifier et déterminer d'après elle.
Ge. que Winch #) nomme une plante semblable à l'Euphorbe, et à laquelle joy ouyriers ont donne, le. nom de petrified Salmo, paroît être un RE. Autrefois dans nos mines les ouvriers croyoient aussi que ces écorces d'arbres écailleuses avoient appartenu à des poissons. L'écorce d'une plante semblable à un Cactus pourroit fort. bien aussi appartenir à une espèce que nous avons décrite. Les noms de Polypodium, Blechnum, Osmunda, nous indiquent seulement quil y a là beaucoup de fougères. 2
Berger.ne parle qu'en général d'impressions de plantes aquatiques. ‚I en fait mention dans la description. des'houilles de Baylicastle dans le Derbyshire.
Dans sa description ‚des houilles d'Irlande, Weawer #), en parlant des impressions de plantes, cite les figures de Parkinson et de Martins, que. malheureusement, nous. n'avons pas encore pu consulter. Il compare les premières en général avec des Equisetum,. des Hyppuris et Hymenophyllum Fhunbridgense. Il'y a un tres-grand nombre d'impressions..de fougères de plus de deux pieds de long que l'auteur lui-même déclare être.inconnues. Toutes ces. impressions ont du rapport avec celles, que nous connoissons: cependant il,ÿy a beaucoup de probabilité que dans le,nombre il se ‘trouve de nouvelles espèces. =; |
Ce qui a été écrit de plus important sur les plantes du monde primitif, c'est dans; l’ouvrage de: Mr. le Baron de Schlotheim sur les petrifications, quil faut le chercher. A la vérité, les divisions établies par: l'auteur reposent toutes sur des :bases entièrement géo gnostiques, mais cependant, ‚en parlant des impressions, il a particulièrement égard à Tanalogie de leurs formes extérieures ‚avec des objets connus; il en résulte des groupes. ou genres distincts, qui facilitent les recherches ultérieures. ::Nous aurions ‚desire un. autre nom. à la division: designee: sous le, nom.de Casuarinites, parceque d'un côté des feuilles: verticillées, qui aprés leur -chûte laissent autour de la tige un anneau formé ‚par. le, point d'insertion de chaque feuille, et de l'autre, la, forme. des feuilles. elles-mêmes,. different beaucoup des .casuarines, ce que l'auteur lui-même a parfaitement senti #). Grace aux notices littéraires, aux dessins, aux 1mpressions, quil a bien -voulu. nous communiquer ‚avec. la prévenance la plus obligeante, nous nous trouvons à meme.de faire entrer dans les genres que nous-avons établis, plusieurs des plantes quil à décrites. | | | |
Pour ce qui concerne les impressions des lignites, nous allendeits avec impatience log ouvrages annoncés par Emmerling.et.Langsdorf, Tout ce. que. nous. avons trouvé jusquà présent dans les lignites de Bohême, consiste en feuilles, en petites fougères et-en graminéess: Mais ces genres de végétaux accompagnent cette formation jusqu’en Islande 47) ; on a aussi trouvé des impressions «de feuilles. dans le Surturbrand, espèce de lignite.. : Mr. le Baron de Schlotheim en a également reçu plusieurs qui lui ont. été envoyées de ;Raltennordheim,: du: Habichtswald.:en Hesse, et d’Asberg pres d’Ergel; et. il: les a, classés parmi les 'Bibliolithes. - -Elles ont, il; est vrai, quelque ed avec des. feuilles: de saule, . de hêtre ou d'érable; mais ‘elles en différent cependant, aussi. : Nous n'avons joint à, cet ouvrage
oo inc I 6 Bansacb.\Trnblbab bee 45) Weawer in Transact. T, V. L cit.
46) Die Petrefactenkunde auf ihrem jetzigen Standpunkt, von E. T. Baron von Schlotheim. Gotha 1820. pag. 387 et.segq.
47) our r babe seiner Vulcane und Bias von ER Le P- 110116:
qu'üne seule planche représentant ces empreintes, parcequ'elle ‘étoit déjà gravée avant que l'ouvrage de ces Mrs. ne fût annoncé; notre intention n'étant d’ailleurs nullement de prendre l'avance sur eux. |
Dans la formation des grès blancs (Quadersandstein, d'après d’Aubuisson) on trouve beaucoup plus souvent des testacees que des empreintes de vegelaux; cest au Heidelberg, pres Blankenbourg, quon rencontre le plus fréquemment ces dernières. On fait rio d'empreintes de feuilles ‚qui ont plus d'un pied de longueur; et qui par conséquent ne sauroient appartenir à aucun arbre d'Europe.
