PROCÉDÉ DES MARTINETS
02. Dans co procédé , en usage en Suisse , les pilons sont remplacés par des martinets qui battent les matières dans des mortiers de bois.
Un arbre garni de cames saisit la partie du manche qui dépasse le martinet , le soulève et le fait tomber dans le mortier dès que par le mouvement rotatoire du maillet la came s’est dégagée du manche. Les supports des manches des martinets sont placés parallèlement à l’arbre à cames ; ils sont percés pour recevoir les tourillons autours desquels les manches fournissent leur mouvement de rotation. La direction de la chûte du martinet est assurée par deux montants placés à quelque distance de l’axe de rotation. — Un système à bascule , dont l’arc se trouve placé sur la traverse qui réunit les deux montants , sert à soulever le martinet, lorsque l’on veut faire des rechanges. La forme de la partie inférieure du martiuet est semblable à celle du pilon , et elle est recouverte d’une armure de fer. Le poids du martinet est beaucoup plus considérable que celui du pilon ; sa chù te est de 0 m ,25 et se répète 85 fois par annule.
Les mortiers sont creusés dans une pièce de bois comme le sont ceux des moulins à pilons ; leur forme est à peu près la môme , mais leur capacité est moindre.
La clprge ordinaire d’un mortier est de 6 à 7 kgs. — Pendant le battage elle tourne parfaitement , et elle sort du mortier en petits morceaux de la grosseur d’une noix.
Les batteries sont de 5 à 6 mortiers. Le moteur est l’eau , la roue est à augets en dessous et a un diamètre de 3 m à Ü m ,2o.
9 i. Le travail utile qu’un martinet opère dans chaque chùte est facile à calculer , il est égal à la moitié du produit du moment d’inertie du martinet multiplié par le carré de la vitesse angulaire acquise à la fin de sa chùte. Celle vitesse angulaire est facile à trouver : en effet la distance du martinet à l’axe de rotation doit être celle du centre d’oscillation afin que l’axe de ro.
A CANON
talion ne reçoive point do secousses , et cette distance est égale au quotient du moment d’inertie du martinet avec son manche divisé par le moment du poids de ce système et tous deux pris par rapport à l’axe de rotation. D’un autre côté le martinet tombant d’une hauteur de 0 m ,25 sa vitesse à la lin de sa chùte sera v = l/2gX0,25 = 2 m ,21, connaissant aussi la vitesse du centre d’oscillation, on en déduit la vitesse angulaire
v' = — , d étant la distance du martinet à l’axe. Le problème d
à résoudre est par conséquent réduit à trouver le moment d’inertie du martinet muni de son manche et le moment du poids de ce système , tous deux pris par rapport à l’axe de rotation du corps percutant. Le moment d’inertie du martinet est égal à sa
masse = — multiplié par le carré de la distance du martinet à g
l’axe ou d’; le manche est un parallèlipipède dont le moment
d’inertie pris par rapport à l’axe des tourillons est
^ d * ^ ‘ !lant * a balance du centre de gravité du
manche à l’axe , 1 la longueur du manche et e son épaisseur. Soit , pour servir d’exemple ,
Le poids du martinet p = 78 k
.... manche
La longueur . .
L’épaisseur du manche
La distance de son centre de gravité à
l’axe ....
Distance du marti-
net à l’axe . .
L’accélération de la
gravité . . .
Vitesse angulaire .
L’on aura pour le moment d’inertie du martinet — r X 2* = -I —
POUDRE
Pourlemomenl d’inertie du manche „ — ( 1,25’4
Et par conséquent pour le moment total d’inertie 300 X 250,625
I = ! — Kfïk 12
En multipliant par la moitié du carré de la vitesse angulaire,
Ton trouve pour le travail utile à chaque chûle 86 k , 1 2 X 4 — =
Zt
34 kilogrammètres. Si les poids et dimensions ci-dessns indiqués étaient exacts et qn’on connût le nombre total de percussions que subit la charge d'un mortier , on trouverait aisément , comme je l’ai fait pour les pilons , le nombre de kilogrammètres de travail utile dépensé dans le battage d’un kilogramme de matières.
94. Les résistances nuisibles qui absorbent une partie du travail du moteur sont :
1* Le frottement des tourillons de l’arbre de la roue.
2» Le frottement des tourillons de l’arbre à cames.
3° Le frottement des tourillons du manche.
4° Les chocs des cames contre les bouts des manches.
8° Le frottement des cames contre ces mêmes bouts.
Je ne fais qu’indiquer les résistances nuisibles dont le calcul n’offre d’ailleurs aucune difficulté.