‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 31 sur 89 · PROCÉDÉ DES TONNES ET DE IA PRESSE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DES TONNES ET DE IA PRESSE

98. Dans ce procédé le méjange des matières , et souvent lenr trituration , ont lieu dans des tonnes auxquelles on communique un mouvement de rotation autour de leur axe ; les matières y sont soumises au choc degobilles en bronze qui rebondissent constamment sur la paroi latérale dn tonneau , celte paroi est garnie à cette fin de litaux saillants en dehors de la surface et parallèles à l’axe de la tonne.

A CANOH.

Les matières qui , par ce moyen , peuvent être divisées à un point extrême , et mélangées avec une grande exaclitude , sortent du tonneau sous la forme d’une poudre impalpable et onctueuse.

On donne au mélange la consistance nécessaire au grenage , en le mouillant avec de l’eau , et en le comprimant avec force.

96. L’invention de ce procédé , appelé révolutionnaire , est due au pressant besoin de poudre, que la France avait au temps de sa première révolution. Abandonné plus tard , il fut modifié et de nouveau essayé en France en 1822 pour la poudre do guerre , et il y est encore en usage pour la poudre de chasse.

Les poudres de guerre fabriquées d’après ce procédé , furent abandonnées parce que elles s’étaient montrées trop offensives aux bouches à feu.

97. Ce procédé a été modifié à diverses reprises et déjà même lors de son introduction. Voici la dernière modification qu’on y a faite dans ces derniers temps.

Les matières , séparément triturées sous des meules et tamisées ensuite , sont mises en proportion convenable , dans des tonneaux de bois de 0 m ,86S de longueur et de 0, m 704 de diamètre , dont la surface concave est garnie de six liteaux en bois , larges de 0 m ,027 et saillans en dehors de cette surface de 0 m ,034 ; chaque tonneau reçoit 7S kgs. de matière et 90 kgs. de gobilles de bronze , ayant 9 millimètres de diamètre.

La vitesse du mouvement du tonneau autour de son axe est de 25, -4 révolutions par minute.

Pour lui imprimer ce mouvement , chaque tonneau est traversé par un axe de fer qui se termine de chaque côté par un tourillon , ces tourillons s’appuyent sur des supports et y tournent entre des collets de cuivre ; l’une des extrémités de l’axe porte une lanterne dont les fuseaux s’engrênent avec une roue dentée horizontale, qui met à la fois 18 tonneaux en mouvement.

98. La machine est un manège de quatre chevaux qui impriment le mouvement à l’arbre vertical de la roue. Les cbe-

POUDRE

vaux parcourent un cercle de 3“,8 de rayon ; la roue d’angle a 7 m ,8 de diamètre et 224 dents , la lanterne a 0 ra ,70 do diamètre et 20 fuseaux.

La durée de l'opération est de trois heures..

Le travail mécanique employé pour mélanger en trois heures 18x78=1350 kilogr. de matières est celui de quatre chevaux qui parcourent trois tours de manège ou 3x2a-x3,8=66 m par minute , et dont la vitesse est par conséquent l m ,l. Eu comptant que l'effort exercé constamment par chaque cheval soit de 43 kgs., nous aurons pour le travail des 4 chevaux pendant 3 heures , 3X60X60X4X45X1,1=2138400 km.

Les résistances nuisibles sont ici

1°. Le frottement du pivot de l’arbre vertical dans sa crapaudinc.

2°. Celui des dents de la roue contre les fuseaux des lanternes.

3“- Celui des tourillons des tonneaux entre leurs collets.

Ces résistances absorbent environ ijî à <;4 de ce travail, de sorte que pour le travail utile, il ne reste que 1603800km., lesquels je réduirai à 1500000 pour compenser d’une part les interruptions et parce que d’autre part la vitesse des chevaux est un peu trop forte.

Il résulte de ces calculs que le mélange d’un kilogramme de matière exige dans ce procédé environ 1100 k,n de travail utile.

En y ajoutant celui qui a été absorbé par la trituration des matières et celui qu’exige leur compression convenable , on aurait le travail total absorbé par la fabrication d’un kilogramme de poudre.

99. La matière étant retirée du tonneau, reçoit sous une forte pression la consistance requise pour pouvoir être grênèe. A celte fin , on la comprime entre des plateaux de bois de noyer, dont l’une des faces est encadrée par un rebord , et dont l’autre a une feuillure destinée à recevoir le rebord du plateau inférieur ; la matière à comprimer est mise entre des plateaux successifs et en est séparée par des toiles mouillées ; ayant ainsi

A CANON. «7

formé une pile do 23 plateaux , ou la soumet à l'action d’uuo presse qui réduit l’épaisseur dès couches de neufà deux millimètres.

Le procédé des tonneaux modifié , employé aujourd’hui en France pour la poudre de chasse est tel qu’il suit. (Colty , supplément , pag. 847.)

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