DE L’ÉPOUSSETAGE
208. Pour dépouiller la poudre du poussier on la passe à travers un tamis de crin très fin auquel on imprime sur la barre de la maye le même mouvement que pour grener , en balançant de temps à autre le tamis à gauche et à droite , afin de faire occuper successivement par toutes les portions de la masse le fond du tamis. On peut , pour le même objet , so servir du blutoir , ou faire rouleé la poudre le long d’une toile métallique tendue dans un cadre. On donue à la toile une position inclinée , on y verso la poudre à travers une trémie , et on place en bas une recette dans laquelle elle est recueillie.
DE L’EMBARILLAGE.
209. Les poudres de guerre sont mises dans des barils contenant chacun cinquante kilogrammes. Les fonds et douves du baril sont en bois de chêne sans aubier , les cercles eu bois de saule sain et tenace, coupé en temps opportun, et dépouillé de son écorce. Les douves réunies , tout au plus au nombre de 14 , présentent vers le milieu une convexité , nommée le bouge. Les fonds ne doivent être faits que de trois pièces au plus , assemblées par des gougeons ; les cercles au nombre de douze sont rassemblés par trois ; chaque bout du baril est maintenu par une réunion de trois cercles , et les deux autres sont également répartis entre les deux extrêmes.
La capacité du baril est plus grande qu'il n’est nécessaire
A CANOR.
pour contenir S') kilogram nés de pondre ; en Angleterre le baril n’est rempli qu’aux 9/10'« m ' s . — Ce vide olïre l’avantage
de pouvoir détruire les grumeaux, aggrégalions de grains produites par l'humidité , sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir le baril ; il suffit en effet de rouler ce dernier pour que les grumeaux par leur choc contre les parois du baril se désunissent.
Les dimensions du baril, prises hors-œuvre, sont :
ITanteur du baril 0,600 m .
Diamètre aux bouts , au dessus des
cercles. — 0,380.
Diamètre au bouge — — 0,4-10.
Epaisseur des douves aux extrémités 0,013.
au milieu 0,010.
du fond — — — 0,013.
Longueur de la partie des douves
qui dépasse le fond — 0,026.
Longueur du biseau à cette partie 0,003.
Largeur de la partie plane du cer- ( maximum = 0,026. cle — ) minimum = 0,020.
210. On vérifie la hauteur du baril par deux règles en fer, Fig. 6 , PI. 3 , qui peuvent glisser l’une 6ur l’autre , et qui sont maintenues par des anneaux carrés. Un trait tracé sur l’une des règles indique , lorsque l’extrémité repliée de l’autre coïncide avec lui , que la distance entre les extrémités des douves est exacte ; un trait parallèle marque la tolérance en moins. Deux autres traits à l’extrémité de l’une des règles , et à 0,007“ l’un de l’autre, pour la tolérance, marquent la hauteur du baril : pour la mesurer on appuie les bouts repliés des règles contra les fonds , et on juge que la hauteur est exacte lorsque le bout de la règle supérieure se trouve au milieu des traits ; — On vérifie le diamètre du bougea l’aide d’un cercle en fer, Fig. 7 PI. 3, ayant une charnière au milieu qui permet de l’ouvrir. Le reste des dimensions se vérifie au moyen de règles ordinaires.
Lors de la réception , après s être assuré de la bonne qna*
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lilé du bois et de l'exactitude des dimensions , on vérifie encore 1“ si la jable des douves est nette et assez profonde , 2* si les pièces du fond sont assemblées par des goujons , 3° s’il n existe pas de douves fendues, -4° si , à l’intérieur du baril , elles ne se dépassent pas , 5° enfin , si l'assemblage du baril est solide.
Pour véritier les trois premiers points on enlève le premier assemblage de cercles : la vérification des autres rend nécessaire d’enlever aussi les assemblages moyens.
Si après la visite de plusieurs barils on les trouve convenables , on n’en ouvre plus qu’un sur dix , et on se contente , pour les autres , de les visiter assemblés ; mais si la fourniture est mauvaise, on doit visiter chaque baril de la manière indiquée.
211. En France on place le baril qui contient la poudre dans un autre baril nommé chape ; les poudres de chasse et de mine ( lorsque celte dernière doit être transportée à de grandes distances) sont préalablement renfermées dans un sac de toile.
En Angleterre la poudre est mise dans des barils à doubles fonds dont les douves sont maintenues par des cercles en cuivre ; Les marines anglaise et française renferment leur poudres dans des caisses en cuivre qui ont la forme d’une parallèlipipède droit, et qui peuvent contenir chacune 50 kilogrammes de poudre ; ces caisses sont placées dans d’autres en bois dont les côtés sont assemblés par des vis de cuivre.
Quand on se sert de barils en bois il est très avantageux d’en enduire l’intérieur d’une couleur à l’huile , après avoir préalablement bouché les jointures des douves soit avec du mastic , soit en les recouvrant avec des bandelettes de toile imprégnées d’un mélange d’huile et de résine.