‹ Essai d'une faune des Myriapodes du MexiqueChapitre 6 sur 22 · II. Dos très-surbaissé, souvent aplati · texte numérisé non relu

II. Dos très-surbaissé, souvent aplati

1° Carènes tombantes en toit, quoique peu obliques (fig. 17°), A. Arrondies en avant, subaliformes; corps assez allongé.. tepanecus. B. Tronquées presque carrément, corps très-large ......... virginiensis. 2 Carènes, légèrement relevées, tronquées carrément (fig. 145) oltecus @.

9° Carènes horizontales ou même encore plus relevées, tronquées

tarrément (fig. 29e). . MONS. SAONE AR toltecus ©.

I: SECTION, — Dos très-convexe, en forme de voûte: earènes tombantes,

1° Corps grêle, vermiforme, carènes subaliformes. {/ Transition aux Leptodesmus ef aux Strongylosoma.)

POLYDESMUS MONTEZUMZÆ.

[Fig 9. 9°-9®)

Fuscus, sat vermiformis ; dorsum perconvezum ; carinæ breves, cadentes, apice aurantiacæ.

Saussure, Linnæa Entomologica, XIII. 1859, p. 323.

o. o. Formes grêles pour une espèce de cette division. Dos très-voûlé, trèsconvexe; carènes très-courtes, entièrement tombantes. Chaperon lisse, échancré en arc de cercle, ayant ses bourrelets latéro-supérieurs distincts. Tête lisse et luisante; vertex partagé par un faible sillon qui aboutit sur le front dans une fossette vague. Premier segment un peu moins large que les suivants, ayant son bord antérieur simplement arqué et le postérieur à peine sinueux ; ses angles subaigus. Les autres segments fortement bombés, à carènes parfaitement tombantes. Celles-ci très-courtes, plus ou moins aliformes, légèrement rétrécies en avant, par suite de l’arrondissement de leur angle antérieur, et, à cause de cela, médiocrement continues; leur bord seulement paraissant insensiblement relevé, à cause de l’épaississement des bourrelets (fig. 9°). Ceux-ci faibles, latéraux (supères), élargis en arrière (fig. 9°). Carènes arrondies et bordées en avant, n’ayant leur angle postérieur prolongé en arrière qu'aux derniers segments du corps, où ils ne sont même pas aigus. Segment préanal triangulaire, convexe en dessus, concave en dessous, subtronqué au bout. Plaque sous-anale en ogive presque arrondie, insensiblement trituberculée sur son

DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. d1

bord. Valves anales fortement plissées, offrant chacune une grande éminence plissée. Pores répugnatoires simples, placés en arrière du milieu des bourrelets, même ceux des segments cinquième et septième, qui sont déjà placés un peu en arrière du milieu. — Ces pores sont supères par rapport aux bourrelets, mais latéraux par suite de la direction parfaitement tombante des carènes. — Tout le corps lisse, luisant, finement et irrégulièrement striolé ; carènes un peu plus ruguleuses. Deuxième article des pattes terminé en dessous par une longue épine.

Couleur d’un brun chocolat ; bord antérieur du premier segment et triangle postérieur des carènes (ou les carènes dans toute leur étendue) orangées et testacées, ainsi que la pointe du dernier segment. Cette couleur s’étendant souvent le long du bord postérieur des anneaux. Dessous du corps plus roux ou fauve ; articles 4, 2 des pattes, fauves ou rougeâtres. — Les individus décolorés sont blancs, avec ou sans mouchetures grises. Tantôt le test est parfaitement lisse, tantôt le bord des carènes de la partie antérieure du corps est un peu ruguleux, striolé et garni de quelques très-petits granules distants qui n’empêchent pas ces parties d’être luisantes. On voit souvent à la base des carènes des segments 4 à 9 un petit sillon horizontal plus ou moins distinct qui part du bord postérieur de ces appendices.

Longueur 0", 037 à 0", 0492 ; largeur 0", 008 à 0", 009.

Habite : Les régions tempérées et le plateau du Mexique. J’ai surtout trouvé ce Polydême au Mirador et dans les environs de Cordova, sur le versant oriental de la Cordillère, mais je l’ai aussi rencontré sur le plateau d’Anahuac, autour de Puebla et de Cholchicomula. Il vif par conséquent sous tous les climats, depuis une altitude de 1000 pieds jusqu’à celle de 7 ou 8000, et peut-être au delà dans les deux sens.

Cette espèce est surtout remarquable par la grande convexité de son dos, dont la section transversale représenterait presque un demi-cercle (fig. 9°). Le mâle ne diffère guère de la femelle.

On pourrait confondre ce Polydême avec la 9 du P. fraternus, quoique ses carènes Soient plus écartées les unes des autres et plus courtes. Toutefois j'aurais à peine osé séparer ces deux Polydêmes si je n’avais possédé les mâles des deux espèces, lesquels diffèrent notablement l’un de l’autre; celui du P. Montezumeæ étant sensiblement moins élargi. On pourrait encore confondre le P. Montezumæ avec le P. vermiformis. Ces deux espèces ont à peu près la même longueur, mais le corps du premier est bien moins gros, moins vermiforme. Tous les deux ont la même couleur blanchâtre et le corps lisse, ou parsemé de quelques très-petits granules épars, mais chez le P. Montezumæ les anneaux ne sont pas séparés aussi nettement, ni aussi noueux, et le premier segment est plus long, moins large à propor-

tion. Les carènes de la portion antérieure du corps sont tombantes et imbriquées, tandis que chez le P. vermiformis elles sont fortement séparées et ne s’imbriquent pas; les segments sont aussi moins voûtés chez ce dernier. Chez le P. Montezumæ, au contraire, les anneaux ne sont bien séparés qu’à partir du sixième, et encore leur portion carénifère n’est-elle pas saillante, ni leur portion cylindrique fortement étranglée, mais les deux portions sont seulement séparées par un sillon. Du reste la conformation du 2° article des pattes suffit pour faire distinguer ces deux espèces.

