‹ Essai d'un exposé géognostico-botanique de la flore du monde primitifChapitre 49 sur 189 · NOTICES SUPPLEMENTAIRES SUR LES IMPRESSIONS DE PLANTES · texte numérisé non relu

NOTICES SUPPLEMENTAIRES SUR LES IMPRESSIONS DE PLANTES

Henry Steinhauer a été le premier, qui ait proposé une classification des impressions de plantes. Son ouvrage n’a été connu en Allemagne qu'après son insertion dans les transactions philosophiques de la société de Philadelphie. L'édition originale est extrêmement rare, même en Angleterre.

Steinhauer dans ses débris fossiles de plantes inconnues des terrains houillers®), divise toutes ces plantes en quatre classes. 1° classe Lithoxila; 2% classe Lithocarpa; 3° classe Lithophylla; tout le reste, en la ame classe, il le designe sous la denomination vague de Reliquiae.

Les impressions de plantes, il les divise en trois classes. Il nomme la première Epidermale; la seconde Corticale et la toisième Ligneuse. Elles s'accordent à-- peu - près avec celles de Rhode; seulement Steinhauer n’a pas distingué exactement l'impression en creux; il n’a pas non plus prononcé que l’&corce charbonneuse même füt l’épiderme.

Pour faciliter l'intelligence de son système, ïl a fait graver plusieurs plantes: Tab. IV. les numéros, 1, 2, 3, 4, 5, 6, il les nomme Phytolithus verrucosus: Ces figures ressemblent à notre genre Variolaria, elles renferment plusieurs espèces. L’auteur a conçu l'étrange idée que ces végétaux avaient poussé dans la position horizontale où on les avait trouvés. | | Ce qui est en contradiction avec une des grandes loix de la nature (la polarité) ne saurait à aucune époque avoir été possible. Nous avons à la vérité des plantes rampantes et couchées sur le sol, maïs au moment de la floraison, toutes prennent une position plus ou moins verticale, même les plantes aquatiques. Parmi les arbres il est encore plus rare d’en voir dont le tronc se couche. Le Pinus pumilio, qui avoisine la région des neiges éternelles est à la vérité couché sur la terre; mais si on le plante dans des régions plus basses, sa tête se relève en haut.

Selon toute apparence, à l'époque où une température plus élevée favorisait la végétation de nos contrées, la polarité a dû agir avec plus de force qu aujourd’ hui; et cependant nous voyons fréquemment dans nos forêts, des arbres qui ont été courbés sous le poids des neiges, et restent dans cette position, se dépouiller de celles de leurs branches, qui sont en dessous, tandis que celles de dessus s'élèvent comme autant de cimes qui se dirigent verticalement vers la lumière. Au surplus les Variolaria ne sont pas les seuls que l’on trouve couchés horizontalement. Toutes les espèces d'arbres fossiles ont été trouvés dans la même position. Il est rare de trouver des arbres fossiles dans la position verticale, c'est une exception à la règle. La circonstance de la position horizontale dans laquelle lés Variolaria ont été trouvés, ne prouve rien de plus pour ces arbres que pour les autrés. Nous remar- ‘querons en terminant que dans la collection de Mr. Stum à Saarbrück, nous avons vu la cime d’un Yariolaria, qui avait été trouvé placé verticalement. s

Tape NV MB OT. 2. Phytolithus sulcatus; ce sont deux espèces de Calamites. T. VI. ee ee Us Phytolithus cancellatus, se rapporte a notre genre Lepidodendron; £ 2. 3. sont des impressions de la première classe, fig. 4. de la seconde classe, fig 5. 6. de la 5e Tauteur est aussi tenté de les regarder comme des espèces de Cactus.

T. WI. fie. FT. Phytholitus parmatus; on decrit le premier comme appartenant ala troisième classe; jusqu’à présent cette forme nous est inconnue. Le second a beaucoup de rapport avec T. III. de Rhode. Steinhauer le regarde également comme une impression de fleur. Nous ne prétendons en aucune maniere contester la possibilité d'arbres de

l’ancien monde dont les fleurs soient assises sur la tige, mais il nous parait plus vraisem-

56) Henry Steinhauer on fossil Reliquite of unknown Fesctables in the Coal Strata, in Transactions of the American Philosophical Society. Phil. 1818. T. I. p- 205 -290.

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blable de rencontrer dans une tige deux espèces d’attaches différentes, l’une de branches, l'autre. de feuilles, que des fleurs comme celles-ci, dont l’organisation est tellement présentée, qu'il est impossible d'en trouver un modele dans la nature.

Les attaches des feuilles de plusieurs fougères arborescentes, ont plus de ressemblance avec cette prétendue fleur que toutes les fleurs et inilorescences que nous connaissons.

T. V. fig. 5. Phytolithus transversus nous est tout à - fait inconnue.

Lire 7. Phytolithus Dawsonii est un Syringodendron.

T. VI. fig. 2. 3. Phytolithus tessellatus et notatus BEER devoir eine rangés parmi les Variolaria.

Il est extrömement difficile d'établir une synonymie sans avoir vu les impressions elles. mêmes. Les savants d'Angleterre qui sont dans des rapports immédiats avec ceux d’Amérique, auront bien plus de facilité de satisfaire à ce besoin, que l’on ne le peut faire sur le continent.

Mr. le professeur Rhode dans ses deux derniers cahiers, a décrit, et en partie fait sraver une quantité d’impressions de fleurs, qui doivent se trouver dans presque toutes les formations, depuis le calcaire primitif crystallin, jusqu'aux formations calcaires les plus récentes,

Mais nous sommes persuadés que l'auteur sera revenu de cette erreur dans laquelle les impressions du spath calcaire et des pyrites sur la houille et les inégalités des feuillets du grès rouge à Neurode l'ont entraîné. Nous avons nous-mêmes examiné la houille et le grès rouge aux places indiquées, mais nous n'avons pu y découvrir autre chose que des tiges de Graminées et des débris de Lycopodium dans le grès rouge,

Il n’est point de Géognoste qui ne sache que l’on ne trouve point d’impressions dans

le calcaire primitif.

Les impressions extrêmement rares de Lepidodendron dans la houille elle-même sont remarquables; la T. VIL fig. 15, en représente une, toutes les autres figures T. VI et VII appartiennent à ces pretendues fleurs et feuilles, qui ne sont point d’origine végétale, mais un simple jeu de la crystallisation.

