‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 38 sur 89 · PAYS · texte numérisé non relu

PAYS

A CANO»

Procédé du général anglais Congrève ( a Short accounl of ilie improvements in gun Powder )

126. Le dosage des trois matières pulvérisées séparément d’avance , se fait dans une machine dont le mécanisme est le suivant : un môme axe , auquel on imprime un mouvement de rotation , perce la partie inférieure de trois trémies dans le sens de leur longueur. L’axe porte trois brosses de crin , d’une forme cylindrique, qui bouchent presqu’enlièrement l’ouverture quadrangulaire inférieure des trémies , de telle sorte que de ces dernières la matière ne puisse s'échapper que par un mince ruban de la largeur de la brosse. Dans la première trémie ou verse le nitre , dans la seconde le charbon , et dans la troisième le soufre. On obtient par une position plus ou moins élevée de la brosse , que la quantité de matière (qu’on ne pèse pas) s’échappe de la trémie dans la proportion voulue. Les trois rubans de nitre , de charbon et de soufre tombent sur une toile sans fin , qui s’enroule sur deux cylindres auxquels ou imprime uu mouvement de rotation beaucoup plus rapide que celui des brosses. Par ce mouvement , les matières s’y étendent en une couche mince et s’y entre-môleut ; parvenues ensuite au cylindre inférieur , elles tombent de la toile par leur propre poids , et sont reçues dans une trémie qui communique avec l’intérieur d’une tonne , dans laquelle leur mélange s’achève , et que pour cela je nommerai le mélangeoir.

C’est une caisse en bois, contenant, dans le sens de sa longueur , un tonneau traversé d’un axe horizontal autour duquel ou lui imprime un mouvement de rotation très-rapide. Des ouvertures , fermées par des portes , sont distribuées sur le pourtour convexe du tonneau , et servent à l’introduction de la matière et à son déchargement.

L’axe du tonneau porte une trémie , maintenue par des poids dans une position verticale ; il perce également u:ie brosse cy-

POt'BRE

lindrique , ayant le même axe que lui , et remplit , & peu de chose près , l’ouverture quadrangulaire inférieure de la trémie. La moitié inférieure de la brosse est enveloppée d’un tamis de laiton à mailles très-serrées , de sorte que la brosse , dans sa rotation , broie la matière contre le tamis à travers lequel elle tombe dans le tonneau. La paroi intérieure de ce dernier est garnie de tringles ou de petites plancheltes placées normalement à la surface , qui servent à ramener la matière vers la partie supérieure du tonneau , d’oii elle retombe par son propre poids dans la trémie qui fait corps avec l’axe , pour être triturée et mélangée de nouveau. Au bout d’un quart d’heure les matières étant intimement mélangées , on vide le tonneau , en ouvrant l’une des ouvertures de sa surface convexe , et lorsque la caisse contient suffisamment de composition , on la décharge aussi en ouvrant la porte d’une ouverture pratiquée dan9 le fond.

Pour introduire la matière dans le tonneau, on la verse dans une trémie placée dans le couvercle de la caisse , et dont l’ouverture inférieure correspond avec une des ouvertures pratiquées dans la paroi convexe du tonneau. Souvent on ne se sert que du mélangeoir dans lequel on verse alors tes matières triturées séparément et passées au blutoir de la manière ordinaire.

La compression do mélange se fait à l’aide d’une presse hydraulique.

DU GRÉKAGE.

127. Le local oii l’on grêne la poudre s’appelle legrenoir; la construction de celte enceinte doit être légère , et ses parois doivent avoir des parties faibles qui cèdent les premières et qui rendent moins désastreux les effets d’une explosion. Les fenêtres ne doivent être garnies que d’un châssis de canevas , dans la crainte que dans le verre il ne se trouve des globules , qui faisant l’office de lentilles, pourraient enflammer la poudre. Si l’on a des vitres >.ü faut les blanchir.

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Dans le grenoir il faut user des plus grandes précautions pour éviter les accidents.

