‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 71 sur 89 · A CATION. SS · texte numérisé non relu

A CATION. SS

Épaisseur de mêlai , i la volée 0,027

au ventre 0,033

au pourtour de la chambre . 0,088 Profondeur de l’âme , y compris l’hémisphère qui la

termine 0,239

Longueur de la chambre . 0,065

Diamètre delà chambre 0,050

Diamètre de la lumière 0,004

La chambre se termine par un segment sphérique dont le centre est l’intersection de l’axe du mortier avec la demi-circonférence qui limite le profil de l’âme. Le globe étant mis , la chambre a une capacité de 131,078 centimètres cubes, elle peut donc contenir 118,5 ou 109,5 grammes de poudre selon que la densité relative de cette dernière est 0,866 ou 0,835.

L’axe de la lumière perce la paroi intérieure de la chambre à deux millimètres du point d’intersection de la génératrice supérieure avec l’arc de cercle qui en termine le profil.

Elle est forée dans un grain de lumière de cuivre rosette corroyé , composé de trois troncs de cône superposés , mais faisant corps ensemble , fig. 10. Le tronc de cône supérieur (le plus long) est reçu dans une vis de fer , fig. 1 1 , qui appuie contre le tronc de cône du milieu , sa partie supérieure est sans filet , et dépasse la paroi extérieure du mortier , lorsque le grain y est mis.

Le logement du grain est taraudé à l’endroit où il doit recevoir l’étui qn’on y visse avec force.

Le mortier et la semelle ainsi que la partie prismatique qui les réunit ( la languette ) sont coulés d’une pièce. L’axe du mortier fait un angle de 45° avec le plan de la semelle. Cette dernière est en partie reçue dans l'encastrement d’une pièce de bois ( lo madrier ) , et fixée sur elle par quatre boulons qui la traversent ainsi que le madrier , et qui sont retenus par des écrou9 appuyant sur la semelle. Aux deux extrémités , le madrier est enveloppé de bandes de fer munies de quatre poignées qui servent à soulever l’appareil.

343. Les globes qu’on lance avec le mortier PI. 3 , fig. 12, sont de bronze ; il y en a de deux espèces : les grands , ayant

POLDRE

un diamètre de 0,190”, et les petits dont le diamètre est de 0,1805". Un Iron tarandô dans le globe, sert à recevoir le bout fileté» d’un anneau , fig. 20 , qu’on emploie à soulever le globe et à le placer dans le mortier.

Le globe étant mis sur la charge , on remplace l’anneau par un bouchon , fig. 13.

Le poids moyen du globe est de 29,3, et celui du mortier monté de 170 kilogrammes.

34-4. Pour (aire l’épreuve, on place le mortier sur une plateformeélablie au-dessus d’un massif solide de maçonnerie. La plate-forme est construite avec des lambourdes de 0,16” do hauteur sur 0,10"‘ de largeur ; on les place de champ dans la direction de la ligne du tir ( afin de diminuer le frottement ) , et on les assemble aux extrémités par des traverses.

343. Parmi les causes les plus influentes qui modifient l’effet utile , il faut compter : le vent , la grandeur de la lumière , la sphéricité du projectile et l’angle de projection ; il convient donc de soumettre à une vérification rigoureuse l’âme et la lumière du mortier, le globe et la plate-forme ; il importe surtout de bien s’assurer de l’état de la lumière , et de la grandeur du vent. Cette dernière résulte de la comparaison du diamètre de l’âme à la naissance de l’hèmisphère qui la termine , avec celui du grand cercle perpendiculaire à l’axe prolongé du trou qu’on a taraudé dans le globe pour y visser l’anneau ou le bouchon. 340. Les instruments vérificateurs sont :

1° Pour vérifier l’âme du mortier : l’étoile mobile (PI. 3 , fig. 14 , A. B, C elD. )

2° Pour vérifier les globes : des lunettes et un cadre octogo. nal , muni d’une vis , Gg. 17.

3° Pour vérifier la lumière : des sondes , fig. 18.

347. L’étoile mobile consiste en une verge de fer , logée dans un tube de cuivre; la verge est munie à l’un de ses bouts d’une poignée , et à l’autre d’un pignon dont l’axe perce un plateau , et qui fait mouvoir simultanément sur ce dentier deux créraaillières dont les extrémités , presqu’en contact avec les parois du mortier , sont garnies de pointes d'acier.

A CAÎtON. 830

Du côté de la poignée la ycrge porte une aiguille qui parcourt un cercle gradué fixé sur le tube : l’aiguille étant beaucoup plus longue que le rayon du pignon , marque le chemin que la crémaillère parcourt , dans le rapport de la longueur de l’aiguille au rayon du pignon.

