‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 3 sur 189 · ARR 28 BUN · texte numérisé non relu

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Lies traces de la destruction d’un monde primitif ne pouvoient échapper aux regards des naturalistes des différentes nations et des différens âges ; elles sont trop généralement répandues sur la terre, et trop à la portée de l'observateur, pour n’en point être apperçues. Cependant on les réputa long-tems trop indifférentes, pour leur accorder beaucoup d’attention. |

Les Grècs et les Romains font mention de pétrifications ; parmi Zu: règne végétal, les carpolithes devinrent l’objet de quelques recherches. Leur forme extérieure leur fit gratuitement attribuer des propriétés médicinales. | |

Dans le seizieme siècle on s’occupa avec zele de histoire naturelle ; mais les opinions les plus bizarres régnoient encore à cette époque dans cette intéressante carrière , et ellet agravoient extrêmement la tâche de ceux, qui auroient voulu tracer un tableau fidele de l’état de la science. Balthasar Klein fut un des premiers en Allemagne , qui pensa que le charbon de terre pouvoit devoir sa formation au bois. Il envoya à Mathiole un échantillon , où d’un côté la substance ligneuse avoit. selon lui, passé à l’état de pierre (in armeniacum lapidem), et de Pautre offroit une couche de charbon de terre. Cette découverte fit grand plaisir à Mathiole ; et comme à cetie même époque on trouva dans les mines de Joachimsthal , à 150 toises de profondeur, un arbre pétrifié, dont l'écorce conservoit encore un reste de substance ligneuse , il déclara, qu'il lui étoit maintenant clairement démontré, que la pierre pouvoit passer à Pétat de charbon et le bois à l’état de pierre , suivant qu’ils se trouvoient en contact avec les sucs lapidifiques ou charbonifiques répandus dans la nature.”

C’est dans ce même sens que dans une lettre à Aldrovandi il dit, que les pierres, qui par {eur nature sont incombustubles , si elles sont imprégnées d’un suc bitumineux , comme le Gagat,

1). Math. epist. ed Bauh. lib. 3. 142. — Il existe encore quelques restes de cet arbre à Joachimsthal sous le nom d'arbre du déluge , on les trouve entre la Hieronymus- et Fiedlers- Galerie , distantes 66 toises (Lachter sölig) entre elles. L’eloignement de ce point jusqu'à Pouverture de la Galerie de la Lunette de Barbe est de 1554 toises, la hauteur verticale de 160 idem. — Le bois, dont les fibres sont encore reconnoissables , a passé à l'état de pétro-silex-noir avec des veines de Spath calcaire , le tout enveloppé dans de la W ak (Wacke). Nous ne rechercherons point , si Mathiole na point pris cette enveloppe de Wax pour l'écorce de Parbre. Le bois de palmier , que Mr. Faujas de St. Fond a trouvé dans le tuf volcanique sur la montagne de Montecchio maggiore pres VFicence, et dont il à donné la description dans les annales du Musée t. IX. p. 388., paroit avoir un grand rapport avec l'arbre de Joachimsthal. L'un et l'autre ont la même couleur , et sont traversées par des cristallisations calcaires. Les arbres à écorce mamelonnee , qu’on trouve dans le voisinage de ces palmiers, et que l’auteur croit être des fjugères arbres , appartiennent vraisemblablement à la Jamille des arbres à écorce écailleuse de la formation

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brilent alors, senflamment et se reduisent en cendres comme le bois; ainsi que l’on peut le voir journellement dans le Pays-bas, où à défaut de bois on emploie ce fossile combustible. ?)

Aldrovandi même nous a fourni plusieurs gravures de plantes fossiles, qu’il paroit avoir pris pour des conifères, puisqu'il leur a donné le nom de peucites, mais la descripuon répond plutôt à des coraux ; elle est d’ailleurs si vague, qu’on reste en doute, si les dessins ont été faits d’après nature ou simplement de mémoire. ?) | |

Malgré l'opinion prédominante alors, que tout ce qui faisoit partie du globe , avoit été créé avec lui; Klein et quelques autres naturalistes hazardèrent l'opinion, que les Carpolithes, et les empreintes végétales, apportenoient à une végétation primiuve. D’autres , au contraire, les regarderent comme le résidu ou la matrice du pétrole , qui en avoit été séparé par l’acuon des feux souterrains. 4) |

Mais quand Scheuchzer publia son herbarium diluvianum, dans lequel il établit les empreintes végétales comme preuves dn déluge et les divisa en antédiluviennes , diluviennes et postdiluviennes ; ce livre marqua une nouvelle époque en Allemagne.

