AUTEURS
Griffiths.
Ure , Peclet.
Gay-Lussac.
Meyer.
27. Lorsqu’on fait dissoudre ensemble du nitrate potassique et du chlorure sodique , la solubilité du premier devient un peu plus grande ; la raison en est (Berzelius , Chimie , tome 1 , p. 402) que jusqu’à un certain degré il s’opère alors un échange entre les bases et les acides , de manière qu'on a dans la dissolution quatre sels au lieu de deux , savoir : les nitrates potassique et sodique , et les chlorures des mêmes bases dont les trois derniers sont très-déliquescents.
Une dissolution saturée de nitre versée sur du salpêtre qui contient du sel marin , dissout encore une nouvelle quantité de salpêtre , environ 1 /7 et plus du poids du sel marin.
28. Le raffinage du salpêtre de l r «. cuite , qui contient ordinairement 28 p. 0 j 0 de parties étrangères composées principalement de chlorures sodique et potassique , se fondesur les degrés de solubilité que je viens d'indiquer.
On voit en général qu’on peut y parvenir , soit en le lavant avec de l’eau froide , qui dissoudra peu de salpêtre et beaucoup de chlorures , soit en fesant subir à la liqueur des cuites qui en la concentrant tiendront la majeure partie du salpêtre en dissolution , et précipiteront les sels étrangers. Ce dernier procédé compte plusieurs modifications ; celle qu’on suit en France est la suivante :
29. Une chaudière de cuivre troncconique est chargée , la veille du jour que le raffinage doit se faire , d’une partie de
salpêtre et d’une demi partie d’eau , prises au poids (ordinairement on prend 1200 kg. de salpêtre et 600 kg. d’eau). Ou y laisse dissoudre le salpêtre pendant la nuit , en entretenant sous la chaudière un feu modéré , puis on y verse de nouvelles quantités de salpêtre jusqu’à ce que son poids total soit environ 8 à 6 fois celui de l'eau. Pendant qu’on ajoute successivement le sel , on active le feu , on brasse bien , et on enlève l’écume à mesure qu’elle se présente. Les chlorures se précipitent pendant l’opèraljon sur le fond de la chaudière , ce qu’on tâche de favoriser en ajoutant à la liqueur de lems à autre de l’eau froide , jusqu’à concurrence de 13 p. <-j„ du salpêtre ; lorsqu’enfin presque tout le sel marin et le chlorure potassique se sont précipités , on verse dans la chaudière 1 kg. de colle de Flandre dissoute dans de l’eau chaude , puis on brasse de nouveau et on enlève l’écume que la colle a produite , et qui contient des parties impures.
Lorsque l’écume cesse de paraître , on enlève en partie le combustible du fourneau , en n’y laissant que ce qui est nécessaire pour entretenir une chaleur de 88° centigrades.
La liqueur qui marque alors de 67 à 68° à l’aréomètre de Beaumè , est portée sur le cristallisoir (fig. A et 8 , pl. 1 ) où on l’agite à l’aide de rabots pendant toute la durée de l’opération. On ramène successivement sur les bords du cristallisoir le salpêtre cristallisé qui se précipite sous forme d’aiguilles minces , et on l’enlève promptement à mesure qu’il blanchit. Au bout de 7 à 8 heures , ou mieux , lorsque la température de la liqueur s’est abaissée à quelques degrés près jusqu’à celle de l’air ambiant, l’opération est achevée ; on enlève alors les eaux mères pour leur faire subir un traitement ultérieur. Les cristaux obtenus sont mis dans un bac , ou dans une caisse à fond percé , dans laquelle on les lave plusieurs fois avec de l’eau froide , puis séchés dans un bassin de dessiccation , après avoir séjourné préalablement encore pendant quelques jours dans les caisses où ils ont été lavés.
Pendant la dessiccation , qui dure environ A heures , on remue constamment le salpêtre , et l’opération est finie lorsqu’il
POl' DRE
n’adhère plus à la pelle ; on le renferme alors dans des barils en les passant auparavant à travers une toile de laiton.
On obtient ainsi environ 0,53 à 0,00 p. °; 0 du salpêtre brut en salpêtre raffiné , et le déchet en salpêtre est de 20 p. °jo.
30. Le capitaine prussien Meyer ( Vorlraege über die Artillerie-Technik , l« r vol.) trouve ce mode de raffinage vicieux, et donnant un déchet considérable : la quantité de salpêtre, dit-il , que l’on met dans la chaudière , est beaucoup trop considérable pour être dissoute dans la quantité d’eau qu’on y verse : en effet , 100 parties de la liqueur à la température de 115° à 120°, point de son ébullition , ne dissoudront que 350 parties de nitre , et si cette quantité augmentait même un peu à cause du sel marin que le salpêtre contient , on resterait toujours loin de 5 à 600 parties qu’on verse dans la chaudière. L’insuffisance de la quantité d’eau qu’on emploie devient d’autant plus sensible que l’évaporation diminue cette dernière, et fera précipiter nécessairement avec le sel marin une grande quantité de salpêtre, environ le tiers de la quantité totale (a).