Mr. Zobel de Valdenbourg nous a communiqué ses aperçus relativement à la conservation des empreintes sur la houille même. Nous les trouvons tellement satisfaisantes tite > D sir « ( que nous nous decidons a les communiquer littéralement a nos lecteurs: »Relativement aux impressions sur la houille, je crois pouvoir, d’après de soigneuses recherches, émettre l'opinion que ces impressions ne se trouvent que sur les couches dont Yinclinaison se rapproche le plus de la perpendiculaire.“

Jusqu'à présent on ne les avait trouvées que dans les couches verticales de la mine de Rudolphy, dans le comté de Glatz; dans mes recherches ultérieures j'en ai trouvé de semblables dans les mines de Weissig et de Segengottes, pres Altwasser ou les ceuches s’inclinent aussi sous un angle de 60 - 75 degrés. Dans toutes les autres mines, où les couches n’ont qu'une faible inclinaison, je n'en ai jamais rencontré la moindre trace. Si l’on songe à la forte compression qu'ont éprouvée les couches à faible inclinaison, on concevra facilement que des plantes à fibres délicates, n’ont pu que rarement laisser une impression durable sur la houille, puisque l'impression primitivement formée, et la carbonisation des fibres de la plante, auront été détruites par la compression des masses superposées et se seront tellement enfoncées dans la houille, ou plutôt y auront été tellement incorporées, qu'on ne peut plus en détacher le moindre débris ou reconnaître la trace de l'existence de la plante ellemême, encore moins en retrouver l'impression. Dans les couches à forte inclinaison, la conservation de la plante qui. y à été couchée, était bien mieux garantie, car dans ce dernier cas la compression des roches superposées était bien moindre. Au surplus < des recherches ultérieures et suivies pourront seules fournir un résultat positif. Dans nos houilles de Radnitz, nous n’avons trouvé qu'une seule fois une semblable impression, & an egale-

ment dans une couche qui en glissant sur le penchant de la roche inférieure a pris une inclinaison de 85°. |

r . = 2 e à er a à 2 Nous avons beaucoup de notices sur les plantes fossiles, mais plusieurs sont rédigées

d'une manière si peu distincte que si elles ne sont point accompagnées de figures, il est

nr idee

impossible d’après la seule description de se faire une idée de la chose. Elles servent cependant à distinguer les formations. | |

Zacharias Cist’) dans le journal des sciences et arts de Silliman, décrit aussi diverses impressions de plantes de la formation houillère de Willkersberre sur la rivière de Susquehana, ces impressions se trouvent dans l'argile schysteuse immédiatement au - dessus de la houille, savoir: environ douze espèces de fougères, mais qui ne sont pas décrites, une plante avec des feuilles de 6 —7 pouces de large que l’on croit être un jonc maritime (probably a sedge); une autre plante avec des feuilles qui ressemblent à celles du Maïs, ou de la plante dont les Chinois se servent pour emballer leur thé. Une plante étoilée des impressions d’Ecorces avec des Lichens visibles dessus, longs souvent de 4 à 5 pieds et larges d’un pied. Leur forme est très-régulière et très-belle, les mineurs les appellent (Jacket-patrons), des modèles de Casaques; l'auteur croit que ce pourrait être une espèce d’Alguc- marine; des plantes à tiges (gaines?) sans feuilles (Culmiferous plants.)

Comme il n’y a pas de figures, ces descriptions sont tres- peu claires.

Nous ne rechercherons point, si les plantes à feuilles semblables à celles du Maïs, ne seraient peut - être pas des Cycadées, si les impressions d’écorces (Jacket -patrons), ne seraient point des Lepidodendron. Mais nous pouvons ranger parmi les Rotularia la plante à forme d'étoile, parce que nous avons reçu des houillères de Huntington en Pensilvanie, des im-

pressions de cette plante. Les plantes à gaine pourraient appartenir aux Calamites. Isaac Lea a décrit en peu de mots®) une impression de trois pieds de longueur

tirée d'un grès dans les environs de Pittsbourg à côté de Monongahela. D'après la figure

qui n'est pas des meilleures, c’est une plante à écailles d’une espèce que nous n'avons encore jamais vue. |

Dans les collines qui ne renferment point de houille, mais qui cependant appartiennent au terrain houiller, on doit avoir encore trouvé plusieurs impressions de plantes. D’après les indices que l’on fournit, elles pourraient bien appartenir au genre des Calamites.

Dans les transactions géologiques”) on a figuré trois fougères qui ont été trouvées A Axmunster, dans le Devonshire, sur la côte méridionale d'Angleterre, dans le calcaire (lias). Tab. VIT. Fig. 1. tirée du lias blanc. Cette figure ne fournit aucune trace des nervures des feuilles. Dans la figure 2, tirée du lias bleuätre, le développement des nervures n’est point rendu exactement, et les folioles ne sont pas représentées d’une manière uniforme.

Comme les nervures des feuilles et leur développement fournissent les caractères les plus sûrs pour la determination des fougères fossiles, nous nous trouvons dans l'impuissance de caractériser avec quelque précision les exemplaires dont il s’agit Nous regardons la figure 3 comme une nouvelle espèce d’Osmundite; nous la nommons provisoirement Osmunda flexuosa , a cause de la flexuosité de la tige entre les attaches des feuilles.

Le docteur Mantell de Lewes, dans sa description géologique du comté de Sussex, indique des plantes fossiles, qui méritent une attention particulière; et il en avait transmis uné collection à la société géologique de Londres, qui nomma un comité pour procéder à leur détermination. Ce comité, aidé par le célèbre Rob. Brown, entreprit ce travail. En voici le résultat tiré de deux rapports #) qui ont été communiqués à la société à ce sujet. | Dans la forêt de Tilgate, pres Guckfeld, on a trouvé les couches suivantes:

1°. En commençant par en bas, une argile bleuâtre dont la puissance est inconnue, sans pétrifications, ni impressions.

37) Benjamin Silliman Journal of Sciences and Arts, T. IF. p. 1. et seq. 20) 1010 1. P. D..1..p. 155.

50) Transactions of the Geological Society. Second series. Vol. I. p. 5.