Alors la Silésie , la Saxe , la Hesse produisirent aussi leurs preuves matérielles de cette grande catastrophe , et cela au grand scandale des vieux croyans qui, conformément à lesprit du siecle, lançoient l’anathême contre ces innovations sacrilèges.

Voici, comment s’exprime Beutinger dans sa Sylva subterranea; ‚Les opinions et „raisons de ces naturalistes étant en partie entachées d’athéisme , en partie ridicules et sans fondement , on ne peut en aucune manière y adhérer, C’est en effet une raison vraiment „puerile et ridicule que de prétendre , que les charbons de terre ne sont autre chose , que des „, forêts ensevelies par le déluge , et que des troncs d’arbres décomposés dans la terre! Les bonnes » gens donnent ainsi a connoitre, qu'ils ont peu été sous terre et dans l’intérieur des minières, „„ car leurs raisons et moufs n’ont absolument aucun fondement ni bon sens.“ 5)

Malgré cette tranchante et sévère décision , Popinion une fois émise, subsista : ‘par-tout où l’on exploitoit des charbons de terre, il se trouvoit des observateurs, qui donnoient des dessins, ou des notices , sur les carpolithes, les lithophytes et les phytolithes qu’ils trouvoient. Mais les charbons de terre ne furent dans le seizieme et dix-septième siècle employés comme combustible , que dans les contrées dégarnies de bois.

Dans les pays bien boisés, p. e. en Bohème, on s’appliqua à en tirer le soufre et Palun, que les houilles contiennent. Nous voyons, que dans le seizième siècle divers marchands de Leipsic avoient pris des acuons dans les mines de la seigneurie de Radnitz, °) qui alors appartenoient aux comtes de Czernin; plusieurs dénominations , ,,près des soufrieries , et divers autres indices , attestent encore aujourd'hui ce fait.

Vraisemblablement les travaux entrepris a cette époque auront été subitement abandonnés dans la guerre de trente ans. En 1816 on a en effet retrouvé sur place les outils et ustensiles de fer , que les mineurs y avoint laissé. Les galeries sont très régulièrement travaillées, et Yon en fait encore usage aujourd’hui.

Dans de telles circonstances , et vu les limites étroites que la théologie accordoit aux spécu-

la charbon noir (houille), ‘ce qui permettroit difficilement d'admettre, que la formation de Montecchio maggiore puisse être volcanique. Le nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle range Parbre de Joachimsthal parmi les lignites (Braunkohle). Linne, dans le Musée Tessinien p. 104., le décrit sous le nom de Lythoxylon calcareum, et Lochner, dans le Museum Besslerianum p.92., assure, quil est de la couleur et de la même dureté, que le jaspe. Deux morceaux de cet arbre, conservés dans les collections du Musée national à Prag ue, contredisent les trois opinions enoncées.

2) Lapides ipsi, qui sua natura flammis nunquam flagrant, ubi tamen bituminoso succo redundant ; ut Gagates , perinde ac ligna exuruntur, vertunturque in cineres. Id quod facile testabuntur Flandri, Brabanti, et alii plures aquilonenses populi , qui lignorum penuria hisce lapidibus suos perpetuo fovent ignes. Matth. epist. ed. Bauh. lib. 3, p. 447.

3) Aldrovandi. Museum metallicum , edit. Bonon. 1648. p. 639.

4) Anthraces . . . . sedimentum , vel matrix olei petrae est, ope ignis subterranei fusione ab eo separatae et expulsae. Valent. in Mus. p. 27.

5) Johann Philipp Beutinger — Sylva subterranea Halle 1693

6) Insere dans les actes de la ville de Radnitz le © 9. Juin 1577.

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lations de la science, on ne pouvoit s'attendre a de grands progrès. Cependant vers la moitié du dix-huitième siècle, il parut un ouvrage de luxe qui renfermoit un nombrè considérable de pétrifications gravées et décrites avec une perfection jusqu'alors inconnue. |

Mais malgré toutes les peines que Valch se donna, pour expliquer et définir les figures, que Knorr avoit réunies et gravées, ıl ne put remédier au défaut d’indication précise des lieux, et encore moins à celui d’exactitude dans les desseins mêmes. Nous fui devons néanmoins une littérature assez complette des pétrifications. |

Les ouvrages indiqués ci-dessus produisirent done peu de résultats, et malgré la vie et le mouvement qui vers le milieu du dix-huitième siècle se répendirent avec activité dans toutes les parties des sciences, cette branche resta presque sans culture. Les mémoires des diverses Académies font seuls mention à cette époque de quelques objets isolés.

