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NOTICES SUPPLEMENTAIRES SUR DIVERS BANCS DE LIGNITES

Nous nous sommes efforcés dans ces dernières années, d’obtenir des renseignements sur les formations houilleres en Italie, ainsi que sur les bois fossiles et bitumineux. Nous avons à cet effet entretenu de nombreuses correspondances et distribué parmi les savants de cette contrée les cahiers de notre ouvrage. Mais nous n'avons pas été assez heureux pour obtenir une seule réponse satisfaisante. Il faut donc nous contenter de rapporter ici

en abrégé, ce que l'impression nous a fait connaître à ce sujet.

17) Nöggerath, das Gebirge im Rheinlande, Westphalen. Bd. III. p. 275.

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Mr. Bevilacqua Lazize décrit à la vérité, dans son ouvrage sur les fossiles combustibles#), les différentes formations houillères du Véronais, de la partie limitrophe du Tyrol, du Monte Bolca, de la Giaza, des Castagne dans le Val di Sorna près Brentanico, de Vajo di paradiso pres Villagrezana, de la Fontana dei Garzoni, dans le Val Tanara, et St. Juan Ilarione, dans le Vicentin, et ses descriptions sont tres- exactes et circonstancices, ‘ Mais les rapports géognostiques ne sont que partiellement indiqués; jamais ils ne présentent un ensemble d’après lequel on puisse se faire un tableau du gisement général et successif des couches de cette formation.

Toutes ces couches de houille, insignifiantes en comparaison des vastes dépôts de lignites de l'Allemagne, et dont aucune n'excède un metre de puissance, ne se rencontrent qu'entre des lits de calcaire pur, de calcaire et d'argile schysteuse, de calcaire et de basalte ou de divers produits volcaniques. Elles appartiennent sans aucun doute à une seule et même formation, quoiqu’elles different sous le rapport oryctognostique, et qu’elles présentent alternativement du lignite schysteux ou feuilleté, ou piciforme, ou terreux, et quelquefois aussi du lignite qui a perfaitement conservé la texture ligneuse; c’est ce que Pristanowsky avait également antérieurement remarqué dans les houilles des Appennins.

Mr. Alexandre Brongniart qui, d'après une suite d'observations géognostiques très- exactes a décrit le Monte Bolca, ainsi que toute la formation calcaréo - trappéenne du Fieentin sf, range cette formation houillère parmi les plus anciennes des lignites. Elle renferme aussi des impressions de feuilles de dicotylédones; et au Bolca l’on trouve quelques plantes que l’on n'a pas encore pu déterminer, et que Faujas de St. Fond et Adolphe Brongniart ont fait graver. | | |

Mr. Bevilacqua Lazize fait en outre mention des arbres fossiles que l’on trouve sur les flancs des montagnes entre les deux vallées dites Valle Sgolmere et Val dei Scajetti, ct surtout à l'endroit nommé il prato dei Perroni. Ils gisent entre des amas de fragments calcaires, de tuf volcanique et de basalte, qui sont enveloppés dans une marne grise ou bleuâtre. On prétend que ce sont des troncs énormes de melèzes et de hêtres avec leurs branches et leurs racines, mais sans écorces. Les fibres ligneuses et la couleur du bois sont parfaitement bien conservées, mais leur pesanteur spécifique est plus grande que celle du bois. Ils brülent de la même manière que les arbres mêmes que nous venons de nommer.

Puisque ces arbres ont conservé leurs branches et leur racine, ils ne peuvent avoir été flottés à une grande distance; ainsi ils doivent avoir été témoins de l’inondation, à laquelle on doit la formation du terrain dans lequel ils ont été trouvés. Partout on rencontre éparses sur la surface du globe de semblables et faibles couches de houille et des arbres fossiles. Ils suffisent pour prouver que les périodes des diverses formations ont été générales et leurs effets identiques.

