‹ Essai d'une classification naturelle des champignons, ou Tableau mthodique des genres rapports jusqu'au preþsent cette famille;Chapitre 1 sur 145 · NEW YORK · texte numérisé non relu

NEW YORK

D'UNE BOTANtCAL

aARDBN

LiA famille des champignons , Tune des plus nombreuses et des plus variées du règne végétal, est certainement, parmi la cryptogamie, une de celles où il reste encore le plus à faire sous le point de vue de la structure intime des végétaux qu'elle renferme. L'ancienne famille des algues, c'est-à-dire, les plantes que Linné réunissoit sous le nom de confcrves, de fucus et d'ulves , peuvent seules être mises au même rang sous le rapport de l'obscurité qui règne encore sur leur organisation et sur leur développement. Les fougères, les mousses, les hépatiques, etc., sont maintenant généralement bien connues ; on en peut dire presque autant des lichens : mais, quant au vaste groupe des champignons . malgré les nombreux travaux dont il a été l'objet depuis une trentaine d'années, il reste encore une quantité de lacunes à remplir , non pas dans la distinction des genres et des espèces (les travaux de ce genre n'ont été que trop multipliés), mais sous le point de vue de la classification naturelle, qui ne peut elle-même être fondée que sur des observations très-délicates, et presque toujours microscopi-

^«jues, des organes de la fructification.

^ Cependant les progrès que cette partie de la botanique

a faits depuis quelques années (progrès qui nous obligent à revenir dans cet article sur plusieurs sujets traités en partie à l'article Champignon de ce Dictionnaire), doivent nous faire espérer que d'ici à peu de temps ces lacunes se rempliront successivement.

Les premières observations exactes sur la famille des champignons sont dues à Michéli. Dans cette étude, comme dans celle de la plupart des autres parties de la botanique, il a surpassé non-seulement tous ses devanciers, mais même tous les botanistes qui l'ont suivi pendant long-temps. Ses descriptions et ses observations sont pour celte époque un modèle d'exactitude et de précision dont n'approchent pas les autres auteurs qui s'occupoient vers le même temps de la cryptogamie , tels que Vaillant, Battara, Dillen, etc. Linné, en embrassant par son vaste génie toute l'étendue des sciences naturelles, ne put donner à chaque partie le soin qu'elle exigeait; on ne sauroit donc lui reprocher de n'avoir pas tiré plus de secours des travaux de Michéli : ne pouvant pas, en général , les vériiier par lui-même, il les a négligés, et a réuni dans ses genres les objets les plus différens, que ce dernier avoit séparés avec raison.

Depuis cette époque jusqu'aux travaux d'Hedwig , de Bulliard et de Persoon , l'étude des végétaux de cette fmille resta presque stationnaire. Quelques auteurs, suivant servilement les divisions de Linné, ajoutèrent seulement des espèces, les distinguèrent mieux, et en donnèrent de bonnes ligures : tels sont Schœffer et les divers auteurs de la Flora Danica, La fin du dernier siècle a amené dans cette branche de la botanique, comme dans presque toutes les siences, des changcmens bien marqués. Hedvvig , 2)ar des observations microscopiques exactes; Bulliard, par d'excellentes figures et de bonnes distinctions génériques, et Persoon, par une méthode précise et en se dégageant des liens par lesquels Linué paroiisoit avoir enchaîné ses successeurs, ont donné une nouvelle face à cette partie de la botanique. Le Synopsis fungorum de ce dernier auteur forme ainsi une époque remarquable dans rhibloirc de la mycologie. Depuis, de nombreux travaux sont venus éclaircir celle science; et chaque année eu voit paroître de nouveaux. Les plus remarquable»

sont : les observations de M. Link'; le Système des chantpignons, par M. Nées d'Ésenbeck^; les Observations mycologiques de M. Pries ^, et le Sj'stema mjycologicum^ du même auteur, dont deux volumes seulement ont paru jusqu'à présent; la mycologie européenne de Persoon. '

On trouve encore des observations précieuses sur cette famille dans la Flore Françoise, par M. de Lamarck et M. De CandoUe, dans les derniers volumes de la Flora Danica , dans la Scottish crj'ptogamic Flora de M. Greville , dans la Flora crjptogamica Eiiangensis de M. Martius , enfin, dans une infinité de Dissertations ou de Flores publiées surtout en Allemagne, mais qu'il seroit trop long d'énumérer ici et qui se trouveront en partie citées dans i'énumération des genres qui terminent cet article.