Dans les ouvrages sur les mines de charbon il est souvent fait mention des empreintes végétales, mais avec abstraction des caractères ou rapports botaniques et geognostiques: Morand, dans l’art d’exploiter le charbon de terre leur a consacré un chapitre particulier, mais tout ce que l’on peut en induire, cest que les mines de Valenciennes et deLiege fournissent les mêmes empreintes, que l’on avoit antérieurement trouvées en Angleterre et en Allemagne. ©)

Au commencement du dix-neuvième siècle Mr. Faujas de St. Fond 7) fit insérer dans les Annales du Muséum quelques gravures d'empreintes fossiles qu'il avoit trouvées à Roche sauve; ces empreintes n’appartenoient point à Pepoque de la formation de la houille schisteuse (Schieferkohle), mais à une formation plus récente.

J'ai déterminé quelques unes de ces figures dans la Gazette botanique de Ratisbonne.*)

En 1804 parut le premier, et jusqu’à présent l'unique cahier de la Flora der Vorwelt, de Mr. de Schlotheim, où cette matiere est traitée purement sous le rapport dhistoire naturelle.

La premiere question, qui y est débattue, c’est de savoir, si les analogues de ces empreintes et de la plüpart des autres pétrifications existent encore, ou bien, s’ıls ne se rencontrent plus, de manière que l’on doive les considérer comme des espèces appartenantes à une création antérieure et détruite?

Jussieu croyoit, que nous ne trouvions que les empreintes du côté inférieur, ou du revers des feuilles. Il avoit publié cette opinion dans les Mémoires de l'Académie; elle est ici victorieusement réfutée, ainsi que la théorie que ce grand Botaniste en avoit déduite.

Comme je me trouvois à Paris lorsque cet écrit me parvint, je profita de la complaisance prévenante, si ordinaire aux savans françois, qui mirent en effet, avec une bienveillance extrême, leurs bibliothèques et leurs collections à ma disposition, et je fis insérer dans les annales du Musée ©) une courte notice sur les plantes, dont je crus connoitre les analogues. Je terminois en disant: „qu’avant de donner un libre cours à notre imagination, il étoit essentiel, de rassem- „bler un plus grand nombre de faits incontestables, dont les conséquences puissent se déduire „@elles-memes.“ Pénétré de la vérité de cette maxime et ma destinée m’ayant, depuis 1809, après la catastrophe de Ratisbonne, fixé en Bohême, au centre d’une grande formation de charbons fossiles, je pris les mesures les plus actives, pour diriger l’exploitation des mines de manière, que les empreintes que lon y rencontre me fussent remises aussi entières, qu'il est po cela soit, vu la facilité, avec laquelle le schiste charbonneux se décompose.

Je fus assez heureux pour me procurer, soit de més propres mines, soit d’autres contrées de la Bohème, des troncs d’arbres entiers, avec les empreintes intactes de leur écorce, des arbus-

ssıble que

tes et fougères d’especes absolument inconnues, et très certainement étrangères à l’Europe. Je recueillis aussi diverses empreintes ou petrifications de fruits et de graines, qui peut-être jetteront plus de lumière sur les divers degrès de la végétation du monde primitif,

Ces découvertes sont intimément liées aux faits généralement connus des arbres fossiles trouvés dans une position verticale près de Chemnitz et de Hainchen en Saxe, pres du Kiffhäuser au Harz, a Duttweiler pres Saarbrük, et dans les mines de Mannebach pres Ilmenau.

Les nöuvelles decouvertes des arbres fossiles en Ecosse, parliculierement celui trouvé pres du village de Pennycuik non loin d’Edimbourg sur le bord de la rivière North-Esk de-

6) Morand Kunst auf Steinkohlen zu bauen ı. pP: 280, 7) t. IT. p. 559. tab. 56— 57. 1803.

5) ann. 1804. Nr. 4. p. 49.

9) Annales du Museum T. F. p. 462. t. 51. 52.

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s en Sılesie, découvert en

crit par Makenzie, '°) ainsi que le Dendrolythe de Waldenburg 1807 dans une carrière de psamite (Brognart), dont Mr. Charpentier nous a donné des notions, viennent à l’appui de l’opinion que nous allons énoncer, quoique la description géognostique, et plus encore les observations botaniques, laissent encore beaucoup à désirer.

