‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 39 sur 189 · NOTIONS SUPPLÉMENTAIRES SUR LA HOUILLE DU PORPHYRE · texte numérisé non relu

NOTIONS SUPPLÉMENTAIRES SUR LA HOUILLE DU PORPHYRE

Nous avons dit dans notre premier cahier que les houilles de Bohème appartenaient à une seule et même formation. Nul doute qu’elles n’appartiennent en effet toutes à la plus ancienne houille du porphyre. Mais la formation orientale qui longe le Riesengebirg (Montagne des géants) vers Schatzlar, celle de Schvadowitz dans la seigneurie de Nachod et dans celle d’Aderspach sont des dépendances (ou embranchements) de la ligne houillere de Waldenbourg et Neurode en Silésie. Le grès rouge et le porphyre rouge les accompagnent, tandis que dans la partie occidentale de la Bohème, le terrain houiller des cercles de Rlattau, de Beraun, de Pilsen et de Rakonitz est modifié différemment,

En décrivant cette derniere houille dans le premier cahier, nous n’avons fait aucune mention du porphyre, parce que nulle part il ne s’y montre en contact immédiat avec elle.

Mais une opinion avancée en dernier lieu par M" de Buch, exige à cet égard quelques développements qui nous mettront à même d’examiner l'hypothèse de ce célèbre minéralogiste,

Dans une lettre adressée à M. le Baron A. de Humboldt, renfermant le tableaı géologique du Tyrol méridional, M. de Buch avance l'opinion suivante, p. 17.

„Vous voyez donc, que l'élévation du porphyre rouge est antérieure à la formation secondaire, parce que cette formation tire son origine des débris du porphyre, tandis que l’élévation des porphyres pyroxéniques est postérieure aux formations secondaires, parce qui] perce les différents bancs. Il s'ensuit que toute la formation secondaire n'existerait pas sans les porphyres rouges; c’est encore cette roche qui aura formé par le frottement et les secousses qui accompagnaient son soulèvement, le terrain des charbons de terre proprement dit. La différence des couches de houille avec celles du grès rouge ne consiste qu’en ce que les dernières sont composées de matieres sorties de intérieur de la terre, tandis que les couches des montagnes de houille se composent de matières arrachées à la surface et aux éminences voisines. Ces circonstances expliquent pourquoi on ne voit guères de charbon de serre au-dessous du grès rouge, ni ce dernier au-dessous des couches de grès qui accompagnent les houilles.“

„Les deux formations doivent se trouver à côté l'une de l'autre, sans se conjondre, parce qu’elles arrivent par des routes opposées.“ |

La roche de porphyre qui coupe, à l’ouest de la Bohème, la ligne houillère du sudouest vers le nord-est, a été regardée jusqu'à present comme un porphyre argileux de la formation intermédiaire. Elle se dirige avec le schyste argileux et le schyste siliceux de cette même formation vers la frontière des cercles de Pilsen et de Beraun, du village de Sweikowitz sur la grande route, à une demi-lieue de Rokizan vers le nord à travers le forêts, passant "devant la montagne de Chlumm, se montre dans la vallée de Skaredey, seigneurie de Radnitz, en deux endroits différents; ensuite on la retrouve encore dans les environs du village de Weivanov, seigneurie de Zbirow, dans le voisinage duquel on a découvert trois petits bassins de houille. Dans la forêt de Sweikowitz, le minérai de fer rouge git en nids dans le porphyre. De ce point, cette roche porphyrique se dirige vers l'est, ses parties deviennent un peu plus adhérentes entr’elles (ou plus compactes) jusqu’à ce qu’elle rencontre les formations de diabase et de calcaire de transition entre Zebrack et Zditz; elle se porte ensuite vers le nord dans les vastes forêts de Zbirow et de Totschnik; elle reparaît enfin de l’autre côté dans le cercle de Rakonitz, non loin de la houillère de Swolinowefs. |

Ce porphyre dans son état frais a une couleur jaunâtre, semblable à celui de Blitzberg pres Waldenbourg; à mesure qu'il se délite et se décompose, il devient gris; dans le cercle de Béraun il est rouge, le plus souvent amygdaloïde.

La couche supérieure près Sweikowitz, ressemble plutôt à un conglomérat dans lequel des fragments de schyste siliceux de la grosseur d’une noix, sont emboîtés.

