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On a voulu connaître la part , qui pouvait être attribuée , dans la diminution de la charge de 1 1 ,50 à 9,t>0 ou de 100 à 84, d'un côté à la différence de granulation de la poudre , de l’autre à l'augmentation du diamètre de la balle.
Quelques essais faits au moyen du pendule ont montré :
I 6 Qu’avec la balle de 20 à la livre il fallait 10,50 de poudre à mousqüetcric à pilons pour produire le même effet que l’ancienne charge. 2° Qu’avec la balle de 19 à la livre 10 gram-
mes de poudre à canon donnaient le même effet que 9,50 de poudre à mousquet , les poudres étant toutes deux à pilons. Ainsi la qualité de la poudre n’a fait obtenir que la réduction de
11,20 à 10,50; la seule augmentation de la balle a permis de réduire l’ancienne charge de 11,20 à 10 ; et dans les 16 °j 0 de diminution obtenue il faut en attribuer 11 à la nouvelle balle , cl o à la nouvelle poudre.
La nouvelle balle pesant 0,02561 , et recevant de 9 grammes de poudre à mousquet une vitesse égale à celle qu’avait l’ancienne
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balle, de 20 à la livre, avec une charge de 1 1 ,20 , savoir , 897 m , nous trouvons pour l'effet utile d’un gramme de la charge actuelle 22,86 dynamos , ce qui est 5,56 de plus que l’ancien effet utile obtenu en France , mais 1,88 de moins que l’effet utile obtenu en Suède.
307. Si une augmentation de l’efficacité des feux d’infanterie aussi notable que celle qui résulte de l’emploi d’une poudre vive devait enfraincr la prompte destruction de l’arme , on pourrait concevoir l’emploi d’une seule espèce de poudre pour toutes les armes à feu; mais il n’en est rien , le métal du canon de fusil excelle par sa ténacité , et possède une dureté suffisante pour ne pas contracter des refoulements : il résiste doue parfaitement aux poudres vives.
Les bouches à feu au contraire , qui exigent une poudre lente, sont de bronze ou de fonte , dont le premier , sensiblement moins lénacc que le fer forgé, manque de la dureté nécessaire , et dont la seconde possède la dureté à un haut degré , mais
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manque de ténacité et surtout d’élasticité; les chocs violents qu’occasionnerait une poudre vive seraient pour la fonte une cause de destruction infaillible, et d’autant plus dangereuse qu'aucun signe visible n’annoncerait la prochaine rupture du canon.
Ainsi donc la poudre qui donne le maximum d’effet utile dans l’arme portative ne lui est pas trop offensive , et la poudre la plus forte au canon est précisément celle qui nuit le moins à la conservation de ce dernier.
808. L’emploi d’une seule poudre de guerre procure quelques avantages dont les principaux sont : de rendre impossibles des méprises qui feraient compter sur un agent qu’on n’a pas à sa disposition ; de pouvoir s’en servir indistinctement dans toutes les armes ; enlîn d’éviter une complication qui est toujouis fâcheuse si elle n’est pas impérieusement imposée.
Je ne veux nullement atténuer l’importance d’aucun des avantages que l’emploi d’une seule espèce de poudre procurerait ; celui surtout qui consiste en ce qu’aucun service ne souffre , pourvu qu’on ait suffisamment de la poudre, est tellement saillant qu’en France , où on emploie maintenant aussi deux espèces de poudre, et partout ailleurs où cet usage était depuis long temps établi , la différence entre la poudre à canon et celle à mousquet est cependant limitée par la condition de pouvoir au besoin se servir de l’une et de l’autre pour une arme quelconque.
Mais quelques grands que soient les avantages qui militent en faveur d’une seule espèce de poudre , ils ne me semblent pas de nature à pouvoir être pris eu considération ; on ne peut pas en effet vouloir diminuer l’efficacité des feux d’infanterie d’une manière aussi notable que nous l’avons démontrée , pour éviter des inconvénients , graves sans doute , mais qu’ou peut le plus souvent prévenir.
309. Le fait observé aux expériences sur les poudres faites à Esquerdes , savoir , qu’un vide longitudinal laissé dans les gargousses des poudres à pilons augmente considérablement la vi*tesse du projectile , a suggéré au capitaine Piobert ( mémorial de l’artillerie, tome IV , page 239 et suivantes) un moyen de rendre inoffensives au canon les poudres les plus vives , tout en
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employant utilement la force motrice qui réside en elles. Ce moyen consiste à augmenter l’espace derrière le boulet par l’interposition , entre le projectile et la charge , d'une matière légère, perméable aux gaz , et assez élastique pour rendre au projectile la presque totalité de force motrice qui a été absorbée pour la comprimer.