La classiiication naturelle des végétaux cryptogames est peut-être une des parties les moins avancées de la botanique: on doit l'attribuer principalement à ce que les auteurs qui se sont occupés anciennement de cette classe de végétaux, étoient presque tous étrangers aux principes des méthodes naturelles, et à ce que le plus grand nombre d'entre eux, s'étant bornés à l'étude d'une seule famille, n'ont pas cherché à embrasser d'un même coup d'œil l'ensemble du règne végétal et à établir dans ses diverses parties des coupes et des divisions analogues.

C'est ainsi que pendant long-temps , et encore dans la plupart des ouvrages qui se publient, on donne le nom d'Algues à toute plante cryptogame aquatique, sans remarquer qu'il existe beaucoup plus de différence entre certains genres de cette famille qu'entre plusieurs autres familles établies et admises par tous les botanistes , telles que les hépatiques et les mousses, les fougères et les lycopodiacées, etc. La même

1 LiHK, Observationes in ordines iialurales , Dissert, i — ii , in Magazin naturforschendev Freunde su Berlin; 1809 et i8i5.

2 C. G. NÉKs VON EsERBECK, Dos Sjstem der Pilze und Schwiimme. "Wurzbourg, 1817.

3 Pries, Observationes mjcologicœ , pars i et 2. Hafniœ . 181 5 — 1818.

4 Fries, Sj-stema niycologicum , vol. i et 2. Grjphiswaldiœ , 1821 —

5 P£Rsoor(, Mycologia europœa , vol. i. Erlangœ , i8z2.

observation s'applique aux champignons : on a réuni sous ce nom tous les végétaux cryptogames dépourvus de fronde ou d'expansions foliacées et croissant hors de l'eau. On n'a pas observé, en admettant une famille aussi vaste, qu'on réunissoit ainsi des plantes beaucoup plus différentes par leur structure que quelques-unes de ces plantes ne le sont ellesmêmes des autres familles voisines. Ainsi il existe certainement une distance bien plus grande entre les lycoperdons, trichia, etc., et les agarics, pézizes, etc., qu'entre ces dernières et certains genres de Lichens; il y a également des différences bien plus tranchées entre les byssus, botrjtis , etc. , et les vrais champignons , qu'il n'y en a entre les premiers et plusieurs genres voisins des conferves.

M. De Candolle fut frappé de ces différences, lorsqu'il admit la nouvelle famille des hypoxylons; mais, outre qu'il plaça dans cet ordre des plantes qui nous paroissent devoir rester parmi l{;s lichens, tels que les Opégraphes, etc., nous sommes étonnés que les mêmes principes qui l'ont engagé à séparer ces plantes des autres champignons, ne l'aient pas décidé à couper le reste de la même famille en deux ou trois familles. Link a très-bien senti qu'il n'exisfoit pas de caractères communs à l'ordre des champignons, tel qu'il étoil admis jusqu'alors ; et il l'a divisé en quatre familles, qui diffèrent peu de celles que nous adoptons ici. Cependant les botanistes allemands et suédois qui, plus que tous les autres, se sont occupés de l'étude de la cryptogamie, n'ont regardé en général ces coupes que comme de siuiples subdivisions de ce vaste groupe de végétaux. Si l'on admettoit cette classification , il faudroit n'établir dans toutes les cryptogames que quatre ou cinq familles , et réunir en une seule les mousses et les hépritiques ; dans une autre les fougères, les lycopodes, les équisétacées et les marsiléacées. Mais si on conserve , comme cela nous paroît préférable , ces familles comme autant d'ordres distincts, on doit, pour être conséquent , subdiviser les algues et les champignons en plusieurs familles, qui seront alors du même ordre à peu près que celles que nous venons de citer.

