DES LIGNITES DANS LE SEL GEMME
I n’est pas extrêmement rare de trouver les lignites au-dessus et à côté du sel gemme. Cordier, en enumerant le nombre des couches du terrain prés des fameuses salines de Cordova, en Catalogne, fait mention d’une roche calcaire argileuse d’un gris ver-
dätre, laquelle contient un lit de lignite de 3 1" de puissance. C’est par hasard et dans
20) Oberbergrath Nöggerath in Karstens Archiv für die gesammte Naturlehre. Bd. IH: p.: 323.
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un sondage entrepris pour découvir du charbon, que dernierement le sel gemme a été découvert.
Il y a très-longtemps que l'on sait que l’on rencontre du bois carbonisé dans le se] gemme, en Transilvanie et en Pologne. Cependant ce fossile n’a été antérieurement Soumis } aucune recherche botanique; et ce n'est également que dans les derniers temps, qu’en général les rapports géognostiques de cette formation salifere si remarquable, ont excité une attention particulière.
Les opinions que divers voyageurs ont émises sur cet objet, different beaucoup entr'elles, et il n’est pas possible, même sur place, de porter un jugement irrefragable, En effet , on na jamais osé percer l'argile salifere, sur laquelle le sel (Schibicka) le plus profond repose, de peur d'introduire de l’eau dans le sel, et de cette maniere la base proprement dite de ce terrain n’a jamais été découverte.
Si l’on essaie de déterminer cette formation par les rapports des roches environnantes et par la nature de leur superposition, On ne tombe pas dans un médiocre embarras, parce qu’elles présentent et des formes et des aspects différents.
Lorsque l’on s'éloigne des montagnes primitives de Tatra dans les Krapacks, et que l'on descend vers Wieliczka, on rencontre une vaste formation de gres qui recouvre tout, et n’est pas elle-même exactement déterminée. Un lit de calcaire que l'on prétend être le calcaire coquiller (Muschelkalk), sépare cette formation salifere.
Arrive-t-on du côté opposé, savoir: des montagnes de transition pres de Küelic, en Pologne, on passe sur du calcaire du Jura qui, dans les environs de Cracovie, est superposé à la formation houillere. On le retrouve encore dans la colline dite de Cracow } une lieue de Wieliczka, s’enfoncant rapidement sous un terrain de transport et sous des dunes sablonneuses.
Si l’on recule vers la ae orientale jusqu'à la formation houillere, si l’on suit cette dernière et celle du calcaire secondaire mêlé de fer et de calamine, sur les deux bords de la Przemissa jusqu ’aux carrières de marbre de Debnik et de Nova Gora, et enfin jusqu'aux rives de la Vistule, qui a percé la roche calcaire entre les deux ci-devant cloîtres de Tynice et de Biclani, alors on decouvre les plus hauts sommets calcaires du mont Kosciusko et du Venda, les chaines des collines pres de Podgorze et le Cracow, percant le terrain d’alluvion, et cela sans qu'on puisse apercevoir une suite continue ou une liaison avec la formation salifere.
Enfin, si l'on retourne vers la Moravie jusqu’à la formation houillère pres .d’Ostraw sur l'Ostrawicza, on trouve pres de Tetschen un calcaire qui est quelquefois bitumineux et qui alterne avec l'argile schysteuse.
Ce calcaire subit plusieurs changements, il devient de plus en plus sheet a mesure qu’on s’approche de la formation salifere, tant du côté de Bochnia que de Wieliczka, tellement qu'il fait feu sous le briquet.
Toutes ces montagnes qui de divers côtés se rapprochent de la formation salifere, n’autorisent nulle part à croire que la roche qui les compose s'enfonce au-dessous de cette formation qui à Bochnia a été fouillée jusqu'à 212 toises de profondeur, sans que l’on ait percé Yargile salifere qui en fait la base. Ces rapports ne permettent plus dès lors d’asseoir un jugement positif sur l’ensemble de ce terrain. Une détermination précise des testacees que l’on rencontre, soit dans l'argile salifére, soit dans les différentes roches calcaires de ce terrain, fournira dans la suite des résultats plus spéciaux. Nous nous contenterons ici, au moins relativement aux lignites, de démontrer l'identité de ces derniers avec d’autres arbres fossiles bitumineux. ;
Les notices les plus circonstanciées sur ce bois fossile se trouvent dans les Mate
riaux pour l’histoire minérale de la Transilvanie de Fichtel. #) Nous les transcrirons ici littéralement.
