‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 21 sur 189 · DES LIGNITES EN GENERAL · texte numérisé non relu

DES LIGNITES EN GENERAL

Breislak range la houille brune parmi les bois bitumineux. Les couches les plus récentes des terreins secondaires, tels que les breches, le nagelflue, les gres ou psammites, les schistes argileux arénacés, le schiste marneux bitumineux, même des terreins d’alluvion sont leur gites ordinaires.

Le bois bitumineux ou Lignite offre quelquefois des rapports de gisement tres-singuliers.

En effet, on le rencontre en contact presqu'immédiat avec le basalte, par exemple, en Irlande, à la fameuse chaussée des géants, dans quelques cantons de l’Auvergne, sur le Meifsner en Hesse et au mont Bolka dans le Veronais.

A juger d’après les différents gisements que l'auteur assigne au bois bitumineux, M. Breislak range plusieurs espèces de houille oryctognostiquement distinctes dans une même formation.

Cette observation est appuyée par de nouveaux faits, comme nous le prouverons tout-à-l’heure.

Cuvier et Brongniart, dans la description des assises entre la craie et le calcaire grossier des environs de Paris '?) attirent principalement notre attention sur les dépôts marneux qui consistent en deux couches.

L’inferieure qui repose sur la craie, appelée par ces savans argile plastique, consiste seulement en argile et en silice, ne fermente point avec les acides, et contient à peine un atöme de fer et de chaux. Dans cette espèce de craie, on ne trouve jamais, ou du moins fort rarement dés pétrifications,

La seconde couche d'argile au contraire, séparée de la première par une couche de sable, et souvent tres-puissante, est très-riche en petrifications d’eau douce et salée, et contient de la houille brune. Cette houille est de diverses espèces : quelquefois elle se distingue en ce qu’elle a conservé toute la texture du bois qui la compose; quelquefois cette texture est entierement effacée; alors le charbon est feuilleté et semblable à la houille noire; aussi les minéralogues lui donnent ordinairement des noms différents.

Les couches sont en parties puissantes, quelquefois en feuillets très minces, mais même dans les parties où la texture du bois parait entièrement effacée, on trouve ca et la des morceaux de bois bien conserves, ou des branches des feuilles et des fruits qui constatent l’origine vegetal de cette houille. |

Ce sont la plupart des Dicotyledones, rarement des Monocotyledones, le plus souvent des palmiers, jamais des fougères, caractère remarquable qui la sépare essentiellement de la houille noire ou primordiale.

15) Cuvier Recherches sur les ossemens fossiles. Tom. II. 2 DOTE 0. 234.

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On trouve aussi des pyrites et du sucein dans cette couche d'argile et de sable.

Les terreins dont on attribue la formation à l’eau douce, nous présentent également diverses espèces de semences et de racines. Les pctrifications de ces terreins ainsi que le plantes fossiles qu'ils renferment, ont été exactement décrites et figurées.

Ulterieurement Brongniart a !#) distingué soigneusement l'argile plastique de la marne argileuse qui fermente avec les acides, mais comme il indique le gisement de cette dernière, partie dans et sous la craie, partie sur le calcaire grossier, alors les phénomènes propres à la même formation se reproduisent à une époque difficile à déterminer. Cependant les impressions végétales nous fourniront dans la suite une regle qui facilitera nos calculs.

Brongniart range parmi les lignites des terreins d'argile plastique, outre ceux des environs de Paris, les lignites de Bastberg, dans les Vosges, et de Buxwillers, en Alsace; —

Ceux de File de Wight et de Scheppey, en Angleterre; —

De Vevay, pres Lausanne, et Horgen, en Suisse; —

Les houilles brunes (ou lignites) du Meifsner, en Hesse, et ceux des environs de Carlsbad, en Bohème, auxquels on doit raisonnablement rattacher toutes les ramifications de cette houille jusqu'a l'Albe; —

Enfin la formation du succin de Rantau, Palmnicken, et Grashubenicken, en Prusse.

Les observations remarquables de M. Przystanowsky ‘$), sur la grande bande de soufre méditerranéenne, en Italie, fournissent une preuve incontestable, en faveur de l'opinion de M. Brongniart, que la différence oryctognostique des houilles n’est nullement en contradiction avec l'unité géognostique de leur formation. Il distingue deux de ces: bandes: il appelle l’une l’Adriatique, l’autre la Méditerranéenne; dans toutes les deux on trouve différentes espèces de houille et aussi de l’asphalt et du soufre dans la même formation.

Nous citerons les lieux d'apres lui.

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