Parce moyen on diminuerait certainement la tension des gaz dans les premiers moments de leur expansion , car cette tension est -évidemment d’autant moii dre que l'espace dans lequel les gaz peuvent se détendre dès le principe est plus considérable.
Par l’emploi de bouchons perméables aux gaz on pourrait peutêtre éviter celui de plusieurs poudres, et se servir d’une seule qui devrait être suffisamment vive pour les armes portatives ; dans celles-ci on placerait la balle immédiatement sur la charge , tandis que des bouchons plus ou moins volumineux sépareraient l’une et l’autre dans l’àmc des canons.
Je pense toutefois que pour les pièces de bataille l’usage des bouchons serait inadmissible , et qu'il vaudra mieux de continuer l’emploi de deux poudres , l’une uniquement destinée aux armes portatives , l'autre aux bouehes à feu de l’artillerie. — Mais je voudrais cependant utiliser le moyen indiqué par Monsieur Piobcrt en déterminant la poudre d’artillerie de telle sorte qu’elle donnât le maximum d’effet utile au canon de bataille d’un calibre moyen , par exemple au 8. — Une telle poudre serait probablement encore trop offensive aux canons de siège et de place, mais j’éviterais ce défaut par l’emploi de bouchons qui , ici , n’auraient aucun inconvénient.
Une poudre d’artillerie qui serait la plus forte au canon de bataille , âvec la charge usitée , serait probablement assez vive encore pour être employée avantageusement pour les mortiers et obusiers et au besoin même pour l’arme portative , ce qui est , je l’ai déjà fait observer , d'une très grande importance.
810. Cequi précède démontre à l’évidence la nécessité d’avoir au moins deux poudres de grosseur de graiu différente , et il se présente maiutenanl la question de savoir si deux espèces de poudre sont suffisantes.
A CANON
En Angleterre et chez nous on a adopté , outre la poudre à mousquet , la poudre fine pour les carabines , et le Capitaine Meyer conseille l’emploi de deux poudres à canon , l’une deslinée aux canons de bataille , l’autre aux canons de siège et de place.
■ Pour ce qui regarde l’emploi de deux poudres fines , il s’explique par la charge très faible de la carabine qui fait désirer une poudre plus vive que pour le fusil do munition. On pourrait cependant l’éviter en employant pour ce dernier une poudre plus vive que celle actuellement en usage, d’autant plus que l’effet utile , obtenu dans celte arme , en serait également augmenté.
On pourrait craindre que la finesse du grain poussée au delà de la limite actuellement en usage n’occasionnât un inconvénient fâcheux , savoir , qu’une partie de la charge ne fût retenue parles parois encrassées du canon , et ne parvint pas au fond de l'âme , mais je pense toutefois que cet inconvénient serait moins à craindre que la complication des poudres destinées aux armes portatives.
11 faudrait donc d’abord constater si l’inconvénient signalé est réel , et dans l’affirmative tâcher d’augmenter la vitesse de combustion , non pas tant par la finesse du grain , mais plutôt par l’emploi du charbon roux , par une division plus grande des matières, par un mélange plus exact , et enfin, s’il le faut, par une densité absolue moindre.
Je crois cependant que la combustion très vive de la poudre plus fine donnerait moins de crasse , et qu’ainsi l’adhérence des grains aux parois ne serait pas sensiblement augmentée par une plus grande finesse des grains, surtout si ces derniers étaient bien lissés et égalisés.
Quant à l’opinion de M r . le Capitaine Meyer sur l’utilité qu’il y aurait d’avoir deux poudres d'artillerie , l’une destinée au canon de bataille et à la bouche à feu courte , l’autre aux canons de siège et de place , je la crois également non fondée. En effet il est très probable que le moyen indiqué par Monsieur le Capitaine Piobcrl pour rendre la poudre trop vive inoffensive au canon de fort calibre , est très efficace , car il s’appuie d’une part sur un
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raisonnement très logique , et d’autre part sur le fait d’expériences desquelles il résulte que les bouchons de foin ou d'une autre matière perméable aux gaz aident à conserver les canons.
