Troisième partie. — Du principe (Tune certitude et d'une
coorcUnatioji encyclopédique.
Affirmer que l'origine de toutes nos idées est placée dans l'idée de l'être, affirmer que cette idée est la forme de la raison, qu'elle est le principe à l'aide duquel l'esprit
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atteint spontanément les dotions pures, à Taide daqiid 3 acquiert les notions mixtes en intellectualisant la sensatioo; affirmer cette doctrine, c'est regarder toute âme hunuuiie comme formée d'un rayon divin, c'est prêter à l'âme une forme à l'aide de laquelle non seulement elle arrive i la conjtiaissance des êtres , mais encore s'y trouve entraînée irrésistiblement et sûrement, sans qu'il y ait nécessité, pour que cette fin soit obtenue, de l'éducation sociale, et, partant , de la source de toute éducation sociale, c'est-i-dire, sans qu'il y ait nécessité de la révélation. Les philosoplies païens, matérialistes et panthéistes ne font pas autre chose.
Mais ce n'est pas là tout ; Terreur, en philosophie, ne s'arrête pas en chemin ; elle parcourt sa carrière jusqu'au bout. C'est ce qui arrive dans le système que nous examinons. La connaissance étant le résultat fatal de l'idée de rétre et du milieu matériel dans lequel l'âme est placée, cette idée de l'être étant la forme par laquelle l'esprit est identifié avec la connaissance , il en résulte que Tidce de l'être est le critérium de la vérité , le principe de la certitude. Ce n'est pas encore là tout. Le but de ractivité humaine, dans ce système, n'existe pas hors de rhomme, car son but, ou plutôt sa fin prédestinée, étant la connaissance, et cette connaissance étant déterminée par Tidée de rèire, il se trouve renfermer en lui-même son princii)e, sa méthode et son but: son principe, qui est l'idée de l'être: sa méthode, qui est l'application de Tidée de Tètre, et son bm, qui est la connaissance pure de l'être. Le panthéisme vedantin le plus pur ne s'exprime pas autrement, ainsi que nous le rappellerons bientôt.
Voilà donc une doctrine qui est donnée comme l'expression de la philosophie catholique , et qui donne l'idée *» l'existence pour tout critérium, la connaissance pour toit but d'activité , et la forme de l'esprit comme rélémenl de toute science.
»E &OSMINI. §81
Voici la définition de la vérité , selon notre auteur : La vérité nest autre chose que l'idée de l'être , elle est la forme imique de la raison humaine. Voici la définition du enterium de la vérité ou de la vérité suprême : C'est la cognïtion intuitive de la vérité elle-même ^ c'est la connaissance pure de l'idée de l'être, c'est, en un mot, l'idée de l'idée de l'être» Elle est la vérité première qui brille d'un éclat incontesté, et qui persuade par une force intrinsèque et nécessaire.
Pour bien comprendre ces définitions étranges, il nous a fallu remotiter à la définition de la vérité donnée par les philosophes païens et reproduite par les philosophes chrétiens. La vérité, selon eux, est Texemplaire des choses, ce qui signifie que la vérité est ce qui est , et qu'elle consiste dans l'existence de ce qui existe. Avec cela, il n'était pas facile d'aller bien loin ; mais voici l'application : une vérité partielle étant l'exemplaire (exemplar) et la mesure exacte d'une existence déterminée, celle qui est l'exemplaire et la niesure exacte d'une existence universelle, enibrassaht toutes les autres, doit être la vérité suprême, la vérité par excellence, /'u/tima ratio, l'alpha et l'oméga de la connaissance. Or, l'idée de l'être est l'exemplaires etc., donc, etcl
L'idée de l'être est donc la vérité absolue; la cognitioii de cette idée est donc le principe universel de la certitude. Cela est parce que cette cognïtion porte eh soi , sans la puiser au dehors, la suprême vérité, c'est-à-dire l'être idéal. L'erreur n'est donc possible à l'homnie que parlée quMl réfléchit ; telle est au moins l'étrange assertion de M. Rosmini poussée à boiit par la logique impitoyable. Quand l'homme réfléchit , en efiîet , quand il applique l'idée de l'être à un être déterminé, alors comnience pour lui l'hypothèse , l'idcertitude , l'erreur, à moins qu'il ne se borne à en affirmer l'existence pour son esprit. Il eût mieux valu appeler, avec les panthéistes de l'Inde, du nom général u. 37
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de maya (îlluftioD , apparence), tout ce qoi o'est pasTétre CNi ridée de Tétre.