L’étoile proprement dite, fig. 14 , A , B , C , D , 9e compose i

1° D’une verge d’acier aa fixée à angle droit, par deux vis, sur nne lame de Cuivre bb. Les longueurs respectives de la verge âa et de la lame bb , sont de 0,“190S et 0, m 1840.

De deux crémaillères D , g irniesde pointes d’acier h dont les talons sont reçus dans des entailles f à l’extrémité de la lame bb.

Les crémaillères mues simultanément par le pignon , peuvent glisser sur la lame bb ; des brides e , et un anneau d qui termine le tube g et qui est vissé sur la partie circulaire de la lame bb , servent à maintenir les crémaillères ; l'anneau est entaillé pour le passage de ces dernières.

L’arc mm qui surmonte le tube du côté de la poignée i , est gradué de sorte qu’une division parcourue par l’aiguille k marque une augmentation de 0,1 de millimètre de la distance entre les extrémités des crémaillères.

Enfin un curseur pp II , muni de quatre branches de cuivre rectangulaires entre elles et parlant de sa circonférence, glisse sar le tube , et peut être fixé à volonté par une vis de pression o. Cette croix mobile sert à donner à l’instrument une position stable dans le mortier , en appuyant contre la tranche de ce dernier ; les branches U ont à leurs extrémités des saillies ( talons ) p ( fig. 14 , B) , dont la distance est telle que , lorsque les branches l appuient contré la tranche, leurs saillies p touchent la paroi intérieure du mortier.

Pour se servir de l'instrument on cherche d’abord le point de l’arc gradué mm sur lequel l’aiguille s’arrête lorsque les pointes d’acier des crémaillères ont une distance de 0°>,191 entre elles : une règle d’acier ( PI. 3 , fig. 18 ) encastrée dans une pièce de bois (fig. 16 ) sert à le trouver.

La règle a deux saillies exactement distantes de 0 m ,191 contre lesquelles on serre les pointes des crémaillères en tournant la , • 30

*40 POUDRE

verge , l'étoile étant d’abord placée dans son encastrement pratiqué dans la pièce de bois.

On introduit l’étoile dans le mortier à une profondeur quelconque , on fait glisser le curseur sur le tube jusqu’à ce que les branches l de la croix mobile appuient contre la tranche du mortier , et on le fixe avec la viso ; puis on tourne la verge jusqu’à co que les pointes des crémaillères rencontrent les parois de l’àme , et on note la distance entre le point ou l’aiguille se trouve et celui avec lequel elle devrait coïncider lorsque le diamètre de l’âme serait exactement de 0 m ,191 ; enfin on déduit de ces données le véritable diamètre de l’àme à la profondeur où l’on y a introduit l’étoile.

348. On vérifie les globes avec des lunettes en acier à travers lesquelles ils doivent passer à frottement dans tous les sens. On emploie à la même fin , mais surtout pour vérifier le grand cercle perpendiculaire à l’axe du trou taraudé , un cadre octogonal de cuivre ( fig. 17 ) , qu’on pose sur un madrier de bois entaillé pour le recevoir. Les côtés opposés du cadre sont parallèles ; six d’entr’eux sont distans de 0,192 les uns des autres, et les deux restans de 0,194. L’un de ces derniers est traversé par une vis dont le bout est couvert d’une feuille d’acier ; sur le côté opposé se trouve une saillie également en acier. Pour vérifier le diamètre du globe , on place ce dernier d’une manière stable , l’axe du trou taraudé étant vertical , puis on y passe le cadre en tournant sa vis suffisamment pour que le globe passe à frottement entre son extrémité et la saillie d’acier qui se trouve sur le côté opposé ; et on mesure enfin cette distance , avec l’étoile mobile , en plaçant le cadre sur le madrier.

On vérifie ainsi plusieurs diamètres du même grand cercle , celui qui détermine le vent , et on s’assure qu’il a les dimensions exactes ou tolérées.

349. On vérifie la lumière avec des sondes , fig. 18 , qui sont des cylindres en acier. On en. a de trois espèces marquées sur les poignées par les nombres 4 ; 4,1 et h ; les deux premières servent à la vérification des mortiers neufs , et la dernière pour s'assurer , lors de l’épreuve de la poudre , que le diamètre de la lumière n'est pas trop grand.

A CANOÎT. 341

La lumière est trop évasée lorsque celte sonde y peut entrer.

