‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 49 sur 89 · DU TRANSPORT · texte numérisé non relu

DU TRANSPORT

222. Dans le transport des poudres on doit user des plus grandes précautions pour éviter les accidens. Avant de charger le baril il est nécessaire de s’assurer de sa solidité et de son assemblage parfait , afin d’éviter le tamisage des poudres pendant le transport. Pour obvier à cet inconvénient on renferme , en

A CANON

France , le baril dans un aulre. On le cercle , en Angleterre , avec des bandes de cuivre , précautions fort bonnes , sans doute , mais coûteuses.

Le transport par eau doit être préféré chaque fois que cela est possible , parce que le danger en est moindre.

Lorsqu’on transporte par eau on s’assure de la solidité du navire sur lequel on ne souffre ni passagers ni marchandises. On couvre le fond du bâtiment d’un plancher , et on engerbe les barils sur ce dernier , en les assujettissant pour éviter le frottement des barils entre eux , et en laissant les allées nécessaires pour pouvoir enlever l’eau.

Les barils doivent être portés dans le navire à l’aide de civières.

223 Lorsqu’on transporte la poudre sur des voitures , il faut , avec le plus grand soin , s’assurer de leur solidité , et choisir , autant que possible , des voitures d’artillerie , ou à leur défaut , des voitures particulières couvertes d’une toile tendue.

On charge les barils sur la voiture , en se servant de civières ; on bâche bien la voiture , et on y affermit les barils afin de prévenir tout frottement. Au fond des voitures on met des couvertures de laine , dont on recouvre aussi les gerbes.

223. Le commandant du transport est ordinairement un officier d’artillerie , ou , si le transport est peu considérable , un sous-off:cier de cette arme. Il doit avoir sous ses ordres les surveillans nécessaires et l’escorte qui est ordinairement de l’infanterie.

223. Des pavillons , indiquant la nature du transport , sont mis en évidence sur les navires ou sur les voilures.

226. Lorsqu’on transporte la poudre par terre on fait surveiller chaque voiture par an homme , et on partage le reste de l’escorte en avant et en arrière-garde.

Lors du transport même , ou évite , autant que faire se peut , le pavé , les chevaux vont au pas, et on laisse entre deux voitures qui se suivent un intervalle d’une quarantaine de pas. On ne traverse pas sans nécessité des lieux habités , mais on les («urne chaque fois que cela est possible ; à cet effet on fait ex-

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l'OliÜKE A CANON.

plorer les localités avant d'y arriver pour ne pas éprouver de retard ; si cependant on était forcé de les traverser , le commandant du transport ferait avertir à temps le magistrat du lieu , et l’inviterait à faire éteindre les feux des forges , des maréchaux cl autres qui pourraient devenir dangereux , et à faire arroser le pavé. Le transport traversera l’endroit à voitures serrées.

Les voitures ne doivent jamais être parquées qu’à J de lieue au moins de tout endroit habité. On doit s’élre assuré à temps , et avant l’arrivée du transport , de la convenance du lieu qui doil être sec.

Le commandant du transport et les hommes sous ses ordres doivent constamment veiller à ce que les voitures ne versent pas , à ce que personne n’y monte , n’y mette des objets étrangers , ou s’en approche de trop près. Le commandant s'assurera souvent , mais surtout à l’arrivée et au départ , que les barils ne frottent pas entre eux , que la poudre ne tamise pas , que les voitures sont solides , etc. Il fera faire toutes les réparations nécessaires sur le champ , et 6i la poudre avait tamisé , il la ferait mouiller préalablemcut avant de procéder à la réparation du baril.

(Voyez du reste le réglement sur le transport des poudres.)

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