128. Le procédé de granulation le plus usité consiste à rompre tant soit peu la galette au sortir du moulin , et à continuer sa division en lui faisant subir , dans des cribles les chocs de corps durs qui fractionnent la galette , et la forcent à traverser les eribles. Les corps durs qu’on emploie ordinairement à cette fin sont des disques en bois dur , nommés tourteaux , ou des balles en bronze ou en zinc.

En France, on se sert du tourteau à l’aide duquel on divise la galette dans deux cribles successifs ; dans le premier , le guillaume , la galette est rompue en fragments plus ou moins grands, et dans le second , le grenoir , les fragments sont divisés en grains de la grosseur voulue. La granulation est alors achevée , et il suffit de tamiser la poudre afin d’en séparer le poussier les grains dont la grosseur diffère de celle que l’on veut obtenir.

Pour que la granulation s'opère bien , il importe que le tourteau acquière un mouvement de rotation et vienne se replacer constam meut sur la matière qu’il a abandonnée; la vitesse du tourteau doit être maintenue par l’ouvrier au point convenable et rester autant que possible constante ; si elle était trop grande, le tourteau , sollicité par la force centrifuge , serait constamment poussé contre la ccree du tamis , et si elle était trop faible , le choc du tourteau cl partant son travail utile pour rompre la galette seraient nécessairement amoindris.

129. Pour donner au tourteau le mouvement circulaire qui lai convient , il existe plusieurs procédés que j’indiquerai d’abord sommairement.

En France , l’ouvrier imprime au crible un mouvement de va et vient en le glissant rapidement sur l'arête d’une barre en bois , qui a la forme d’un parallélipipède , et qui est placée horizontalement dans une caisse appelée maye.

En Allemagne et ailleurs , on enchâsse plusieurs cribles dans un même cadre , suspendu au plafond du grenoir par une verge de bois élastique et par des cordes ; les cribles y sont

S6 POUDRE

triples et se composent chacun d’un grenoir , d’un ègalisoir et d’un tamis en crin ; la matière est mise dans le grenoir et o* place par dessus elle deux tourteaux ; un ouvrier imprime à ce cadre un mouvement oscillatoire horizontal.

Le procédé da colonel Lefebvre a beaucoup d’analogie avec le procédé allemand , on y emploie encore des tamis multiples qu’on place sur un cadre suspendu par des cordes au plafond de l’enceinte, et on imprime à ce dernier un mouvement oscillatoire horizontal autour de l’axe du cadre. Les cribles de cet appareil se composent chacun d’un guillaume dans lequel on rompt la galette par l’action d’un tourteau , d’un grenoir qui laisse passer le grain de la grosseur qu’on veut obtenir, le grain trop fin et le poussier , et enfin d’un troisième tamis qui ne donne passage qn’au poussier. Ce procédé se distingue du procédé allemand , par l’emploi ingénieux qu’on y fait de la foree centrifuge : les grains trop gros retenus par le grenoir et chassés vers la circonférence de ce dernier y rencontrent des conduits inclinés qui les ramènent dans le guillaume pour y subir de nouveau l’action du tourteau, de même le grain nettoyé retenu par l’étamine et chassé aussi par la force centrifuge vers la circonférence de ce tamis , est conduit par une languette en cuivre vers une ouverture percée dans la cerce du tamis qui , à l’aide d’une manche de peau , communique avec la recette.

130. U existe trois autres procédés de grenage qui diffèrent totalement de celui que je viens d’indiquer ; ce sont : le procédé révolutionnaire , le procédé Congrève et celui de Champy ; dans les deux premiers la galette, convertie sous une presse en lames minces , est divisée par l’action de cylindres cannelés ; dans le procédé révolutionnaire on divisait d’abord la lame avec un tel cylindre en lamettes , et on divisait ensuite celles-ci en petits parallelipipèdes en faisant rouler sur eux le cylindre dans un sens perpendiculaire au premier : dans le procédé du général Congrève les lames, déjà morcelées avec des maillets, passent successivement entre deux laminoirs composés chacun d’une paire de cylindres cannelés dont la distance est plus grands dans le premier laminoir que dans le second.