40) Gydeon Mantell, Illustration of the Geology of Sussex. London 1822. p. 37 et seg.

Description of some vegetables of the Tilgate forest in Sussex; in Transactions of the Geological Society. Second series. Vol. I. p. 2. pag. 421.

ces

2°. Un grès gris bleuätre traversé par des bandes d'une marne bleue de 3—%

La couche a 9 pieds de puissance; elle est remplie d’os de deux espèces de tortues,

pouces. Ra a de Plesiosaurus, de Megalosaurus, d'un cétacee, d'oiseaux, et On y trouve

de crocodiles, aussi des amas de plantes.

3°, Sable jaune, alternant avec une roche arénacée schysteuse plus dure. Cette couche

5° a7 pieds de puissance ; elle contient des os et des dents d’un crocodile et d’animaux inconnus, de poissons, de tortues, d'oiseaux; en outre du bois carbonisé, des imprèssions de plantes, des coquilles d’univalves et de bivalves.

2°. Un aggrégat ou conglomérat de galets de quartz, de calcaire et de grès, avec des fragments d'os et de dents; puissance 5— (6 pieds. Il résulte de ce tableau, ainsi que des formations environnantes de sable verd, de sable ferrugineux, que cette formation appartient aux plus récentes, et quelle est le résultat probable Bugs allen qui ne venait pas d’un point éloigné; car plusieurs os, et des plantes sont tres- bien conservés. On a essayé une classification de ces dernieres d'après le système d’Adolphe Brongniart.

T. XLV. F. 1, 2, 3. représente un tronc d'arbre, dont l'écorce extérieure est recouverte d’écailles irregulierement disposces, comme dans quelques Cycadeces; dans l’intérieur de l'écorce petrifide est un noyau de pierre, avec un dessin assez ressemblant a notre Lepidolepis. (T. XXVIL) Entre ce noyau et l'écorce, on remarque encore une substance celluleuse, qui est représentée T. XLVI. F. 4 Quoique les personnes qui ont déterminé cette plante, aient reconnu eux-mêmes qu'elle différait de tous les genres de Mr. Brongniart, ils ont cependant rangé celle-ci parmi les Clatraria, auxquelles, d’après la formation dans laquelle on Ya trouvée, elle ne saurait appartenir. Nous ‚ladmeitons comme un genre nouveau.

T. XLVI F. 1, 2, nommée d’après Brongniart Endogenites erosa, n’est autre chose qu'un de ces bois de palmier pétrifiés si communs en Hongrie et en Allemagne, ranges parmi les monocotylédones; on les regarde assez généralement comme de la famille des palmiers, analogue a cette formation.

F. 5, 4, nominces Carpolites de Mantell, sont inconnues; l’écaille veinée ou reticulee rappelle cependant plusieurs. fruits de palmier de l'espèce des Astrocarium de Martius.

F. 5. et T. XLVIL F, 5, Pecopteris reticulata, est déterminée très-exactement, et confirme ce que nous avons déjà plusieurs fois constaté, que les Filicites ne doivent nullement être exclues des formations récentes, quoiqu’eiles soient beaucoup plus rares.

T. XLVI. F. 7. T. XLVIL F. 2, Hymenopteris psilotoides, a été très - bien jugé par ces naturalistes; ils en ont fait un genre nouveau. ;

Outre les plantes, dont nous venons de parler, Mr. Mantell fait encore mention de quelques feuilles d'arbres ovales et lancéolées, et d’une feuille de graminde, dont il n’est point parlé ici, vraisemblablement parce qu’elles ne sont pas assez bien conservées pour que l’on puisse les déterminer. Cependant il eût sufhi d'indiquer simplement en général, si elles appartiennent à des monocotylédones ou à des dicotylédones; ce que l'on peut établir d'après l'inspection de simples fragments. D’après la nature de la formation, on pourrait aussi fort bien y rencontrer ‚des feuilles de dicotylédones.

Mr. Beche a trouvé, au col de Balme, près de Chamouny, en Savoie, des impressions de plantes qu'il range parmi celles de la houille noire (Schwarzkohle). On ne dit point sur quoi se fonde cette opinion sous le rapport géognostique, et on ne caractérise pas non plus les impressions de plantes d’une manière plus précise.)

Scipion Breislack, dans sa description de la formation gypseuse du Monte Scano, sur la rive droite du PG, laquelle formation se rattache à celle de Stradella, fait mention d'une quantité innombrable de débris de plantes contemporaines. Mais il est extrêmement difficile de s'en procurer des exemplaires un peu distincts. Le professeur Moretti croit reconnaître parmi ceux que l’on a rassemblés, les feuilles du Salix capraea, du Fiscum album,

I ; : | A1) Transactions of the Geological Society. Second series. als. En. 462,5

et de l’Acer platanoïdes. Cette donnée n’a rien d’incompatible avec- l’époque de cette formation. *)

Nous ne ferons point ici une mention particulière des impressions de plantes que nous avons trouvées dans nos voyages entrepris pour visiter les diverses formations; nous les décrirons et en donnerons des figures à la place qui leur est destinée.

Mais nous devons encore une fois nous expliquer sur l’ordre et la suite des impressions relativement aux formations, et sur leur rapport setuel. ainsi que sur leur comparaison avec d'autres pétrifications.

Dans les terrains primitifs, on n’a jusqu'à présent démontré d’une manière palpable l'existence d'aucune pétrification, ni d'aucune impression de plantes.

Le plus ancien témoin qui nous soit connu de la végétation primitive, est une impression de Lepidodendron. Cette impression est à la vérité fort peu distincte, mais cependant facile à reconnaître; c’est Mr. le conseiller Hausmann, qui l’a trouvée dans un quartz plus ancien que le traumate, à Ideré sur la montagne dite Cochongebirge, entre la Suède et la Norwège. — Après cet exemplaire viennent ceux du traumate, qui en Angleterre, en Suède et en Bohème, contient à côté des plus rares entomolites, des débris de tiges de graminées striées et non encore déterminées. On trouve dans d’autres contrées, près de Magdebourg par exemple, des Lepidodendron et des Calamites.

D be pétrifications sont rares dans le porphyre argileux. Les pierres tubulaires de Breithaupt sont au nombre des plus remarquables; elles sont connues sous le nom de Starrsteine; on les trouve à Klücksberg, entre Freyberg et Chemnitz; elles doivent être rangées parmi les palmiers, et conséquemment appartiennent aux monocotyledones.

