‹ Essai d'un traité d'artillerieChapitre 9 sur 89 · PREMIÈRE CUITE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CUITE

25 . Dans le but de débarrasser la lessive obtenue des chlorures • des carbonates acides , et des parties organiques en dissolution , on lui fait subir des cuites| qui concentrent la liqueur , et font précipiter en grande partie les chlorures moins solubles dans l’eau chaude que le salpêtre ; en même temps les carbonates so précipitent dès que par l’action de la chaleur , d’acides ils sont devenus neutres ; et enfin les parties organiques sont décomposées , et leurs résidus entrainés sous forme d’écume à la surface du liquide.

Pour faire la première cuite , on met la liqueur dans un chaudron de cuivre sur un feu modéré , et l’on a soin à mesure qu’elle se vaporise d’y ajouter de nouvelle liqueur par petites portions , afin de prévenir un refroidissement trop considérable.

Au centre de la liqueur on suspend un petit chaudron évasé pour recueillir en grande partie les précipités qai sont amenés do la périphérie vers le centre par le mouvement des eaux que l’ébullition occasionne ; ou vide ce petit chaudron de temps à autre.

Des que la liqueur entre en ébullition , il apparaît à sa surface une grande quantité d’écume blanche due aux parties organiques, qu’on enlève. Plus tard le liquide se trouble, l’excès d’acide carbonique qui rendait solubles les carbonates de chaux et do magnésie , se volatilise , et ceux-ci devenus neutres sont insolubles , et se précipitent dans le petit chaudron et sur les parois du grand. Vers la fin de la cuite , et à mesure que la liqueur

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se concentre , les chlorures qui ne sont pas beaucoup plus solubles dans l’eau chaude que dans l'eau froide , se précipitent en grande partie , et on les retire arec l’écumoire. Arrivé à ce point , on modère un peu le feu pour obtenir la cristallisation des sels étrangers avec régularité. La cuite dure de 18 à 24 heures , jusqu'à ce que la liqueur marque 32° à l’aréomètre de Beaumé , ou que les gouttes qu’on en fait tomber sur un corps froid et uni se figent. On y mêle enfin un peu de sang de bœuf dont l’albumine , en se coagulant, entraîne les parties impures vers la surface , puis on décante avec des puisoirs la liqueur pour la verser dans des bassins plats de cuivre , où le salpêtre se cristallise dès que la température des eaux s’abaisse.

On enlève les cristaux et on les lave avec de l'eau froide , en les mettant à celte fin dans des paniers d’osier , ou dans des caisses à fonds percé.

Le salpêtre que l’on obtient ainsi est appelé salpêtre de 1” cuite.

Dans de grandes fabriques la cristallisation du salpêtre de 1” cuite se fait absolument comme il sera expliqué plus tard, en parlant du raffinage du salpêtre.

Les eaux surnageantes, appelées eaux mères, contiennent encore un peu de salpêtre. On les utilise en les mêlant avec des eaux de cuite , jusqu’à ce qu'à la fin les eaux mères étant devenues trop pauvres , ce qu’on reconnaît lorsqu’elles sont fortement colorées , on les verse sur les plâtras.

Quant au salpêtre que contiennent les dépôts terreux et les écumes , on les en dépouille au moyen de lavages.

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