2 Corps plus large, carènes tronquées carrément à leur bord externe.

POLYDESMUS FRATERNUS.

(Fig. 16. 16*-16°. ©. o”.)

P. Montezumæ simillimus, at carinis latioribus, paulo minus cadentibus et magis continuis.

Saussure, Linnæa Entomologica, XIII. 1859, 322.

Q Trés-voisin du P. Montezume, dont il a le facies, les formes et les couleurs, mais s’en distinguant par un corps plus large, moins bombé, moins comprimé antérieurement, et par ses carènes qui ne sont pas entièrement tombantes, mais légérement relevées au bout’ (c’est-à-dire un peu moins tombantes, fig. 16° ©). Le premier segment est un peu moins long, et ses angles sont un peu plus arrondis. Les carènes sont tronquées carrément et sont aussi parfaitement continues que chez l’espèce citée. Les bourrelets sont plus aplatis et plus linéaires (fig. 16°), à peine renflés, ce qui rend le bord des carènes lamelleux. Les pores répugnatoires sont moins prononcés, moins grands. Les segments 17, 18, 19 se terminent par des angles subaigus, tandis qu’ils sont un peu arrondis chez le P. Montezumeæ ; chez ce dernier les pores regardent aussi plus en arrière; ils sont plus grands et placés plus en arrière par rapport aux bourrelets ; ainsi, sur les segments cinquième et septième, ils s'ouvrent déjà en arrière du milieu du bord de la carène, ce qui n’existe qu’à un moindre degré chez le P. fraternus (ig. 16°; comparez avec la fig. 9?). Chez celui-ci les valves

I Non pas qu'elles regardent en haut, mais seulement parce que leur extrémité est légèrement brisée en dehors au lieu de tomber régulièrement selon la courbure du dos. Voyez p. 31 la signification de ce terme.

anales sont striées et elles offrent avant leur milieu un petit tubercule oblique. Le corps paraît sensiblement striolé lorsqu'on l’examine à la loupe.

Longueur 0, 037 ; largeur 0", 009.

o* Le mâle a les carènes sensiblement plus relevées (moins tombantes) que la femelle, ce qui lui donne une forme plus large et ce qui pourrait le faire prendre pour une autre espèce. Il s’écarte donc sensiblement plus que la femelle, du P. Montezumæ, mais il se rapproche beaucoup des P. consobrinus et otomitus.

Il diffère de la femelle par les caractères suivants : Les carènes sont plus relevées (fig. 16° o'), en sorte que dans l’extrémité postérieure du corps elles se rapprochent de l’horizontale, (moins cependant que chez le P. consobrinus). À partir du sixième ou du septième segments, le bord postérieur des carènes fait un peu saillie en arrière à sa base, et ensuite il se dirige obliquement en arrière. Cette direction devient de plus en plus prononcée, en sorte que les 7 ou 8 derniers segments se terminent par un angle aigu, comme chez le P. consobrinus (fig. 16* ©). (Ce caractère ne se voit chez la @ qu'aux 3 ou #4 avant-derniers anneaux). Les valves anales sont plissées et offrent un tubercule avant leur milieu. Dans la première moitié du corps les pores répugnatoires sont situés en avant du milieu des bourrelets et dans la moitié postérieure, ils occupent le milieu de ces derniers (fig. 16°), plutôt que l’extrémité postérieure (comme cela se voit chez le P. Montezumeæ). Le test est luisant, striole.

Longueur 0", 035 : largeur 0", 009.

go. ©. Couleur d’un brun chocolat, avec les carènes et les pattes couleur de chair.

Habite : Le Mexique. Je l’ai trouvé dans les vallées du versant oriental de la Cordillère. Cette espèce est une de celles chez qui les couleurs se conservent le mieux ; cependant les jeunes sont souvent blanchâtres ou le deviennent dans la liqueur.

On reconnaît facilement ce Polydême à l’œil, mais il n’est guère possible de le décrire de façon à permettre de le distinguer d’une manière absolue sans comparaison avec les types les plus voisins. Si l’on ne possédait que des femelles, on pourrait être tenté de réunir les P. Montezumwæ et fraternus, mais les mâles s’éloignent si fortement l’un de l’autre, que la différence des deux types est évidente. (Voyez les affinités du premier, page 51.) — J'ai rapporté de cette espèce 4 o et 3 ©.

Observations relatives aux figures : Fig. 16 © . Les bourrelets des carènes ne sont pas assez linéaires ; ils sont représentés trop larges et trop supères * les pores sont trop fortement prononcés, Le premier

segment du corps est trop grand. (On a un peu écarté les segments; les carènes sont susceptibles de devenir parfaitement continues.) — 16a, ©, ® . Pourraient être un peu plus grands.

54 ESSAI D’'UNE FAUNE 3 Corps très-large, un peu moins voulé.

POLYDESMUS LIMAX.

(Fig,.40,,40:,)

Magnus, latus, dorso tectiformi, striato et subcorrugalo; carinæ lalæ, oblique cadentes , leviter antice reflexæ, pori repugnatorii partis anticæ corporis, in parte antica tuberorum hiantes.

Saussure, Linnæa Entomologica, XIII. 1859, p. 322.

