‹ Essai d'un système général de musiqueChapitre 20 sur 25 · I. — INSUFFISANCE DES PROCÉDÉS HARMONIQUES ADMIS DANS L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

I. — INSUFFISANCE DES PROCÉDÉS HARMONIQUES ADMIS DANS L'ENSEIGNEMENT

Nous ne sommes plus au temps où Fétis refusait en quelque sorte, dédaigneusement, à tout ce qui n’était pas notre majeur ou notre mineur modernes le droit à l’harmonie (Traité d'harmonie, 1. 4, ch. 5); et ce n’était sans doute que par condescendance qu’il daignait donner, dans son Manuel , des règles pour l’accompagnement du plain-chant (1).

Il n’en est pas moins vrai que, jusqu’ici, les compositeurs qui ont voulu employer, et surtout épisodiquement, comme des sortes de produits exotiques , les tonalités rentrant dans le cadre de celles que nous voulons émanciper, se sont souvent contentés timidement de les accompagner par des effets simples en bourdon ou des harmonies non dissonantes dérivées de l’accord parfait. Certainement, pour le plainchant, il peut y avoir esthétiquement de bonnes raisons de s’en tenir aux accords consonants, au point de vue de l’expression religieuse ; mais nous ne parlons pas seulement du plain-chant.

Pourtant, peu à peu l’harmonie s’est émancipée aussi. Sous prétexte d’appoggiatures simples ou multiples, on s’est habitué à considérer comme facultative et non plus indispensable la préparation des dissonances, dont la résolution a acquis également plus de liberté.

Pour ne parler que de l’accord de septième de dominante, comment nier qu’il puisse, en dehors de toute modulation, se résoudre sans le mouvement obligé et simultané de la tierce ascendante et de la septième descendante, ce qui enlève tout sens aux assertions de Fétis (Traité d'harmonie, 1. 2, ch. 3, § 101 : 1. 4, ch. 5, § 360).

Et, à propos des deuxième et troisième exemples, il faudra bien reconnaître que, dans la dissonance de septième, la résolution peut avoir lieu, non seulement par le mouvement descendant de la septième, mais encore par le mouvement ascendant de la basse ; seulement, en cas de préparation, au point de vue de la correction rythmique, ce serait alors cette basse qui devrait être préparée

ou la seconde dans le renversement :

U» Ce n’est pas ici le lieu d'examiner si cet accompagnement d’orgue se traînant note contre note, qui peut être une commodité pour les chantres, n’enlève pas à la musique grégorienne, faite pour être exécutée à l’unisson, une grande partie de son caractère ; peur nous, la question n’est pas douteuse.

Mais, ceci dit en passant, loin de contester l'importance de la résolution ordi¬

naire, nous croyons au contraire le moment venu de donner franchement aux modes basés sur chacun des six premiers degrés diatoniques l'appui d'un accord de septième et môme de neuvième, naturel ou altéré, placé sur chaque dominante et fournissant des cadences parfaites bien déterminatives de la tonalité.

Nous nous bornerons dans cette étude à l’examen détaillé de ces cadences.

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