DU RADOUB
220. L’opération par laquelle on répare les poudres plus ou moins avariée s’appelle leur radoub. L’avarie est ordinairement occasionnée par l’eau que la poudre a absorbée dans le magasin ; souvent aussi elle a été exposée à des pluies ou submergée ; enfin elle peut être mêlée de gravier ou d’autres corps étrangers.
Le transport de la poudre est une cause fréquente de son avarie : pendant le transport il se produit du poussier par le frottement que subissent les grains , et la poudre en devient plus sujette à absorber l’eau ; une forte chaleur enfin peut en ramollir le souffre , et déterminer l’agglomération des grains.
221. L’eau que la poudre absorbe y produit des efTels différons eu égard à la quantité absorbée : une légère quantité dissout eu partie le salpêtre , et produit l’agglomération des grains en grumeaux , dans lesquels la granulation a plus ou moins dis
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paru , cl qui sont d'autant moins faciles il diviser que la quantité d'eau est plus considérable.
Une plus grande quantité d’eau dissout plus de salpêtre , et le fait effleurir à la surface du grain qui alors est parsemé de points blancs et brillans. Si l’eau enfin augmente encore, le grain perd sa consistance , la poudre n’offre plus d’adhérence et n’a plus de poussier ; elle est alors d’un noir terne , et on peut la comprimera la main en une masse plus ou moins molle.
Lorsque l’eau absorbée n’excède pas 6 à 7 p. °/ 0 , un nouveau séchage suffit pour réparer l’avarie. Si elle va au delà , et qu’elle monte à 8 , 9 jusqu’à 14 p. °;„ , maximum de l’eau qu’elle peut absorber , ou si le nilre est à l’état d’efflorescence, on doit la soumettre à un nouveau battage et aux opérations subséquentes , après avoir toule fois constaté par l’analyse que son dosage n’est point altéré.
Ou évalue la quantité d’eau absorbée par la poudre en soumettant des échantillons pris au fond , au milieu et à la surface, et exactement môlés , à deux pesées , l’une à l’état dans lequel la poudre se trouve au sortir du baril , l’autre après l’avoir séchée.
Lorsque la poudre a été submergée sous l’eau douce , on constate par l'analyse la perte du salpêtre , et on la soumet de nouveau , après y avoir ajouté autant de salpêtre qu’elle en a perdu , aux procédés de fabrication. Si au contraire elle avait été submergée dans l’eau salée , il ne resterait aulre chose à faire qu’à en extraire le salpêtre par des lavages et par le raffiuage de ce dernier.