30) J. E. Fichtel, Beitrag zur Mineralgeschichte von Siebenbürgen. Bd. II. Nurnberg 1780. 8. 01.
» Vient ensuite celui de tous les corps hétérogènes renfermés dans le sel qui me parait le plus remarquable, je veux parler du charbon de bois que l’on a trouvé en grande quanüté, il y a environ dix ans, à Deschackna, surtout dans deux mines qui sont déja abandonnces. On ne le trouve plus aujourd’hui qu’à Visnacka en petite quantité. Il est très-douteux qu’on l'ait jamais rencontré dans d’autres mines.‘
„A Visnacka dans la mine appelé petite mine, les saulniers trouvèrent il y a quelques années, après avoir enlevé le banc de sel, un gros tronc d'arbre de 8 pieds de longueur environ, encore pourvu de ses branches; il paraissait comme enchassé dans la masse saline à une profondeur de 50 toises. On le coupa en divers morceaux, parce qu’il eut été trop diflicile de le dégager en entier. Le plus grand morceau de bois carbonisé que j'aie vu, avait un pied et demi de long sur 5 pouces de large; il gît à moitié fendu au milieu d’une roche de sel gemme, dont le prince George de Waldeck a fait l'acquisition.“
Suivant le témoignage de Wernerus, on doit avoir anciennement trouvé de ces mêmes charbons.«
„Jen conserve deux petits morceaux trouvés à la 22°” toise de profondeur de la mine de Deschackna; ils ont encore leur écorce, et à l’un deux l'on remarque l'insertion d’une branche; ces deux morceaux étaient de bois de pin ou de sapin très-tendre. Is constatent qu'ils n’ont point été soumis à l’action du feu, et je pense que tous les charbons qui se trouvent dans le sel, sont de cette même nature, ce n’est point le feu qui les a en quelque sorte carbonnisés, c’est le pétrole dont ils sont imprégnés qui leur a fait subir cette métamorphose. Je ne puis citer qu'un seul exemple où ce charbon se soit présente pétrific. L’exemplaire a été trouvé à 50 toises de profondeur dans la mine de Visnacka.“
A Bochnia on trouve aujourd’hui mais très-rarement de petits morceaux de bois carbonise. Leur couleur est noire, ils sont sans écorce. La texture ligneuse est parfaitement bien conservée, et indique des arbres dicotylédones.
En outre une couche de sel bitumineux se dirige à travers la masse du sel gemme, elle passe à l'état de jayet, et répand une odeur très- désagréable, qui ressemble à celle de l'opium. A Wieliczka, cette espèce de bitume existe et dans l'argile salifère et dans le sel même, son odeur est la même. Fichtel fait aussi mention de cette argile salifere bitumineuse comme existante en Transilvanie; il en compare l'odeur avec celle de l'huile minérale (pétrole) que l’on recueille sur les confins de la Moldavie et de la Walachie. Il dit que cette odeur est pénétrante et balsamique, mais qu'en peu de jours elle s’évapore totalement dans l'air, ce qui est également le cas ici. La combinaison de l'acide muriatique avec le bitume parait être la cause de ce parfum caractéristique.
Quelques écrivains modernes, qui prétendent que ce sel bitumieux a une odeur de truffes, le confondent apparemment avec le Tartuflit, avec lequel il n’a aucun rapport.
A Wieliczka, on rencontre dans l'argile salifere du sel de Spiza à 80— 90 toises de profondeur, des troncs d’arbres isolés, des branches et des morceaux de bois. Is apparaissent dans différents états; les anneaux annuels de quelques uns sont imprégnés de pyrites, d’autres sont tres-bitumineux et bruns foncés, quelques autres ont peu de bitume et sont d'un brun claire. Chez tous la fibre ligneuse est distinctement conservée. |
Il y a quelques années que l’on trouva à côté d’un tronc d'arbre, dont une partie est encore restée engagée dans l'argile salifere, le débris d’une branche à laquelle une noix était encore attachée. Cet exemplaire curieux est conservé dans la collection de Mr. le conseiller aulique Lill, premier employé des mines.