C'est ce mode de division que nous nous proposons d'exposer ici. Is'ous avons déjà dit que. sous le nom de champi-

( 7 ) gnons, on avoit réuni jusqu'à présent tous les végétaux cryptogames , non aquatiques, dépourvus de toute espèce de fronde ou expansion foliacée, et dont les organes de la fructification composoient la plus grande partie.

Ces végétaux présentent des modifications telles dans leurs organes, qu'il est presque impossible d'en donner une description plus détaillée, sans entrer dans des spécialités qui ne s'appliqueroient qu'à quelques-uns d'entre eux. Cette impossibilité de presque rien dire de général sur cette famille, annonce déjà la nécessité d'y établir plusieurs coupes. En effet, en admettant dans ces végétaux cinq familles distinctes, chacune sera clairement définie; et des caractères communs s'appliqueront alors à tous les genres qu'elles renfermeront. Quelques genres seulement , par leurs formes extraordinaires, paroîtront se refuser à nos classifications; d'autres établiront des passages d'une de ces familles à l'autre : mais ces exceptions existent dans toutes les classifications naturelles ; et, loin de nous détourner de les admettre, elles doivent être un aiguillon pour nous exciter à éclaircir ces genres douteux, qui par de nouvelles recherches se rattacheront aux familles déjà connues, ou deviendront le type de nouveaux ordres.

Les cinq formes principales que présente le vaste groupe des champignons, forment pour nous les familles des Uré- DiNÉES, des MucÉDiNÉEs , dcs Lycoperdacées , des Champignons et des HvpoxYLONs. Cette dernière se lie par plusieurs genres avec la plupart des familles précédentes, et d'un autre côté forme le passage aux lichens, qui, malgré quelques variations dans l'organisation , sont une des familles les plus naturelles de la cryptogamie et qui ne nous paroit pas susceptible de nouvelles divisions ordinales. Quant aux algues, les diverses familles qui les composent maintenant ne se lient pas avec la première des familles que nous venons d'énumérer; mais elles marchent plutôt de front avec elle, en passant de même d'une organisation très-simple à une organisation plus compliquée, par des degrés analogues et en devenant d'autant plus différentes que leur organisation se complique davantage.

C'est ainsi qu'il existe des points de contact évidens entre les Urédinées et les Chaodinées de M. liory de Saint-Vincent,

entre les Mucédinëes et les Conferves ou Céramiaires ; tandis qu'on n'en trouve que très-peu entre les Lycoperdacées et les Ulves, entre les Champignons et les Fucacées. Au milieu de ces familles les Tremelles seules viennent encore se rattacher par plusieurs caractères à quelques genres des Chaodinées d'une part, et aux Ulves de l'autre.

§. i" De l'organisation des plantes rapportées à la famille des Champignons.

Avant d'examiner successivement les diverses familles que forment les végétaux rapportés jusqu'à présent au vaste groupe des champignons, nous devons exposer les principales modifications que présente la fructification de ces végétaux cryptogames , et faire connoitre les termes employés pour les distinguer, termes dont nous aurons souvent occasion de nous servir dans cet article.

Sous le nom de sporules ou de séminnles nous entendons les semences ou corps reproducteurs des cryptogames, dépouillés de toute espèce d'enveloppe. Ces sporules , en général de forme sphérique , ovoïde ou oblongue, naissent toujours, soit dans l'intérieur de conceplacles ou capsules , t.mtôt minces et transparentes, tantôt plus épaisses et opaques, soit dans l'intérieur de filamens continus ou cloisonï)és; mais, dans tous les cas, elles sont libres par tous les points de leur surface et nagent dans le fluide qui remplit ces eonceptacles , sans leur adliérer par aucun moyen. Cette organisation s'observe très -bien dans les eonceptacles membraneux des vrais chamj)ignons , tels que les pézizes , les clavaires, etc. , dans les vésicules membraneuses des vrais mucors et des genres voisins.