@ . Grand, dos régulièrement arrondi, aussi convexe que celui du P. fralernus ©, mais ayant le corps plus fortement rétréci dans sa portion antérieure. Tête lisse, n’offrant de plis que sur le bord de la fossette qui est placée derrière l'insertion des antennes. Sillon du front très-prononcé. Portion antérieure du corps rétrécie et arrondie en avant en forme d’ellipsoïde ; le premier segment presque de moitié moins large que le sixième ; les trois suivants successivement de plus en plus larges. Angles latéraux du premier segment étroits ; bord postérieur des trois suivants faiblement concave au milieu, dirigé obliquement en avant sur les côtés et un peu sinueux (fig. 10); le bord antérieur des carënes de ces segments, arrondi (en sorte que ces appendices sont insensiblement sinués en S et dirigés en arrière, au lieu d’être tronqués largement et carrément comme chez le P. fraternus). Carènes des autres segments parfaitement tombantes, de façon à rendre le dos très-vouté, n’étant guère déviées de leur courbure naturelle comme chez le P. fraternus ©. Bord postérieur des carènes faisant légèrement saillie en arrière à sa base (fig. 10, 2 et 10", o), puis dirigé un peu obliquement en avant (point obliquement en arrière comme chez le P. fraternus d). Borû antérieur des carènes dirigé légèrement en avant dès sa base, puis fortement arrondi, formant presque un demi-cercle avec le bord latéral /u) !.— Dans leur ensemble les carènes sont dirigées légèrement en avant, jusqu’au dixième ou onzième segment ; ce n’est qu'à partir du douzième que leur bord postérieur est dirigé obliquement en arrière. Les bourrelets sont très-aplatis, petits, luisants et se terminant par une dent qui fait saillie en arrière et qui devient spiniforme à partir du huitième. Toutefois les anneaux dix-huitième et dix-neuvième ont l’angle postérieur des carènes dépourvu de dent terminale; les angles du dix-huitième sont émoussés et les carènes du dix-neuvième forment deux lobes lamelleux, obtus, presque arrondis. Les pores répugnatoires sont quelquefois logés dans des fossettes dirigées en arrière; ils sont parfaitement supères et ils s’ouvrent sur la portion antérieure des bourre-

1 En d’autres termes, l'angle antérieur de chaque carène est arrondi en demi-cerele.

lets, mais à partir du seizième ils occupent le milieu de ces derniers. Le test est luisant, comme verni; les trois premiers segments sont lisses, n’offrant que quelques stries insignifiantes sur les côtés; les segments suivants deviennent toujours plus raboteux et offrent comme des écailles mal marquées, qui sont dessinées par des sillons confluents irréguliers, en zig-zag ou sinueux. La partie antérieure de la portion carénifère est simplement striée. Les carênes sont plus rugueuses que le milieu du dos et offrent comme des écailles terminées par une petite dent dirigée en arrière et en haut. Chez les grands individus, on voit plutôt, sur les rugosités des carènes, deux ou trois lignes transversales de petites granulations, luisantes et très-espacées. Les deux derniers segments sont presque lisses.— Chez les individus de grande taille la sculpture s’efface en grande partie, surtout au milieu de la voûte du dos. — Segment préanal triangulaire, subtronqué au bout. Plaque sous-anale subtriangulaire, trituberculée à son extrémité; valves faiblement ruguleuses et striolées. Les flancs sous les carènes, finement ponctués et chagrinés , offrant de petites plissures. Deuxième article des pattes épineux.

Couleur brun-chocolat ; les carènes souvent plus claires. (Par la dessiccation, l’animal passe souvent au gris et au fauve.)

©" Dos un peu moins voûté qne chez la femelle. Les carènes insensiblement relevées c’est-à-dire légèrement moins tombantes. Verges petites.

Longueur 0", 050 à 0,080 : largeur 0", 017 à 0", 020.

Trois © et deux ©.

Var. Les individus varient pour la taille, car ils continuent à croître, même après avoir atteint l’âge adulte, c’est-à-dire après avoir acquis leurs vingt segments. La sculpture du test est en général bien marquée chez les individus de taille moyenne, mais elle tend à disparaître à mesure que l’animal avance en âge, et, chez les plus grands sujets, le test est parfois complétement poli dans sa partie dorsale moyenne, ce qui s'explique par l'usure des rugosités superficielles. Chez les individus de taille moyenne les épines terminales des carènes sont peu développées ; quelquefois aussi les pores répugnatoires ne s’ouvrent pas au fond de fossettes bien distinctes.

Habite : Les terres chaudes du Mexique. — Cordova, San-Andrès-Tuxtla.

Ce Polydême est d’un aspect assez variable, suivant l’état d’extension ou de contraction dans lequel on l’examine. Dans la plus grande extension du corps, les segments s’écartent les uns des autres et les carènes cessent d’être continues (fig. 10) ; dans le repos, au contraire, les carënes sont parfaitement continues (fig. 10*), les portions carénifères des anneaux s’imbriquent, et alors l’animal ressemble assez à une limace, soit par sa forme, soit par les rugosités de son test. — Vivant, on le trouve toujours dans un état d'assez grande contraction.

La figure ne représente qu’un individu d’assez petite taille, chez lequel la sculpture est encore très-nette. — Ne pourrait-on pas peut-être rapporter ce Polydême au P. dasypus de Gervais ? /Aptères IV. 115, 57.)