Nulle part il n’est immédiatement superposé à la houille, ni le grès houiller à lui; cependant il s’en approche quelquefois tres-pres. Le grès rouge ancien (Todtliegendes) ne se rencontre nulle part dans son voisinage.

Quelques géognostes comprennent indistinctement sous le nom général de roche houillere, ou grès houiller, le grès rouge et ceux qui sont autrement colorés.

Cependant nous croyons pouvoir soutenir qu'ils doivent être séparés, par la raison que dans le Todtliegendes proprement dit, les impressions de plantes sont tres-rares, et proviennent d’autres plantes, que celles qui ont produit les impressions des grès blancs, jaundtres, ou gris, dans lesquels gît la houille.

Du reste, ils renferment tous un conglomérat de débris de roches de la formation intermediaire, et leurs couches ont tantôt plus, tantôt moins de puissance.

Dans les environs de Waldenbourg, en Silesie, le rapport de la formation houillere ‚au porphyre, est à-peu-près le même. La formation houillère, semblable aux bras dun fleuve, y embrasse la montagne dite Hochwald, de sorte qu'il ne s’en faut que de quelq® toises que cette montagne n’en soit entièrement entourée. : |

Elle s'introduit entre les autres soinmités porphyriques: le Blitzberg, Hochberg, Sat

telberg , Veltemberg , Hirschberg, Schwarzberg, Heidersberg , Buttersberg: ou bien elle s’eleve sur leurs flancs, mais toujours elle est repoussée ou coupée par le porphyre.

Dans deux endroits seulement le porphyre est superpose à la houille, et c’est une question indecise, si ce n’est pas un gisement chevauchant, ou bien même un débris détaché de la masse principale, SE '

Les porphyres de Silésie sont la plupart rouges; celui du Blitzberg, quand la cassure est fraiche, est jaunâtre, passant au gris et s’alterant, comme les porphyres de Bohème.

La houille du Steinauerberg semble suivre le grès rouge d’après le profil des montagnes de Griessen et Friedberg, en passant par Braunau, Trautenbach, Trautenau jusqu'a Nachod, en Bohème ; néanmoins on ne la trouve jamais sur ou dans cette roche.

Il est difficile de bien établir les rapports qui existent entre le grès rouge et le por-

phyre en passant par toutes les modifications de ces deux roches, l’amygdaloïde, la basaltite etc. Le conglomérat de Furstenstein où la formation houillere commence, contient beaucoup et d'assez gros fragments de gneifs.

En Bohème ainsi qu’en Silésie, les porphyres ne se trouvent presque jamais en contact immédiat, ni mêlés avec la houille, et semblent (ainsi que M. de Buch l’a avancé) indiquer par là une origine opposée; mais en Saxe, dans la vallée de Plauen, et à Seefeld dans l’Erzgebirg, la houille gît immédiatement dans le porphyre; dans la Silésie orientale et la partie de la Pologne qui l’avoisine, on la trouve dans le grès houiller sans mêlange de porphyre et de Todtliegendes. Er | :

Dans la Bohème occidentale, les porphyres paraissent superposés aux schystes argileux et siliceux. = < |

D'après cela, des recherches ultérieures paraîtraient encore nécessaires, avant que l’on pût décider si l'opinion de M. de Buch, justifiée par les phénomènes observés dans quelques endroits, peut être admise en thèse: générale.

Le banc houiller dans la Silésie orientale depuis Zabrzese jusqu'à Teczynka, près de Cracovie en Pologne, sur les deux rives de la Przèmissa, repose sur le grès houiller toutà-fait indépendant de la formation calcaire, avec du minérai de fer, de plomb et de zinc (Galmei). Les sphaerosiderites, qui renferment des Syringödendron passant entièrement au minerai de fer, appartiennent à la formation dés charbons de terre. La houille est partagée en plusieurs lits, dont deux principalement sont exploités. Mais on ne peut pas les poursuivre dans toute leur étendue. Dans aucun endroit'la houille n’est arrivée jusqu’à la base de la montagne.

Nous allons donner ici quelques tableaux ‘de l’ordre dans lequel les différentes couches de minéraux se suivent d'après ce que l’on observe dans les sondes et les puits.

MINE ROYALE DE LARRONDISSEMENT DE BEUTHEN.

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