On trouve a-peu-pres à la même profondeur de cette même argile salifère des fragments d'une espèce de gres. Dernierement, en creusant un puits, on découvrit le fruit d'un conifere à moitié carbonisé avec de petits grains de succin. Ces deux fruits, ainsi que le bois d'arbres dicotyledones, appartiennent à la période de la végétation actuelle. La noix est entiere; il est difficile de déterminer si c’est un petit exemplaire du Juglans regia ou un exemplaire plus grand du Juglans alba. Je serais plus disposé À la prendre pour cette dernière qui est si commune dans le lignite de la Weteravie, seulement elles v sont plus petites. On a:également trouvé en Angleterre, dans l'ile de Schappy, de espèces de noix du genre des Juglans, dans la formation tertiaire. Dans le sel même, si
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on le lave, on trouve avec du gyps et quelques grains de quartz, de petits fragments de testacées et des grains de charbon arrondis et qui brülent à la lumière.
Les galets de grès étrangers, les troncs isolés et les morceaux de bois bitumineux, les fragments de testacces, et les grains de charbon empätes dans le sel même à une si grande profondeur, indiquent une violente agitation des eaux, et qu'à l’époque ou la précipitation du sel eut lieu, les lignites existaient déjà Mais la précipitation elle-même parait s'être opérée tranquillement, car les trois différents bancs du sel-verd et de ceux dits de Spiza et de Schibicka avec leur argile salifère gisent en couches régulières, dont l'élévement et l’abaissement sont marqués par les inégalités de la pierre de trippe tortueuse (Gekrösstein) avec une précision aussi exacte que dans la houille ancienne, le gisement de ce fossile est marqué par les contours de l'argile schysteuse qui le traverse.
La longueur connue du grand amas salin de Wieliczka est de 1200 toises, sa largeur de 500, sa profondeur de 132 toises. Cette mine est exploitée suivant toutes les règles au moyen de galeries pratiquées dans la direction du banc salin et d’autres galeries transversales (Hreuzorté) d’après son inclinaison. Les galeries conservent le même niveau, et la disposition de l’amas salin en forme de bassin est tantôt ascendante, tantôt descendante, Si l'on compare cette ordonnance avec les cartes des mines, on reconnait avec certitude, qu'au - dessous du sel, il existe une roche arrondie en forme de selle (en dos d’äne) et qui se dirige de l'ouest vers l’est, et que le sel s’est déposé dans ses enfoncements au sud et au nord, d'ou il doit suivre qu'avec les galeries croisantes (Areuzorten) qui suivent le niveau, on aborde quelquefois deux couches de sel, d’autre fois les trois. La roche dite pierre de trippe (Gekrosstein) qui varie dans chaqüe couche de la formation et qui au plus profond du sel gemme, dit de Schibicka, a les formes les plus singulierement contourndes, traverse Vangle salifére en y dessinant des arabesques et indique exactement T’elevement et l’abaïssement des couches, a fort embarasse les géognostes qui ont voulu expliquer son origine. Cette singulière configuration paraît être propre à la chaux .carbonatée. Cortesi dans sa description des stratifications du Parmesan et du Plaisantin®) dit qu'il pourrait citer mille exemples de semblables conformations en zig-zag dans la chaux carbonatee, et il en attribue la cause au dégagement du gaz. Dans sa description des environs de Rome), Brochi fait mention d'une formation tertiaire non loin du ponte Milvio, ou un conglomerat de testacées fluviatiles, de sable, et une roche calcaire tortueuse se rencontrent ensemble, et reposent sur une argile bigarrée avec du calcaire et des débris de végétaux bitumineux. Voilà une grande ressemblance de formation, qui ne diffère réellement que par l'absence du sel.
Si l’on avait le courage de faire un sondage à l'endroit où le sol, sur lequel le sel repose, s'élève et, formant une courbe plus arquée, est consequemment moins en butte à Virruption des eaux, on aurait bientôt découvert la roche sur laquelle le sel est placé. Ala vérité, nous doutons que ce travail püt contribuer beaucoup à la décision des rapports géognostiques de ce banc salifère, car la roche inférieure est nécessairement sans influence
sur une formation indépendante qui se compose du sel gemme avec le gyps et l'argile salıx ° 9 fere qui l’accompagnent.