Observations relatives aux figures : Fig. 10. Un individu o” de taille moyenne, plutôt petite, ayant la sculpture du test assez prononcée. — La portion antérieure du corps est beaucoup trop large ; dans la nature les segments 4-1 vont toujours en se rétrécissant, et le premier est toujours très-petit par rapport au cinquième. Chez cet individu, la dent terminale de l'angle postérieur des carènes est peu développée. Les tubercules subdentés qui font partie de la sculpture des carènes sent trop prononcés. La figure indique bien que la direction oblique en arrière du bord postérieur des carènes ne commence qu'au seizième segment et ne devient bien sensible qu’au dix-septième ; mais le dix-huitième segment est un peu trop large. — Fig. 10 a. Un individu © de même grandeur dans l'état de contraction, appartenant à la même variété, ou ayant le même âge; les angles postérieurs de ses carènes n'étant que peu prolongés.

1° SECTION. — Dos moins convexe.

10 Carènes tombantes selon la courbure du dos.

POLYDESMUS ZAPOTECUS.

Gracilis, depressus; carinæ postice subemarginatæ, anqulo postico dentiformi. (Fig. A1. 14-416.)

®. Assez petit. Corps sensiblement déprimé, plus large que haut. Dos très-peu convexe, à peu près comme chez le P. virginiensis, mais beaucoup moins large à proportion. Les segments, capables de s’écarter fortement, mais capables aussi de se rapprocher beaucoup. Premier segment moins large que les suivants, à angles aigus ; les trois segments suivants allant en s’élargissant un peu. Carènes larges, peu tombantes (fig. 11°), mais point relevées”, continuant la courbure du dos; leur bord antérieur insensiblement avancé et le postérieur concave, excisé, mais formant à sa base une petite saillie en arrière (fig. 11%); l’angle antérieur arrondi, et le postérieur se terminant par une dent assez aiguë (fig. 114).— Ce prolongement en forme de dent de l’angle postérieur des carènes ne commence guère à devenir sensible qu'aux segments 7, 8, 9. Les carènes des segments 2-4 ont leur bord latéral simplement tronqué à angle droit et un peu arrondi.—Bourrelets réguliers, parfaitement supères ; les pores supères, petits, occupant le milieu des bourrelets, aux segments 9° et 7°, puis placés un peu plus en arrière et le devenant toujours plus.

L Elles le sont trop sur la figure.

DES MYRIAPODES DU MEXIQUE. by!

Segment préanal triangulaire, pointu. Plaque sous-anale en ogive, trimammelonnée au bout. La portion carénifère des segments légèrement striée. Deuxième article des pattes armé d’une très-longue épine; les derniers articles garnis de longs poils roides.

Couleur, brune? — [L'animal desséché, incolore.

Longueur 0", 029 ; largeur 0,005.

. Corps un peu plus aplati: carènes moins tombantes; les lobes dentiformes de leurs angles postérieurs plus prononcés.

Habite : Les régions chaudes du Mexique. — San-Andres-Tuxtla, etc.

Cette espèce est caractéristique dans le groupe des Fontaria, 4° par les épines très-longues du 2° article des pattes ; 2° par son corps grêle, par ses carènes terminées en forme de dent, dont le bord postérieur est un peu échancré, ou concave, pour concourir à former la dent, sans que cependant les carènes soient dirigées obliquement en arrière (fig. 11%). Vu cette circonstance, toutes les carènes, même celles du milieu du corps, sont terminées par une dent, quoique la direction de leur bord postérieur ne soit pas oblique en arrière. Pour le facies général, ce Polydême ressemble au P. carolinensis, dont le corps offre le même genre d'aplatissement.

Explication des figures : 11. Un mâle grossi. — 11 a. Grandeur naturelle {un peu petite). — 116. Un segment vu de profil. — 11 c. Coupe transversale du corps ; (les carènes sont trop relevées). — 11 d. Une des carèues vue en dessus, pour montrer la dent qui les termine (cette dent est un peu exagérée ici). — 11e. Le 7€ segment vu eu dessous, pour montrer les verges flagelliformes, qui remplacent la 6° paire de pattes et la base de la 7° paire, dont le 2e article est épineux. — 11 f. Une patte

de la partie antérieure du corps, vue de profil, pour montrer l’épine qui termine le 2° article. (Les pattes des segments postérieurs sont plus grêles et leur épine est plus longue.)

POLYDESMUS OTOMITUS.

(Fig. 19. 122-126; 43. 134-134:)

P. fraterno affinissimus at minor ; sat parvus, albidus, depressus ; carinæ cadentes, tuberibus incrassalis ; pori repugnalorii magni, in imis fossulis hiantes et in mediis tuberibus dispositi.

Saussure, P. otomitus, Linnæa Entomologica. XIII. 1859, p. 322. ©.

®. Petit. Formes assez semblables à celles du LP. fraternus ©, mais relative-

ment un peu moins convexe (fig. 12°). Corps rétréci en avant, à partir du 5° seg-

ment. Sillon du vertex prononcé. Antennes longues, pouvant atteindre jusqu’au 4°

ou 5° segment. Premier segment bordé antérieurement et latéralement ; ses angles arrondis. Dos luisant, très-finement strié, étant plus bombé que chez le P. wirqiniensis, à Carènes peu tombantes, mais à peine relevées. Segments réguliers, à carènes continues, bordées dans toute leur longueur par un bourrelet régulier et supère. Ceux des bourrelets qui portent des pores, élargis, presque en forme de losanges ; les pores très-grands, assez latéraux, s’ouvrant sur le milieu des bourrelets, même à l'extrémité du corps, et occupant le fond de grandes fossettes (fig. 49°). Il n’y a que les 3 ou 4 avant-derniers segments dont les angles postérieurs soient prolongés en arrière en pointe; celle-ci devient toujours plus forte jusqu’au pénultième. Segment préanal triangulaire, terminé par une pointe qui- n’est guère recourbée en bas (en forme de lame, plutôt que conique). Bord postérieur des segments n’étant guère concave jusqu’au 16°, le devenant aux anneaux suivants, par suite de l’obliquité du bord postérieur des carènes. Plaque sous-anale arrondie. Deuxième article des pattes faiblement épineux.

o”. Diffère de la femelle par ses carènes insensiblement relevées et plus aiguës à leur angle postérieur, parce que leur bord postérieur est légèrement dirigé en arrière.

