‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 35 sur 189 · SOUS · texte numérisé non relu

SOUS

d’autres impressions de feuilles de coniferes, et il a fallu beaucoup de précaution pour la

deg sager. Il serait bien a desir er que nous en trouvassions une pareille attachée au tronc ou aux branches mêmes de l'arbre auquel ces fleurs appartiennent.

Fig. 3. de la houillere de Boulton, en Sommersetshire, que Buckland rattache à la formation d'Oolite primaire. Cette impression est sur de l'argile schisteuse et en partie recouverte d’un enduit charbonneux luisant; elle appartient également aux impressions écail-

leuses avec des boucliers orbiculaires qu ıl conviendra dans la suite de ranger dans une sub-

division particulière, mais pour le moment des définitions séparées suffisent encore. Nous devons ce morceau à M. le Comte de Joseph de Breuner.

Fig. 4. tiré des minieres de fer carbonaté compacte (Sphaerosyderite Haufsmann), au-dessus de la houille de Wranowitz, représente la tige fistuleuse d'une plante dont l'intérieur est rempli de sable et l’extérieur recouvert d'argile martiale. On rencontre souvent ce fossile; dans l’état indiqué il est impossible de le déterminer.

T. XXX. de la formation intermédiaire oolitique de Buckland, a Stonesfield , pres Oxford.

Ce schiste forme une couche dans ce terrein, (calcaire coquillier et du Jura de Werner) qui, dans l’ordre des formations de l’Angleterre, établi par Buckland, est rangé par ce géognoste dans la 3° classe des roches secondaires, sous le nom de Stonesfield slate, comme un schiste oolitique calcaire siliceux, dans lequel on trouve des testacés et de minces couches de houille. Cette dernière est évidemment plus récente que celle de la formation houillère indépendante d'Angleterre. Ce qui prouve cette assertion, c’est que les impressions de plantes qu'on y trouve sont tout-à-fait différentes. |

On a d’abord regardé cette impression comme celle d'un Costus; nous pensons que c’est le fruit d’un conifere qui n’est pas rare dans les formations tant anciennes que plus récentes, comme nous le montrerons dans les planches du cahier suivant,

Le cône entier peut avoir eu environ 8 pouces de long et plus de 3 pouces de dia- ‘ mêtre. Les écailles ressemblent à celles du sapin ordinaire (Pinus abies) plus qu'a tout autre, mais elles en différent cependant ainsi’que de tous les fruits du même genre qui nous sont connus. |

Comme on a déjà découvert les fruits fossiles de plusieurs conifères, nous croyons qu'on doit en former un nouveäu genre parmi les Carpolites, et nous nommons celui-ci Conites Bucklandir. |

T. XXXI. Fig. 1. 2. des mines de St. Ingbert, communiqué par M. Nau. Le premier morceau est un fragment de Syringodendron aplati avec des insertions de feuilles fendues. Ce Syringodendron diffère de ceux que nous avons indiqués jusqu'à présent: nous l'appellons Syringodendron complanatum.

Le second (si effectivement sa forme est fistuleuse, semblable à celle de notre genre Siryngodendron, ainsi que cela parait être) appartiendrait à un genre entierement nouveau. Les insertions des feuilles se rapprochent le plus de celle des Lepidolepis dont il a été question plus haut. C'est pourquoi nous lui laissons le nom de Lepidolepis syringioides. Nous n’avons d’ailleurs pas vu l'impression mème, et le dessin n’est point assez distinct pour pouvoir, en dedans des insertions des feuilles, reconnaître quelque chose de l’organisation de la plante.