Sur la côte méridionale de l'Angleterre, on trouve avec la houille dans les derniers sédiments de la formation calcaire dans des couches de marne, des arbres fossiles, dont les troncs et les branches ont été fortement comprimés et entassés les uns sur les autres. Ils sont noirs, légers, et brülent avec une flamme claire, en répandant une odeur désagréable. Ces mêmes arbres se trouvent aussi dans le calcaire (Lias) dur, mais ils ne sont point comprimés , et leur substance est noueuse et compacte. ?)

Dans le Bengale, sur les côtes de Caribary qui appartiennent aux terrains de sédiment ou d’alluvion, on trouve des arbres fossiles, partie dans du sable endurei OÙ, sulvant l’opinion de Mr. Scott, ils ont été entrainds par l’affaissement des sables mobiles où

ils avaient crü, partie dans un lit de diverses substances minérales rassemblées et confon-

18) fgnazio Bevilacgua Lazize, dei combustibili Jossili. Werona, 1816.

19) Alexandre Brongniart, sur les terrains de sédiment calcaréo -trappéens du Vicentin. Paris 1825. |

20) Transactions of the Geological Society. Second series, p. 45.

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dues par les eaux, et dans lequel on rencontre des morceaux isolds avec divers restes de petits quadrupèdes, de crocodiles, de poissons et de testacdes. 2)

. Aux bords du fleuve Tista dans la suite des formations qui consistent dans les diverses transitions d’une roche de grès qui a beaucoup de rapport avec quelques granits à petits grains, et qui doit d'autant plus vraisemblablement son existence à la décomposition d’anciennes roches granitiques, quelle est composée de grains arrondis de quartz et de feldspath avec du mica; on assure que, dans la septième et neuvième assise, on rencontre des fragments de houille et d'arbres fossiles. ??)

De même dans les suites de formations sur les rives du fleuve Subuck, on décrit sous le numéro 4, une stratification qui se rapproche de celle de l'argile schysteuse bitumineuse, avec une houille d’un brun foncé, et dont la cassure est conchoïde. N°. 5, on parle d’un grès qui renferme des fragments de houille, dans lesquels la texture ligneuse est encore reconnaissable; numéro 6, est un gres gris avec beaucoup de mica, qui contient de petits fragments de houille; numéro 10 une argile schysteuse bitumineuse avec du lignite provenant d'un tronc d'arbre de 15 pieds de longueur. *)

Toutes ces petites couches de charbon (lignite) appartiennent également à la formation tertiaire; c’est du moins une supposition Ctablie sur les données que l’on a reçues.

Il serait peut-être aussi à propos de ranger dans la même classe les lignites et le succin que l’on trouve au Cap Sable, dans l’Amérique septentrionale, et que le docteur Troost décrit de la manière suivante dans le journal de Silliman.*)

„La superficie du Cap Sable et de ses environs est onduleuse; quelques unes de ses collines s'élèvent de 80 à 85 pieds au-dessus du niveau de la baie de Chesapeack.“

„La couche supérieure, est du sable qui dans sa partie inférieure est tellement agglutıne par de l’oxide de fer qu'il forme une croûte de grès de couleur de rouille, dont les habitans du pays se servent pour construire les murs de leurs caves. Cette roche est parfois si riche en fer, qu'elle forme alors la mine de fer oxidé brune, compacte de Werner. Cette première couche sablonneuse varie de 15 jusqu'a 70 pieds; au - dessous git une couche de bois fossile de 4 a 5 pieds. Ce lit contient presque toutes les variétés de ce genre de bois, telles que du jayet, du lignite cassant, du bois bitumineux et du lignite proprement dit pénétré de pyrites Un mélange de sable et de bois fossile lie cette dernière couche avec la couche supérieure, si exactement qu'on ne remarque aucune séparation. On trouve dans cette dernière couche, quelquefois aussi dans la couche supérieure, du succin mêlé dans le bois fossile; le dernier renferme aussi de petits grains de succin dans sa propre substance.“ | „Il parait que cet amas de bois fossile a été formé par trois espèces d'arbres, ou plutôt le bois a subi trois métamorphoses différentes. En effet, quelques morceaux sont entièrement carbonisés, d’autres changes en bois bitumineux, d’autres au contraire n’ont subi qu’une très-faible altération. Toutes ces variétés, et particulièrement le lignite, sont entièrement pénétrés de pyrites, quelquefois même entièrement convertis dans cette substance.“

„Cette couche est presque horizontale, au- dessous se trouve un lit de sable mêlé de pyrites. On y rencontre souvent de gros nids de ce dernier minéral d’un jusqu’à un demipied de puissance; vient après une couche de lignite terreux de cinq à douze pieds de puissance qui renferme une grande quantité de bois converti en pyrites. Cette couche est tra-

21) Transactions of the Geological Society. Second series, p. 155. 29) Ibid. p. 138.