Couleur, blanchâtre chez les individus desséchés.

Longueur 0", 024 ; largeur 0", 006.

Habite : Le plateau du Mexique et les terres tempérées (Cordova).

Cette espèce se confond à l’œil avec la suivante. Elle s’en distingue du reste assez facilement par ses pores répugnatoires qui s’ouvrent au fond de grandes fossettes ; le ©” a ses carènes beaucoup moins (à peine) relevées, et moins aiguës en arrière.

Nous ne connaissons cette espèce que par des individus jeunes. Tous ceux que nous possédons n’ont que 19 segments au corps; ils ne sont donc pas adultes.

Les organes copulateurs des mâles n'apparaissent encore que sous la forme de mammelons allongés. On pourrait donc supposer que ce Polydème est le jeune du P. fraternus, mais ceci ne paraît pas probable, car chez ce dernier : 1° les pores répugnatoires ne s’ouvrent pas dans des fossettes ; 2° le corps a une courbure plus forte et très-différente selon les sexes, ce qui n’est pas chez le P. otomatus ; 3° les carènes du o” sont tout autrement relevées. — Le P. fraternus ressemblerait plutôt au P. consobrinus.

Observations relatives aux figures : Fig. 12 ®. La portion antérieure du corps n'est pas assez at-

ténuée jusqu'au cinquième segment. — 12 a. Un peu trop petit. — 12 c. Les carènes ne sont pas tout à fait assez tombantes pour la Q.

POLYDESMUS CONSOBRINUS.

Fig. 43. 132-134.)

P. otomilo affinissimus, al carinarum tubera angustiora; pori repugnatoru parvi, post media tubera hiantes; S carinæ vix decidentes, horizontales. Saussure, P. consobrinus, Linnæa Entomologica, X111. 4859, p. 322, o.

@. Absolument comme le P. otomitus ; même grandeur, mais ayant le bord des carènes un peu plus tombant; le dos légèrement plus convexe. Bourrelets plus linéaires. Ceux qui portent les pores, à peine renflés. Pores petits, n'étant pas logés dans des fossettes, s’ouvrant en arrière du milieu des bourrelets, déjà même au 7° segment. Sillon du vertex faible, se terminant sur le front dans une fossette. Plaque sous-anale en ogive. Deuxième article des pattes plus fortement épineux que chez l’espèce citée, surtout dans la portion postérieure du corps.

oc’. Tout le corps sensiblement moins bombé ; bords latéraux des carènes plus droits que chez la ©, leurs angles postérieurs moins obtus, coupés à angle droit sur les segments de la première moitié du corps, et non obtus comme chez la ©. Dans les portions médiane et postérieure du corps, les carènes sont relevées horizontalement (fig. 13, 13°); leurs angles postérieurs sont aigus et prolongés triangulairement en arrière, en sorte que le bord postérieur des segments ne forme pas une ligne arquée, mais bien une ligne doublement brisée, dont la portion médiane est droite et transversale, tandis que les portions latérales (qui correspondent au bord postérieur des carènes) sont droites et obliques (fig. 13°). Angles postérieurs des carènes des segments 16-19, très-aigus, l’étant beaucoup plus que chez la ©. Carènes de l’avant-dernier segment subaiguës. Segment préanal (fig. 13%) plus convexe que chez la ©. Plaque sous-anale arrondie, se terminant par une pointe obtuse et offrant avant celle-ci deux petits tubercules qui n’occupent pas le bord de la plaque. Bourrelets étroits et réguliers’, percés de pores supères. Corps lisse ou très-finement ruguleux, avec de très-petites granulations éparses.

Couleur, grisâtre ou blanchâtre, avec de petites mouchetures grises, surtout sur la tête. Antennes plus obscures.

Longueur Ov, 031 ; largeur 0, 0073.

Habite : le plateau du Mexique. J’ai pris les deux sexes assez fréquemment sous les pierres, dans toutes les terres froides du Mexique, dans l’Anahuac, au pic d’0rizaba, etc.

1 La figure n’a pas bien rendu ce caractère.

Cette espèce pourrait être confondue avec le P. fralernus, si son corps, beaucoup moins voûté, ne l’en distinguait nettement, car la © du P. consobrinus est aussi fortement aplatie que le o* du P. fraternus où même plus, et le du premier l’est bien plus que celui du second, car il a ses carènes relevées horizontalement dans la moitié postérieure du corps, tandis que la zone médiane du corps est en forme de voûte surbaissée. Mais lorsqu'on n’a pas sous les yeux les deux espèces pour les comparer, on pourrait rester dans le doute. La forme du corps du mâle pourrait le faire confondre avec les P. tepanecus et lolonacus. Voyez encore la description du P. vicinus. L'aspect assez différent des deux sexes pourrait facilement les faire prendre pour deux espèces différentes.