Les arbres fossiles des houilles de Wellesweiler dans le district des mines de Saarbrük, trouvés dans la lisière entre la troisième et la quatrième couche de la houille paroissent appartenir à la famille des palmiers, et par conséquant à la même époque de végétation que ceux des houllières de la Bohéme. Pour ne pas devenir diffus, nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage de Mr. le Dr. Nögerath qui mérite une attention particulière. *)

Pour porter sur: la végétation primitive un jugement assure, il est nécessaire d’etudier at-

tentivement la formation des charbons de terre. Il est essentiel de distinguer la houille (Schwarz-

kohle) des différentes espèces des bois bitumineux que les minéralogues rangent sous la catégorie des lignites, ou Braunkohle. Il faut enfin classifier, soit les formations, soit les diverses empreintes, sur le schiste fétide, la marne schisteuse calcaire, la porcellanite Œorcellanjsspis), la mine de fer oxidé brune, ou argileuse, d’après les changemens opérés par la nature sur la face du globe.

Alors on se convaincra que la végétation a partagé en diverses périodes, à commencer à la seconde époque dela formation intermédiaire, et en passant par la periode de la formation des terrains secondaires (Flötzformation) et: celle des alluvions, le sort de la surface du globe, ‚ei. subi d’aussi grands changemens quelle.

Pour prouver cette assertion, il faut parüir de faits connus, et. en procedant.par, analogies, tächer de s’approcher de la vérité, en tant au moins que cela est Se lorsqu’on la cherche dans les profondeurs ténébreuses de la terre. | |

Des hypotèses, qui ne peuvent être ramenées à des faits Eh ne satısfont Hain: V’observateur; elles écartent plutôt de la vérité, qu’elles n’en rapprochent. Je veux donc, essayer d’expliquer les differences dans la végétation par les différences dans les formations.

Le charbon noire (Schwarzkohle) ou houille, appartient à la période des terrains secondair es (Flôtzformauon). Le grès houille, (traumate d’Aubuisson *) est son compagnon ordinaire, aimsi que le schiste charboneux. Il se montre dans le grès blanc (Quadersandstein), dans le schiste siliceux (Kieselschiefer), le schiste argileux (Brochart; Thonschiefer), le schiste d’alumine (Alaunschiefer), dans la chaux de la seconde formation (Flützkalk) dans la formation trappéenne "?) (Flötztrappformation), et dans le porphire secondaire. Le grès rouge laccompagne dans diflerents pays; des couches de sable, d'argile, de terre glaise , le fer at terreux ‚ou, argıleux, la chaux coquillière le recouvrent, La végétation qui fut engloutie dans cette période, est donc celle des montagnes primitives, antérieurement desséchées, et de toutes les somnutes, qui à cette époque s Fine au dessus de la masse des eaux, alors bien plus étendue qu'aujourd'hui. |

Les auteurs de la Propädeutik ‚ont énoncé sur la formation des charbons de terre et des houilles, une opinion conforme à celle que j'ai puisé dans l’observation de la nature 5).

Les couches, ou bancs de charbon, de terre s’eiendent ordinairement en lignes parallèles pendant un grand nombre de lieues de suite, dans une même direction, mais avec de fréquentes interruptions. C’est ainsi que la formation des charbons de terre d'Angleterre se retrouve à Ca-

lais, à Boulogne, et se prolonge sur,les bords du Rhin '*).

10) Bibl, univ. T. PIII Jul. 1818 p. 256. T° IX. 1818 p. 524. 11) Jac. Nögerath über aufrecht im Gebirggestein einge/chlossene fossile Baumstämme. Bonn. 1810. p- 452.

*) L’ourage géognostique de Mr. d Aubuisson n’étoit pas connu en Allemagne au mois de Juin 1819, époque à laquelle Mr. le Comte Bray s’est occupé de la traduction du texte allemand. Pour

éviter les mésentendus qui naissent si souvent des variantes dans la terminologie, j’ai fait ajouter

les nouvelles dénominations avec le nom des auteurs. N ote de l’auteur.

12) Je ne puis encore affirmer si la houille de la ee des trapps appartient à la pé-

riode de la formation secondaire, n'ayant encore trouvé aucune empreinte de plantes dans ses

charbons.

13) Propadeutik p. 159.

14) Geognostische Umrisse von Frankreich und Grossbritannien von 3 Eingelhard und Raumer,

Berlin 1810.

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Une seconde formation se montre non loin de Nantes, sur la côte de Brétagne et près de Quimper. Une troisième paroit à Montpellier, Carcassone, Avignon, et s’enfonce très avant dans l'intérieur du pays.