Mr. de Schlotheim a fait entrer dans sa classification des bibliolithes, les feuilles dont nous venons de parler, et des feuilles de saule des environs de Wolfenbüttel, près Lauch: stadt. ‘Nous en donnons une trouvée dans la formation des grès blancs de Bohëme, qui est entre l'érable, le platane et le tulipier, sans cependant s’accorder parfaitement avec aucun des trois. D'après Mr. de Schlotheim on doit aussi trouver dans la carrière rouge, au milieu de la roche de grès blane des environs de Gotha, nos Syringodendron, quil appelle Palmacites canaliculatus. Son Palmacites obsoletus n'est pas assez caractérisé pour qu'on puisse le déterminer... Nous nous réservons de parler des empreintes de plantes tirées de la marne calcaire, quand nous aurons été à même d'examiner avec plus de soin celles qui se trouvent en Bohême. L'an dernier (1820) nous avons fait dans cette intention un voyage a'Walsch, où il ‘existe un gite de pareille marne calcaire à côté du basalte, dans lequel elle pousse quelques filons. Mais ce voyage a été infructueux, il étoit impossible de se procurer mére des renseignemens sur les belles empreintes de -poissons et de plantes qu'on avoit trouvées anciennement, cependant nous espérons être plus heureux une autrefois, Nous n'en avons vu que quelques fragmens isolés; ce sont des empreintes de feuilles qui ont du rapport 'avéc celles de Roche-sauve, que Faujas de St. Fond a décrites et figurées. La stratification de ce lerrain paroit aussi avoir beaucoup de ressemblance avec celles du terrain de Roche-sauves °' |
"Nous avons peu à ajoûter sur les ‘pétrifications, que nous nindiquerons que lorsqu'elles offriront des caractères distinctifs. Un palmier décrit par Auguste Breithaupt, et qui a été trouvé dans une carrière entre Freiberg et Chemnitz parmi des bois pétrifiés (unter - Holzsteinen,), mérite avant tout d'être eité parmi ces dernières #). Tout le morceau avoit une aune de longueur, son ‘diamètre 'etoit -en bas de 8, en haut-de 5 pouces. Werner rangea ce fossile parmi les palmiers. A en juger d'après la figure de la coupe longitudinale, les feuilles paroissent avoir décrit une spirale autour du tronc; comme cela se voit chez les palmiers, les! Dracaena et la” pages des arbres fossiles et des empreintes de la formation houillere. | |
Suivant une notice qui n'a paru que dans les journaux, on doit avoir trouvé dans une roche de grès à Monrepos; près de Lausanne , une feuille de palmier parfaitement bien conservée; cette feuille sans site anparient suivant le Professeur Charanne, au Chamaerops humilis. | | |
Les renseïgnemens que nous avons recueillies sur les différentes espèces d'empreintes de végétaux, fournissent plusieurs. argumens qui confirment les hypothèses que nous avons établies dans notre premier cahier. La végétation précipitée dans la formation des houilles: se réduit à un assez petit nombre de familles, la plupart inconnues, qu presque ‘toutes appartiennent "aux monocotyledones, et paroïssent avoir été des plantes ou aquatiques; ou de ‘marais; ‘ou bien: des fougères. ‘Partout les houilles noires, ‘du moins toutes celles que nous connoissons, offrent les mêmes plantes et le plus souvent en’très-grande quantité.
"Les ‘empreintes du lignite sont .différentes de celles: de la: houille noire; ‘elles !paroissent appartenir au genre des Dicotyledones et à une végétation dissemblable de celle que nous
appelons primitive.
Dans la formation des grès blancs on trouve réunies les ice des deux végéta-
tions, des feuilles de Dicotyledones et des Syringodendrons f Spurensteine), qui pourroient avoir été des végétaux du genre des palmiers ou des bambousiers. : Ces fossiles établissent
48) August Bretthaupt über ein von G, A. Schippen im Jahre 1815 entdecktes Stück von einem Palmbaume. Isis, ötes Heft: 1820. p. 439. 1. 4. RATE
la transition des végétations antérieures à la végétation présente. — Les bois pétrifiés se rapprochent de la formation des houilles noires — cela peut-il se dire de tous? — c'est ce
qui est encore incertain. | |
Au surplus toutes ces données ne sont applicables qu'à l'ancien continent. Nous espérons recevoir dans la suite des renseignemens de régions plus éloignées, et que la prière que nous avons adressée (v. premier cahier, pag. 17.) aux divers instituts savants, entr autres à ceux de Calcutta et de Philadelphia, ne restera pas sans résultat. Nous la réitérons ici de la manière la plus pressante, car ce n'est qu'avec le concours des naturalistes de tous les climats que nous pouvons prétendre d'atteindre le but indiqué dans notre premier cahier, but si important pour lhistoire naturelle, et vers lequel se dirigent toutes nos recherches.