SECTION II
Houe aUons examiner maintenant la tliéorie générale dea coniHiiaaaDcee qui ne dérivent pas de la sensation. Cette section est la plus Importante , et, selon Kant , elle renferme le système complet éb la logique humaine considérée non seulemeotcoauBe méthode, wêêSb encore comme donnant lieu à de véritables connaissances iniépendantes derexpérience, c'est-à-dire à des jugemens syniMtiqiies à priori. En voici la plus haute généralité : L'homme ne eofuiait que les objets donnés par l'expérience , mais pour les concsToIr, Tesprit est doué de deux facultés distinctes qui donnent à ces objets la forme sans laquelle ils seraient inconcevables pour nous. La première est la sensibilité ; celle-ci donne à tous les objets de l'expérience la forme de l'espace ou du tempe, sans lesquels nous lie pourrions les concevoir, et qui ne sont que des manières de voir Inhérentes à notre sensibilité. La seconde de ces facultés est l'entendement; celle-ci possède un certain nombre de concepts à priori nommés catégories, au moyen desquels elle résume l' intuition sensible qui contient toujours des élémens divers, y place Tuiilté> et par là en fait un concept véritable, la représentation d'un iilijet. La conclusion de cette section|est qu'il y a donc véritablement des connaissances à priori qui sont : i** les formes de la sènsIbniCé appelées intuitions pures, c'est-à-dire, l'espace et le temps ; 2* les catégories ; qtre ces formes sont les conditloas nécessaires de la connaissance , mais aussi qu'elles n'en sont véritablement que la forme, et que, prises en soi, elles ne con(>lituent aucr.ne eonnaissance réelle.
54& nposé
Exposons maintenant les principaux détails de ce systeï Gomme il y a deux facultés par lesquelles nous connaisioaif priori y cette partie comprend l'esthétique transcendentale, e'eilà-dire , la théorie de la sensibilité, et la logique transoendeataki c'est-à-dire la théorie de l'entendement.
Esthétique transcendentale, — On appelle forme des phénosènes ce qui fait que la diversité qui se trouve dans les phénesènes fournis par la sensibilité peut être coordonnée dans certiiii rapports. Les formes pures de nos Intuitions sont l'espace et k temps.
L'espace est la condition nécessaire de l'existence des objeli hors de nous ; le temps est la condition de tous les phéDomèief . en tant qu'ils peuvent nous être connus. En effet , on peut toHi peu supprimer le temps , par rapportant phénomènes eo geacnl, qu'on peut supprimer l'espace par rapport aux objets extérieiii. c'est-à-dire , tous les phénomènes que nous connaissons sont M successifs ou simultanés, aussi bien que tous les objets sont éMi un lieu. Or> le temps et l'espace sont Décessairement cobim avant les objets de l'expérience, puisque sans l'espace les olijeli eux-mêmes ne seraient dans aucun lieu , et que sans la conofption antérieure du temps, la simultanéité et la succession ne tonberaient pas même sous le sens. En outre , les proposiiious stdthéliques qui s'y rapportent sont universelles et nécessaires. Le temps et Tespace sont donc des intuitions à priori, qui dêlerBi- Lcnt elles-mêmes les formes des objets et des phénomènes.
D'où vient maintenant qu'une intuition externe antérieure loi i objets mêmes , et dans laquelle le concept de ces objeUi tfi déterminé à priori, peut se trouver dans l'esprit *> Ce n'est tn\tmment qu'à condition d'être dans le sujet comme condition fonnell? de ce sujet , comme forme du sens extérieur.
S'il n'en était pas ainsi , on serait forcé d'admettre, ou bien ^ le temps et l'espace sont des êtres réels , ou bien qu'ils re scct que des rapports entre les phénomènes, rapports connus pr.rl>i' périence, et considérés abstractlvement. Mais, dans le prenifi cas, on admettrait deui non-êtres réels et infinis qui eii^^*^ (sans être cependant quelque chose de réel), seulement pourcoS' prendre dans leur Fehi ce qui existe réellement. Dans L* secosii ras, on ne pourrait donner aucune certitude à /?riori aux priof'-r
DU SYSTEMS ITI KAI^t. 5U$^
fe^es qui dérivent du temps et de l'espace, puisque ceui->ci dérive-^ valent de i*eipérience.
