‹ Essai d'une Étude psycho-pathologique de certains types comiques dans l'œuvre de RabelaisChapitre 25 sur 26 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. L'œuvre comique de Rabelais, curieux mélange d’observation et d'imagination, est un véritable musée d'échantillons humains dont certains types à l'allure nettement pa- “thologique nous ont surpris,

IT. Analysant les fragments d'observations que Rabelais nous a laissés de ses personnages nous avons pu en relever les troubles psychiques et les comparer à ceux que la psychiâtrie moderne a étudiés et classés. \

III. La ressemblance est assez frappante pour que nous soyons tenté de considérer quelques-uns des héros du Panlayruel comme des malades mentaux que nous définirions ainsi :

a) Panurge est un « fou moral » si nous entendons bien ce terme équivoque dans le sens de perversion des sentiments moraux, le mot « fou » ne devant pas nous induire à supposer ici une déchéance intellectuelle que ne saurait présenter l'être le plus séduisant et d’esprit le plus vif de toute cette Comédie.

b) Le roi Picrochole au sens critique amoindri, à la volonté faible, est dominé par l’exubérance de sa vie affective, condensée en une passion unique, l’ambition, que nous voyons s’épancher brusquement sous forme d’un délire d'imagination.

c) Maître Janotus de Bragmardo à qui la vieillesse a fait perdre ses brillantes qualités de rhéteur scolastique, repré-

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sente avec sa mémoire déficiente, le ralentissement de ses fonctions idéatives, la paralysie de l’affectivité, le type complet du dément sénile.

d) Les Seigneurs de Baisecul et d'Humevesne, dont la plaidoirie est pour nous incompréhensible, s'expriment en un langage qui par l’abus des néologi: mes, la verbigération, l’harmonie conservée de la phrase, doit être rapproché de celui de: la démence précoce.

Vus Vu : Bon à imprimer, Le Doyen, Le Président de thèse, D: SIGALAS. R. CRUCHET.

Vu et permis d'imprimer :

Bordeaux, le 9 décembre 1921.

Le Recteur de l Académie, R. THAMIN.

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