880. Pour des mortiers neufs on tolère dans le diamètre de l’âme une différence d’un dix-millimètre en plus ou eo moins.

On rejette les mortiers qui ont servi aux épreuves lorsque l'âme, à la naissance de l'hémisphère , s’est évasée d’un millimètre.

On ne tolère aucune différence en plus dans le diamètre de la lumière d’un mortier neuf ; celle en moins peut être d’un dixmillimètre.

Lorsque le mortier a servi , on y met un nouveau grain dès que le diamètre la lumière s’est agrandie d’un millimètre.

881. On combine l’usage des globes de sorte que le vent reste toujours entreles limites de 1 ,8 et de deux millimètres. Cette précaution est des plus essentielles , car une légère augmentation du vent occasionne une diminution considérable dans l’effet utile de la poudre. Lorsque le mortier est neuf on se sert du petit globe , et on continue de l’employer jusqu'à ce que le vent soit près d’atteindre la limite tolérée ; passé ce terme on le remplace par le grand.

Il est sous-entendu qu’on a mesuré le diamètre du grand cercle du globe perpendiculaire à l’axe du trou taraudé, et celui de l’âme à la naissance de l’hémisphère , car c’est la différence de ces deux diamètres qui constitue le vent.

382. Les échantillons de poudre qu’on veut essayer ont été pris par une commission d’officiers d’artillerie au moulin même. La commission fait ouvrir ordinairement un baril sur 20 , et y prend , à la même place , deux échantillons de poudre , chacun du poids de 280 grammes. Les barils qu’on a ouverts sont numérotés pour les reconnaître. Les deux échantillons pris dans un même baril porteront le même n° que le baril ; l’un est mis dans une bouteille , l’autre dans une boite de fer blanc.

On renferme les bouteilles dans une caisse qu’on scelle avec les cachets de la commission et du fournisseur et qu’on dépose ensuite dans un lieu sec ; les bottes , laissées ouvertes , sont mises dans un panier qu’on enveloppe d’une couverture de laine mouillée et qu’on dépose dans une caisse à deux serrures , qui

poidhb

ne puisse être ouverte qu’en présence de la commission et du fournisseur.

Les bottes restent renfermées jusqu’à ce que la poudre ait absorbé 8 à 7 p d'eau. On sèche enfin la poudre et on la transporte au champ d’èpreuye , les boites étant renfermées dans une caisse et celle-ci scellée descachets de la commission et du fournisseur.

383. Pour procéder à l’épreuve on place le mortier sur la plate-forme , et on vérifie son élévation avec un quart de cercle ; si elle n’était pas exactement de 48° , on y remédierait à l’aido de petits coins placés sous le madrier.

On flambe le mortier et on y introduit la charge au moyen d’un entonnoir coudé PI. 3 , fig. 19 , sans la presser aucunement.

Ayant enGn placé le globe de telle sorte que l’axe du trou taraudé soit parallèle à l’axe du mortier , et remplacé l’anneau par le bouchon , on passe un brin de mèche de communication dans la lumière , et on y met le feu.

Chaque échantillon de 280 gr. fournit trois charges , chacune du poids de 92 grammes.

On lire successivement des séries chacune de 6 coups, en ayant 6oin de prendre les charges de la même série dans la bouteille et dans la botte qui portent le même numéro.

On a soin de laver après chaque coup l’àmo et la chambre dn mortier ainsi que le globe ; cette précaution est des plus essentielles parce que la crasse qui s’attache aux parois de l’àme ou les terres qui recouvrent le globe , diminuent le vent et influent sensiblement sur la portée.

On prend la moyenne entre les portées des (rois coups de chaque échantillon , et la plus petite de ces moyennes est réputée la portée d’admission ou de rejet.

Les portées exigées , aussi bien pour la poudre qu’on a mouillée que pour celle qui ne l’a pas été , sont :

Pour la poudre neuve , au moins 226 mètre»

radoubée 211,8

Les portées réelles sont ordinairement peu éloignées de 25Q piètres.

A CAKOJt.

Lorsque la portée de la poudre neuve est entre 215 et 226“, et celle de la poudre radoubée entre 200,5 et 21 1 ,5 , le fournisseur est en droit d’exiger une nouvelle vérification du mortier et des globes qui devront être remplacés par d’autres lorsque les dégradations dépassent les limites tolérées.

354. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire actuellement d’insister sur plusieurs détails de l’épreuve , tels que le choix d’un terrain non pierreux pour ne pas dégrader les globes ; le jalonnement et la mesure exacte de la ligne de tir , pour pouvoir facilement observer les déviations latérales, etc. , mais je crois utile de faire remarquer la modification , introduite par l’ancien gouvernement , d’essayer aussi la poudre après l’avoir exposée à l’humidité et séchée ensuite. Elle n’est pas en usage en France , et je ne crois pas qu’elle soit heureuse , car la poudre étant parlà devenue plus poreuse, et ayant acquis plus de volume, il est probable que sa portée sera au moins égale à celle de la poudre qu’on a toujours conservée à l’état de siccilé (1).