La formation de la houille en Bohème commence dans la in du sud-ouöst a Merklın, au cercle de Klaitau, et finit au nord-est, au pied des monts sudettes (Riesengebirge) près Schazlar, d'où , repoussée par la masse des montagnes primitives, elle se replie sur Nachod. Le grès houillé, le schiste argileux et siliceux laccompagnent dans les cercles de Klattau, Pilsen, rer et Fer Dans ce dernier cercle la houille a pour limites, au sud, du schiste traumatique, de la pierre calcaire coquilhère, et du diurite de seconde formation; au nord, dans le cercle de Rakonitz, on rencontre aussi du basalte dans son voisinage, au Gun Be le ee neptunien du Dreikreuzberg, pres = Schlan, est très différent de celui que l’on trouve au delà de la rivière d’Eger.

Le Kaolin, qui se trouve en quantité dans ces environs, semble indiquer, que jadis des montagnes primitives ont existé dans ces contrées.

Peut-être se rattachaient-elles à la branche des montagnes primitives, qui se prolonge depuis les cercles d’Ellbogen et de Saatz et suit la route par Buchau et Liebkowitz jusque vers Petersbourg, et remplissaient Pintervalle jusqu'aux montagnes primitives du côté de Reichenberg, absolument parallèles avec la formation primitive du cercle d’ Ellbogen, C'est cette chaîne de montagnes, qui sépare la formation des houilles de celle des lignites, qui n’en est distante que de peu de miles. Dans cet espace il y a en exploitation peut-être plus de quarante bancs ou couches de houille, à profondeurs diverses; leur gisement est concave; elles forment des bassins en cul de chaudron, la plus grande puissance se trouve habituellement vers le milieu, et l’affleurement vers les quatre points de l’horizon, à moins que le mur ne rencontre une roche contre laquelle il s’appuie.

Dans tous ces dépôts on trouve des empreintes végétales pareilles.

Au delà des limites de la Bohéme, dans le comié de Glatz, et dans la haute Silésie, le grès houillé s’étand jusqu'aux montagnes primitives, el les couches de la houille suivent aussi la direction de Pouest vers Pest, en déclinant vers le sud, dans une espace de douze miles d'Allemagne entre le schiste traumatique et les roches calcaires secondaires et coquillières, 15) La houille poursuit la méme direction à travers la Pologne jusqu’en Moldavie, mais ıl nous manquent encore des notions géognostiques, et des indications sur les plantes fossiles de ces contrées,

Partout où la formation secondaire s’est introduite dans la formation primitive, nous rencontrons évalement la houille au delà de la chaine des montagnes, qui forment la frontière entre la Bohême et la Saxe; mais cette formation est plus souvent interrompue et plus variée.

Dans les montagnes primitives, pres de Schönfeldt en Saxe, une houille sèche, dépourvue des parties biviireises: se trouve resserree dans le porphire ent, qui forme meme quelquelois des lisieres entre deux couches de houille, mais alors il est en partie décomposé. Au dessus du porphire l’on trouve un conglomérat de porphire avec du gneis roulé, recouvert de schiste charbonneux, dans lequel on reconnait quelquefois des empreintes de calamites et de joncacées. Le grès, ou psamite rouge, forme la couche supérieure.

Prés de Zwickau, en Saxe, les couches se suivent d’une manière absolument différente : sur de la Wake, repose un filon de basalte, mélé quelquefois d’une couche de fer argileux, au dessus duquel on trouve le grès blanc, qui renferme neuf à dix couches de houille, a nee de schiste charbonneux qui contient des ne de calamites et de fougeres. Le toit est formé par le psamite, qui est recouvert du grès rouge, qui dans différentes parties de P’Allemagne se trouve sous le mur de la houille, et qu’on nomme alors das lodtiliegende, en Angleterre, tantôt comme roche, entre les dépôts de la houille, et ressortant au jour, tantôt déscendant avec la houille jusqu’ à 150 jards de profondeur. *°) |

Les couches de la houille dans le Plauenschen-Grund près de Dresde ont plus d’étendue que celles de Zwickau et Schönfeld. En entrant en ce vallon, on trouve sur la rive gauche de la rivière appelée Weiseritz, des montagnes de sienite traversé de filons basaluques a colonnes prismatiques horizontales. Contre le sienite s'appuie le porphire secondaire, qui fait la base de la formation houillière. Au dessus du porphire repose le grès blanc, qui contient quatre couches de houille ‚ inclinées quelquefois d’environ soixante - quinze degres Le

15) Karsten, Archiv für Bergbau und Füttenwesen. ı— ats Heft. 10) Transactions of the geological Society T. I.p. 195 7. II. p. 285.

