‹ Essai d'une classification et d'une description des térébratulesChapitre 25 sur 108 · TERFBRATULA lacunosa · texte numérisé non relu

TERFBRATULA lacunosa

PI. XV, fig. 22.

Zieten , pl. 41, fig. 5; pl. 42, fig. 4.

Schlott., Léonh., Mirer. Taschenb., VI, pl. 1, fig. 2.

L’angle des arétes cardinales est droit. Dans le sinus dorsal se trouvent ordinairement six plis; le nombre de ces plis oscille entre huit et trois. Sur chaque côté s'élèvent six à sept plis. Les plis latéraux atteignent le bord suivant une courbe si plate que la longueur de la courbe surpasse trois fois sa hauteur. Ordinairement le nombre total des plis est de vingt-huit, rarement de trente-quatre.

(N.6, p.47.) DES TÉRÉBRATULES. 151

Presque jamais sans dichotomie ou bifurcation de quelques plis; cette dichotomie a lieu sans règle, et plutôt dans le milieu que vers le crochet, V’area présente des anneaux d’accroissement, sans qu’ils forment une oreille ; elle est réunie avec le dos par une courbure arrondie, sans arète tranchante.

Longueur, 100; largeur, 120 (115-124); épaisseur, 71 (61-81); largeur du sinus, 0,58 (0,51 0,68) de la largeur totale.

La largeur de cette Térébratule est toujours considérablement plus grande que sa longueur; la ligne qui réunit les extrémités des arêtes cardinales, ou la plus grande largeur, passe ordinairement assez exactement par le milieu de la longueur. Les arêtes latérales ne sont que les deux tiers des arètes cardinales.

Le sinus dorsal s’enfonce entre les arêtes latérales et occupe plus de la moitié de la largeur totale. Mais cet enfoncement n’est pas profond; il est plat dans le fond, et ne commence à devenir très sensible qu’à partir du bord. Dans le voisinage du crochet, ce sinus renferme assez constamment six plis qui, par suite de bifurcation , augmentent quelquefois jusqu’à huit vers le bord. Cette bifurcation se distingue de celle qui est particulière à la division des Térébratules à deltidium secteur, en partie parce qu'elle n’a lieu que pour quelques plis, mais plus encore parce que les plis augmentent toujours en largeur. Ils deviennent aussi plats et peu distincts, vers le crochet, caractère qui n’appartient pas aux Térébratules vraiment dichotomes. Ce nombre des plis du sinus peut descendre jusqu’à quatre, rarement jusqu’à trois. Le nombre ordinaire des plis latéraux est de sept ou huit. Rarement l’area présente une oreille très allongée; et même alors cette oreille n’est que peu sensible.

La valve ventrale est deux fois aussi haute que la valve dorsale; elle s'élève d’abord perpendiculairement à partir du crochet, atteint ordinairement sa plus grande hauteur précisément au milieu de sa longueur, et retombe ensuite légèrement vers le bord. Les plis latéraux du bourrelet, qui correspond toujours au sinus dorsal, laissent mieux voir cette pente que les plis médians, qui, par suite d’une transposition et d’un dérangement, semblent assez souvent remonter un peu verticalement. Ce bourrelet a toujours un pli de plus que le sinus, par conséquent sept plis vers le front; et ces plis se bifurquent également à l'endroit où les ailes commencent à se séparer distinctement du bourrelet. La plupart du temps les deux plis les plus extérieurs du bourrelet sont bifurqués.

Souvent un côté est dérangé, relevé ou abaissé, et l’on a alors ce qu'on nomme une 7°. dissimilis, dimidiata, etc. C’est cependant plus rare pour cette espèce, que pour la 7. alata et pour des Térébratules semblables qui appartiennent à la division des Concinnées.

Il est assez évident, d’après la figure de Fabio Colonna et sa description, que dans son Ænomia triloba lacunosa , il a voulu parler spécialement de cette Térébratule, et Langé et Scheuchzer n’ont confondu avec celle-ci aucune autre coquille. Vraisemblablement Linné a voulu réunir sous le nom de /acunosa

152 CLASSIFICATION ET DESCRIPTION (N,6;, p. 48.)

toutes les Térébratules dont le sinus dorsal se distingue par une surface supérieure plissée. Par conséquent, lorsque les naturalistes suédois veulent réduire cette dénomination à la 7, Y'ilsoni, ils n'ont pas le droit d’invoquer pour cela l'autorité de Linné.

Cette Térébratule est très commune dans les couches supérieures jurassiques,; elle est, à cequ'il paraît, caractéristique pour cet étage. On la trouve mêlée avec les nombreux coraux qui forment une grande partie de ces couches, et avec les 4mmonites triplicatus, flexuosus, alternans, bifurcatus. Quelques gisements remarquables en Allemagne sont les suivants : les hauteurs du Lœgerberg et du Randen près de Schaffouse, Fürstenberg, Giengen sur la Brenz, Bœhringen pres de Gœppingen, le Lochenberg près de Bahlingen , Hohenzollern, Neresheim, Wilibaldsburg près d'Aichstedt, les hauteurs de Streitberg, le Staffelberg sur le Mein. Aussi, quoique un peu rare, à Kellheim sur le Danube.

Sowerby n’a aucun dessin que l'on puisse rapporter à cette espèce; par conséquent elle parait manquer dans les couches oolitiques supérieures en Angleterre. Au contraire, elle se trouve dans la dolomie (magnesian limestone), d'Humberton en Yorkshire, comme le prouvent beaucoup d'individus du cabinet de Berlin, que M. de Dechen y a déposés. Comme, dans la dolomie, il ne s’est conservé que des moules, on voit mieux sur ces moules la ramification des ovaires que sur les Térébratuies conservées dans le calcaire. Cette Térébratule ne s’est pas rencontrée dans le zechstein allemand; on ne l’a pas encore trouvée jusqu'ici dans d’autres formations.

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