Camnieot ce criiermm peut-il juger les actes de IImnhk? Coonuent peol-il juger sa science 1... Que nos lecteurs répondent eui-mémes. Le juste, le beau, le vrai , dont rasteur (ait le sujet de la morale, delà calldogieetde Hdésl<^;ie, sont jugés nous ne savons comment , en Tertu de ee critérium. Le beau est sans doute ce qui représente le pi» fidèlement Teiûstence universdie; le juste est ce qn respecte le plus scrupuleusement Tordre de Texistence on- Tcrselle; le vrai, nous l'avons vu, est Vidée eUe-méme de cette existence; le bien est nécessairement la contanpbtion de cette existence, la possession cognitive de Fétre. Vous voyez que nous touchons par tons les points an panthéisme le plus complet , et cela sans que fauteur ait l'air de s'en douter, quoique Malebranche soit cité par lai afec quelque complaisance.
Quant à la classification encyclopédique proposée par Fauteur, elle nous arrêtera peu. Il se l>orne à désigner deux ordres de connaissances ayant Tune et Tiiutre k même crilerium. Ce sont l(^ connaissances formelles K pures , celles de l'être et de ridée de rêlre; les connaissances matérielles et mixtes, celles que Tesprii ac(|uiert en appliquant Tidée de Têtre à la perception sensitive. L^ premières sont renfermées dans l'idéologie; lessecundr-* dans les sciences appliquées. La logique sert de iran»:lion de l'une aux itutres. On le voit, l'ontologie domine tout, comprend tout, comme si le savoir humain consis' tait dans lu connaissance des existencf^.
Maintenant citons les données fondamentales du panthéisme védanlin , afin de voir les conséquences auxquell^ l'esprit hum lin csl conduit, cnpliilosophie, par la nîéiiMxie onto!()^Nqn(î.
< L'ctrc dit sniiH f/nnlilé ou acliou; impérissable sans vu!i-
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lion , immuable sans figure (indéterminé). — La conception perpétuelle de l'être éloigne la confusion. — Celui qui comprend l'invmble essence existe dans l'être universel et heureux. — Il est Brahma décrit comme l'être qui est distinct de ce qu'il pénètre. — Voàl de la connaissance contemple Tétre véritable. — Quand le sçieil de la connaissance spirituelle se lève dans le ciel du cœur, il chasse les ténèbres, et brille de sa propre splendeur. — L'esprit connaît alors toute chose, et il obtient réternelle béatitude (1).
€ L'être paraît dans la personne individuelle où il jette un reflet comme dans un miroir (Exemplaire de l'être ou vérité).
< Ce n'est pas par la paro]e, ce n'est pas par le sentiment, ni par la parole, ni par la raison; ce n*est pas par l'œil qu'on peut l'atteindre (être idéal); et cependant il est ; celui qui dirait autrement , comment pourrait-il y parvenir?
c Quand les cinq sens, comme autant de modes de perception y se trouvent renfermés dans l'âme raisonnable , quand Tintellect n'est pas vainement agité et demeure immobile, l'homme se trouve dans l'état le plus élevé auquel il puisse atteindre.
c AUM le verbe , eM l'impérissable Brahma ; ce verbe est l'ÊTRE indestructible et suprême. Celui qui a reconnu ce verbe impérissable , obtient chaque chose dont il a le désir (2). >
(f) Bxirail de l'Atma-Bodha , ou la Connaissance de TEsprit, par Sankara Atcharya.
(2) Kataka Oopaniicbat, extrait de rYadjour-Véda, traduction d« r.oley.