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schiste charbonneux avec les empreintes se rencontre parmi les couches et non dans les toits, parce que toute Ja masse semble avoir suivi l'inégalité du terrain. Les crevasses, qui ont été la suite de ce mouvement, sont remplies en guise de filons par le même conglomérat de porphire et de schiste argileux, qui paroit être de la même masse qui a produite la montagne du Win dberg, sur la rive droite de la Weiseritz. Sur le schiste charbonneux, qui contient des empreintes de calamites, de fougères et une plante à feuilles verticillées très delicates, qui paroit appartenir au myriophillum, on rencontre souvent l'argile Iythomarge, et des filons de spathe calcaire cristallise. F5

Les oryctognostes et les chimistes n’hesiteront pas A déterminer ces trois formations pour des espèces différentes du charbon de terre noire (Schwarzkohle, Werner) .et de lantracite. Sous le rapport géognostique et botanique elles appartiennent à la même formation secondaire, et à la même végétation primitive, quoique peut-être à des époques différentes de cette même formation, ainsi qu'il paroît indiqué par la différence de la hauteur de leur gisement au dessus du niveau

de la mer, par la difference des conglomérats qu’on y rencontre, et par Pabsence du bitume

dans celles de Schönfeld, qui abond dans celles du Plauenschen-Grund.

Maintenant (prenant la Bohême pour exemple) transporions-nous par la pensée au tems, où VElbe n’avoit point encore percé le rempart des rochers, qui s’opposoient à son passage, et où tous les fleuves occupoient un niveau plus élevé; figurons-nous l’époque, où Palluvion, qui aujourd’hui recouvre les dépôts charbonneux, n’existoit pas, et où le charbon lui-même, comme végétation, couvroit encore les moniagnes; de quoi supposerons-nous, que les divers bassins auront été remplis, si ce n’est d’eau, dont les reservoirs, plus ou moins liés entre eux, formoient un pays d’ilots (Binnenland).

Les fleuves qui n’étoient anciennement que des torrens, et plus anciennement encore, que de simples courants, auront roulés des montagnes primitives, qui bornent la Bohéme au sud et

a l’est, les végétaux qui les couvroient alors et les auront déposés dans les reservoirs du côté du ns qui est SF parue la plus basse du royaume. La végétation d’un pays couvert de lacs et de marais consiste, au bord des eaux, en graminées, en en arundinacées et en diverses plantes aquatiques; sur les iles et collines élevées au dessus des eaux, mais dans leur voisinage, en arbres, arbustes et fougeres; et telle aussi nous retrouvons la végétation de ces tems primiufs dans nos mines de charbon. Cette végétation ne comprend qu’un petit nombre de genres et tout au plus 400 espèces. |

Nous avons déjà plus d’un exemple, que les végétaux, ‘qui croissent au bord des eaux ont été jetés dans leur sein par des ouragans, et que le bois englouti dans le fond des lacs, passe insensiblement à l’état de charbon par la voie humide. Les lacs de 1’Affray, de Pierre-chatel et de la Murs dans le département de l’Isère renferment dans leur sein de grands dépôts de bois fossiles et, dans Pété, quand les eaux sont basses, les habitans des environs parviennent à s’en procurer pour leur usage. |

Mais comme ces dépôts sont bien plus récens, et que des circonstances différentes ont concouru a leur formation, ils n’ont pas passé à lPétat de houille.

Les végétaux, que diverses révolutions auront jetés dans les eaux, peuvent avoir r long-t -tems flotte sur leur surface, jusqu'à ce que la pulpe des fruits ait été détruite par la putréfaction, et que le noyau seul se fut conservé, et que les bois se soyent amollis et réduits à un état de bouillie. . Alors ils peuvent avoir été comprimés par le poids des alluvions superposées, de maniere que l'empreinte de lécorce aplatie sera seule restée sur le toit du charbon. Une expérience journalière nous prouve, que l'écorce des arbres se décompose et se dissout bien plus difficilement, que la fibre ligneuse; souvent nous voyons des chênes, des ulleuls, des saules, végéter encore avec force, quoiqu'il n’en reste que l’écorce. *) Jusqu’a présent on n'a encore trouvé aucun fruit à pulpe dans les mines de charbon, quoiqu’à linspecuon de quelques noyaux on ait pu conjecturer, qu'ils avoient été renfermés dans une pulpe.

*) Ce phénomène est encore plus fréquent dans Polivier, qui semble ne végéter que par Pécorce; mais ce qui appuie sur-tout Popinion de l'auteur c'est, que dans les grands forêts du nord on rencontre souvent de grands arbres, sour-teut des ee renversés par nulliers, qui gisent sur le sol depuis plusieurs générations peut-être, et dont lécorce est entièrement conservée, au point, que lon peut marcher dessus, tandis que toute la fibre ligneuse interieure est complètement. décomposée et détruite. Bernardin de, St. Pierre rapporte ce même fait dans ses études de la nature. Note du traducteur.