-31) Mille esempi potrei adurre di carbonati calcarei formati in ziszag. Cortesi Saggl Geologici degli Stati di Parma e Piacenza. Piacenza 1819.
52) Piegando presso il ponte Milvio su per la sponda del fiume verso la sorgente dell Acqua acetosa occorrono parimente conglomerati fluviatili in quello angolo di rupe ni la Punta di S. Giuliano composta di Sabbia giallognola commista a concrezıoni calcarie intestiniformi mamellonate a strati curvi concentrici ; questa posa 50 pra un banco di limo bigio esso stesso calcario con Jrammenti di vegetabili bitumi-
pi à che sta adossato ad un letto di ghiaja. Brochi dello stato fisico del Suolo di Roma. Roma 1820. p. 90. |
A . e . . 4 CS “ e De même que l’on voit des formations tertiaires superposées à des terrains primi-
ufs, mais exceptionnellement, ou de transition, de même la formation saline peut tout aussi
bien reposer sur du schyste argiieux, comme quelques-uns le soutiennent, ou sur le grès
bigarré, comme d’autres le prétendent, sans être subordonnées à l’un ou à l’autre. La
question principale est de savoir à quelle période de temps cette formation appartient.
Le banc salin de Bochnia à une étendue de 1200 toises. Sa plus grande profondeur est de 212 toises. Le banc lui-même est généralement partout incliné, ordinairement de 30 à 45 degrés, dans quelques endroits le sel est presque perpendiculaire. Pour le reste, cette formation a une concordance parfaite avec celle de Wieliczka. On n’y trouve que rarement du bois bitumineux en petits morceaux de quatre à six pouces de longueur. Le sel bitumineux fétide ne se trouve que dans une seule couche de sel.
Nous avons déjà vu que ces deux formations salines renferment dans l'argile salifere des arbres dicotylédones qui ont passé à l’état de lignites; nous avons de plus établi nr dans le sel même on trouve des globules de charbon, et que par conséquent le char bon devait préexister à la précipitation du sel. Mr. de Herder qui dans le temps, ou une partie de la mine de WVieliczka appartenait au roi de Saxe, y a fait un assez long séjour, nous a assuré y avoir trouvé les mêmes espèces de Fucus qu’il nous a montrés sur le Raltenberg pres de Vienne.
Adolphe Brongniart qui s’est occupé plus particulièrement des Fucoïdes, consigne leur gisement dans quatre formations differentes®), savoir: dans les sédiments supérieurs ou le terrain tertiaire du mont Bolca; dans les lignites inférieurs à la craie dans l'île d’Aix près la Rochelle; dans le calcaire oolitique du Jura, pres de Stonefield, et dans une formation dont la position n’est pas encore fixée par les gcologues; dans les marnes qui accompagnent les lignites pres Sarzana. Toutes les quatre formations indiquées se rapportent plus ou moins à la formation de la craie et aux lignites.
Brochi en a aussi trouvé dans le calcaire siliceux du Vatican à Rome, en compagnie avec des dentales et des telines, et nous - mêmes en avons trouvé à VVieliczka un exemplaire, mais qui malheureusement n’est point assez distinct. | |
Le terrain au-dessus du sel de Wieliczka est entieremeut de formation tertiaire.
La suite des formations du puits principal (dit de Joseph) à Wieliczka est indiquée de la manière suivante par Langsdorf d’après Oeyenhausen®)
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6) 3°. Idem tachetee sablonneuse avec de la mine de fer tubulaire 1° 3 0 BER se agree re EEE RE ERROR):
® LU » e ® + ® ® C e ® 1 o e IM
Dr ern rallense erasse ayec galets I.” Nun Don RS on A
5°. Sable mouvant avec galets 6°. Terre de tourbe noire
8°. Argile glaise noire brune avec des morceaux de bois et
deb deplantes decompösces u see 5
de. Marne 'caleaire grise ou noirätre . . „a... 0. BR a st
DR eur ano ne re QU + CO ou are Euler. D NS eh + ag 2°. Sel vert jusqu'au passage du premier etäge. .-,..,.+:,.,8 0