Fig. 35. 4. des houillères de Durham, communiqué par le docteur Buckland. Le premier fragment est une fougère de la division de celles, que Brongniart a appelées Sphaenopteris. Le second, à en juger par la finesse de ses feuilles, est une plante aquatique, difficile à déterminer. Jusqu’ à ce que des découvertes ultérieures nous aient fourni des caractères propres à établir des subdivisions, nous pourrions comprendre sous le nom générique de Myriophyllites toutes les plantes fossiles que nous regardons comme plantes d’eau - douce. |

T. XXXI. Fig. 1. des houillères de Radstock, pres de Bath. C’est un Calamite strié et rameux qui a cela de particulier, que (comme plusieurs Lepidodendron), dès noeuds des branches en haut, il est profondémem sillonné, ce qui a donné à la tige la forme d’un coeur. Les branches comme d’ordinaire partaient de l'articulation; nous le nommons Calamites carinatus. |

Fig. 2. parait être une espèce ou une variété de notre Osmunda gigantea T. XXI. Auprès de ces grandes fougères, il ya sur le même morceau un fragment d’une autre fougere qu'il est impossible de déterminer. La classification de Brongniart n’a point de place convenable pour ces deux formes.

T. XXXIIL de Stonesfield,, communiqué par M. le docteur Buckland.

Fig. 1. une feuille pinnde que nous croyons être une fougère sans pouvoir cependant la déterminer avec précision. Elle a le plus de rapport avec Polypodium pectinatum, mais elle en diffère cependant; cette forme ne saurait non plus trouver de place dans les cinq subdivisions des Filicites de Brongniart.

Fig. 2. 3. ont de la ressemblance avec Cupressus thuyoides et Thuya articulata. Cependant nous ne voulons rien prononcer définitivement à ce sujet, n’ayant pas été à même de pouvoir comparer des Fucus exotiques avec ces impressions.

T. XXXIV. du grès bigarré (grès de Nebra Humboldt) aux bords de l’Adige, près Brent, communiqué par M. le docteur Buckland. Le gisement et l’anastomose des nervures des féuilles induisent à penser que ces feuilles appartiennent à des Dicotylédones de la flore actuelle, et vraisemblablement du genre des Chênes. Elles ont le plus de conformité avec les plus grandes feuilles de l'arbre a liège, Quercus suber. Cet arbre croît encore en Italie,

mais plus vers le sud, et en Provence.

Cependant comme les impressions ne sont pas bien nettes, nous ne voulons rien prononcer sur cette espèce.

T. XXXV. des lignites de Bilin, recueillis par nous mêmes dans les nouvelles galeries; la premiere, sur du jaspe caolin, ressemble le plus à une foliole du frêne (fraxinus juglandifolia) ; la seconde sur de l'argile schisteuse grise du puits au même endroit, se rapproche le plus du genre des érables, mais aucun de ces exemplaires ne s'accorde parfaitement avec aucune espèce d'arbre vivante qui nous soit connue.

Fig. 3. de la houillere de Swina, sans nul doute une plante d’eau douce, que nous rangeons préalablement parmi les Myriophyllites.

Il est remarquable que dans la houille primordiale du porphyre, on ne trouve ordinairement que les plantes aquatiques qui indiquent une conformité plus particulière avec les plantes d’eau douce. En effet les impresssion des Fucus des eaux salées ne paraissent que dans les formations plus récentes. Cette circonstance rend ‘très - vraisemblable l'opinion de ceux qui croyent qu à une plus haute température les eaux marines n'étaient point saldes*).

Fig. 4. du mont Makula pres Perutz, en Bohème, dans un schiste gisant dans une formation de psammite par laquelle la houille du porphyre du cercle de Rakonitz est separce du Lignite, (houille brune) du cercle de Leitmeritz; communiqué par M. le Comte François de Thun, le jeune, et tiré de ses collections.

Nous n'o:ons pas décider si la plante dont on voit ici l'impression est une graminée inconnue, ou une espèce de fucus. Nous ne nous rappelons pas avoir jamais vu une plante semblable.

Le fragment voisin d'une petite fougère, ne nous met pas en état de décider, si c’est une Gramitis, ou un Asplenium, ou s'il appartient à telle autre forme inconnue.

Cependant il suffit pour prouver que les fougères se retrouvent aussi dans la formation argileuse, quoique plus rarement à la vérité. |

Les petits enfoncements visibles dans le schiste sont remplis de fibres radicales non entierement décomposées. |

T. XXXVI. Fig. 1. de la marne calcaire dans la basalte, pres Walsch, en Bohème; tirée des collections du monastère d'Osseck, et communiqué par MM. les religieux. Cette impression que nous croyons être un Fucus, a une grande ressemblance avec le Fucus cau-

lescens Gmielin. Hlıst. Fuc’ pag. 175. T. XX. Fig. 2. Elle parait cependant differer de cette

plante indienne, par ses feuilles plus épaisses et ponctudes.