L'intuition pure de l'espace donne lieu aui jugemens synthéti-^ i|ues à priori relatifs aux mathématiques, et les valide. L^intuilion pure de temps donne lieu aux principes à priori relatifs à la, science du mouvement.
JLogigue transcendentale. — Pour peu que nous connaissions un objet , il ne suffit pas qu'il soit reçu par la sensibililé , et forme une intuition revêtue des formes pures de temps et d'espace ; il faut encore que cette intuition, qui se compose d'élémens divers, reçoive une unité , une signification une, par laquelle seule elle peut devenir un concept , el se rapporter à Tobjet. Ainsi , par excmr>le, diinfl le concept d'une rose , l'intuition ne fournit que les diverse» parties dont celle-ci se compose, la couleur, l'odeur, la forme, etc. Il faut pour que le concept soit complet qu'une unité soit placée dans toutes ces parties. Or, cette unité est donnée par l'entendement. On appelle fonctions de l'entendement , l'action par laquelle celui-ci ordonne diverses représentations en une seule pour en Adre une représentation commune , et cette action a lieu elle- ■lême moyennant des concepts à priori» Ainsi , dans l'exemp'e susdit , le concept à priori substance placera Tunité dans la diversité fournie par l'intuition de la rose. La logique transcendentale est la science de ces concepts qui se rapportent à priori aux objets, non comme des intuitions sensibles, mais comme simples actes de la pensée. Elle décompo-ie la faculté de Tcntendement pour reconnaître la possibilité des concepts à priori et ne les recherche que dans l*entendcment seul.
Gomment Tauteur procèdera-t-il à cete décomposition ? En prouvant que l'acte par lequel nous appliquons un concept est le même que celui par lequel nous formons un jugement, et en déterrai** naut ensuite le procédé de nos jugemens. Que fiisons-nous dani un Jugement? Nous connaissons un objet en appliquant l'idée particulière qui le renferme à une idée plus générale. Par exemple, dans le jugement, un métal est un corps ; nous connaissons le métal en y appliquant ridée plus générale d'un corps. C'est ainsi que les jugemens sont les fonctions de l'unité de nos représentations, puisque, au lieu d'une représentation immédiate, une représentation pUis élevée , et qui contient celle-ci avec beaucoup
IXPOSÉ
d'autres, sert & la connaissance , et qa*alD8i an grand noabre le connaissances possibles sont ramenées à une seule. AImI, àm reiemple cité , le concept corpa s'applique à beaucoup d*tatRi» parmi lesquels se trouve celui de métal ; Toilà ce que noui fiimi dans tous les jugemens. Or, Tappllcation du concept à /n-iorin'tà que l'acte par lequel nous ordonnons une ëiTerslté donnée ptr rinlnition en une seule pensée, et nous en faisons un ob)et raicep- Uble d'être connu. L'entendement général peut donc êlre rfgtrdé comme une faculté de juger, et les fonctions de cette racaHé pourraient être toutes découvertes si on pouvait exprimer itcc certitude les fonctions de l'unité dans les Jugemens.
Ceci est extrêmement facile , car les fonctions se révèlent àtm les formes mêmes du jugement. Ces formes sont relatives i la quantité, à la qualité, à la relation (rapport réciproque entre le sujet et l'attribut), et à la modalité (rapport entre le jugement et le sujet pensant) des jugemens. Voici donc la liste de ces forne?
Sous le rapport de la quantité les jugemens sont : Généraux.
Particuliers.
Singuliers.
AOirmalifs.
Négatifs.
Limitatifs (affirmation limitée par un attribut ncgitf.
parexemple : ràiueeMiumortelle).
Catégoriques.
Hypothétiques.
Disjonc tifs.
Problématiques.
AsFertoriques (réels).
Apodictique.^ (^cce^^ai^e«
La même fonction qui dans un jugement donne l'unité aux éifféreutes représentations, la donne aussi , comme nous l'aTons dit. à la simple synthèse des intuitions sensibles, et cette unité enteo- (lue dans un teas général s'appelle concept pur de l'entendemest Ces concepts , % ommc attributs des iui;emcns possibles, appartien-
Sous le rapport de la qualité :
Sons le ra[>port de la relation
Sous le rapport de la modalité,