Observation. — Nos individus possèdent bien leurs vingt segments au corps, et les organes copulateurs sont bien développés, allongés en forme de lanières. Aussi est-il probable que ces individus sont assez près d’avoir atteint leur limite de croissance. Cette espèce acquiert donc une taille moins grande que le P. olomilus, puisque, à grandeur égale, elle possède déjà ses vingt segments, tandis que ce dernier n’en possède encore que dix-neuf.

Explication des figures : 13. Extrémité postérieure du corps du P. consobrinus G. {Les carènes ne sont pas assez aiguës, ni assez triangulaires ; les bourrelets sont un peu trop larges et les pores trop supères.) — 13 a. Grandeur naturelle. — 13 b. Un segment du Go” grossi, vu de profil. — 13e. Coupe

transversale du corps du ©”. (Le replat horizontal des carènes est un peu trop large.) -— 13 d. Segment préanal de la Q@ , grossi.

POLYDESMUS VICINUS.

P. otomito affinissimus ; parvulus, albidus; carinæ subinclinatæ, in angulo postico paulum eminentes ; pedum articulus secundus angulosus, vir spinosus.

Saussure, Lianæa Entomologica, XIII, 1859, p. 322.

o”. ®. Petit, très-voisin du P. consobrinus, mais de longueur deux fois moindre, ayant aussi le corps plus grêle et plus voüûté.

Pour le facies, ce Polydême ressemble entièrement à l'espèce citée (voy. la fig. 12). Il en diffère surtout par les caractères suivants : Seulement l'angle postériewr des carènes un peu relevé triangulairement chez le ©: le triangle relevé étant finement chagriné. — On voit aussi une espèce de sillon ou de gouttière obtuse, déterminé par le relèvement du triangle postérieur, et qui part de l’angle antérieur de chaque carêne pour gagner obliquement son bord postérieur. Angles postérieurs des carènes du 19° anneau, arrondis. Plaque sous-anale terminée en angle arrondi. Valves anales plissées, offrant un tubercule près du milieu de leur bord interne. Le dernier

article des pattes, terminé angulairement en dessous, subépineux.

La © a le corps plus vermiforme et les carènes moins prononcées.

Longueur 0", 017 ; largeur 0,004.

Habite : comme le précédent, les terres froides du Mexique, le plateau de l’Anahuac: toutefois on l’a pris aussi à Oaxaca, sous un climat tempéré.

Observation 1"*. — Un individu, en tout semblable aux dix autres que nous possédons, si ce n’est qu'il est un peu moins voûté, offre des pores répugnatoires au 14° segment. Nous ne savons si c’est par anomalie ou si individu est le représentant d’une espèce séparée, distincte par ce caractère.

Observation 2. — Quoique le P. vicinus ait le corps plus vermiforme et les carènes moins larges, on pourrait le prendre pour le jeune du P. otomitus, mais il est à remarquer que tous nos individus offrent bien leurs 20 segments développés, et qu'ils sont par conséquent déjà adultes, ou pour le moins, qu’ils jouissent déjà de tous leurs caractères essentiels, sauf à acquérir une taille supérieure. Toutefois je conserve quelque doute à cet égard. — Comparez avec soin la description des deux espèces. La fig. 42, quoique se rapportant au P. otomitus, donne une idée assez approximative du P. vicinus.

II° SECTION. — Dos tres-aplati.

1° Carènes lombantes ; en toit, quoique fort peu obliques.

A. Carènes arrondies en avant, subaliformes, corps assez allongé.

POLYDESMUS TEPANECUS, (Fig. 147, 172-170.) Medrus, depressus, dorso paulum convexo ; carinæ haud eminentes, subaliformes ; pori repugnalorii in media fossula perforati ; dorsum fuscum, carinæ citrine. Saussure, Linnæa Entomologica, XTIT. 1859. p. 321.

o”. Corps très-peu voûté, l’étant seulement un peu plus que chez le P. virginiensis, mais ayant une forme plus allongée ; les segments moins continus, parce que les carènes sont arrondies agtérieurement, sans cependant être aliformes, attendu qu’elles ne sont pas prolongées postérieurement. Test très-lisse , luisant, à surface légèrement striolée ; les carènes en dessous l’étant beaucoup, la sculpture distinctement visible à l'œil nu, à strioles ondulées et confluentes. Carènes point relevées, continuant la courbure du dos, lequel est en forme de toit, arrondi au milieu (fig. 17°),

mais ayant chacune la direction d'un plan oblique, un peu relevé en arrière, en sorte que le bord postérieur de chaque carène s’imbrique sur le bord antérieur de la carène suivante. Bord postérieur de chaque carène faisant légèrement saillie en arrière du bord postérieur du milieu de l'anneau qui la porte (fig. 17); celui des carènes 1'° à 11° légèrement sinué, faiblement dirigé en avant; celui des suivantes fort peu oblique en arrière, sauf aux trois derniers. Bourrelets supères, assez larges ; pores placés chacun au fond d’une fossette ovale (fig. 17°). Deuxième article des pattes brièvement épineux.

Couleur du milieu du dos d’un beau brun-marron ; les carènes et même tout le pourtour du corps, jaunes. — Le dos est ainsi partagé en trois bandes, dont la médiane est brune et les latérales, qui sont presque aussi larges, jaunes. — Anus et pattes testacés!.

Longueur 0%, 040 ; largeur 0", 010.

Habite : Les terres chaudes du Mexique. — Cordova.