*) Note du traducteur. L'expérience nous démontre cependant, que les eaux marines sont toujours plus salées à mesure que l'on s'approche des contrées equatoriales. Efjectivement, la chaleur évapore l'eau proprement dite, de sorte que dans une méme quantité de fluide, il y a plus de muriate de soude en dissolution, et elle n’est cependant point assez forte, vü la profondeur des eaux, pour precipiter le sel neutre.

Dans les mers du Nord, au contraire, l'eau est sensiblement plus douce; elle est potable dans la moitié du golphe de Finlande, les glaces des eaux sulées ne fournissent que des eaux douces; ce qui prouve que le froid, non moins

que la chaleur, précipite ou meme exclue Le sel marin.

Cela est d'autant plus remarquable que, si , : \ x | | l'on mele de ce sel à de la glace, on augmente sensiblement l'intensité du froid.

M. le Baron de Schlotheim a, dans le supplément de sa science des pétrifications, fait graver les premiers Algacites, mais ils ne sont pas dessinés avec assez de précision. Ni les nervures dans la longueur des feuilles, comme on les voit T, IV. Fig. 2. et encore moins les stries transversales indiquées Fig. 1, n’appartiennent à l’organisation des Algues. Algacites granulatus, de Bohl dans le Wurtemberg, T. V. Fig. 1. que nous avons communiqué à M. de Schlotheim, appartient incontestablement à cette famille; il n° y a aucunes nervures sensibles. |

Dans la marne calcaire de Walsch, on trouve à côté de la plante figurée ici, des feuilles de Dicotylédones et des impressions de poissons.37)

Fig. 2. sur du caolin des galeries de Bilin, sont des feuilles qui appartiennent vraisemblablement au genre des Prunus. Sı on les compare avec les feuilles du Prunus domestica, Linn. et P. juliana, Duhamel, on se convaincra de leur analogie.

Fig. 5., a beaucoup de ressemblance avec Cupressus disticha; mais ce fragment est beaucoup trop incomplet pour permettre aucune opinion déterminée; cependant on ne peut douter que ce ne soit un Dicotylédon.

Comme M. M. Emerling et Langsdorf ont retiré la promesse qu'ils avaient faite de publier les impressions de la formation des Lignites, nous n'avons plus hésité à remplir cette lacune.

T. XXXVI. Fig. 1. 4 du calcaire gryphite de Schloth. (Lias de la formation oolıtique la plus ancienne de Buckland) recueillies à Lime-Regis par ce dernier, qui a bien voulu nous en faire part.

Buckland dans son traité sur la structure des Alpes donne aussi le nom de Lias à la formation du calcaire salın de Bex et de Halstadt.

Les deux fragments de la plante représentée ici sont recouverts d'un léger enduit de pyrites. — Selon toute apparence, ce sont des parties d’un plus grand exemplaire de quelque espèce de Thuya; car, à la vérité, les Fucus sont articulés, mais ils n’ont jamais les feuilles amplexicaules dont on voit les restes 1c1.

Fig. 2, 3., 6. de Stonesfeld, Fig. 2. parait plutôt être le fragment d’une feuille de Scitaminea qu’appartenir aux fougères. Fig. 3. est une noix inconnue. Fig. 6. se rapproche le plus du fruit d’une Diospyros. C’est tout ce qu'on peut en dire. Fig. 5. nous offre une image du gisement perpendiculaire des arbres fossiles de Bog- hall pres Newcastle.

Si les articulations comme nous le supposons, proviennent de la dissolution des couches, ces arbres appartiennent au genre des Syringodendron; ils paraissent avoir été des végétaux dont l’intérieur est rempli de moelle (comme les joncs) et qui à l'extrémité inférieure, ont formé une bulbe ou un oignon.