365. L’essai avec le mortier d'épreuve est des plus imparfaits parce qu’il ne signale ni les poudres fortes au canon , ni les poudres brisantes ou ayant une vitesse de combustion utile à connaître. Eu effet les résultats des expériences d’Esquerdes font voir que l’éprouvette frappe constamment de rebut les poudres les plus fortes au canon à tel poiut que ces deux armes les classent précisément dans un ordre inverse ; d’un autre côté nous avons déjà remarqué que ni l’augmentation de combustibilité provenant de la différence de granulation des poudres à mousquet et à canon , ni celle qui est due à l’emploi du charbon roux , ne sont signalées au mortier d’épreuve (2).

(1) On ne réussit pas facilement à faire absorber la quantité d’eau indiquée par le moyen que le réglement prescrit ; on y parviendrait aisément en plaçant sous le récipient de la machine pneumatique les échantillons de poudre que l’on veut humecter et un vase plein d’eau ; mais comme l’on ne dispose pas toujours d’une machine pneumatique , l’on pourrait mouiller la poudre par une pluie d’eau extrêmement divisée, comme on l’ohtient en lançant l’eau avec force de la bouche presque fermée.

(2) L’on conçoit que le mortier d’épreuve ne signale pas l’intluence de

POUDRE

Celle manière de classer les poudres , qui lient le milieu entre celles du canon et de l’arme portative , en se rapprochant toute fois beaucoup plus de cette dernière , rend le mortier d’épreuve impropre à constater les qualités les plus essentielles de la poudre, à savoir , sa force au canon et une vitesse de combustion qui peut être avantageuse pour l’arme portative et qui est un défaut dans la poudre à canon. Il ne suffit pas que le mortier d’épreuve différencie assez bien les poudres sous le rapport de leur combustibilité , il faut encore que l’autre élément de l'effet utile , à savoir , la force intrinsèque , soit signalé d’uno manière saillante , et cela n’aura jamais lieu au mortier d’épreuve qui est plus sensible à une différence de combustibilité qu’à une différence de la force réelle de la poudre.

Pour que le mortier d’épreuve classât les poudres dans un ordre approchant de celui du canon , il faudrait probablement employer une charge plus forte que celle en usage , et il faudrait en second lieu prolonger la durée de l’action de la force motrice, à quoi l’on pourrait parvenir en augmentant le poids du projectile, l’angle de projection et la longueur de l’âme (I), en même temps qu’ou limiterait autant que possible la fuite des gaz inutilement dépensés.

Si l’on voulait au contraire un mortier d’épreuve plus sensible à la vitesse de combustion, on ne pourrait probablement y parvenir que par les moyens inverses de ceux que je viens d’indiquer avec cette exception toute fois qu’il faudrait également

la granulation , en effet la densité du la poudre augmentant avec la grosseur du grain , la poudre à grain fin ne remplit plus la chambre et laisse un vide entre la charge et le projectile. Hais si l’augmentation de combustibilité due à l’emploi du charbon roux n’est point signalée, cela ne peut tenir qu’à la circonstance que la vitesse de combustion qui donne le maximum d'effet ne va pas jusques là dans le mortier d'épreuve.

(I) Une commission chargée d’examiner le mode actuel d’essayer les poudres a fait couler un mortier en fonte , dont l'aine a quatre calibres de longueur , qui lancera sous un angle de 00° un globe eu foute du poids de 30 kgs-

k CANON. Z4X

limiter la fuite des gaz autant que possible parce que la perte serait d’autant plus considérable que la poudre serait plus vive.

Le mortier d’épreuve , si l’on veut approcher avec lui du classement des poudres par le canon ou de celui par l’arme portative , doit donc satisfaire à des conditions opposées , et il est par conséquent probable que le même mortier ne pourra pas suffire pour constater à la fois la force et la vitesse de combustion ; dans ce cas l’on arriverait à l’adoption de deux mortiers dont l’un différencierait les poudres dans l’ordre de leur combustion plus ou moins vive , et dont l’autre les classerait sous le rapport de leur force et de la combustibilité qui convient aux canons (1).