Cette espèce se distingue : 1° du P. virginiensis par ses carènes arrondies antérieurement et point relevées à leur bord ; 2 des P. otomitus et fralernus, par son corps plus large, bien moins convexe, et par ses carènes subaliformes, plus fortement sculptées. Sous le rapport de la forme des carènes, elle ressemble au P. Monlezum«æ, mais son corps est assez aplati, non convexe, en voûte demi-circulaire, à facies vermiforme, comme celui de cette espèce ; 3° du P. totonacus, dont elle a bien la forme et la courbure, par ses carènes subaliformes, fortement arrondies en avant; par la sculpture plus forte de ces appendices ; par ses pores logés au fond de fossettes ovales, etc.

B. Carènes tronquées presque carrément.

POLYDESMUS VIRGINIENSIS, Drury.

Corpus latissimum, valde depressum, cinereum; carinarum anguli el maculæ dorsi medii, fulva.

Drury, Julus virginiensis, Ins. Ex. I, tab. XLIIL, fig. 8 (1770). — Pallis. Beauv. Polyd. virginiensis, Ins. d’Afr. et d'Amér. — Gerv. Ann. Se. Nat. 2e sér, VIT, p.,#3, et Aptères. IV, 106, 29 {1805).:— Brandt. Recueil, 431, 15. — Gray. Fontaria virginiensis, Griffith, Anim. Kingd., pl. 435, fig. 1.

Très-large et peu bombé. Chaperon large, luisant, échancré en arc de cercle ; ses deux sillons latéraux assez prononcés et larges. Front partagé par un sillon qui,

1 Peut-être l'animal vivant est-il presque tout entier brun ?

en général, se termine sur le front en forme de fossette. Corps en ovale très-allongé, rétréci en avant, de sorte que le premier segment est bien moins large que les suivants ; angles de ce segment arrondis ; son bord antérieur bordé. Dos extrêmement surbaissé, en forme de toit très-obtus, mais la portion antérieure du corps un peu plus bombée.— Les segments 2 à 4 sont réguliers ; les suivants commencent à s’élargir un tant soit peu postérieurement, à la partie qui correspond à la carène, mais ce n’est pas l’angle postérieur de la carène qui s’élargit: c’est tout son bord postérieur, en sorte que le bord postérieur de chaque segment se compose d’une portion médiane droite ou arquée et de deux portions latérales, qui ont la même direction transversale, mais qui sont un peu plus reculées. En même temps l’angle postérieur des carènes devient aigu et il commence à se prolonger légèrement en arrière sur les segments suivants ; il se prolonge toujours plus angulairement vers l'extrémité postérieure du corps, et sur les segments 16 à 19 il prend Ja forme d’un triangle aigu et plat qui emboîte le segment suivant; sur le 49°, le bord interne de la carène forme angle droit avec le bord postérieur de l’anneau, et la carène se termine en pointe arrondie et plate. — Segment préanal en triangle allongé, subtronqué, bituberculé au bout et offrant souvent de petits tubercules sur ses bords. Plaque sous-anale en ogive, bituberculée. Bourrelets des carènes, très-minces, supères, étroits et réguliers, percés à leur milieu de pores simples et supères. Pores des derniers anneaux, occupant le milieu des bourrelets, non leur extrémité postérieure. Deuxième article des pattes, terminé par une longue épine. Dessus du corps luisant, comme enduit d’une espêce de vernis argenté, finement et irrégulièrement striolé et ruguleux sur le milieu du dos, l’étant plus fortement sur les côtés, où les stries tortueuses sont très-nettement visibles, même à l’œil nu; cette sculpture ressemblant presque à la peau humaine ratatinée.

Couleur d’un gris cendré; tête brunâtre ; angle postérieur des carènes, une tache au milieu du bord postérieur de tous les segments et segment préanal, fauves ou orangés. Souvent une tache de cette couleur à la partie antérieure du premier segment. Parties inférieures et pattes, fauves ou pâles.

Longueur 0", 040 ; largeur 0", 012.

Var. Un de nos individus n'offre aucune tache jaune sur le dos, mais il a tous les segments bordés d’orangé; le premier est même entouré de cette couleur. Le milieu du dos est souvent brun plutôt que cendré.

Habite : La Caroline du Sud.

Cette belle espèce se reconnaît surtout à ses formes larges; le dos n'a pas la forme d’une voûte, mais plutôt celle d’un toit très-obtus ; le milieu du dos seul étant arrondi, et les côtés formant presque deux surfaces plates et obliques.

Nota. — 11 me parait douteux que Palissot de Beauvois ait voulu donner des yeux à cette espèce, comme le pense M. Gervais {Aptères. IV, 106). Il a plutôt voulu figurer les organes lunuliformes placés derrière les antennes.

2% Carènes légèrement relevées, tronquées carrément.

POLYDESMUS TOTONACUS.

Fig. 14. 141-140.) |

Valde depressus; lœvis; carinæ segmentorum #-6 obliquiter antice inflexe ; pori repugnatorii ante media tubera perforati.

Saussure, Linnæa Entomologica. XLLE, 1859, p. 321. o”.

o’. Moyen. Corps très-aplati, large et peu élevé, très-peu bombé transversalement, l’étant même moins que chez le P. virginiensis, mais ayant une forme plus orêle. Carènes presque horizontales, grandes, régulières, tronquées carrément, même aux premiers segments; — à partir du 3° segment elles sont dirigées wn peu en avant, c’est-à-dire que leur bord postérieur est oblique d’arrière en avant (fig. 14,1); les carènes des segments suivants sont transversales, et ce n'est guère qu'aux segments 15-19 que leur bord postérieur est dirigé obliquement en arrière ‘. De plus, aux segments 4 à 17, ce bord ne continue pas le bord postérieur de la portion dorsale de l’anneau, mais il saute plus en arrière et forme ainsi une petite saillie® {o) qui s’imbrique sur la carène du segment suivant. — Bourrelets réguliers, parfaitement supères, ne formant en arrière aucune dent, si ce n’est aux segments 17 à 19, qui se terminent par des angles mousses. Pores répugnatoires situés en avant du miheu des bourrelets (fig. 14"), excepté aux derniers segments, où ils en occupent le milieu, et au 19°, où ils sont placés plus en arrière. Plaque sous-anale en forme d’ogive ; valves anales plissées, offrant chacune une grande bosselure. Test lisse, luisant, un peu striolé, surtout sur les carènes. Deuxième article des pattes épineux.