Le grès rouge (le Todtliegendes) Yun des membres de la formation houillère, renferme des pétrifications de plantes monocotylédones et de Lycopodiolites. (Mexico, Neurode.)

Mais c'est dans la houille du porphyre, dans le grès houiller et dans l'argile schysteuse qui l'accompagne, enfin dans l’espèce de minérai de fer qui s'associe à ces houilles, que le règne végétal se montre dans toute la richesse.

À la vérité, il paraît encore ici, comme circonscrit dans quelques séries de familles plus particulièrement remarquables; mais ces dernières présentent une grande richesse et une grande variété de formes distinguées.

Ces formes qui doivent leur origine à l'impression des pétioles des feuilles, et qui embellissent les écorces des végétaux, auxquels elles appartiennent, par les dessins les plus réguliers, caractérisent singulièrement cette première végétation; mais elle ne paraît point s'étendre au-delà de l’époque à laquelle la formation houillère ancienne appartient.

Le Zechstein (calcaire alpin) ne contient que des pétrifications de testacées.

Dans le grès bigarré et particulièrement dans l'argile marneuse arénacée qui alterne avec lui, on trouve des impressions indistinctes des débris de végétaux, quelquefois des calamites et des preles, (Eqguisetum). (Mariaspring près Gottingen).

Dans le voisinage de la houille marneuse, on trouve en Angleterre, dans la formation oolithique, ces espèces de plantés, que nous ayons nommées Thuites, avec des fougères qui different beaucoup de celles de la houille ancienne. Dans le calcaire du toît du charbon de - Hering, on trouve des feuilles d’arbres dicotylédones, des palmiers, plus rarement des fougères.

Dans le charbon de Höganäs en Scanie, des fucoides; à Hör, des cycadées, des fougères et des feuilles de dicotylédones.

Dans le charbon au-dessus du calcaire-lias, près de Barra, en Ecosse, aussi des feuilles de dicotyledones; dans la Suisse, des fougeres.

Suivant le chevalier de Martius, le calcaire coquiller (Muschelkall) des environs de Würtzbourg, doit renfermer des palmiers pétrifiés.

Dans le grés blanc, on rencontre également des palmiers, et auprès de ces derniers

des calamites, des Fucus et des feuilles de plantes dicotyledones®).

42) Transactions of the Geological Society. Second series. Vol. I. p. 160. 15) Mr. Boué prétend, à la vérité, qu'il a été trouvé une Variolaria (Stigmaria

Nous ne connaissons aucunes impressions de plantes, qui aient été tirées du cal caire du Jura.

Dans les différents terrains de craie, l’on trouve aussi des fucoides. Dans la marne calcaire schysteuse qui recouvre tout l’intérieur de la Bohème, et que M. de Bouc range parmi les terrains de craie chloritée, nous ne connaissons jusqu'à présent qu'une seule impression de plante tirce des environs de Schlan, dans le cercle de Rakonitz et encore y est elle très-rare. Quoiqu’elle ait quelques rapports avec un Lycopodium, nous la croyons inconnue. Il y a au contraire dans ce même terrain beaucoup de testacces.

Les lignites Au - dessus et au-dessous de la craie, se montrent souvent eux-mêmes encore pourvus des fibres des arbres dicotylédones, auxquels ils doivent leur origine; les feuilles de ces arbres se trouvent abondamment dans les formations coordonnées. Des noix, le fruit des coniferes, d’autres fruits ou semences moins connues, et de petites fougeres se rencontrent tant dans le charbon lui-même que dans la formation du calcaire grossier et du calcaire marneux.

D’après les dernières observations de M. Huot, le Culmiies nodosus de Brongniart, et des feuilles de plantes marines se trouvent dans la troisième couche de calcaire grossier des environs de Grignan près Paris. Cette couche consiste en une roche calcaire, douce, friable, à petits grains, dans laquelle on trouve aussi des Spirobes et des Flustra.

Dans l'ile de Scheppy, on trouve quantité de plantes diverses et les fruits de deux espèces de Juglans.

Dans la marne arénacée du basalte des environs de Walsch, on trouve avec le Sargassum Bohemicum (espèce de Fucus) des feuilles d’une espèce de Cornus, les cônes d’un pin, ét M. de Faujas a découvert dans des rapports géognostiques à-peu-près semblables à-peuprès des mêmes impressions de feuilles à Rochesauve. Les impressions dans la roche calcaire non loin de la houille du Bolca, different de toutes celles que nous venons de nommer; elles paraissent indiquer un rapport local particulier.

Non loin de Töplitz, en Bohème, dans la demi-opale (quartz résinite), on voit des impressions de petits poissons, des feuilles du Salix fragilis, du Rubus etc.; ces impressions sont blanches sur un fond brun-noir, et leurs contours sont aussi nets et aussi prononcés que possible. |

Dans les tufs les plus récents, dont la formation se continue toujours, dans le Travertin de Tivoli, comme cela est dans l’ordre naturel, on ne recueille que des feuilles et des morceaux de bois appartenants à des arbres du voisinage, tels que des aulnes, des peupliers, des chènes etc.

Enfin nous devons encore faire mention, comme appartenant à la formation tertiaire, du Tartuffite que l’on trouve dans le Vicentin et dans les départements de l'Orne et du Calvados. Il se présente en morceaux de bois ronds ou à plusieurs faces et se change en carbonate calcaire. Ces morceaux de bois ont, dit-on, une forte odeur de truffes.