24) Silliman, American Journal of Sciences, Vol. III. 1821. Nro. 1. p. 8.

Dr. G. Troost, Description of a variety of Amber etc., discovered at Cap Sable. Heinrich von Struve, Beiträge zur Mineralogie und Geologie des nördlichen 4nericas. Hamburg 1822. p. 85 et seg.

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D e ’ = . 2 A Se = versée par des veines et des nids d’une argile grise, et d’un lignite terreux à petits grains,

? L] Er ss qui a beaucoup de ressemblance avec la terre d’ombre des environs de Cologne. On ren.

contre souvent dans cette dernière des morceaux de quartz gras, et une fois. on y a trouvé

un petit cristal de Cyanite; deux substances minérales qui à une distance de 15 à 20 milles de là, dans les montagnes primitives de Baltimore, se retrouvent souvent.

Mr. Schoolkraft”), dans ce même journal, décrit un arbre pétrifié qui a été trouvé dans le lit de la rivière Displain, dans la province des Illinois. ;

Cet arbre est couché horizontalement dans une couche de grès gris de la formation secondaire la plus récente. Il a 51 pieds, 6 pouces de longueur, à l'extrémité la plus étroite son diamètre est de 18 pouces, et la partie découverte la plus large de 2 pieds, 6 pouces; à la parte inférieure qui est encore recouverte de terre, le diamètre peut être de 3 pieds.

Le tronc est droit, sans branches, rude; il a peu souffert du courant de l’eau qui

e “ e e dt 14 CA = à le recouvre; quoique tout à fait converti en pierre, la difiérence entre l'écorce et le bois

\ 24 ’ = 9 . ; est cependant très-reconnaissable. L’auteur pense que c’est le ironc d'un Juglans nigra;

cet arbre est en effet tres- commun chez les Illinois.

Cette pétrification fait feu sous le briquet, et elle est traversée par des veines de spath calcaire. Tout le long de cet arbre, surtout dans l'écorce pétrifiée, les plus petits vaisseaux sont remplis de pyrites d’un jaune éclatant.

L'auteur range le grès au milieu duquel se trouve cette pétrification, parmi les derniers sédiments de la formation secondaire. Nous serions tentés, vu l’analogie de cette pétrification avec d'autres du même genre, de la ranger plutôt dans les premiers produits de la formation tertiaire. Les arbres pétrifiés des environs de Falkenau, dans le voisinage du lignite, sont également pénétrés de pyrites; des branches isolées, des morceaux de bois tirés du mur des lignites d’Ellenbogen en Bohème, sont entièrement convertis en pyrites, et ils ont pourtant conservé leur forme ligneuse primitive.

Mr. de Humboldt”), comme il le dit lui-même, n’a trouvé dans l’Amerique équinoxiale, ni le terrain de la craie, ni celui du grès des lignites; seulement il admet, par supposition, que les collines, qui dans certaines parties terminent les cordillieres de Venezuela du côté de la mer, pourraient bien appartenir au calcaire Parisien (calcaire grossier Ou à cérites). |

D'après les données du professeur Giesecke, on trouve dans l'ile de Disko, près du Groenland, dans des lits de :sable ‘au pied d’une roche trappeenne, du lignite, de la houille piciforme, de l'argile schysteuse et du grès avec des impressions de plantes. . Les couches de houille les plus puissantes ont 9 pieds d'épaisseur. Dans celle de Hüre Eiland on trouve du succin.?) |

Nous aurons peu de choses à ajouter à ce que nous avons dit des lits de lignites en Allemagne, ou ils sont suffisamment connus.