Ces sporules peinent (:\Ye réunies plusieurs dans un même conceptacJe , auquel on donne alors le nom de sporidics (sporidia) , lorsqu'ils sont libres ou irrégulièrement disposés, et celui de ihèqucs [theeœ, asci) , lorsqu'ils sont placés avec régularité à côté les uns des autres et fixés par leur base à la surface d'une même membrane; ou bien chaque sporule peut être renfermée dans une capsule niouosporée : dans ce cas, la membrane très-mince qui forme celte capsule ou ce conceptaclc, se confondant avec la surface de la sporule,

( 9 ) on a indiqué leur ensemble sous le nom de sporules. Ce cas nous paroît celui de plusieurs mucédinées , telles que les genres Oïdeum , Geolrichum , Acrosporium , dont les filaniens se séparent en articles qui forment autant de conceptacles monosporés ; dans d'autres cas, les sporules, renfermées en grand nombre dans les filamens d'une mucédinée , s'échappent par leur extrémité et se groupent au dehors sans adhérer à ces filamens. Ce sont alors de vraies sporules nues, libres, mais sorties des filamens ou conceptacles dans lesquelles elles s'ctoient développées.

Nous pensons, en effet, qu'il n'existe pas plus de sporules nues parmi les cryptogames, que de graines nues parmi les phanérogames; de même que parmi ces dernières, tout ce qu'on avoit nommé graines nues n'est que des graines soudées ou confondues avec le péricarpe , ou bien , dans quelques cas, des graines dont le péricarpe s'est rompu long -temps avant la maturation , et qui par là ont été mises à découvert ' ; de même dans les cryptogames et particulièrement dans les familles qui nous occupent, ce qu'on a nommé des sporules nues, nous semble être des sporules confondues avec la membrane du conceptacle, ou des sporules déjà échappées de ce conceptacle, dans lequel elles s'étoient développées.

Ainsi nous verrous que les urédinées ont de vraies sporldies mono- ou polysporées, uniloculaires ou cloisonnées. Ces dernières se rapprochent déjà des filamens des mucédinées: dans celles-ci les sporules sont tantôt contenues dans des tubes, dont on ne les voit pas sortir ; tantôt elles sont chacune renfermées dans les articles d'un filament moniliforme, qui se séparent en autant de capsules monosporées qu'on a désignées à tort sous le nom de sporules. Dans d'autres elles sont renfermées dans les extrémités renflées des filamens, soit qu'il n'y en ait qu'une seule dans chaque filament, soit qu'elles y soient réunies en grand nombre, comme dans les mucors; ou bien, enfin, elles s'échappent de ces filamens pour se répandre comme une poussière fine à leur surface , et dans ce cas seulement elles sont réellement nues.

1 Voyez, le Méin. do Robert Brown , sur les fruits du Leontice , dans les Transact. Linn,, T.

Dans les lycoperdacées, leur structure et leur manière de se développer est très -mal connue; on ne sait pas si elles Sont sorties des filamens qui remplissent le péridium , ou si chaque graine est un conceptacle monosporé qui étoit inséré sur ces filamens. De nouvelles observations faites sur ces plantes avant leur maturité complète , sont nécessaires pour éclaircir leur structure. Quant aux vrais champignons et aux hypoxylons, l'organisation de leurs sporules est bien connue. On sait que dans presque tous les genres de ces deux Êimilles les sporules sont renfermées en nombre défini et constant dans des thèques ou conceptacles membraneux , alongés, fixés par une de leurs extrémités, et à côté les unes des autres, à la surface d'une membrane qui couvre ou tapisse en partie le champignon.

Nous allons maintenant examiner successivement l'organisation des diverses familles qui composent le vaste groupe désigné jusqu'à présent sous le nom de champignons, et nous ferons ensuite connoître les genres qui s'y rapportent.

i. Des Urédinées.