D’après cet exposé des plantes fossiles si différentes que l’on rencontre dans la série des formations qui se sont succédées, il résulte, autant toutefois que les observations suivies dans les deux hemispheres nous permettent de l’affirmer:

que la végétation primitive et majestueusement élancée de ces arbres gigantesques avec leurs écorces embellies par les dessins les plus variés, les prêles arborescentes, et même de moins grands mais charmants individus de fougères et de plantes étoilées, qui ont été ensevelies en si grande quantité dans la première période de la formation secondaire, et qui accompagnent partout la houille et même jusque dans le Grönland, ne reparait plus dans les formations suivantes, ou que si elle le

Brongniart) avec le Carpolites secalis et malvaeformis Schloth. près de Benkhof dans cette espece de gres. Cependant comme il ne l’a pas trouvée lut-

même, et qu'il ne l’a peut-être Jamais vue, nous nous permettons de douter de l'exactitude de cette indication.

ee. A er.

fait, ce n'est que sous des formes altérées et réduites, qu'enfin dans les périodes des formations postérieures, elle ne se montre plus du tout;

2° que dans la période du calcaire alpin (Zechstein), en remontant jusqu’au grès blanc 'et à la houille de la marne, une végétation nouvelle et plus variée se développe, dans laquelle on voit paraître, avec quelque peu de fougères et de Calamites, des Cycadées et des palmiers en plus grand nombre, et des feuilles de dicotyledones;

5° que cette dernière végétation a subi également une nouvelle catastrophe, et a été

ensevelie avec les lignites et les formations qui les accompagnent; ;

que dans les formations les plus récentes de la croûte du globe, on ne trouve

plus que des plantes existantes encore dans les contrées voisines. |

Les remarques que nous avons faites ici sur les plantes du monde primitif, ont été faites siultanément avec nous par beaucoup d’autres naturalistes : Parkinson, Cuvier, Bron-

gniart, Schlottheim, Hausmann etc. et appliquées particulièrement au règne animal.

De même que les terrains secondaires plus récents, dit Hausmann“#), différent d'une manière frappante des terrains de même nature plus anciens, et cela dans tout leur ensemble, de même on remarque aussi une grande et positive différence dans les pétrifications qui leur appartiennent.

La plus grande partie des espèces de pétrifications de la dernière période de la formation secondaire se distinguent facilement de celles que l’on rencontre dans les terrains anciens ei dans ceux de transition, quoiqu'il existe entre quelques espèces une analogie qu'on ne peut méconnaître. On remarque également une différence évidente entre les espèces de petrifications des terrains de la formation secondaire plus récente, et celle des terrains tertiaires, quoique les chaînons limitrophes qui terminent les deux séries, possedent quelques especes en commun. |

Un axiome généralement confirmé par l’expérience, et qui s’applique également aux terrains de sédiment plus récents et à tous les terrains qui renferment des petrifications, c'est qu'il existe une gradation dans le partage des pétrifications. En effet, certains genres et certaines espèces semblent envahir les divers terrains et y prédominer généralement ; d’au tres, au contraire, paraissent comme releguées et circonscrites dans certains lits ou masses isolées. Enfin l'expérience a confirmé l'observation antérieure de Mr. Léopold de Buch®), savoir: que dans les restes d'êtres organisés que la croûte de la terre conserve et renferme, il se manifeste une tendance de l’imparfait vers une organisation plus développée et plus parfaite. C'est ce que les pétrifications des terrains secondaires plus récents et la manière dont elles sont pour ainsi dire partagées, démontrent complètement. |

Ces faits naturels constatés par des recherches et des observations exactes et multipliees, font présumer que l'écorce du globe a éprouvé des révolutions qui ont produit un changement dans les rapports des climats.

Nous avons déjà inséré dans nos cahiers précédents quelques hypothèses sur cet objet; on nous permettra d'en citer une nouvelle, où l’auteur s'efforce d'expliquer ce phénomène d’une maniere plus simple et plus naturelle.

EXPLICATION DE LA CHALEUR PRIMITIVE DU TROPIQUE SEPTENTRIONAL D’APRES KASTNER.

Dans son Manuel de la Meteorologie, Mr. Kastner s'était appliqué dans beaucoup

d’endroits, à rechercher les causes qui avaient pu produire le grand événement d’un chan-

h4) Hausmann L cit. p. 58 el 'seq.

45) Leopold von Buch, über das Fortschreiten der Bildungen der Natur. Berlin 1810.

gement subit de climat, et cela sans avoir besoin de recourir au Deus ex machina; tels D ? > n a que le deplacement de Yaxe de la terre, ou la chüte d’une planète sur notre globe.

Ces causes il les a exposées et énumérées dans son Archive etc. etc., el cest de là

que nous en tirons l'extrait suivant. *)

Kastner divise les causes qui ont dû agir sur cette catastrophe, en deux classes,

prises de la nature de leur action; savoir: les causes préparatoires, dont l’action successive

a opéré peu-à-peu; et celles dont l'effet est subit et instantané.

L’auteur range parmi celles de la premiere division: Une extension périodique de la chaleur du globe, supposée correspondante à la grande période du magnétisme de la terre.

Une extension périodiquement décroissante de la chaleur dans l’intérieur de la croûte du globe au moyen de l’action alternante du magnétisme, de l’électricité et du galvanisme terrestres. | | Le refroidissement graduel des masses volcaniques en fusion, ainsi que des boues génératrices du basalte que les gaz élastiques des volcans de l’ancien monde ont poussées au-dehors, et en général des nombreux volcans éteints de cette époque. La cristallisation de beaucoup de roches opérée par la voie humide. Les formations d’eau douce et d’eau marine qui se continuent encore par la même voie, les terrains de sédiment, les rescifs de corail etc. Les changements survenus dans la direction des courants marins, des vents , et par suite des soulèvements et des enfoncements volcaniques, de la cristallisation des roches et de leur desaggregation etc.

Les changements de température de la superficie de la terre occasionnés par la culture etc. etc. | | Et les effets des marées, ainsi que du mouvement des vastes amas d'eaux souterraines etc. etc. | | | |

Parmi les causes agissant subitement l’auteur compte:

I. L’engloutissement de la plus grande partie de locéan primitif, dans d'immenses cavernes souterraines de plusieurs milles cubiques d’étendue, ouvertes et fermées par des volcans, remplies en premier lieu par des gaz très dilatés dans leur principe par la chaleur qui existait à leur formation et ensuite devenues presque vides.