Mais il 6e pourrait aussi que les modifications indiquées ne remplissent pas le but qu’on se propose d’atteindre , et dans ce cas il faudrait nécessairement recourir au canon et à l'arme portative , et classer les poudres , d’après les vitesses initiales

(1) Il semblerait d’après ce que dit le capitaine Meyer , Ergacnzende Notizen zu den Vortraegen der Artillcrie-Technik, page 65 , que l’éprouvette anglaise dont la chambre , d’après le même auteur , peut contenir un peu plus d’un kilogramme de poudre , tandis que la charge n’est que de 66,7 grammes , classe très-bien les poudres sous le rapport de la force. Le capitaine Meyer dit, page 69, de son-ouvrage que d’après Braddok le même mortier peut servir à classer les poudres dans l’ordre de leur force ou dans celui de leur vitesse de combustion : dans le premier cas la charge doit être sensiblement moindre que celle qui peut être contenue dans la chambre et le poids du projectile être très considérable par rapport à celui de la charge ; dans le second cas la chambre doit être pleine.

Ce moyen peut être bon , pourvu toute fois que la charge employée pour classer les poudres dans l’ordre de leur force ne soit pas trop faible, et partant trop sensible à la perte de la chaleur absorbée par les parois.

Le meilleur moyen de vérifier par le même mortier et la vitesse de combustion et la force de la poudre, serait peut être de l’éprouver grenée et dans l’état de pulverin après avoir détruit la granulation ; dans ce cas les qualités physiques du grain, d’où dépend surtout la combustibilité , étant annulées ne pourraient exercer aucune influence sur l’eflèt utile de la charge»

POl'DRE

des projecliles de ces armes évaluées au pendule. L’on pourrait aussi au lieu de l'arme portative employer l’une des éprouvettes qui sont sensibles à la vitesse de combustion , telles que l’éprouvette à ressort de Regnier , ou l’éprouvette hydro-slati* que du même inventeur.

C’est au vice signalé du mortier d’épreuve , de classer les poudres dans un ordre complètement inverse à celui du canon , qu’il faut attribuer le grave inconvénient d’avoir une poudre très offensive aux bouches à feu , difficile à conserver et donnant un effet utile sensiblement moindre que les poudres anciennes ; il suffisait en effet pour atteindre les portées réglementaires de l’éprouvette , d’abréger de beaucoup le travail mécanique à l’aide duquel on donne à la galette la consistance nécessaire : cela est tellement vrai qu’en 1769 , lorsque la portée réglementaire en France étant de 90 toises ( 178 métrés) et la portée réelle environ de 200 mètres , le travail utile employé dans le battage d’un kilogramme de poudre , était juste le double de ce qu’il est aujourd’hui , oh la portée réglementaire est de 22S m , et la portée réelle peu différente de 280”, c’est-à-dire 'js en plus.

886. Un des principaux défauts du mortier d’épreuve consiste dans lés altérations qu’il subit par le tir et qui rendent impossible toute comparaison exacte entre des résultats obtenus à différentes époques. On diminuerait de beaucoup ce défaut en coulant le mortier et les globes en fonte , et en empêchant toute fuite de gaz par la lumière; mais malgré celte précaution il n’y aurait pas d’exactitude dans la comparaison des résultats , surtout si ceux-ci étaient obtenus à des époques un peu éloignées. Pour éviter entièrement cet inconvénient, l’essai delà poudre qu’on reçoit devrait toujours se faire comparativement avec l’essai d’une poudre type , et la portée de réception , au lieu d’être fixée d’une manière absolue , ne devrait l’être que d’une manière relative à celle obtenue avec la poudre type dans les mêmes circonstances.

387. Un vice très-saillant de notre mortier d’épreuve consiste , nous l’avons déjà remarqué , dans un vent et une lumière trop considérables.

A CARON

Il en résulte que l’instrument devient A la fois moins sensible à la force et à la combustibilité : à la force , parce qu’une grande partie des gaz s’échappe sans avoir agi utilement sur le projectile , et à la combustibilité , parceque cette perte de gaz croit en raison directe de la vitesse de combustion de la poudre.

La fuite des gaz augmente considérablement par l’usage du mortier : en effet les diamètres de l'Ame et de la lumière s’agrandissent , et la vive arête à l’intersection des parois de l’Ame et de la chambre s’égrène ; enfin le globe en pénétrant souvent dans la terre diminue de volume.

Pour corriger ces défauts il faudrait réduire le vent autant que possible : un vent d’un millimètre semblo suffisant. Quant à la fuite de gaz par la lumière , on devrait l’empêcher entièrement en adaptant au mortier l’appareil de Colson fig. S , pl. 4 , qui bouche la lumière aussitôt que le feu a été communiqué.