Dans le procédé Chempy enfin on verse dans un tonneau du grain fin , obtenu de la manière ordinaire , et après l’avoir humecté à l’aide d'un arrosoir placé dans l’intérieur du tonneau , on y introduit le mélange ternaire qui constitue la poudre; pendant qu’on tourne le tonneau les grains mouillés s’enveloppent des couches concentriques de poudre auxquelles ils servent de noyau ; et on obtient ainsi des grains ronds d'une manière plus expéditive que par le procédé suisse.

131. La densité des grains est plus grande que celle de la galette et cela d’autant plus qoe le travail utile du tourteau a été plus considérable; ce dernier dépend évidemment du poids du tourteau , de sa vitesse et de la durée de son action.

Pour que le grenage ajoute beaucoup à la densité des grains , il faut soumettre la galette en morceaux assez gros à l’action du tourteau qui seul doit alors achever la division ; il faut en second lieu que l’action du tourteau soit assez prolongée.

Cela explique pourquoi les poudres obtenues par le procédé de grenage allemand sont plus friables et moins dégagées de poussier que celles fournies par la méthode française ; en effet dans cette dernière la galette d’abord rompue en fragments dans un premier crible , l’est de nouveau dans le grenoir , tandis que dans la méthode allemande la galette n’est rompue qu’une seule fois, le déchêt lorsqu’on grène à l’allemande, est beaucoup plus faible que dans le procédé français , mais aussi la poudre obtenue par ce dernier est plus dense , plus égalisée, plus nettoyée et se conserve beaucoup mieux dans les transports et dans les magasins (a).

132. Après ces préliminaires je passerai maintenant à la description plus détaillée des différents procédés de granulation que je viens d’indiquer.

(a) Il serait extrêmement intéressant de calculer dans les différents procédés le nombre de kilogrammètres d’effet utile que le tourteau exerce sur chaque kilogramme de poudre grenéc ; celte donnée serait des plus utiles pour la comparaison des différentes méthodes comme on a pu s’en convaincre par l’usage que j’en ai fait dans la description des procédés de mélange et de compression des matières.

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ISS. En France on emploie pour grener la poudre, de grosses caisses en chêne , fig. 2 , S , 4 , b , 6 pl. 2 , appelées mayes , qui sont traversées à 0, H8 m au-dessus du fond par des barres en bois b espacées de deux mètres , celles-ci portent sur une de leurs arêles et leurs extrémités sont reçues dans des tasseaux l solidement chevillées sur les parois de la caisse ; c’est sur ces barres que l’ouvrier glisse le crible pour imprimer an tourteau lé mouvement convenable.

La hauteur de la maye sur le devant ou du cètè des ouvriers est de 0 m ,97 , celle de derrière de I m ,4 , la profondeur de 0 m ,40 à 0",-48. Les cètés sont icbancrôs comme on le voit dans la fig- 4.

Le tourteau est en bois de gayac , ou autre bois dur ; il est d'une forme lenticulaire et a les dimensions suivantes :

Diamètre 0,210

Epaisseur au centre . . . 0,058

Epaisseur à la circonférence. 0,045

Les cribles; sont en peau de cochon ou de veau ; leurs perces ont les diamètres suivants : («)

Guillaume

10 milllimètres.

Demi Guillaume

Guillaume de fine

Grenoir en mine .....

— en guerre

— en fine

— en superfine k .

Tous les cribles sont de forme ronde et composés chacun de deux cerces de bois de noyer enroulés l’une sur l’autre qui se recroisenl de 0,6“ sur les bouts ; la peau tendue sur le fond de l’une des cerces est maintenue par l’autre que recouvre la première cerce en partie ; la différence de hauteur des deux cerces

(a) En Belgique les diamètres prescrits pour les trous du grenoir •ont :

Pour la poudre à canon 2 millimètres.

• — — de mousquetterie . X —

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détermine la hauteur inlèrieure du crible. Les dimensions pria* cipales des cribles sont :

Diamètre intérieur. 0,600

Hauteur de la cerce extérieure. . . 0,1^0

— — — inlèrieure. . . 0,200

Epaisseur des cerces. 0,007

Les peaux ont une bande circulaire non percée de 10 à 1 1 mil» limètres de largeur qui est prise en partie entre les cerces.