“Mais il nous faut encore fournir des exemples qui constatent que le bois, qui a long.tems été plongé dans l’eau, perd sa forme ronde, et se réduit en bouillie. | | ei Et

Les petites iles marécageuses de Clay-houts, situées sur la côte du eomté de Linkolm, et que lon ne peut appercevoir qu’à marée basse, consistent uniquement en débris de forêts submérgées. Elles s'étendent cependant depuis Suton dans une longueur d’environ douze milles anglois sur un mille de largeur. Sir Jos. Banks et Mr. Malte-Brun, qui-les ont visitées en Septembre 1796, et Mr. Correa de Serra, 7) y ont reconnus positivernent des troncs de chênes, de pins, et de bouleaux, qui gisoient sur le sol, dispersés et jetés dans toutes les directions. L’ecorce de ces arbres, particulièrement celle des bouleaux, étoit presqu’enüere, tandis que la fibre hgneuse en étoit dissoute ét molle; les troncs, les branches et les racines de ces arbres étoient aplaties. . La forme elliptique, qui indique une dissolution antécédante dans l’eau, se remarque souvent dans les bois fossiles et même dans les pétrificauons.

L'arbre fossile trouvé dans une formation de lignites en Umbrie, entre Collesecco et Rosaro, et dont Stellutti a publié la figure, *#) l'arbre pétrifié de Joachimsthal que Linné fit représenter dans le Museum-Tessinianum, ’°) les arbres pétrifiés, qui ont été trouvés près de Malesitz au cercle de Pilsen en Bohême, ainsi que d’autres arbres petrifies figurés dans Aldrovandi et dans différens ouvrages de ces tems, sont la plupart de forme elliptique. C’est également dans cette forme qu’on les trouve dans la formation houillière près de Kaunitz, dans le cercle de Kaurzim; tandis que sur le toit du charbon même on les trouve toujours aplatis Ce n’est qu’ à l’affleurement des couches, où des enfoncemens du terrain peutêtre avoient produits ces effets, qu'on découvre quelquefois des arbrés entiers dans leur forme naturelle, verticalement placés. TEE REN |

La formation de la houille paroit le resultat d’une precipitation successive sur un fond inegal. Lorsque la base, sur laquelle elle repose, étoit égale, les couches sont régulières et parallèles; leur pente se dirige des bords vers le milieu du bassin en cul de chaudron. Lorsqu’au contraire la base étoit inégale, les couches son irrégulières, s'élèvent et s’abaissent, en suivant les mouvemens du terrain, sur lequel elles reposeñt, et leur pente rapide cause souvent des cres vasses remplies de corps étrangers par lalluvion. | 138 |

Les empreintes des plantes sur le toit des charbons observent un ordre assez constant, La première couche, qui consiste le plus souvent en débris d'arbres dont l'écorce est rayée longitudinalement, est recouverte avec une couche de charbon épaisse de trois ou quatre lignes, sur laquelle on distingue aussi la forme des empreintes. Rarement on trouve une feuille dans ces dernieres. | |

La seconde couche, de schiste charbonneux; qui varie de couleurs et de grains, contient des empreintes d'arbres et de joncacées; ils sont couchés ou les uns à côté des autres, ou les uns dessus les autres Les feuilles sont attachées aux arbres, ou bien en couches à côté, ou au dessus d’eux.

“Enfin vient la troisième couche, dans un schiste bitumineux marneux plus fin, plus ou moins mêlé de sable; elle est composée de grandes et petites fougères et de petites plantes à feuilles verticillées, qui ressemblent aux hypurites et calitriches. Dans les lisières de schiste bitumineux, dont les lits de charbon sont souvent entrecoupés, on retrouve, soit les mêmes plantes, soit des simples débris ou des feuilles isolées.

