DU STSTÀME DE KANT
^ent à la représeDtation d'un objet indéterminé, et il doit y en avoir précisément autant qu'il y a dans la tab!e précédente de lEoncUons logiques des jugemens. Ces concepts purs sont appelés catégories, et en voici la liste :
La quantité donne les catégories : Unité.
Pluralité.
Fatalité.
La qualité donne : Réalité.
Négation (absence).
Limitation (réalité avec né-' galion).
La relation donne : Inhérence et subsistance (sub-
tance et accident).
Causalité et dépendance (cause et erfet).
Communauté (action et réaction).
La modalité donne : Possibilité, impossibilité.
Existence, non-existence.
Nécessité , contingence.
Toilà les catégories de Kant. Toutes ces idées sont données par l'entendement même , et ne viennent nullement de Texpérience. Mais on voit que, selon Kant, elles ne peuvent être considérées que comme les attributs de jugemens possibles dans lesquels le sujet ferait toujours un objet sensible , et que par conséquent elles ne peuvent fournir aucune idée de l^objet réel, et n'ont aucune valeur par elles-mêmes.
Après avoir établi les catégories, il s'agit d'en prouver la réalité objective. C'est cette preuve que l'auteur appelle déduction (1) des catégories. Or, cette preuve sera faite , si l'on démontre que de même que l'intuition pure est la condition de toute perception sensible, les concepts précèdent aussi à priori, ou comme des conditions sous lesquelles quelque chose quoique non perçu est cepen- * dant pensé en général comme objet ; c'est-à-dire , si l'on démontre
(I) DéductioD vcul dire preuve de droit dans la pratique judiciaire ailemande.
que l'expérience n'est powible que par les concepU. La déMK- Iration de ceci repose sur ce principe, que la connaiasancc des téjv(s fuppose la liaison synthétique des intuitions, que cette Dsuoi ftynthélique ne peut être qu'un acte spirituel de rentendcBeot, lequel acte réside dans la conscience primitiTC du moi , et que par conséquent les catégories en sont riostrument nécesssire.
Yoici Tordre général de cette démonstration :
Un objet est dans le concept ce par quoi la diversité d'one iotaition donnée est liée. Or, cette liaison ne peut Tenir ni des tens* ni être donnée par l'objet; elle suppose une unité antérieure à la synthèse même qu'elle opère. Cette unitéTéside dans la représefitalion je pense, qui accompagne toutes mea représentations, « laquelle toute diTcrsité de l'intuition a un rapport nécessaire, et qu'on appelle apereeptionpure ou unité iramcendsntale de la cs»scienee. Cette Identité d'aperception contient la synthèse des représentations > et n'est possible que par la- conscience de celte synthèse. Elle eiisle non seulement parce qu'elle accuBiMigDe toutes les représentations, mais encore parce qu'elle lesajouU Tune à l'autre, et se trouve ainsi consciente de leur synthèse.
C'est cette unité de conscience qui seule lie , et qui par conséquent seule aussi forme le rapport des représentatioos h un objet (1).
Le jugement n'est que la manière fié réduire des connaisjaiir'-* données à l'unité objective d'apercepiiou. Toute diversité donn> dans une intuition est doue déterminée par rapport à une de» Ton • tions logiques du jugement, qui seule peut la ramener k run!:de conscience. Or, comme noua l'avons vu, les catégories ne sf^*autre chose que les fonctions du jugement.
II suit de là que les catégories soht les conditior.s fonnei>« et nécessaires de l'expérience, et que, loin de recevoir des \o»A' celles-ci, elle» lui en imposent. Mais il s'ensuit que puisqu'elles n<
(l) La manière dont Pintaition est soumise h l'aperception pare estas'i compliquée. Les perceptions fournies par la sensibilité sont d'abord rnïnies en une seule image parPimagination, faculté aveugle de ràme.OH' image arrive d'abord à la conscience empirique, conscience ccnfoK ': sans rapport à l'identité du moi, et qui ne nous avertit que de noire 4v posiliou intérieure; c'est sur celle-ci qu agit Taperception pure.