808. L’agrandissement de l’Ame , l'égrène ment de l’arête entre elle et la chambre cl enfin l’usé du projectile seraient considérablement limités si au lieu de bronze on employait de la fonte pour couler le mortier et les globes.

359. Dans le but d’opposer une plus grande résistance , et surtout de fermer plus exactement l’orifice de la chambre , il serait utile d’augmenter l’angle de projection du projectile. Cet angle doit toujours rester rigoureusement constant; pour y parvenir , il serait probablement avantageux de donner des tourillons au mortier; les vibrations qui en naîtraient , seraient sans influence sur la portée par la même raison qui fait que le recul ne modifie pas cette dernière.

360. 11 est important d’équilibrer le globe , dans un bain de mercure , et de le placer chaque fois dans le mortier de manière que son centre de gravité se trouve au-dessous du centre de figure et dans le plan méridien du mortier. On a en effet constaté par des expérience faites à Ëraeschaet, en 1838 , que celte position donne les portées les plus petites mais les plus égales. *

* Il est résulté de ces épreuves que la positon du centre de gravité indue tiés-senaiblemeut mr le. déviation la. étales et sur la portée de* pio-

*4* l'OUDRP.

3(51 . Afin de ne pas vicier les résultats , il est utile de maintenir constantes toutes les circonstances dans lesquelles le tir a lien , et qui peuvent avoir des influences sur l’effet utile. Les principales ont été déjà indiquées ; je signalerai encore :

a. Le ncltoyemenl du vide intérieur du mortier et du globe ;

b. La manière dont la poudre est disposée dans la chambre ; -

e. Le poids du projectile ;

d. Le mode de communication du feu à la charge ;

e. Le métal de l’arme ;

f. La température de la chambre.

J’ai déjà dit que le mortier doit être lavé après chaque coup ninsi que le globe ; cette précaution est une des plus essentiel*les ; sa non-observation entraînerait nécessairement une diminution de vent et partant une augmentation de l’efiret utile qui pourrait devenir très sensible et qui ne serait pasdue à la bonne qualité de la poudre.

Pour disposer la charge dans la chambre d’une manière toujours égale , on pourrait dresser le mortier verticalement ( je suppose qu’il a des tourillons } et verser la poudre dans la chambre à travers un entonnoir tenu à une hauteur déterminée.

Cela fait on égaliserait la surface supérieure de la charge sans la comprimer et de telle sorte qu’elle fût perpendiculaire à l’axe

jectiles ; la déviation est constamment à droite Oïl à gauche suivant que le centre de gravité sc trouve à droite ou à gauche du plan méridien de la pièce. La portée est la plus grande ou la plus petite suivant que le centre de gravité se trouve au-dessus ou au-dessous du centre de figure, toujours dans le plan méridien ; dans ce dernier cas les portées sont les plus égales. On explique très bien ces faits par le mouvement de rotation que le projectile acquiert chaque fois que la résultante des forces qui agissent sur lui ne passe pas par son centre de gravité ; ce mouvement de rotation a lieu autour d’une perpendiculaire au plan qui contient l’axe du projectile ( direction de la résultante ) et le centre de gravité ; suivant donc que ce dernier se trouve à droite ou à gauche du plan méridien du canon , eu dessus ou en dessous du centre de figure , le mouvement de rotation aura lieu de gauche à droite ou l’inverse , de bas en haut ou de haut en bas , et il en naîtra évidemment, soit une déviation latérale soit une tendance à s'élever ou à s’abaisser constamment.

A CANON

du mortier ; ou la maintiendrait enfin dans celle position à l’aide d’une rondelle en carton mincedontles bords entaillés devraient serrer contre les parois de la chambre.

Il est inutile d’insister sur la nécessité de vérifier le poids du projectile ; nous savons en effet que l’influence qu’il exerce sur l’effet utile est des plus grandes.

L’amorce ne doit presque rien ajouter à l’effet de la charge , ou doit augmenter cet effet toujours de la même manière. La combustion d’un seul brin de mèche de communication ne peut presque pas rehausser l’effet de la charge ; il n’en serait pas de même si l’on employait une amorce fulminante dont l’effet ne peut être négligé et n’est cependant pas rigoureusement constant. La manière de communiquer le feu que nous avons conseillée , en adaptant au mortier-éprouvette l’appareil de Colson , ne laissa rien à désirer.

Quant au métal du mortier nous avons déjà indiqué la fonto comme devant être préférée au bronze , parceque les dégradations seraient beaucoup moiudres et tarderaient beaucoup plus à se déclarer ; de plus la foule ayant moins de capacité pour la chaleur que le bronze , on diminuerait l'absorption du calorique par les parois.