Par cela même que l’eau abandonna les parties montagneuses de la terre (alors les seules habitées) pour se précipiter dans des espaces qui jusque la avaient été presque vides, il y eut plus de place pour l'air, qui auparavant recouvrait les eaux, et cet air devint dès lors en proportion égale très-raréfié. Par la raréfaction de Vair, la réfrangibilité de la lumière se trouva diminuée; et des contrées qui, grâce à une forte réfraction de la lumière, avaient pu être atteintes par les rayons obliques du soleil, ne le furent des lors que bien plus faiblement. Plus tard, lorsque l’évaporation favorisée par la raréfaction de l’air, l’atmosphère des contrées polaires en fut considérablement refroidie, l'intensité du froid accrut à son tour la densité de l’air, et conséquemment la réfraction de la lumière. Alors à la végétation primitive que le refroid’ssement subit, dont nous venons de parler, avait frappée de mort, succédèrent une végétation et une animalisation nouvelles, dont l'organisation était modifiée de manière qu’elle avait besoin de moins de calorique, mais dont le développement devait des lors être plus lent et plus rare. | L’engloutissement partiel de l'océan primitif dans les cavernes souterraines du globe fournit les eaux, dont l’évaporation a lancé au-dehors les boues générairices du basalte qui s'élèvent sur divers points de la surface de la terre, el

46) Handbuch der Metereologie von ner Erlangen 1893.

Kastner, Archiv fur die gesammte Naturlehre, T. I. p. 351.

donna naissance aux volcans, aux sources thermales, et aux tremblements de terre que ces mêmes eaux souterraines entretiennent encore. L'eau réduite en vapeurs par la raréfaction de l'air devint aussi une des principales causes des orages etc. ;

II. Le vaste soulèvement des terres occasionne par des éruptions volcaniques, par

exemple: les Açores, les petites Antilles etc.

III. Les détonations des gaz dans l'intérieur de la terre; vraisemblablement ces gaz ne sont pas produits uniquement par la compression, ou par la combustion des métaux, par les étincelles électriques, mais aussi par l'absorption de ces mêmes gaz, par diverses matières qui agissent ici comme les feuilles métalliques dans l'expérience de Dobereiner etc.

Ces aperçus que nous présentons ici sommairement sont développés avec étendue dans le Manuel de Météorologie et appuyés par une vaste érudition, et par des citations nombreuses d’auteurs recommandables qui, à la verité, n’ont pas toujours été soumis a une Critique suffisante. On ne saurait guères contester que beaucoup des causes qui agissent suc- Cessivement et par degrés, n'existent dans la croûte du globe, et qu’on ne puisse demonrer leur existence. Beaucoup de naturalistes ont admis comme déjà connue l'hypothèse de l’engloutissement d’une partie des eaux de l'Océan dans l'intérieur de la terre, d’où est resulte le dessèchement d’une grande partie de sa surface. Le refroidissement des terres polaires par la raréfaction de l’air de la colonne atmosphérique prolongée, et la diminution de la réfrangibilité de la lumière solaire dans cette atmosphère paroissent calculés comme effectuant de trop grands résultats. Mais en admettant toute cette théorie telle qu'elle est, il n’en est par moins très- difficile de partir de là pour expliquer comment se sont formées les couches successives où se trouvent les plantes fossiles.

Les arbres à écaille qui ont la plus grande ressemblance avec les fougères arborescentes, les Syringodendron, famille tout-à-fait éteinte, ces grandes Calamites semblables a des arbres qui ont le plus de rapport avec nos Equisetum, même les petites annulaires et les rotulaires disparaissent dans le terrain houiller avec la 1° série de la formation secondaire. Le grand refroidissement survenu à la surface de la terre auroit dû ainsi avoir lieu a l’époque de la formation de la houille. Cependant ce n’est que dans les formations qui suivent immédiatement que les palmiers se montrent, et cela en grande quantité.

Zi M. le chevalier de Martius s’exprime ainsi dans sa lettre au conseiller intime Baron de Goethe:

„Les palmiers n’ont point appartenu à la flore primitive. Is n'ont paru qu'après que les premières metamorphoses du globe avaient déjà eu lieu, lorsque le cours des fleuves vers la mer resserré dans le plus étroites limites, était devenu régulier, et que les débris de la végétation primitive avaient laissé sur le sol une quantité d’humus suflisante. (Cette

dernière pouvait fort bien avoir été enfouie trop profondément, pour recouvrir le sol d’une ierre végétale) Lorsque notre planète était encore beaucoup plus chaude, les palmiers étaient répandus jusque dans les contrées septentrionales, mais aujourd'hui ils se sont presque tous confinés entre les tropiques.‘

Dans sa dissertation sur les Palmiers*”), le même auteur leur assigne leur place primordiale dans le calcaire secondaire, ce qu'on ne peut cependant pas admettre sans restriction puisqu'on les trouve pétrifiés dans le porphyre rouge beaucoup plus ancien.

En admettant que quelques palmiers, comme le Palmier à cire, croissant dans les régions élevées et que le Datier, Phoenix dactilifera, et le Palmier nain (Chamaerops humilis) se maintiennent à Naples, en Sicile et même à Gênes, quoique dans un état de souffrance, cela ne nous autorise cependant pas à regarder tous les palmiers fossiles comme appartenant à ces espèces, d'autant plus qu'outre ces Palmiers, on a rencontré dans les for-

mations plus récentes des Cycadées, famille dont aucune espece ne se trouve en Europe.

. .1e e a + *e z A At) Martius, Palmarum Familia eiusque genera denuo illustrata. Monachii 1824. p. 0. 5 N 10 *

Ainsi il faut qu'il ait existé beaucoup plus tard une autre cause encore plus puissante de refroidissement, qui aura anéanti = u 2 l’on trouve ji “es teren beaucoup plus modernes, et qui aura ete totalement differente = célle-2qui = u. la végétation primitive. Les couches de testacces d’eau de mer et d’eau douce petrifides que l’on y rencontre semblent constater cette opinion. ;

D'un autre côté les regnes végétal et animal actuels ne sont en aucune manière ni plus pauvres , ni moins actifs dans leurs développements; au contraire, ils sont beaucoup plus riches, et sous les tropiques la force vitale qui les anime agit avec une grand promptitude. Elle sé distingue surtout par ses zones, et par la région des neiges, que l'on ne peut pas démontrer avoir existé dans le monde primitif; en effet on trouve partout les mêmes plantes fossiles; et cependant précisément celles qui croissent dans les hauteurs les plus voisines de la région des neiges, on ne les rencontre jamais parmi les végétaux fossiles; on n’en a pas même découvert le plus foible indice.

