‹ Essai d'un système général de musiqueChapitre 2 sur 25 · II. — INSUFFISANCE DES THÉORIES ACTUELLES SUR LA TONALITÉ · texte numérisé non relu

II. — INSUFFISANCE DES THÉORIES ACTUELLES SUR LA TONALITÉ

Tandis que les théories trop simplistes qui président empiriquement à l’enseignement actuel de la musique maintiennent entre la tonalité dite moderne, d'une part , et presque tous les autres systèmes musicaux, y compris l’art antique, l’art religieux, dans bien des cas le chant populaire et aussi les formes extra-européennes, d'autre part , une ligne de démarcation rigide, il nous a toujours paru, au contraire, qu'il y a identité absolue dans le principe qui régit ces différentes manifestations esthétiques.

La séparation dont nous parlons, peu sensible aux époques obscures du Moyen Age primitif, a pu être causée en partie par l’influence de la mélodie populaire, mais elle a été certainement très accentuée par les premiers progrès de la science harmonique. Or, il ne nous paraît pas douteux que cette science, arrivée au développement à peu près complet et définitif de sa technique, doive au contraire contribuer à rapprocher ce qui n’aurait jamais dû être désuni, ou plutôt à faire rentrer dans un système général les formes issues d’un même principe.

lil. — NÉCESSITÉ DU SYSTÈME DIATONIQUE

Quel est donc ce principe dont nous affirmons la nécessité? Nous voulons parler de l’identité de la série diatonique des sons, à partir de celui qu’on prend pour base dans l’échelle infinie et continue, ou, si l’on veut, de l’identité de la division de l'octave en sept intervalles par tons et demi-tons, puisque la série générale n’est qu’une suite d’octaves semblables différant seulement par le degré de gravité. On voit que notre théorie n’a rien de subversif, puisqu’elle voit dans le système diatonique le fondement de toute musique.

La préférence donnée à une tonique majeure comme point de départ sera expliquée plus loin.

Négligeant de parti pris la distinction des intervalles de ton en majeurs et mineurs , d’un intérêt purement scientifique, nous admettons comme axiôme cette division de l’octave, acceptée, nous semble-t-il, explicitement ou implicitement par tous les peuples, et résultant sans doute de la simplicité des rapports des termes de la série, perçue par action réflexe (c’est-à-dire inconsciente), comme disent les physiologistes, bien avant que les physiciens l’aient constatée par le calcul.

On sait que les harmoniques justes d’un son donné ut sont, dans les limites de quatre octaves :

Page 1