Les dégradations des objets en fonte peuvent être évitées en prenant les soins convenables.

Pour maintenir la température delà chambre constante, il faudrait , après l’avoir lavée , la sécher et attendre qu’elle fût descendue au degré convenu.

362. Dans quelques pays on se sert , conjointement avec le mortier d’épreuve , du fusil d’infanterie pour essayer la poudre destinée aux armes portatives :

En Angleterre on charge un fusil d’infanterie , du calibre de 19 millimètres , avec 7,1 grammes de poudre et une balle d’acier qui doit percer un certain noinbrede planches d’orme mouil- » lècs,del2,6 millimètres dépaisseur, et placées à 19 millimètres d’intervalle , la première à 12, 1-4 mètres du canon du fusil. Avec la poudre du gouvernement, la balle traverse ordinairement de 13 à 16 planches ; la balle en traverse 9 à 12 avec la poudre radoubée.

u» rouir, c

En Prusse on charge un fusil d'infanterie, du calibre du 15,5 n, “’ avec 7,4 gr. de poudre , el on lire 10 coups avec de la poudre sèche . et autant avec de la poudre humide , dont les cartouches ont ètè mises pendant 31 jours dans une cave humide. La balle tirée avec de la poudre sèche doit percer S à 7 planches de sapin de 20 millimètres d’épaisseur , placées à 78 millimètres d’intervalle ; la poudre humide n’en perce que 4 à 6.

Eprouvette de Darcy ( Figures 8 et 9 , PI. 4. )

363. C’est un petit canon de enivre G , suspendu par deux étriers de fer F , qui se rejoignent et qui sont vissés sur une forte barre de fer D. La barre D en traverse une autre horizontale /qui sert d’essieu, et dont les extrémités reposent sur des traverses d’écartement d. Ces extrémités sont (aillées en forme de couteaux de balance , pour diminuer le frottement ; elles sonl rerues dans les entailles g des traverses d. La barre D après avoir traversé l’essieu , se prolonge , et porte à son extrémité supérieure une boule de plomb qui , conjointement avec la barre, forme le contre poids du canon G.

La charpente consiste en quatre montants B réunis par quatre chapeaux d’assemblage C , formant un cadre à l’extrémité supérieure des montants.

Deux traverses de fer c servent d’appui aux supports d de l’essieu , les traverses c reposent sur des coussinets a maintenus par des butoirs 6. Une vis de rappel h ( figure 9 ) est destinée à donner aux appuis c des supports de l’essieu une position exactement horizontale. NN est un plateau de bois fixé contre deux des montants B ; un limbe de cuivre en forme d’arc de cercle 00 est incrusté dans le plateau N.

Une pièce de enivre opq, fig. 9 est fixée d’équerre contre la barre ' D à l’aide de la vis de pression v ; elle reçoit à son extrémité un style r , renfermé dans un étui «. Le style et son élui sonl maintenus horizontalement par une vis de pression u , et un petit ressort à boudin enveloppe le style et le presse cousta mmeni contre le limbe 00.

A CAHOH.

Pour faire l’épreuve on retire le style , et après avoir incliné le canon , on le charge avec 10 grammes Je poudre et une balle. On laisse reprendre ensuite au canon la position horizontale, et après avoir remis le style et graissé le limbe , on communiqua le feu à l’aide d’un brin de mèche.

On juge ordinairement de l’effet dynamique par la quantité de mouvement imprimé au système, et celle-ci est supposée proportionnelle à l’amplitude de l’oscillation que le style trace sur le limbe. ,

Quelquefois, cependant on mesure la quantité de mouvement imprimée au projectile : dans ce cas on lire la balle contre un pendule ballistique , et on déduit la quantité de mouvement du projectile de celle du pendule, ou plutôt de la vitesse de son centre d’oscillation , qui est un point dans lequel on peut supposer réunie (ocle la masse du pendule ; or la quantité de mouvement du projectile étant égale à celle qu’il transmet au pendule , il est évident que la masse mise en mouvement multipliée par la vitesse du centre d’oscillation , doit être égale à la quantité de mouvement du projectile , et que la vitesse initiale de ce dernier s’obtient en divisant sa quantité de mouvement par son poids.

On différencie assez exactement les poudres , en basant leur classement , soit sur la quantité de mouvement de l’arme, soit sur celle que le projectile transmet à un pendule ; mais il existe pen d’accord entre les résultat^ de ces deux procédés. La raison de ce fait doit être attribuée à ce que l’amplitude de l’oscillation dn canon n’est pas proportionnelle à la vitesse du projectile; cela provient de la manière différente d’agir des gaz contre l’arme et contre le projectile et de l’énorme différence des actions mécaniques exercées contre ces deux résistances.