Les Urépinées nous présentent l'organisation la plus simple qu'un végétal puisse offrir , ce sont de simples sporidies ou conceptacles souvent uniloculaires et presque globuleux , contenant des séminulcs d'une ténuité extrême. Les sporidies des urédinées peuvent être considérées comme des filamens très-courts; la manière dont un grand nombre d'entre elles sont cloisonnées et dont elles sont alors fixées par une de leurs extrémités, donne beaucoup de poids à cette opinion. Ainsi, dans les genres Phragmidium , Conopiea , Corjneum , Phragmotrichurri , Antennaria, cette analogie entre les sporidies des urédinées, et les filamens cloisonnés et renfermant les sporules de beaucoup de mucédinées , devient évidente. La seule différence, c'est que dans les mucédinées ces filamens prennent en général plus d'extension et laissent échapper les sporules avant leur destruction ; tandis que dans les urédinées la sporidie ou le filament tout entier se détache du lieu où il a cru , avant de se rompre, pour répandre les séminules qu'il renferme. Ces capsules , dans les vraies urédi-

nées, se développent sous Tépiderme des végétaux vivans ^ elles paroissent y être tantôt libres sans être unies par aucun point au tissu du végétal; tantôt, au contraire, elles sont portées sur -un court filament. Quelquefois ces capsules, plus alongées, sont divisées en plusieurs loges par des cloisons ou diaphragmes transversaux. En général , leur présence dans le parenchyme des végétaux sur lesquels elles sont parasites, produit dans le tissu de l'organe sur lequel elles croissent , un épaississement , un changement de structure, qui détermine autour des groupes de ces capsules la formation d'une sorte d'involucre qu'on a comparé au péridium des lycoperdons, mais qui en diilere infiniment, puisqu'il ne fait pas partie de la plante cryptogame elle-même, mais du végétal sur lequel elle s'est fixée.

Les autres urédinées se développent toutes sur les végétaux morts, et cette considération, quoique paroissant étrangère à leur organisation, est liée d'une manière intime à leur mode de développement et devient par là d'une grande importance. On a long-temps été dans le doute sur la manière dont se propageoicnt ces singuliers végétaux parasites. Quelques auteurs les ont regardés comme de simples modifications de structure, ou des maladies du végétal qui leur servolt de support. Mais une étude plus approfondie a bientôt détruit cette supposition. Admettant ensuite ces êtres pour de véritables végétaux parasites, on a cherché à concevoir comment leurs séminules pouvoient se trouver portées dans le tissu même des végétaux. Deux hypothèses se présentoient : ou les séminules extrêmement fines de ces cryptogames étoient introduites par les pores corticaux, et se développoient dans le point même de la surface du végétal sur lequel elles s'étoient fixées; ou bien , après avoir été absorbées par les racines et portées avec les sucs nourriciers dans les divers organes du végétal , elles se fixoient dans celui qui , par son tissu . étoit propre à faciliter leur développement. Des expériences nombreuses paroissent avoir mis hors de doute cette dernière opinion. Des graines de graminées , mêlées avec de la poussière de VlJredo carho (charbon des agriculteurs), ont toujours produit des plantes attaquées par cette parasite. Au contraire, les céréales proA'cnues de graines bien nettoyées

et chaulées de manière à détruire complètement ces séminules, et placées dans de la terre prise à une profondeur telle qu'elle ne pût pas contenir de poussière d'Uredo, n'ont jamais été exposées <à cette espèce de parasite. Des poiriers jusqu'alors sains et dépourvus de ÏAi.cidium cancellatum , qui les attaque si souvent, en ont été couverts lorsqu'on les a plantés dans de la terre prise au pied d'arbres qui portoient beaucoup de cet yEcidiuw. Des observations récentes publiées par M. Bauer, dans les Transactions philosophiques, sur l'inoculation de la carie {Uredo falida, Vredo caries, Dec, FI. fr. , Suppl.) prouvent évidemment ce mode de développement.