Les impressions des plantes nous font voir clairement et distinctement que les rapports des climats et avec eux la végétation ont éprouvé en premier lieu un changement subit, et qu'ensuite ils se sont altérés par degrés. L’on peut également démontrer d’une maniere incontestable, et cela avec une parfaite analogie dans les deux hémisphères, que le feu ct l’eau ont à diverses reprises ravagé et changé la croûte de notre globe. Ces faits nous servent provisoirement de guides dans l’investigation de la formation et des transformations de la terre. Ils nous mettent à même d’assigner leur place périodique aux masses des diverses roches, ainsi qu'aux pétrifications et aux impressions des plantes, de les classer systématiquement, quoique le comment de tous ces phénomènes reste d’ailleurs pour nous une énigme

a peu-pres inexplicable.

Nous nous sommes efforcés de suivre le développement des plantes sur la surface de la terre dans les périodes des formations diverses, et de tracer un tableau général et formant un ensemble co -ordonné, au moyen des débris incomplets qui seuls nous restent encore.

Nous avons aussi essayé de classer et de décrire le peu que nous avons eu occasion d'étudier, pour faciliter aux naturalistes un moyen commun de s'entendre. Nos efforts ont été accueillis avec bienveillance, les principes que nous avions établis ont été soumis à un examen plus approfondi et ont reçu de nouveaux développements. Plusieurs naturalistes ont consacré toutes leur attention aux plantes du monde primitif.

Le moment nous paraît donc venu de soumettre à une nouvelle description, l’ensemble des acquisitions que nous avons faites dans ce genre, et d'essayer si en comparant la flore du monde primitif avec celle de la periode actuelle, il ne sera pas possible d'établir d’une maniere plus précise et plus positive le degré de développement où la première est parvenue. | |

= Nous choisissons pour cette comparaison le système du développement graduel des bourgeons (Knospen) par Wilbrand“) comme celui qui suit la marche de la nature depuis le moment où la végétation commence à poindre jusqu’à celui de son entier développement, et qui des lors s'accorde le mieux avec la formation graduelle de la croûte du globe et avec l'accroissement de la vie qui s’y manifeste.

Wilbrand pour le premier degré de développement du bourgeon de la plante, 4 adopté trois expressions (époques) dans l'accroissement du perfectionnement graduel du bour-

48) Wilbrand, Darstellung der gesammten Organisation. Giessen 1810. Desselben Uebersicht der Vegetation Teutschlands: Flora iter Bd: le Beilage 1824.

ei,

geon des plantes. La première expression du premier degré, s’explique par la circonstance, que le bourgeon générateur reste parfaitement simple, et sans donner encore aucun indice des Jormes qui annoncent la “eur, Dans cette division sont rangees les algues marines, les tremelles, les fucoidees, les ulves, et sur la terre ferme, les champignons; toutes ces formes manquent absolument à la première végétation qui vraisemblablement a ete we dans une temperature et sous des rapports atmosphériques de l’eau et de la terre, qui étaient contraires à la formation de ces plantes. Les fucoidees et les ulves ne paraissent qu'à la fin de la formation secondaire, et dans la tertiaire, lorsque la première végétation était déjà éteinte, et que de nouveaux rapports atmosphériques s'étaient formés.

La seconde expression du premier dégré est représentée par les plantes dont le bourgeon générateur se dilate ou se contracte dans les Jormes indicatives d’une floraison Juture. |

Dans cette division sont compris les lichens, les hépatiques, les mousses, les lycopodes et les fougères. Les lichens, les hépatiques et les mousses qui croissent au plus haut point de la région des neiges sur des roches en désaggrégation, sur des écorces d’arbres, et en général plutôt dans des régions froides ou tempérées, que dans des climats chauds, n’ont jamais été trouvés fossiles; les lycopodiolites et les filicites arborescents sont beaucoup plus communs dans la flore du monde primitif, qu'ils ne le sont actuellement; car tres-vraisemblablement tous ces phytolites des terrains honillers à écorce si regulierement et si joliment dessinde, appartiennent à des espèces éteintes de fougères. Elles surpassent en grandeur toutes les espèces arborescentes connues de cette famille; elles sont l’emblême d'une riche végétation sous un climat chaud. Le peu de fougeres propres aux formations plus récentes, sont des nains auprès de ces formes gigantesques. Elles se rapprochent tout-à-fait de celles qui croissent aujourd’hui dans nos climats, quoiqu’elles different dans Vespece.

La troisième expression du premier dégré de la végétation se rapporte à la formation de ces végétaux, dont le bourgeon générateur atteint le développement de la floraison.

Toutes les plantes qui appartiennent à cette division, forment une famille naturelle principale subordonnée à ce premier dégré. Les plantes qui composent cette famille, sont les Equisétacées (Equiseta, Salvinia, Pilularia,. Marsilea, Isoëtes); ensuite les Najadees | les Hippuris, Chara, Ceratophylium , Myriophyllum, Callitriche, Najas, Ruppia, Zanichellia, Lemna; et enfin les Palmiers (fougeres), Zamia et Cycas.

Dans les Equisétacées, le bourgeon générateur se développe de manière que des enveloppes extérieures en forme de petits boucliers le séparent des germes intérieurs qui ne sont qu'indiqués.

Ces germes sont pourvus d’un stigmate dans les Equisetum, et entourés à la base de 4 organes pollénifères également indiqués. Mais ces organes n’ont point encore la forme de véritables anthères. Les bourgeons se réunissent en un épi qui ern une analogie avec les gramindes, .et tout le developpement des plantes appartenantes & cette division, annonce effectivement la naissance prochaine des graminées qui les suivent.

Les Fougeres-palmiers ont un semblable développement du bourgeon générateur; leur forme indique une analogie avec les palmiers. Ces végétaux se trouvent dans une position polairement opposée à celle des Equisétacées.

Entre ces deux familles sont les Najades tant sous le rapport du développement de leur bourgeon générateur que de celui de toute la plante. Relativement au premier on voit paraître effectivement des étamines et des stigmates, mais dans une forme encore peu developpée; conséquemment le bourgeon germinal, en se développant, se rapproche le plus possible du bourgeon floral parfait, et ainsi ce premier degré de la végétation atteint son entière perfegtion.

„Si nous rapprochons ces divers s rapports, nous ne pourrons hésiter de croire que les équisétacées, les najades, et les fougères- palmiers , d'après leur structure intérieure, forment une seule et même grande famille naturelle, quelques différentes qu'elles paraissent d’ailleurs

x L 2 L 1 u “ + < d’apres leurs formes extérieures. Ensuite elles se divisent en familles

secondaires ou subordonnees.