DU SYSTEÎME DE KA]NÏ. 54î)
tont qae des moyens de réduire la diversité de l'intuition à l'unité td'aperception , l'usage suppose nécessairement cette diversité qui peut être donnée par rex|>érience seule ; et par conséquent elles ta*ont aucune valeur relativement aux objets en soi , mais seule-^ ment vi)i-à*vis de Texpérience^
SECTION \\u
Cette section renferme la théorie de l'application des concepts aux ebjets. Cette at)plication n'est possible que par la Taculté de Jager, qui est celle de distinguer si un objet est soumis ou non à mne règle , c'est-à-dire , de subsumer. Dans toute représentation d'un objet sous un concept , la repi'ésentation doit ressembler au ^ncept, ou être d'une nature analogue à la sienne. Mais les concepts purs de l'entendement sont tout-à-f»it différées de l'intuition : il doit donc y avoir un moyen terme qui ressemble en partie à la catégorie , en partie au phénomène , et qui rende possible FapplTcation de la première au dernier. Cette représentation mitoyenne s'appelle whhiit transeendêtital , et c'est le teinps qui là iMurnit. Celui-ci , en effet , répond aui phénomènes comme étant la condition formelle à priori de la liaison de toutes les sensations ; el, d'un autre côté^ lorsqu'il est déterminé par la Catégorie, il donne Un concept général et reposant sur une règle à priori de ■ême que celle-ci. Les scttèmes de Kant sont donc en quelque •orte des idées générales qui résultent dé Tapplicatibn des catégories. Ce sont les signes par lesquels nous nous représentons les choses, et , comme il le dit lui-même, on ne doit pas les regarder coBime des images, mais plutôt comme des méthodes pour représenter une multiplicité ou une image. Le schème de la quantité, C^est le nombre (Tidée de l'addition des parties homogènes du teaps) ; le schème de la qualité , c'est le contenu du temps ; le scbème de la relation , c*est l'idée de l'ordre du temps ; le schème de la modalité , c'est l'ensemble du temps. Ces schèmes sont les traies et seules cotiditions pour donner aux concepts purs Fenlendement un rapport aux objets.
Après avoir examiné la possibilité des catégories, il s'agit de
voir enfin comment ces catégories s'appliquent en effet , et de
résoudre enfin cette question : comment les synthèses à priori
•ont-elles possibles ? L'entendement fournit , en effet , comme celd
(30 fexPOsÉ
n HééH^ éen principef âiuilytiqaeff et synthétiiiiiet à ^rion, dit »*agU de «.ifoir quelle eit la niboo et la ?afear des JinpeaeM lyttbétiques àjn'iori, car les jogeBeiit analytiques la tnmfeit ci eoiHoéiBes. Or» maioteiiant , on peut répondre i cette qnolioi. Ponr qu'on jagement synthétkfae ait lien. Il faot qoe deni cmrepts différens reçoivent ane liaison. La liaison elle-même réiide dsns notre etiprit, et consiste dans la prodaction de l'inuige pir rimagination , la production de l'intuition par le tenps (forae s priori de la sensibilité» et la synt^^èse elle-méoie), prodoit de r»> perception pure par les catégories ; mais de plus» pour qoe la coanaïf sance puisse se rapporter à on objet , elle doit a?oir aa leai . one signification, par rapport à cet objet. L'objet doit donc p«if«ir être donné d'une manière quelconque ; sans lui , les concepU mt fains. L'entendement d'un côté, Teipérience de l'antre» foililoae les conditions nécessaires pour qu'un Jugement ait une réalité «^ Jective , et le principe des jugemens synthétiques est que toot «Ijel est soumis aux conditions de la syntlièse, de Texpérience ; c'aU*dire que toute connaimance suppose en même temps rexpérieacect les conditions synthétiques de l'entendement par lesquelles elle e«( soumise k l'aperception pure. C'est là le principe suprême deli f crité de nos connai<(sances aussi bien que de nos princif.es à prion. Maintenant, nous avons pour objet d'exposer en un tout 9>*lrmatique le.H jugemens que l'entendement Torme réellement à priori. La table des catégories fournira la méthode naturelle de cet eiposé. On n'examinera que les principes, et ceux seulement qui «e rapportent adx catégories. Ils sont ou mathématiques ou «l^ntmiques : les premiers sont ceux qui concernent Tintuiiion : les tfconds sont ceux qui regardent l'existence en général. Ceux ooi rorrespondent à la catégorie de quantité sont appelés axiomrsdf rinhiilion ; ceux qui correspondent à la calé^orie de quahté, anticipations de l'eipérience; ceux qui correspondent à la catégorie de ntlatiofi , analogien de l'expérience; enfin ceux qui ont rapfon à la modalité s'appellent postulats de la pensée empirique.
l/a\iome de l'intuition est le suivant : Tous les phénooBésfi ►onl,quanl à l'intuition , des quantités extcnsivesou quau»itrt<l«lendue.