Dans le Rohngebirg, en Franconie, il y avait deux mines de lignites en exploitation, lune pres de Tanne, et l’autre derrière Städten. A celle de Tanne on trouva au - dessus du charbon des os de quadrupedes herbivores, qui n’ont pas été déterminés. La houille de Städten se montre dans un éboulement de montagne. La partie de la montagne éboulée consiste en un basalte amygdaloïde très-décomposé, qui se réduit en un véritable tuf basaltique. Au-dessus de ce dernier des colonnes irrégulières et inégalement articulées de basalte dur mêlées d’olivine s'élèvent encore. A mesure que la base du basalte poreux et qui est dans un état de desaggrégation, cède, ces colonnes se precipitent dans l’enfonce-

25) Silliman, Journal of Sciences and Arts, T. IV. p. 2. p. 283. 20) Ibid. p.:310:

27) Mineralogie der Disko-Insel von H. P. Gieseke zu Dublin, aus Leonhardis Zeitschrift für Mineralogie, tes Heft, p. 2n. Jahrg. 1823.

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ment qu'un ruisseau traverse, et recouvrent peu à peu la houille que l’on avait commencé a exploiter tout près du ruisseau. A son aflleurement cette houille n’a qu'un picd de puissance, elle repose sur de l'argile plastique, dont une couche est d’un gris bleuâtre et l’autre d'un brun rouge. Cette houille est friable, et en se desséchant elle se détache en minces feuillets. Nous n'avons point remarqué d’impressions de plantes, mais à côté et au- dessus de la houille est un conglomérat, composé pour ainsi dire de fragments d'innombrables testacees de la formation tertiaire, semblables À celles de l’Ahnagraben à la tête d’un filon de lignite du Habichtswald près de Wilhelmshöhe dans les environs de Cassel. (Calcaire grossier). | Mr. le conseiller aulique Hausmann, et Keferstein, rangent ce conglomérat coquiller avec le calcaire grossier des environs de Paris #), dont il parait être une formation parallele modifiée. A la place du calcaire homogène et compacte vient un mêlange d'argile, de calcaire, de sable agglutine et colore par l’oxide de fer hydrate; des testacees ou en partie détruites, ou entières, composent la plus grande partie de ce terrain. Sur la Wilhelmshöhe, c’est le Pectunculus pulvinatus qui domine; à Deckholzen près d’Hildesheim, c’est le Pectinites fragilis; sur la Röhn, c’est la Turitella terebralis (Lamarck). Cette formation parait appartenir au charbon du basalte, et par conséquent devoir être distinguée du calcaire grossier des environs de Paris, quand même elle devrait (comme formation parallèle) remplacer ce dernier auprès des lignites du basalte.

Mr. de Noggerath rapporte”), que dans le lignite feuilleté qui dans plusieurs points du bas Rhin accompagne la formation du lignite, et qui parait subordonné à cette dernière principalement dans les environs du Siebengebirg, on trouve dans l’Orsberg près d’Epal sur le Rhin, entre ou à côté des impressions de plantes et de poissons, aussi des impressions de grenouilles et d'insectes; ces dernières paraissent appartenir, ainsi que les plantes, à des espèces existantes aujourd’hui.

Nous ferons encore remarquer en passant, que les formations, les pétrifications et les impressions des lignites, de même que celles des houilles plus anciennes, se ressemblent en general. Nous avons recueilli dans les environs d’Amberg les mèmes fruits que l’on recueille dans les lignites de la Weteravie. On trouve des pommes de pin et des noix dans la Weteravie, et à Schwarzenbach entre Eschweiler et Dören, dans la marne calcaire à Walsch en Bohème, et dans le sel gemme à Wieliczka en Pologne. En général, on rencontre des formes connues dans tous les terrains, à partir de la craie en remontant, tandis que dans des formations plus anciennes, on ne rencontre que des analogues de plantes actuelles que nous ne pouvons rattacher à la végétation présente qu'avec beaucoup de peine et par approximation.

Nous reviendrons plus tard sur cet objet.

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