13-4. La matière au sortir du moulin , renfermant encore une quantité trop forte d'eau dont la vaporisation après le grenage nuirait singulièrement à la solidité du grain , on la dépose quelques jours dans des Unes placées à l’intérieur du grenoir et on éloigne ainsi l’excédant d’eau jusqu’à ce qu’elle ait acquis une consistance convenable pour le grenage (a) ; l’ouvrier commence le grenage par rompre la galette , dont il a déjà un peu concassé les faux culs trop durs , en la forçant de passer & travers le premier crible nommé Guillaume , à cette fin il place le crible sur la barre de sorte que son ouverture soit un peu inclinée du côté où se trouve , sur le fond de la maye, le las des matières ; ayant ensuite chargé le Guillaume , avec une pelle , d’environ 15 à 18 kgs. de matière , il la relève horizontalement sur la barre et tamise de la manière ordinaire tout ce qui peut passer à travers le Guillaume sans être divisé ; le reste est rompu par le tourteau et forcé à passer à travers le crible. 11 faut environ une minute et demie pour rompre 15 kgs. da galette.

Pourgrener les fragments de galette que Ton vient d’obtenir, l’ouvrier enlève la barre sur laquelle il a glissé le Guillaume et la replace à côté de la matière qu’il vient de rompre ; se servant

(a) 11 serait très-avantageux (l’éloigner l’eau autant que passible avam le gréuage j lorsque la po.cnr grenéc contient une trop forte quantité d’eau celle-ci en se vaporisant rend le grain poreux , friable et cette porosité ne disparait qn’imparfaitemcnt lorsqu'on lisse la poudre et elle reste subsister lorsqu’on ne la lisse pas.

et)

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ensuite du grenoir dont les perces ont le diamètre convenable , il grène la matière à l’aide du tourteau en la forçant i traverser le grenoir. La charge du grenoir est de 5 à 0 kilogrammes et il faut à l’ouvrier environ une minute et demie pour la faire passer à travers ce crible.

13S. La poudre étant grcnèe , il faut la débarrasser du poussier et des grains dont la grosseur n’est pas comprise entre les limites tolérées ; ceux-ci sont ou trop petits ou trop gros et proviennent dans ce dernier cas de l’inégalité des trous du grenoir on de l'action trop forte du tourteau qui a fait céder la peau du crible. Pour enlèvcr le poussier , deux ouvriers tamisent la pondre grenée dans des tamis de crin ; le premier lui eulève la majeure partie du poussier , le second rompt , pendant qu’il tamise , les aggrégations de grains et éparpille de temps à autre la matière avec la main dans le tamis.

Une troisième ouvrier muni de deux cribles en peau , appelés égalisoirs , égalise la poudre grenée , c’est-à-dire, il en extrait les grains trop gros ou trop fins ; pour extraire les derniers il se sert d’un grenoir en fine dont les perces ont 1 ou 1,4 millimètres de diamètre et pour débarrasser ensuite la poudre des grains trop gros , il emploie un grenoir dont les perces ont exactement le diamètre prescrit.

La charge des tamis des trois derniers ouvriers est de 5 à 6 kilogrammes , chacun la tamise dans une minute.

11 suit des données qui précèdent que pour grener 10 à 12 kilogrammes de poudre il faut r

1 homme travaillant 1’ pour lu rompre.

1 — — 3' — grèuer.

1 — — 6' — l’égaliser.

Si donc le même homme rompt et grène, il faut qu’il y ait 2 ouvriers de cette catégorie pour trois qui égalisent.

L’expérience apprend que 3 ouvriers grènent 600 kilog. de poudre dans une journée de 10 heures de travail.

D’après les données précédentes la quantité de poudre grenée en 10 heures devrait être beaucoup plus considérable; les

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allées et venues qui retiennent les ouvriers hors du grcnoir empêchent qu’il en soit ainsi.