Eprouvelle de Hullon ( figures 11, 11 et 1 2 , PI. 4),

864. On l’emploie encore en Angleterre dans les expérienées ballistiques.

Je vais la décrire succinctement :

C’est un petit canon en bronze de O™, 7 de longueur et du

calibre de 43 millimètres , de sorte que l'àme peut contenir un boulet du poids de 325 grammes.

Le canon est suspendu à une tige en acier qui fait corps aveo un axe , également en acier , autour duquel tout le système os* cille; l’axe h i, dont les tourillous tournent dans des coussinets , est soutenu par une charpente solide que la figure indique suf* fisamment. La lige de suspension du canon se divise , peu audessous de l’axe , en deux branches dont les extrémités sont solidement fixées à la pièce. Un arc de cercle gradué , en cuivre , fixé sur les branches de la tige de suspension , sert à évaluer l’amplitude de la vibration ; les divisions parcourues sont indiquées par un index concentrique f ei , figure 12, ayant la forme d’un levier coudé , et muni à l’angle d’une douille e qui est traversée par l’axe , et qui embrasse étroitement ce dernier.

La douille de l’index p, figure 12, est de plus pressée par nn petit ressort m et n contre le plateau o, qui est soudé sur l’axe A tf.

L’index pressé ainsi contre la tige vibre avec elle , à moins que son bras et ne soit retenu par un obstacle.

Lorsque la branche e i de l’index est horizontale , elle repose sur une barre d’arrêt qui est fixée sur le châssis parallèlement à l’axe de rotation , et l’extrémité f de l'index correspond alors au zéro de la division.

Le feu étant mis à la poudre , le canon et l’arc gradué rebroussent ensemble , et l’index , arrêté par la barre , reste en place , de sorte que les divisions de l’axe passent vis-à-vis de lui , et peuvent être remarquées par les ouvertures f. Lorsque la pièce revient ensuite , l’index vibre avec elle parce que son bras e i n’est plus retenu par la barre, et l'extrémité f s’arrêtant vis-àvis d’une division de l’arc gradué , indique l’amplitude de l’oscillation entière.

Hutlon chargeait son canon avec de la poudre seule et ne se servait pas de boulet.

365. 11 semble hors de doute que la meilleure éprouvette de la poudre soit l’arme ou la bouche à feu même à laquelle elle est destinée ; en effet , c’est alors seulement que l’on peut évoluer

A CAM>r».

d’une manière directe le travail que l’on vent faire exécuter par la poudre, et cette évaluation serait sans contredit, plus rigoureuse que la déduction , du travail proposé , de celui qu’on a obtenu dans une machine qui utilise la force motrice d’une manière différente que l’arme dans laquelle elle doit agir. Si donc on adopte deux espèces de poudre , dont l’une soit la plus forte au canon , et dont l’autre donne le maximum d’effet au fusil , on est naturellement conduit à l'adoption du canon et du fusil comme machines d’épreuve.

Les seules objections qui puissent être faites contre leur adoption , semblent consister : 1* dans la dégradation de l’arme qui pourrait résulter de l’emploi d’une force motrice considérable , et vicier par là la comparaison entre les effet obtenus , avec la même éprouvette , à deux époques différentes, et 2° dans la difficulté d’évaluer d’une manière rigoureuse le travail utile du moteur ou plutôt la vitesse initiale qui est le seul facteur inconnu de ce travail.

Quant à la première objection , je ne pense pas que les dègradations du fusil ou d’un canon en fonte ayant un grain de lumière en cuivre , résultant d’un tir -peu prolongé , comme le serait nécessairement celui d’une arme d’épreuve, puissent être assez fortes pour exercer une influence sensible sur le travail utile ; mais si même il en était ainsi , on éviterait l’erreur qui pourrait en résulter par un essai comparatif d'une poudre type.

Resterait donc la difficulté d’évaluer la vitesse initiale d’une manière simple et suffisamment rigoureuse. Ici on ne peut disconvenir que la déduction de la vitesse de la portée du projectile est peu exacte; que son évaluation à l’aide du pendule est coûteuse et difficile , enfin que les appareils de Mathey et de Grobert exigent des mécanismes compliqués.

Le procédé proposé parle chef d’escadron Debooz , journal des armes spéciales, n° 11 et 12 , 1888 , se recommande au contraire par sa grande simplicité, et donnerait peut-être une rigueur suffisante dans le résultat.

Je le rapporterai brièvement :

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