Sie Teer

Les Equisétacées paraissent dans la première formation du monde primitif, comme arbres et comme plantes ; plusieurs des genres existants aujourd hui manquent mais à leur place il s'en présente d’autres qui n'existent plus; nous trouvons même des végétaux portant des épis, ils nous sont a la vérité inconnus, mais ils doivent néanmoins être rangés dans le même degré de développement.

Nous retrouvons également dans nos Rotulaires, et nos Annulaires, dans les Cératophylites, et les Hippurites une image anticipée des Najades. |

Les Cycadées sont plus nombreuses dans les formations postérieures des houilles mar. neuses, et on ne les retrouve plus dans la formation tertiaire.

Le second degré de végétation (dans lequel le développement du bourgeon floral laisse sortir de son intérieur la semence génératrice qui pousse en germant une petite feuille pointue) est compose par les Monocotylédones. Ge qui caratérise la nature de ces plantes, c'est que le développement des feuilles n’est point en parfaite opposition avec celui de la tige. Les Monocotylcdones traversent toute la formation secondaire, ils se montrent aussi dans le terrain tertiaire, mais ils y sont plus rares et finissent par céder la place aux Dicotyledones.

On ne peut pas établir comme un fait certain que les plantes dicotylédones qui forment le troisième degré de végéiation, et qui outre deux ou plusieurs Coiylédons présentent par le developpement de leur feuillage, en Sawlibae avec celui de la tige ou du tronc, une opposition avec ces derniers, aient appartenu a la végétation primitive et se soient étendus jusqu'à la houille marneuse; du moins jusqu’à ce jour, ces formations ne nous ont fourni aucune feuille avec des nervures anastomosées.

Les Carpolites dont le noyau intérieur manque toujours, ce qui nous met dans l’impossibilité d’en étudier l’embrion, ne en! pas pour nous metire a mème de prononcer sur ce Pu |

Néanmoins le fruit du conifere (Conites armatus) que nous avons figuré tab. XLVL fig. 1, doit vraisemblablement être rangé dans cette classe.*)

Ce n’est que dans les dernieres formations du terrain secondaire, dans la houille limoneuse et le gres blanc que les feuilles des nue dicotylédones se montrent assez distinctement pour qu'on puisse les déterminer; ces vé gétaux traversent tout le terrain tertiaire en nombre toujours croissant, et nous les ie dans les formations les plus récentes, ayant avec notre végétation actuelle une entière et parfaite conformité.

Il résulte de ces observations que la végétation primitive a obei à des lois semblables à celles qui régissent la végétation présente; mais elle a été modifie par des circonstances et des rapports extérieurs qui ont favorisé ou arrêté le développement de certaines familles, Cette premiere végétation était universellement la même sans différence sensible dans les zones diverses. Dans toute la force d’une nature adolescente, elle a étalé les formes les plus admirables. Nous n'avons plus aujourd’hui ces mêmes formes dans toute la plénitude de leur beauté première, mais nous pouvons les réclamer comme précurseurs de celles que nous possédons. En tout cas, elles sont incontestablement la souche des innombrables genres de vegétaux qui de nos jaurs revêtissent la surface de notre globe de leur éclatante parure. |

Nous connaissons encore beaucoup trop peu de ces végétaux fossiles pour établir des dérivations positives de la flore primitive à la nôtre; nous en connaissons beaucoup trop peu pour classer dès aujourd’hui d’une manière fixe et définitive, ceux même que nous connaissons, dans un ordre régulier. Cependant ce ne sera pas un travail inutile pour l'avenir de les ranger et de les décrire ici, d’après le système que nous avons développé: Nous nous renfermerons autant que possible dans les limites de la toute première végétation quis par ses fortes tiges et l'impression de ses belles écorces, nous offre des caractères plus

marquants. Les autres plantes, nous nous contenterons de les citer en général à la place qui leur appartient.

* en 2 res / £ ) Des observations ultérieures ont déterminé l’auteur à ranger ce fruit parmi les cycadées.

SR nn

Ce travail terminera notre essai d’un tableau géognostico - botanique de la flore du monde primitif, et nous laissons à d’autres naturalistes, qui ont à leur disposition de plus riches collections et de plus grands moyens que nous, le soin de continuer ce que nous avons commencé.

Mais avant de terminer, il nous reste encore un devoir agréable a remplir, celui d'exprimer notre plus vive reconnaissance à tous ceux qui, soit dans nos divers voyages, ou de toute autre manicre, nous ont aide dans cette scientifique entreprise, Nous nommerons ici entr’autres, M. le Professeur A ghardh, à Lund; le sénateur et bibliothécaire Ban dke, a Cracovie; du Berghes, directeur des machines à Saarbrück; M. le comte de Beust, chef du dépattement des mines, et M. le professeur Blumhof, à Bonn; M. M. Bücking et Stumm, à Saarbruck; Boscam P, conseiller supérieur des mines, à Tarnowitz; le bourg-, mestre Engelbert, a Eschweiler; M. M. le conseiller de legation Felix, a Ratisbonne; Grubenthal, conseiller des mines, à Bochnia; Graser, directeur des mines, à Eschweiler; le baron de Gôthe, conseiller intime à Weimar; Hausmann, conseiller aulique, à Göttingen; Hrdina, inspecteur adjoint à Wieliczka; de Maltitz, conseiller supérieur des mines, à Waldenbourg; Rreisl, à Neurode; de Lille, conseiller du gouvernement et son fils, à Wieliczka; Martini, inspecteur des travaux, à Königshütten; le président Nees d’Esenbeck, a Bonn; Neipert, a Bochnia; le professeur Nilson, à Lund; de Nogerrath, conseiller supérieur, à Bonn; Otto, inspecteur du jardin botanique, à Berlin; le docteur Pohl, à Vienne; Ritler, administrateur des mines, à Rossitz; le professeur Rhode, à Breslau; Schaeffer, directeur des mines au Meissner; le président de Schlottheim, à Gotha; le directeur des mines Sello, à Saarbruck; le professeur Steinin ser, à Trèves; Schwarzenberg, élève des mines, à Cassel; Zobl, à Waldenbourg.

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