136. En Allemagne on grène la poudre ainsi qu’il suit : Au-dessus d'une maye aa, fig. 7,8,9, pl.2, est suspendu un cadre b à l’aide de deux cordes i et de la perche de bois élastique h ; celle-ci est chevillée contre le support g du cadre et ce dernier est réuni au support également par des chevilles ; du côté opposé de la perche , le cadre se termine par la main k qui dépasse un peu le côté antérieur de la maye sur lequel il doit glisser ; en grenant l’ouvrier saisit la main k et imprime au cadre un mouvement oscillatoire de va et vient horizontal , qui acquiert de la vitesse par la réaction de la perche.

Les côtés du cadre sont légèrement creusés et reçoivent dans ces encastrements trois tamis multiples composés chacun d’un grenoir , d’un tamis , et souvent , entre les deux , d’un égalisoir qui sépare la poudre à canon de la poudre qu’on destine aux armes portatives.

On charge chaque tamis d'environ 1,8 kgs. de matière, et on place par dessus deux tourteaux qui la brisent et la forcent à passer à travers le crible.

Pour grener cette quantité de 4,6 kgs. dç poudre 16 minutes de travail suffisent.

137. En suivant le procédé français la quantité de poudre grenée qu’on obtient est d’environ les quatre dixièmes du poids de la galette soumise au grenage ; par le procédé allemand on obtiendrait d’après les indications de Renaud (11 plus que le double, mais il est évident que cet auteur entend par là de la poudre qui n’a pas encore été égalisée.

138. En Angleterre 2-4 cribles sont enchâssés dans un cadre auquel on communique un mouvement oscillatoire de soixante dix oscillations par minute. Chaque crible y reçoit deux tourteaux en bois de gayac ayant l’un soixante quatre , l’autre cent millimètres de diamètre et tous deux trente huit millimètres d’épaisseur. Deux ouvriers grènent par ce procédé environ 900 kgs. par jour ,

(1) Instruction sur la fabrication de la pondre , pag. 1 1S.

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quantité qui est plus que le double de ce que fournit le procédé français.

130. Le grenoir du colonel I.efébvre est employé en France au grenage de la poudre de chasse. Sur un cadre octogone de 2“,8 de diamètre suspendu à l’aide de huit cordes à O œ ,8 audessus du sol , sont disposés huit tamis multiples , composés chacun d’un guitlaume , d’un grenoir et d’un troisième tamis à l’aide duquel on débarrasse le grain du poussier ; ces trois tamis sont superposés et enchâssés à tabatière ; le cadre reçoit un mouvement de va et vient circulaire qui lui fait achever de 70 à 78 oscillations par minute ; le mécanisme à l’aide duquel on lui imprime ce mouvement est le suivant : un arbre vertical , tournant autour de son axe , traverse le centre du cadre , support des tamis , et entraîne celui-ci d’abord dans sa rotation et le laisse ensuite rebrousser chemin pour achever son oscillation ; à cette fin l’arbre porte à l’endroit où il perce le cadre uno saillie en forme de U dont la branche moyenne se meut à frottement contre le collet de cuivre qui garnit le passage de l’arbre au centre ; il est maintenant évident que l’arbre tournant autour de son axe, entraîne le cadre jusqu’à ce que la force née de la torsion des cordes l’emporte sur le frottement de la branche moyenne delà saillie contre le collet ; l’extrémité inférieure de l’arbre est munie d’une roue d’angle qui engrène avec «ne autre placée sur l’arbre horizontal d’une roue hydraulique , l’autre extrémité se termine par un pivot qui tourne dans une crapaudine fixée an plafond.

Le premier tamis , le guillaume , est en noyer et est percé de trous évasés par en bas ; il est fermé à sa partie supérieure par une peau qui se prolonge en boyau et communique avec une trémie dans laquelle on verse la matière à grener.

140. La matière rompue dans le guillaume à l’aide d’un tourteau , le traverse et tombe sur le grenoir ; celui-ci est une toile métallique de 220 mailles par centimètre carré ; les grains assez fins pour traverser la toile tombent sur l’égalisoir, les autres chassés par la force centrifuge vers la circonférence du grenoir y rencontrent deux conduits inclinés en

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cuivrequi les ramènent dans le guillaume pour y subir de nouveau l’action du tourteau.