L'anticipation de la perception cM le principe suiiant . !>»< (ou» les phcnomcncS) la réalité de la sensation a une quaDUté in-
DU SrSTÈ3ÎE DE K\>T. 551
tensive, c'est-à-dire, uo cerlain degré. Eu effet, la réalité d'un phéDomène ne peut être perçue qu*à la fois et non successif ement , mais chaque sensation peut diminuer Jusqu'à ce qu'elle dis- IMiraisse: la réalité a donc des degrés; la chaleur, la lumière, etc., en sont des exemples. Cest parce que nous déterminons par ce principe à priori des objets qui appartiennent à la connaissance empirique , que nous le nommons anticipation de la percep-* lion.
Le principe de la relation est le suivant : l'expérience n*est )k>saible que par la représentation de l'union nécessaire des perceptions , c'est-à-dire , il faut que la synthèse des phénomènes soit posisible dans le temps. Le principe en question repose donc sur l'unité synthétique à priori de tous les phénomènes suivant leur rapport dans le temps. Or, cette unité synthétique, ne pouvant être donnée par les phénomènes, est nécessairement donnée par des règles à priori appelées analogies de l'expérience. Gomme il y a trois méthodes daiis le temps, la durée, la succession, la simultanéité, il y a trois analogies.
Première analogie. — La substance est permanente dans toute Ticissitude phénoménale, et sa quantité n'augmente ni ne diminue dans la nature.
Deuxième analogie. — Tous les changemens arrivent suivant la loi de liaison de cause à effet ; c'est-à-dire , tout phénomène qui paraît en suppose un autre auquel il succède d'après iine loi nécessaire.
Troisième analogie. — Toutes les substances , en tant qu'elles peuvent être perçues en même temps dans l'espace, sont dans une action réciproque universelle.
Le principe de modalité donne lieu aux postulats de la pensée empirique; ceux-ci n'ajoutent rien au concept de l'objet , mais en expriment seulement le rapport à la faculté de connaître. Ils sont au nombre de trois :
lo Ce qui s'accorde avec les conditions formelles de l'expérience, c'est-à-dire avec l'intuition et les concepts , est possible.
2° Ce qui se rattache aux conditions matérielles de l'expérience; c'est-à-dire aux sensations , est réel.
3^Ge dont la connexion avec le réel est déterminée suivant \ei conditions générales de l'expérience existe nécessairement.
I5S nvoBi
Toilà4oMleqrrfèneea^iel4eaolre ronaiîMiri! à prM, cTcH-à-dlie de notre ralien atee. Oa toU qM'fl ee ttmpom 4» priiicipeeqBi résultent de rappIfeÉtfon dei catégories au fiMI' tloat liant dTeipaee et de teape. Tdat ce aylèaie n*cit ^Êfwfd fonM de notre expérience, qn'aae méikode pour oonnateeln phênooièaee; eenz-cl lonl néceetaiieMentsuppoeéa iierletpiiicipttt qol fans enz n'aaraleat aacone rigniieation.
Kantnttaehe à cette partie la réTutatlonde FidéallMne. €dricteetmateréfMépar la tbèee Mdvante : la ataqile oooiclenee 4e BU propre expérience, Miit enqiiriqneaent déteiMinê, prwie l'exlefenee d'oi^cli hort de hoI dMM respaee. La preove de catto - Ihèie repose snr ced : pour qne Je loto déteradné dans le teapi, H flrat qa'U y ait des changeaient dant le teM|it ; ces **fc*"giiffM ■appoeent on principe dorable, et ce .principe darable ae peil êtn moMnêiM, poltqne tant cela je n'aoralt pat conaclenee 4e me chmgeawnt; car Je n'aurait qne la conocienGe da priadpt doiable, et par oootéqaent Je ne aérait point déterotiné daai le feaqie. Il rattadie anid à cette tectkm la réftitatlon de la potrililllté de connaître let noomènet. On entend par noumènet 4es éiret conoos Indépendanunent de Texpérience , des êtret lolelligibles qui sont la base et TesMDce rn^me des phénomènes. Or, comme riotuition sensible est la condition évidente de notre connaissance , il est évident que nous ne pouvons pas connaître de noomènes. Hais si d'un côté nous ne pouvons pas prouver l'existence d*êtres purement intelligibles , de l'autre, nous ne pouvons pas prouver non plus que notre Intuition sensible et notre entendement soient les seules facultés de connaître, et qu'il ne pourrait pas exister de noumènes pour un entendement différent do nôtre.
tBCTION IT.
Dans la section précédente, les bornes de notre connalssanoe ont été établies exactement, et des limites rigoureuses ont été posées à l'entendement quant à la connaissance. Mais l'activité spiritaeile de rhomme ne consiste pas seulement à placer Tanlté dsai kt perceptions moyennant l'entendement, et i former des priaeipes; elle conslite de plus à placer 1* unité dant let prodoUi es