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Essai d'un système général de musique

Les artistes, dit-on, n aiment pas les théories. Qu’ils leur préfèrent l’exercice intuitif de leur art, rien de plus naturel. La théorie, qui n’est que l’inventaire des matériaux et 1 analyse des procédés, ne peut certes leur donner la vive jouissance de la création esthétique, c’est-à-dire de la vie elle-même, dans son acception la plus intense. Si pourtant une théorie peut être utile, soit en se mettant au point de la pratique et la résumant, soit en s’efforçant de l’élargir et de la dépasser, pourquoi la mépriserait-on ?

Mais, loin d’être accessible aux seuls artistes, l’étude que nous entreprenons ici reste, croyons-nous, à la portée de toute personne munie d’une instruction musicale ordinaire, c’est-à-dire connaissant les principes du solfège et, pour certaines parties, possédant une notion élémentaire des accords. Il rentre en effet dans notre plan de nous placer à un point de vue purement musical et non scientifique. L'Art est une chose et la Science une autre. Si celle-ci constate les faits et les collectionne dans leur universalité , l’art au contraire doit choisir, dans l’infinité des phénomènes, ceux qui, par leur caractère et leurs rapports, pourront servir à la manifestation du beau idéal, au moyen de combinaisons auxquelles la raideur mathématique doit rester étrangère.

On conçoit du reste que si, par sa nature, la Musique comporte d’autres facteurs nécessaires (rythme, timbre, etc.), l’élément primordial à considérer est néanmoins l’établissement d’une série sonore, c’est dire que nous avons en vue ici purement et simplement la Tonalité .

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