riusieurs autres faits, qu'il seroit trop long d'énumérer ici, confirment ce mode de propagation et prouvent que les séminules des vraies urédinées sont portées dans la circulation avant de se fixer sur le point du végétal qu'elles doivent attaquer. 11 ne paroit pas en être ainsi des urédinées qui se développent sous l'épiderme des végétaux morts. En effet, leurs séminules ne peuvent pas avoir été portées par la circulation dans l'intérieur de ces végétaux après leur mort. On pourroit, il est vrai, supposer qu'elles y ont été introduites durant la vie du végétal, et qu'elles n'ont commencé à s'y développer qu'après sa mort. Cette opinion, quoique ayant quelques faits en sa faveur, ne paroit cependant pas vraisemblable , en ce qu'il faudroit supposer que, dans les végétaux vivaces et arborescens qui servent en général d'habitation à ces sortes de cryptogames, il existe durant toute leur vie des germes ou semences différentes d'une infinité de cryptogames, tels que des Stilbospora , Conopla, Sphœria, etc., qui restent pendant des années sans prendre d'accroissement, et qui attendent la mort du végétal qui les renferme pour se développer. Cette manière d'expliquer la croissance de ces plantes, quoique n'étant pas impossible, ne nous paroit pas vraisemblable ; et , aucune observation directe ne la prouvant, il nous semble plus naturel d'admettre que leurs séminules sont introduites, après la mort du végétal , sous son épiderme par les pores corticaux avec l'humidité qu'ils absorbent à cette époque. Aussi remarque-ton que ces sortes de cryptogames ne se montrent sur les végétaux morts que lorsqu'ils sont placés dans des lieux hu-

mides; tandis que les Vredo , yEcidium, etc., qui croissent sur les végétaux vivans , ne paroissent dépendre de ces circonstances de localité ou de l'état de l'atmosphère que d'une manière très-secondaire.

Ces considérations nous paroissent donner de rimportance à la division des urédinécs en deux divisions, selon qu'elles naissent sur les végétaux vivans ou morts. La seconde de ces divisions peut elle-même former trois tribus.

La première, ou celle des Fusidiées , comprend les urédinées dont les sporidies sont uniloculaires , non cloisonnées et indéhiscentes; dans ces cryptogames chaque sporidie ne renferme probablement qu'une sporule. Leur manière de croître varie beaucoup ; tantôt ils sortent de dessous l'épiderme , tantôt ils se développent à sa surface; quelquefois ils font naître sur le végétal qui les nourrit un tubercule plus ou moins saillant, arrondi, fibreux ou solide, dont la surface porte les sporidies. Ce tubercule, nommé par les cryptogamistes allemands struma , et auquel nous donnerons le nom de base dans nos descriptions, nous paroit souvent indépendant de la plante cryptogame. Elle n'est, selon nous, comme le faux péridium dcsyEcidium , qu'un développement du parenchyme de la plante qui la supporte. C'est par cette raison que nous avons éloigné des urédinées, pour les reporter à la fin des mucédinées, les genres Tuhercularia, Calicium et Atractium , que plusieurs botanistes avoient placés à la fin des urédinées, mais qui diffèrent des genres d urédinées dans lesquels cette base est le plus développée , en ce que , dans les genres que nous venons de citer , le tubercule trèssaillant et rétréci à sa base, qui porte les sporidies, fait évidemment partie de la plante cryptogame et non du végétal qui la nourrit, et se rapproche, par sa texture filamenteuse, des Stilbum, Isaria, etc., auprès desquels nous les avons rangés. La troisième tribu des urédinées ou la seconde de celles qui croissent sur les végétaux morts, ne renferme que quelques genres encore très - imparfaitement connus : ces genres son^ caractérises par des sporidies assez grosses , opaques, uniloculaires, déhiscentes, et donnant issue à des sporules très-ténues. Quelques caractères font ressembler ces plaailes à de très-petites Sjihéries; mais elles en dilièrent en

ce que les conceptaclcs très-petits qui les composent, paroissent être de vraies sporidies, renfermant des sporules nues, et non des péridium contenant des sporidies à plusieurs sporules, comme dans les hypoxylons. Dans une dernière section nous avons rangé les urédinées qui croissent sur les végétaux morts et dont les sporidies sont cloisonnées et indéhiscentes. Ces sporidies, qui dans les derniers genres sont alongées , droites et fixées par leur base , se rapprochent déjà des filamens souvent cloisonnés des mucédinées à sporules internes ; elles présentent les mêmes modifications dans leur mode de développement que les genres de la deuxième tribu, c'est-à-dire qu'elles naissent tantôt au-dessous et tan tôt au-dessus de l'épiderme, etqu'ellesdonnent aussi quelquefois naissance à un tubercule saillant qui leur sert de base.

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