T. XXXVIIH — XXXIX. de Stonesfield, communiqué par Buckland, paraîssent être tous les trois du genre des Thuya, qui se rapprochent le plus du Thuya occidentalis: on

37) Lorsque le trosieme cahier du texte allemand était déjà imprime. Mr..le professeur Agardh que nous avions consulté comme Juge éminemment compétent sur cette empreinte nous communiqua son opinion. Cet Algacite d'apres lui parait appartenir au genre Sargassum. Le nerf du milieu des feuilles n’est à la vérité visible dans la plante fossile que dans peu de feuilles, mais cela suffit pour supposer qu'elles en étaient toutes pourvues. Les vessies manquent souvent aux exemplaires vivants même. Les franges au bord des feuilles pourraient bien n'être que des Dendrites nées de la substance de ces mêmes feuilles, ainsi que nous le voyons souvent dans les impressions et pétrifications d'Oeningen et de Solnhofen, ou bien les semences qui naissent dans les aisselles des feuilles, qui par la compression auraient été détachées et agglutinées aux feuilles (nous penchons pour la premiere opinion). Mr. Agardh a trouvé une autre espèce de Sargassum parmi les impressions J05siles de la Scanie qu'il a décrite dans les Mémoires de Stockholm, et il propose de donner a la notre le nom de Sargassum bohemicum.

3 | les trouve mêlés , partie avec d'autres plantes du genre des fougères et des calamites, partie avec différents re ®

Les connaissances que nous avons acquises jusqu’à présent relativement à la vegetation du monde primitif, nous permettent de tirer avec une grande apparence de fondement, la conséquence propre à résoudre la question que nous avons posée, pag. 16. de notre premier cahier.

Nous avons prouvé que des frontières de l'Asie et du nord de l'Europe, en traver- Sant tout le continent jusqu’au-dela du canal, en Angleterre, Ecosse et Irlande, et également au-delà de l'Océan, dans l'Amérique septentrionale, sur les bords du Missisippi et de l'Ohio on trouve dans les terreins de houille noire primordiale, ou absolument les mêmes impressions de plantes, ou au moins des analogues très-rapprochés, et que les Botanistes ont reconnu que ces plantes étaient en partie éteintes, et que les autres ne se retrouvaient que dans les zones les plus chaudes du globe. Il doit donc avoir existé une période de temps, où une température plus chaude a règné sur toute la terre, et confondu ainsi la différence des zones et favorisé partout le développement d'une végétation identique.

La végétation de la houille des terreins marneux et argileux n’est pas moins concordante dans ses diverses parties; elle est cependant plus variée et se distingue surtout entièrement de la végétation des houilles primordiales, en ce qu'on n'y retrouve plus les plantes a écailles ; plus riche en Dicotylédones et en palmiers, et retraçant toujours des climats dont la différence était moins sensible, elle parait avoir appartenu à un continent plus vaste, où la température avait déjà diminué.

La transition de cette période à la période actuelle, dont les impressions de plantes que l’on rencontre dans le calcaire de Plänen, nous fournit un indice, n’est pas encore suffisamment établie, vü que ces impressions n’ont jusqu'à présent été trouvées en grand nombre, qu'en Bohème seulement.

Ges impressions ainsi que diverses substances intermédiaires dans le gres blanc, le gres variolé, la marne calcaire, ont besoin d’être étudiées davantage, tant sous leurs rapports géognostiques, que sous celui des plantes et des pétrifications qu’elles renferment, avant que l’on puisse hasarder de les rattacher à l'une ou à l'autre végétation.

Il est essentiel de ne pas confondre des accidents purement locaux avec des révolutions générales, et pour cela, il est indispensable de comparer soigneusement les rappguis

géognostiques avec les impressions qui leur appartiennent respectivement.

En suivant cette voie, les naturalistes parviendront à force de recherches et d’études,

a résoudre les difficultés qui existent encore, et à dissiper

» au moins en partie, les tenêbres qui enveloppent encore les périodes primitives.

TENTAMEN GEASSIFICATION]I PLANTARUM PRIMORDIALIUM

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