LOGIQUE DE RA.MLS
l'axioms on considère la Térité et la fausseté , dans le syllogisai la conséquence ou l'inconséquence , l'auteur Teut que dans la mkthode le plus clair et le plus général précèdent ; que le mo'ni général , le particulier et le plus obscur suivent , pour que pv degrés ou arrive des choses les plus générales , eo passant par la subalternes, aux plus particulières. Il résunae ensuite tous tes pri> ceptes dans ces paroles : La définition la plus ffénéraU sera U pnmière» Viendra ensuite la distribution ; si elle est multiple, qu'une partition en parties entières la précède, La dit^ision en espkti suivra. Ensuite on deura prendre les parties et les espèces selon V ordre dans lequel on les aura distribuées , et les définir et les traiter à part; et si une trop longue explication les sépare, tl Jaudra les lier par des transitions , car cela récrée Paudittvr. Il prend pour exemple la grammaire , en supposant que toutei les définitions , toutes les distributions , toutes les règles de celle-d soient trouvées ; que chacune d'elles soit inscrite sur une tablette, et que toutes elles soient confondues dans un vase ; qu*alon on les choisisse pour les ranger eu ordre ; on placera d'abord la définition : la grammaire est Vart de bien parler j ensuite la partition générale en étymologie et syntaxe , ensuite la définition de l'étymologie , etc. Il donne aussi pour exemple la méthode dont se servirent, après une partition faite dès le commencement, Virgiïe dans les Géorgiques, Ovide dans les Fastes , Gicéron dans fer' rès. Touchant ensuite les secrets de la méthode , il déclare que lorsqu'il ne s'agit pas tant d'enseigner une chose que d'amuser l'auditeur ou d'émouvoir en lui un sentiment quelconque, oo peut rejeter quelque chose d'homogène , prendre quelque cbo«e d'hétérogène , renverser l'ordre dès le commencement ; ce qui plaît surtout aux poètes , à Homère et à Virgile , aux comiqu?* et aux tragiqucf^
EXPOSÉ DU SYSTÈME DE RANT(l).
Kiint eut pour but de démontrer les hypothèses suivantes (2) :
1* Que toutes nos connaissances ne dérivaient pas de l'eipérience, c'est-à-dire des sens, et qu'il y en avait quelques unes qui prenaient origine dans l'esprit humain lui-même ;
2* Que ces connaissances n'étaient autre chose que la forme même de l'entendement , et qu'elles seules rendaient l'expérience possible;
3<» Biais aussi qu'elles n'avaient d'autre but que celui de rendre Vexpérlence possible, et que par conséquent nous ne pouvions en aucune manière connaître des choses qui ne fussent pas données par l'expérience.
Ainsi il supposa que la faculté de connaître elle-même révélait à l'homme un certain nombre d'idées , mais que ces Idées n'a- Talent une signification et une valeur qu'autant qu'elles étaient appliquées aux objets sensibles , qui eux-mêmes ne pouvaient être conçus que par elles.
ILant chercha la vérification de ses hypothèses dans l'examen de l'entendement lui-même, dont le plan nous est donné par nos connaissances , qui en sont le produit. Il prit pour base de ses recherches la science de l'entendement , telle qu'elle avait été formulée avant lui , dans les travaux d'ArIstote et des scolastiques
(1) Nous devons cette notice A ramitié de H. Ott, licencié en droit.
(2) Nous nous sommes servi pour cet exposé de la critique de la Haison pore de Kant, tradaclion de A. Tissot. Paris, 1857 , et de la Philosophie transcendante, ou système d'Emmanuel Kant,par L,-F. Schon. Paris, lasi.
560 EXFOSÉ
relatiTs à la logique. Le résultat de ces recliercbes devait être noe théorie générale de l'esprit bumain considéré comme eogendrant des connaissances, et, sui?antrbypothèse de Tauteur, une limitâtloA complète et définitive des connaissances en raison des limites de l'entendement même. C'est Je résultat de ces recherches qu'il ex* posa dans Sii Critique de la Raison pure.
Nous aurons à examiner dans le travail dci Siint :
lo La manière dont il pose le problème et les couildénUioai générales qu'il y rattache ;
2o La théorie générale des connaissances qui ne dérivent pas de la sensation ;
3° La théorie de la valeur et de Tappilcatlon de cea comni»sauces ;
4® La théorie des illusions auxquelles celles-ci donnent Ueo lorsqu'on en pousie Tapplicalion trop loin.
C'est là le eystèiue complet d^ la raison pure ; mais liant aprb ravoir établi donne quelques règles générales qui en résolteat, relativement à l'application et à l'usage ; et en second lieu , aprèi avoir nié la science métaphysique comme connaissance nUioonellCy lien établit h^s bases sur la morale. Nous aurons donc i examinef encore :
5» La méthodologie transcendentale ;
Co Les généralités métaphysiques de la critique de la rai^a pratique.
Avant d'entrer en matière nous devons rendre Intelligible à ou» lecteurs français la partie de la terminologie de Kant que doui serons forcé de reproduire. Le système de Kiint, en effet, foroe un tout indivisible qui entraîne une terminologie nécessaire. Toih les raisooncmens de détail ne sont possibles que lorsqu'on adme la généralité et ïcà termes qui les constituent^ et par conséquent il est impossit)lc d'exposer le s}stème de Kant sans se fcrvir •!« ses mots. Nous n'en donnerons ici que les princi(aux , lesautr.f %'éclairciront dans le courant même de l'exposé.