Le troisième tamis est une étamine de soie qni laisse passer le ponssier et qui retient le grain nettoyé ; on extrait celui-ci du tamis en mettant encore à profit la force centrifuge ; à celte fin une ouverture percée dans la eerce du tamis au niveau de la soie laisse échapper les grains , ceux-ci y ont été amenés par la force centrifuge et conduits vers l’ouverture par une languette de cuivre placée à l’intérieur du tamis et dirigée en sens contraire du mouvement de rotation de ce dernier ; quant au poussier , fi traverse l’étamine de soie et tombe sur la peau qui recouvre le cadre. Des manches eu peau enfin conduiseul le grain nettoyé et le poussier dans des recettes séparées.

On obtient par ce procédé de 100 kgs. de galette 52 kgs. de grain bien nettoyé, et 48 kgs. de poussier.

141. A la poudrière du Boucbeten France , on se sert encore d’un autre appareil de grenage appelé l’écureuil qui a été perfectionné par M. le colonel Lefèbvre et dont je vais donner une description succincte. L’écureuil qu’on emploie au grenage de la poudre des pilons ou des meules est un tambour cylindrique dont la paroi convexe est en toile métallique ; on y introduit la galette par une ouverture pratiquée au centre de l’un des fonds , et on y ajoute une vingtaine de balles de bois de trois à quatre centimètres de diamètre qui brisent la galette et la forcent de traverser les mailles de la toile métallique.

Les galettes très dures telles que celles qui proviennent du laminoir ne peuvent être brisées convenablement par le choc des balles en bois , la toile métallique est aussi trop fine pour supporter celte action ; afin de remédier à ces inconvénients , on y a apporté des modifications notables ; l’écureuil modifié se compose de deux tambours concentriques d’égale hauteur ; la paroi convexe du tambour intérieur est composée de liteaux qui laissent des jours de deux à trois millimètres entre eux ; on y brise la galette par le choc de 8 à 10 kilogrammes de balles d’étain de la grosseur do celles du fusil de munition ; la paroi convexe du tambour extérieur est une toile métallique ayant des mailles de grandeur con.

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vcnable : c’esl sur elle que tombent les fragmens de la galette ; ceux qui ont la grosseur voulue la traversent , et ceux qui sont trop gros sont ramenés dans le tambour intérieur ; à cette fia il existe un conduit incliné en cuivre qui communique de ce dernier à la surface convexe du tambour extérieur , et qui est dirigé eu sens inverse du mouvement de rotation.

L’écureuil fait >;0 révolutions par minute , et gréne en 24 heures 100 kgs. de poudre de chasse ou 800 kgs. de poudre de guerre.

142. L’appareil de grenage du général Congrève consiste ea deux paires de cylindres, dont les surfaces convexes garnies de saillies sont inégalement distantes , et d’un système de tamis superposés ; la première paire de cylindres sert à rompre la galette, la seconde grène les fragmens obtenus et les tamis assortissent les grains de grandeur différente et les dépouillent .du poussier.

Voici comment on opère :

La galette mince obtenue par le procédé décrit est d’abord rompue en morceaux ; ceux-ci sont ensuite versés à travers une trémie sur une toile sans fin qui les amène dans une pièce voisine et les verse à travers une seconde trémie sur la première paire de cylindres ; au sortir de celle-ci les fragments de galette tombent sur une nouvelle toile sans fin qui les verse sur la la seconde paire de cylindres où s’achève leur granulation.

Il reste maintenant à séparer les grains de grosseur différente et à les dépouiller du poussier ; trois tamis superposés de grandeur décroissante et inclinés sous 80° servent à celte fin.

Les tamis sur lesquels la poudre tombe après avoir été grenée retiennent les grains de grosseur différente et les versent dans des recettes séparées. Le poussier qui traverse tous les tamis est recueilli dans un conduit qui le verse dans un baril.

Le moteur de l’appareil secoue en môme temps les tamis pour amener les grains dans leurs recettes.

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