‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 37 sur 89 · Leur forme ordinaire est celle d’un cylindre ; en Saxe · texte numérisé non relu

Leur forme ordinaire est celle d’un cylindre ; en Saxe

A CANO*

cependant elle est lenticulaire , et en Prusse (fabrique de Neisse) tronconique.

Cette dernière forme a été proposée par MM. Botté et Riffault , afin d’éviter le frottement dangereux qui naît de la tendance des meules à persévérer dans le mouvement rectiligne suivant la tangente dont elles sont constamment détournées , et dans le but d’obtenir une pression égale sur toute l’étendue do la meule ; ces messieurs proposent de ramener par des barres , ou autrement , le centre de gravité à celui de figure. II est certain que de cette manière le danger est diminué ; cependant on préfère assez généralement la meule cylindrique , parce que c’est précisément le frottement que MM. Botté et Riffauli veulent éviter , qui rend la division des matières plus grande et leur mélange plus intime.

121. Les meules sout faites de carbonate de chaux fétide (pierre porc ou puante) qu’on trouve dans le pays , aux environs de Namur , de marbre , de fonte , de bronze.

I.es meules en marbre ou en pierre porc semblent préférables aux meules métalliques qui s’usent souvent d’une manière inégale ; les premières ont cependant l’inconvénient , surtout lorsqu’elles servent depuis long-temps , d’absorber l’eau , ce qui reud nécessaire d’augmeuter la quantité d’eau avec laquelle on arrose , et de se détériorer beaucoup lors d’une explosion.

122. Le poids des meules est très-variable , ses limites sont le poids de la meule saxonne qui ne pèse que ISO kilog. et le poids de la meule russe qui est de 14000 kilog. ; leur poids ordinaire est de 2500 et plus souvent encore de 5000.

124. La vitesse de la meule est en raison inverse de sou poids ; lorsque le moteur de la machine est l’eau , les meules font ordinairement 8 à 10 révolutions par minute; en employant des chevaux , la vitesse est le plus souvent la moitié environ de celle qui précède

124. La quotité des matières qu’on triture et comprime à la fois 6ous les meules diffère ordinairement peu de 20 kilog. Au Bouchet en France , où les meules ne servent qu’à la compression des matières , on en met 80.

POUDRE

128. La durée de l’opération varie beaucoup avec la qualité de la poudre qu’on veut obtenir , la densité de la galette , la quantité d’eau qu’elle doit conserver , etc. M. Maguin semble croire qu’avec des meules du poids de 8000 kilog. faisant 8 tours par minute , 1 1 heures de trituration suffisent ; mais il est hors de doute qu’il vaut mieux y mettre 3 , 4 â 8 heures : avec cette durée la division des corps sera plus grande , leur mixtion plus intime , la galette sera plus dense , et il suffira d'une moindre quantité d’eau pour lui donner la consistance nécessaire au grénage.

Lorsque les matières sont broyées séparément , leur trituration et la formation de la galette exigent beaucoup moins de temps que lorsqu’il faut d’abord diviser les matières. Dans ce dernier cas , il semblerait d’après M. le capitaine Meyer , qu’en Angleterre les meules font 1400 tours pour la poudre de guerre et 8000 pour la poudre de chasse , tandis qu’avec des matières triturées au préalable ,200 (ours suffisent.

Je terminerai en donnant un tableau qui renfermo les principales données des moulins à meules.

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