Les mots de sujet et d'objet sont les termes extrêmes d'un rapport dont le (eràncnio>cn est la pensée. Le sujet c'ef^t t'clre «{ui pense, l'objet c'est l'êlre qui est pensé. Le subjectif c'est ce qu» <*st considéré relativement à l'êlre qui pense , l'objectif c'e«t ceq^i c»t considéré relativement à l'objet pcnî<é
BU SISTÈME T>E KART. 5ftl
Les conceptions qui dérivent de Pexpérience sont a posiêHori, celles qui n'en dérivent pas sont à priori» Les connaissances qui BOUS Tiennent à posuriori sont empiriques , celles qui dérivent des conceptions à priori sont pures.
Les connaissances transcendêntales sont celles par lesquelles nous connaissons qu'il y a des connaissances à priori possibles , et comment elles sont possibles. On ne doit pas confondre ce mot avec celui de transcendant , qui s'applique aux idées qui dépassent la limite de l'entendement.
Dans le^langage français ordinaire , on appelle en général idée toute sensation , tout rapport saisi par Pesprit et déterminé par un signe. Hant attribue les différentes opérations de Tesprit à des facultés différentes , et donne un nom différent aux idées suivant qu'elles sont le résultat de ractivité de Tune ou de l'autre de ce^ facultés. Ainsi la disposition de l'esprit à recevoir des impressions se nomme sensibilité, L*idée qui en résulte est appelée représentation , ou plutôt intuition. Les intuitions sont conçues et réduites h Tunité par Ventendement , qui y ajoute certaines choses qu'il tire de son propre fonds. Ce qui en résulte est appelé conception. La raison est pour S.ant la faculté du raisonnement , elle donne lieu aussi à quelques conceptions propres , et c'est à celles-ci qu'il donne plus spécialement le nom éUdées,
Vestliétiifue est la science de la sensibilité ( Ai^ciyoyttt , sentir ); la logique est la science de l'entendement et du jugement ; la dialectique est la science de la raison , en tant que celle-ci donne naissance h des illusions et nous induit en erreur.
nous allons examiner maintenant le travail de liant dans l'ordre ique nous avons déterminé , et qui correspond à celui qu'il a suivi lui-même.
SECTION PRBMIÈRB.
La logique , dit Kant dans sa préface , possède depuis longtemps le caractère d'une science exacte. Elle doit sa perfection à sa circonscription. En effet, dans la logique, l'entendement n'a affaire qu'à lui-même , et nullement aux objets de la connaissance. \fCê progrès des malhémaliq.ue8 et des sciences physiques sent dus à une cause semblable. En effet, la rcvoliUionlc^ui id ciUrer cç#
h kl SX POSÉ
sclenceê dans la ?oie du perfectiouDemeol (ut opérée Unnqim eut comprU que, pour sâYOir quelque chote à priori, oo m p» ¥aU attribuer aux objeti que ce qui rétnUalt néceaealreBeit te propriétés inhérentes au concept qu'oo e'eo était fait Um mêêf blabie tentative ne pourrait-eUe paa ae faire eo métapbjii^? Ne pourrait-on pas tenter relativement h ooe Intottioua ce fv Copernic tenta vis-à-f if du système du monde quasd 11 siffi <iue c'était la terre qui tournait au lieu du ciel 7 C'est cette lo^ tative qui constitue la crilique de la raison epéculatlve. Achevée et •déterminée complètement, elle atteiodralt toute la métaphfiifK: mais ici ce n'est qu'un traité de la méthode que noue touIom 4oa> ner, et non un système de la sdenee elle-même. Iléao8M)ioi comme cette critique Indique la circonecrlpUon totale 4e b science , tant par rapport k ses limites que par rapport i toësi les parties qui doivent la constituer, elle peut saisir parfaitesMst tout le champ de la connaissance » qu'elle a pour obiet , et légserè la postérité un capital Incapable d'être augmenté. Le résultat es est de détruire toute métaphysique , car elle a pour coodariss que nous ne pouvons jamais dépasser les bornes de l'expéricBOi possible.
Toules nos connaissances commencent par l'expérleoce , mm <loute, mais elles n'en procèdent pas toutes. Il est des cooDaiMSif oes à priori : la preuve en est qu'il y a des connaissances nêcf«haires et universelies , et Texpérience ne peut jamais donner que du parliculier et du contingent. Or, tous les Jugemens , soit ceux qui se fondent sur rexpérience , soit ceux qui ont une raisoo « priori , peuvent être rangés en deux classes ; et c'est cette distioction qui nous permettra de déterminer l'objet véritable de U critique Iranscendentale.
Les jugemens sont ou analytiques ou synthétiques. Les juçemfo* analytiques sont ceux dans lesquels l'union du sujet avec ratlribal est conçue par Identité, c'est-à-dire, où l'attribut n'est entre chose que le sujet lui-même développé et expliqué : par exemple, un triangle est une figure qui a trois côtes. Les Jugemens synthétiques sont ceux où le sujet ne renferme pas l'attribut , par lesquels on lie deux objets diffcrens. Par exemple , tous les corps ont de la gravite, la somme des angles d'un triangle est égale à deux droits.