‹ Essai d'un système général de musiqueChapitre 22 sur 25 · NEUVIÈME · texte numérisé non relu

NEUVIÈME

Ici, comme nous l’avons déjà dit, nous avons à combattre un préjugé dû à notre éducation musicale étroite, et certaines personnes prétendront que de pareilles suc-

U) Voir l’emploi de cet accord dans le Quatuor à cordes de Saint-Saëns, I, 7 * mesure après [15].

cessions, où le fa naturel précède le sol , ne peuvent donner qu’une impression de sol dominante. Rien de plus faux, ou du moins cela dépend de ce qui précède, et si la tessiture mélodique et harmonique pose bien rè comme dominante, ia conclusion aura un caractère définitif incontestable. En musique, des accords isolés ne prouvent rien, c’est la succession qui est tout.

Qu’on ne se méprenne pas sur notre pensée, d’ailleurs; nous avons déjà dit (2 e partie, ch. 2) que, dans les modes majeurs, la gamme i devait garder, par sa nature, une importance prédominante: les deux autres, quoique pouvant être employées principalement à l’occasion, le seront surtout, le plus souvent, épisodiquement. A ce point de vue, nous n’hésitons pas à l’affirmer de nouveau, contrairement à l’opinion préconçue que nous prévoyons, la gamme 3, employée à la fin d’un morceau majeur et comportant une sorte d'altération à l'envers du 7 e degré, peut fournir une cadence originale, avec sensation d’une conclusion parfaite sans aucune arrière-pensée de dominante.

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