L’eau froide qu’on ajoute à la liqueur pendant l’opération produit un abaissement de température qui fait précipiter du salpêtre dissous , tandis que du sel marin se dissout de nouveau.
Le capitaine Meyer propose le procédé suivant pour lequel il suppose avoir un salpêtre contenant 16 p. °j° de sel marin. Dans 1000 parties d’eau , on dissout , en élevant successivement la température , 3,000 parties de salpêtre contenant 450 parties de sel marin ; tout le salpêtre et environ 400 par-
(a) Le raisonnement du capitaine Meyer ne me semble pas rigoureux : d’abord dans 3000 kg. de salpêtre brut que l’on doit dissoudre dans 800 kg. d’eau il peut se trouver jusqu’à 35 p. °/o de sels étrangers , de sorte qu’il ne resterait que 2350 kg. de salpêtre qui exigent 643 kg. d’eau ; mais quand le salpêtre contient du sel marin , il se dissout du premier une plus grande quantité dans un poids donné d’eau que lorsqu’il est pur , et cela explique comment 600 kg. d’eau peuvent suffire pour dissoudre 3000 kg. de salpêtre brut j les additions subséquentes d’eau froide remplacent d’ailleurs et au-delà l’eau qui se vaporise.
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ttes de sel marin (56) se dissoudront , et il restera 50 parties de ce dernier qu’on peut retirer du fond du vase. On peut alors faire évaporer 150 parties d’eau avant que le salpêtre commence & se précipiter ; mais si , pour plus de sûreté , on ne fait évaporer que 100 parties , on fera néanmoins précipiter 40 parties de sel marin qu’on peut enlever.
(Voyez les tableaux de solubilité de ces sels , et faites les proportions nécessaires.)
En versant ensuite le liquide , qui contient encore tout le salpêtre et 360 parties de sel marin , sur le cristallisoir , et en y ajoutant de l’eau , d’une part pour compenser les pertes , et de l’autre pour porter la masse du liquide à la quantité nécessaire pour maintenir à 0°,360 parties de sel marin en dissolution , c’est-à-dire à environ 1000 parties , la majeure partie du salpêtre se précipitera , l’autre restera en dissolution dans le liquide.
Cette dernière sera :
et le déchet en salpêtre variera de 10 à 6 p. °; 0 .
31. En Suède (Berzelius , chimie) on fait bouillir la dissolution de nitre jusqu’à ce qu’on voie paraître une croûte saline , et qu’une petite quantité de la liqueur projetée sur un corps froid cristallise. On enlève la croûte saline qui consiste en sel marin , et après avoir filtré la dissolution , on y ajoute ij 4 S d'eau ; alors le sel marin , dont il se cristalliserait une partie par le refroidissement de la dissolution bouillante , trouve assez d’eau pour rester dans la liqueur. On porte ensuite celle-ci sur le cristallisoir où on l’agite constamment afin d'obtenir de petits cristaux qu’on lave avec de l’eau froide. Le nitre obtenu est fondu dans un pot de fonte , et versé lorsqu’il a cessé d’écumcr dans des moules en tôle.
32. Lorsqu’on veut raffiner le salpêtre par des lavages avec de l’eau froide . (procédé de Beaumè) on le pile, ej l’ayant mis
POUDRE
dans un cuvier muni d’une chante-pleure , on y verse trois oa quatre fois son poids d’eau froide qu’on laisse séjourner 6 à 7 heures ; on répète ce lavage deux à trois fois avec de plus petites quantités d’eau froide qu’on y laisse moins de lems » et enfin on dissout le salpêtre dans environ la moitié de son poids d’eau bouillante , on décante , et on porte la liqueur sur le cristallisoir. Lorsqu’on a eu soin de remuer constamment eu liquide pendant la cristallisation , on obtient 80 p. °jo de salpêtre en cristaux très-fins qu’on lave , et qu’on dèssèche à la manière ordinaire.
33. Le raffinage d’un salpêtre contenant moins de 11 p. ♦/„ de chlorures , par exemple de celui des Indes qui en contient ordinairement 5 , est extrêmement simple : il suffira de le dissoudre dans 2(3 de son poids d’eau bouillante dans une chaudière (cette quantité portée à la température de l’ébullition de la liqueur saline , est suffisante pour dissoudre tout le salpêtre , si même il ne contenait pas de chlorures) et de le faire cristalliser de nouveau en ayant soin d’obtenir de très-petits cristaux qu’on lave et qu’on sèche de la manière ordinaire. La liqueur surnageante retient tous les chlorures et une partie do salpêtre variant de 8 à 10 p. °/ 0 suivant la température du liquide et le contenu de sel marin , attendu que le salpêtre est plus soluble dans de l’eau saturée de ce sel que dans de l’eau pure.