La houille même est croisée de lames extrémement minces de syps; c’est dans les couches supérieures et inférieures que l’on trouve le plus frequemment les pyrites sulfureuses ou martiales. an | |

La houille dans mes mines de Radnitz repose à lest et sud-est sur le schiste siliceux, au nord et nord-ouëst sur le schiste argileux (Brochart); à l’ouëést elle s'appuie contre le schiste d’alumine, qui dans cette partie recouvre le schiste argileux. Les couches superposées, prises au point le plus profond, sont dans l’ordre suivant, en commençant à la surface extérieure:

17) Philosophical transactions 1799: | | | 18) Stellutti, Trattato del legno fossile minerale, T. 7. et 8. 19) Museum Tessinianum p. 102. T. VII. f. 3. |

1. terre végétale (Dammerde) et terre glaise, avec des cailloux roulés . 2°: 6! 4“ 2, grès à grains mager peu amp meles de Kaolin avec du mica gris rou« geätre 2 : £ . E 6 ; : ; à x £ , Bra geh 5. même grès gris jaunätre : = ‘ à ; . - ts. Bist n°004 aa! 4. idem, plus compacte gris blanc : LPS 1 £ P MTRT 29 6 of 5. idem, à gros grains gris- clairs 2 b ë 3 : . sinon. re Bi 6. idem, gris bleuâtre, avec des cailloux roulés, détachés ou aglutinés en forme de breche s $ à 1 ; À y : : i 2.00%. 54 34 7. idem, gris-rougeätre peu adhérent À 3 ; à x ; . 19 St 54 8. bréche avec des galets de quarz aglutinés par du fer hydraté terreux jaune et brun ! z h . : ; ; R R RR. x 0 ot 5% g. schiste marneux charbonneux avec empreintes de végétaux 7 y & 0° 34 0% 10: schiste charbonneux avec empreintes de vegetaux en charbon 3 ä ro6g# 14 11. schiste charbonneux avec de la houille schisteuse 2 i à À oo 9 9 - 12. houille schisteuse pure, avec du charbon de bois ininéralisé (Werner), | traversé par trois lisières de schiste charbonneux, épaisses 2 — 3", 01828" -0 565 ot 15. schiste charbonneux avec pyrites ferrugineuses et charbon “AHED, 18:58 ori Fort

. Mesure de : Re

Çà et 1a, on, trouve des couches entières de géodes de fer oxydé (Sphaerosiderit, dense argirs Honsenkariny, lesquelles sont partie entières, partie creuses à colonnes dans le vuide : intérieur, semblables à celles du bassalte.

| Dans les mines de Radnitz et les galeries de Wranowitz, on les trouve dans, les lısieres entre le charbon, mais dans la seigneurie de Schla n, cercle de Rakonitz, elles sont dans le toit de la houille.

D'après l’analyse chymique de Mr. Le Prof esseur F reysmuth, ele, contiennent:

acide carbonique 2 £ : à .. 28, 50.

eau . Fe : e s » 1, 10, EEE x fer * . » ; : b2, 80.

| protoxyde de Manganese. . : à 2, 66.

silex . . £ ; te . 5 . 7, 39 argile a, . à : - 3, 75.

deuteroxyde de fox; NN 7 id ’ 32.

perte 3, 48. 20)

En Angleterre et dans le pays de. Liege les foyers des, houilles. sont à une bien plus grande profondeur. Les couches diverses, qui leurs sont superposées, sont bien. plus nombreuses, mais pour ce qui concerne la formation même et la. précipitation tranquille. de la houille, elles ne dif: ferent en aucune manière, La principale différence, que lon peut remarquer sous le. rapport géognostique entre les mines des houilles méditerranées et celles qui.sont situées dans le voisinage de la mer est, que lalluvion, qui recouvre les dépôts de la. houille dans les lieux voisins de la mer, est mélée dans les couches supérieures de, crustacées et; d’autres débris de. la nature animée, qui indiquent un assemblage produit par deKrévolutions violentes et tumultueuses, tandis. que dans l’intérieur du conunent, l’alluyion qui recouvre la houille, est. le. plus: souvent dépourvue de coquilles et consiste en PRET assez égales entre elles. Des observations. plus.suivies conduiront peut-être à des résultats plus certains reletyément & à la différence de formation de la houille dans les eaux salées et non salées.

La houille de Buarcos près de Mendoza en Portugal s’avance également jusque sous le niveau de la mer. A la profondeur de 745 Palmes six couches de houille alternent avec le schiste charbonneux et la pierre calcaire; la couche inférieure, de. la. houille de 52:56 pouces est la plus puissante. Nile mur, ni le recouvrement du toit par lalluvion sont, indiqués par l’auteur, mais on peut conclure des couches parallèles marquées dans le plan de lingénieur des mines, Mr. Böbert, que la précipitation de ce dépôt s’est opérée d’une manière parfaitement tranquille. 2)

20) Beschreibung und Untersuchung einer merkwürdigen Eisengeode p. 18. T. 1—4. 21) Eschwege, Nachrichten aus Portugal und dessen Colonien. Braunschweig 1820,

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