Cela posé , il est évident que la poudre la plus forte au canon de bataille peut être d’un bon usage au canon de siège ou de place ; si on objectait que cette poudre serait probablement trop lente pour les obusiers et les mortiers , je répondrais que deux considérations puissantes s’opposent à l’usage d’une poudre trop vive pour ces bouches à feu ; la première est puisée dans la tendance où l'on est aujourd’hui de couler ces bouches à feu en fonte , et la seconde dans l’adoption des obusiers longs. L’on sait en effet que la bouche à feu en fonte ne résiste pas à une poudre trop vive , et que pour l’obusier long la poudre du maximum d’effet doit être beaucoup moins vive que pour l’obusier court.
J’ajoute enfin que ce ne sont que les mortiers d’un faible calibre qui exigent réellement une poudre vive , et que ces bouches à feu sont peu employées.
Concluons donc que deux espèces de poudre de guerre suffisent , et lâchons de résoudre la question de savoir si celles actuellement en usage ont le3 qualités requises , et si non , quelles seraient les conditions auxquelles ces poudres devraient satisfaire.
811. Il n’est guère probable que les poudres en usage satisfassent à toutes lesconditions qu’on peut raisonnablement se poser , et qui peuvent , je le pense , se résumer ainsi qu’il suit :
1°. La poudre d’infanterie doit s’approcher de celle qui au fusil de munition produit le maximum d’effet utile ;
2”. La poudre d’artillerie doit s’approcher de celle qui est la plus forte au canon de bataille ;
8». On doit pouvoir employer l’une ou l’autre de ces poudres pour une arme à feu quelconque, et obtenir avec elles un effet utile satisfesant sans qu’elle soit trop offensive à l’arme ;
•4°. Les poudres doivent être d’une conservation facile.
Pour satisfaire à cette dernière condition il faudrait revenir à la densité absolue des anciennes poudres( 1,63 aulieu de 1,3) , ou meme en adopter une plus grande , par exemple , celle de
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1,7, et il faudrait en second lieu que tontes les poudres de guerre fussent lissées.
Des expériences bien coordonnées , faites avec l’arme portative et le canon , pour les quelles on emploierait plusieurs séries de poudre , différant chacune par un des agents de la combustibilité , et dans lesquelles on constaterait rigoureusement l’effet utile obtenu ( évalué au pendule Jet l’action destructive sur l’arme, conduiraient promptement à la connaissance des poudres convenables.
812. Les agents les plus efficaces qni modifient la vitesse de combustion de la poudre sont :
a. L’emploi d’un charbon plus ou moins carbonisé ;
b. Le changement du dosage ;
c. Un mélange plus ou moins exact des composants ;
d. Des différences dans la densité absolue ;
e. Une différence dans la grosseur et la forme du grain ;
f. Un lissage plus ou moins parfait ;
g. Des limites plus ou moins rapprochées pour la grosseur des grains ( l’égalisage).
Parmi ces moyens , la grosseur et la forme du grain déterminent d’une manière décisive la vitesse de combustion lorsque la charge est petite ; l’influence de la densité du lissé et de l’égalisage ne peuvent au contraire ressortir convenablement que lorsque la charge est forte , mais dans ce cas même l’influence de la grosseur du grain est encore très remarquable.
Pour la poudre d’infanterie il serait probablement avantageux d’employer le charbon roux , de faire entrer dans le dosage une plus grande quantité de charbon , en adoptant , par exemple , le dosage anglais ; de fabriquer les poudres par les nouveaux procédés introduits en France , enfin de diminuer la grosseur du grain dont la forme devrait toujours être anguleuse. *
* Dans les expériences qui ont servi à fixer en France les charges actuellement en usage pour les poudres d’infanterie , il semblerait que la poudre anguleuse à mousquet fabriquée par les nouveaux procédés n'a pas eu d’avautage sur la poudre anguleuse A mousquet faite aux
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Quant à la poudre d’artillerie , on continuerait probablement pour elle l’usage du charbon noir ; on augmenterait un peu la proportion du charbon en diminuant celle du soufre , on fabriquerait la poudre sous les meules sans avoir trituré et mélangé au préalable les composants , on éviterait enfin un égalisage trop parfait.
pilons. La poudre de chasse a sur celle A mousquet «me supériorité représentée par le rapport de 20 à 19 - — La première observation est en contradiction avec les résultats d’autres expériences faites au fusilpendule ; ils sont rapportés par Colson , mémorial de l'artillerie , tome lit, page 122, et je les transcris ci-dessous.
Relation entre les forces des différentes poudres au fusil-pendule (en exprimant par 1000 la force de la poudre superfine nouvelle).
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DK CHASSE
SE
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S DP ERFINE.