‹ Essai d'une faune des Myriapodes du MexiqueChapitre 1 sur 22 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce Mémoire a pour but de faire connaître les Myriapodes que jai récoltés en Amérique, particulièrement au Mexique, aux Antilles et aux Etats-Unis.

J'avais d’abord entrepris l'étude de ces animaux en collaboration avec M. Aloïs Humbert, conservateur du Musée d'histoire naturelle de Genève, mais Je n’ai malheureusement pu profiter longtemps de son secours, un voyage lointain l'ayant subitement arraché à ses occupations’. Néanmoins, je ne puis omettre de dire que, malgré le peu de durée de nos études collectives, le concours de M. Humbert m’a été extrêmement utile pour la détermination des espèces et pour leur examen préparatoire. Je tenais, avant d'entrer en matière, à faire savoir que M. Hum-

1 M. Humbert a entrepris une exploration zoologique dans l'ile de Ceylan.

2 ESSAI D'UNE FAUNE bert a contribué pour une certaine part à l'achèvement de ce travail, afin de lui rendre l'hommage de reconnaissance qui lui est dû.

Quoique ce Mémoire porte le nom d’Essai d’une Faune des Myriapodes du Mexique, il est très-loin de réunir la totalité ou même la majorité des animaux de cette classe qui habitent le Mexique. Il ne traite même pas de toutes les familles qui sont représentées dans ce pays, mais seulement de celles des Oniscodesmides, des Polydesmides, des Julides, des Scolopendrides et des Geophilides." Ce travail n’est donc qu’un premier essai, comme l'indique son titre ; il est surtout destiné à fournir des matériaux pour une faune plus complète du Mexique, et à faire connaître quelques espèces propres à d’autres parties du Nouveau Monde, qui serviront pour l'établissement de la faune de l'Amérique septentrionale en général, c’est-à-dire de cette partie de l'Amérique continentale et insulaire qui Se trouve située au nord de lIsthme de Panama.

Je n'ai pas cru mal faire d'ajouter à la description des Myriapodes de ces contrées celle de quelques espèces, originaires de l'Amérique méridionale. L'introduction de ces espèces au milieu des autres permettait de comparer un plus grand nombre de formes, et conduisait à une classification plus complète. Comme ces dernières appartiennent aussi à la faune américaine, je ne pense pas qu’elles puissent paraître déplacées ici, quoiqu’elles sortent un peu du cadre qu’indique le titre . de cet ouvrage.

Un extrait de ce mémoire, contenant les diagnoses préliminaires des espèces, a paru en 1859 dans le tome XIIT de la Linnæa Entomologiea. J'y fais référence plutôt pour la date que dans le but de citer une note

! Celle des Scutigères existe aussi au Mexique, comme nous l’a révélé un individu trop mal conservé pour être décrit.

DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. 5) que sa concision rend d’une utilité secondaire du moment où le travail dont elle est l'extrait a vu le jour. D'ailleurs, ayant introduit quelques changements dans la répartition des espèces et dans leurs noms, jai jugé nécessaire de donner toutes les citations synonymiques pour faire éviter les confusions.

Dans la note ci-dessus mentionnée j'ai déjà dit que l'étude des Myriapodes ne conduisait pas à des résuliats aussi satisfaisants pour l’esprit que n’en fournit celle d’autres articulés, et je dois ajouter que la description de ces animaux est un travail qui m'a paru rebutant par limpossibilité d'arriver à la certitude dans la fixation des espèces. Les descriptions les plus détaillées ne suffisent pas toujours pour les faire reconnaître avec précision et le secours que peuvent fournir les planches dans leur distinction est toujours assez limité. En effet, les dessins qui accompagnent les descriptions ne peuvent être assez absolument exacts pour rendre compte des nuances de forme minutieuses par lesquelles les espèces sont graduées. Les appréciations légèrement variables selon l'œil de l'artiste ou de chaque observateur, la position particulière du sujet figuré, enfin les petites inexactitudes qu’introduit toujours la reproduction des dessins par la gravure, et qui pour d’autres animaux restent sans conséquence, dépassent souvent dans ce groupe la limite des caractères et suffisent pour rendre certaines espèces presque méconnaissables.

La reproduction des animaux par voie graphique doit moins fournir l’image identique de la nature qu’une sage interprétation des caractères. Il y à certains traits qui doivent être mis en relief par une exagération insensible, afin que le dessin cadre avec l’image zoologique que le naturaliste conçoit dans son esprit, où il fait abstraction de l’en-

semble pour ne considérer que les organes caractéristiques. Chez les

Myriapodes cette exagération idéale est toujours malheuteuse; elle met trop en relief des caractères insensibles et fausse la nature au lieu de l'interpréter. D’un autre côté, si l’on n’y a pas recours, les caractères restent insaisissables, les dessins se ressemblent tous, et sont d’une distinction plus difficile encore que les espèces qu’ils sont censés représenter.

Enfin, il y a encore d’autres sources d'erreurs dans les apparences trompeuses que produit l’extensibilité du corps de certains types, dans les différences des sexes, etc., etc.

Aussi, tout en livrant à la publicité cette partie des MÉMOIRES sur l'histoire naturelle du Mexique, je dois prévenir le lecteur que ce travail ne m'a pas entièrement satisfait. Je crois pouvoir répéter ce que Je disais dans ma note préliminaire’, qu’il sera bien difficile d’arriver à faire distinguer les espèces avec précision, lors même qu'elles seront caractérisées par de longues descriptions, accompagnées de bonnes planches. En tous cas il faudrait, pour venir en aide à la description, des planches aussi parfaites que possible, tracées par un burin habile, guidé par la sagacité de vue du naturaliste. Malheureusement il m’a été impossible de réaliser ces conditions, du reste bien rares dans les ouvrages d'histoire naturelle*. Ne pouvant faire exécuter mes dessins sous mes yeux, obligé de les faire graver à Paris, la partie matérielle de la publication de ce Mémoire laisse beaucoup à désirer, et je crains qu’elle ne soit pas pour la détermination des espèces d’un secours aussi grand que je l'avais d’abord espéré.

l LinnϾa Entomologica. XIIT, p. 320. |

2 La partie entomologique de l'exploration de l'Égypte, exécutée par Savigny, est presque le

seul ouvrage d’entomologie qui les réalise complétement, et, sous ce rapport, il doit servir de type.

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