Couleur, chez les individus frais, brune, passant dans l’alcool au cendré verdâtre plus ou moins obscur, avec les bourrelets des carènes, fauves ; bord antérieur de la portion carénifère des segments et à chaque carène une tache qui n’atteint pas le

! Sur la figure, ces caractères ne sont pas rendus avec ass2z d’exactitude. L’obliquité des carènes des premiers segments est exagérée ; celle des carènes des derniers est au contraire trop faible, ete. La figure doit aider à la détermination, mais il faut soigneusement contrôler par la description les caractères qu’on eroira y trouver.

? Un peu exagérée sur la figure.

bord postérieur, noirâtres. Face ventrale et base des pattes, testacées ; extrémité des pattes et flancs, brunâtres. Antennes et tête, obscures. Portions cylindriques des segments, noirâtres, avec deux grandes taches claires. — Les individus desséchés passent en général au blanc et conservent souvent une double série de taches grises à la base des carènes, comme on le voit sur la figure; souvent aussi les antennes et le vertex restent noirâtres. — Vivant, l'animal est probablement brun.

Hubite : Cette belle espèce habite le plateau de l’Anahuac et les montagnes qui s'élèvent sur ce plateau.

Observations relatives aux figures : Fig. 14. Le premier segment du corps est trop grand; il devrait surtout être moins long par rapport à sa largeur. Les saillies à la base du bord postérieur des carènes (0) sont exagérées. Les bourrelets sont trop forts, et les pores trop supères. Les carènes ne sont pas coupées assez carrément à leur bord externe, surtout au 17° segment. Enfin les carènes du 19° segment

ne font pas assez saillie en arrière. — Les segments sont ici fortement séparés; à l’état de repos les carènes deviennent parfaitement continues. — 14 b. La carène tombe un peu trop bas.

POLYDESMUS TOLTECUS.

(Fig. 29, 93.

Fuscus, P. totonaco affinis, sed supra granulosus; dorso & convexiore, © depressiore; carinæ & paulum cadentes, S eminentiores, horizontales.

Saussure, P. toltecus, Linnæa Entomologica, 1859, p. 322. © .— P. granulosus, ibid., p.323. ©. — P. mayus, ibid.; p. 322. ©.

®. (Fig. 23.) Forme du P. totonacus, mais plus ramassé ; les segments du milieu entièrement rapprochés. Corps plus voûté que chez cette espèce, mais moins que chez le P. olomilus ou chez le P. limax. Carènes légèrement tombantes; pas assez pour continuer la courbure transversale du dos, mais trop pour être encore horizontales (fig. 23°). Ces appendices, insérés à mi-hauteur du corps, tronqués carrément sur les côtés, arrondis à leurs angles antérieurs ; ceux des segments 2 à 6 ou 7 ayant leur bord postérieur faiblement dirigé en avant, et légèrement saillant en arrière du bord postérieur de la portion dorsale du segment ; la saillie formant une petite lame tranchante qui s’imbrique sur le segment suivant {o). Les détails de forme, comme chez le P. totonacus ; Seulement les bourrelets un peu plus saillants et ayant presque une tendance à former une dent à leur angle postérieur. Tous les segments, sauf les 3 ou 4 premiers et derniers, portant trois rangées irrégulières et transversales de tubercules arrondis, polis et peu saillants (par places comme effacés). Pores répugnatoires placés comme chez le P. totonacus (fig. 23°), mais s’ouvrant dans des

fossettes. Tout le corps luisant, comme enduit d’un verni. Deuxième article des pattes armé d’une dent plutôt que d’une épine.

Couleur brune, avec le bout des carènes testacé. — Desséché, l'animal devient d’un blanc de porcelaine.

Longueur 0", 036 ; largeur 0", 0085 (fig. 22* ©).

©”. (Fig. 23.) Corps bien plus aplati. Carènes placées presqu’au même niveau que le dos, horizontales, relevées, en sorte que, prise dans son ensemble, la face supérieure de l’animal offre, dans le sens de sa longueur, un bourrelet médian, et, de chaque côté, une bande plate ou même une faible gouttière. Segments 7 à 45 s’écartant souvent un peu les uns des autres. Carènes insérées aux deux tiers de la hauteur des flancs (fig. 22°), arrondies en avant, quoique presque carrées, du reste constituées comme chez le P. totonacus, mais celles des segments 15 à 19 terminées par un angle aigu. Granulations du corps, comme chez la femelle ; mais devenant un peu allongées sur les segments postérieurs. Carènes striolées, n’offrant que quelques granulations éparses. Bourrelets parfaitement supères. Deuxième article des pattes, épineux. >

Longueur 0", 033 ; largeur 0", 0075.

Habite : Le versant oriental de la Cordillère du Mexique et le bord du plateau’.

Apparences diverses. Souvent le test est couvert de petites stries irrégulières : ces tubercules sont plus ou moins saillants, etc. Mais cette espèce, comme du reste toutes les Fontaria, peut entièrement changer d'aspect, lorsque ses anneaux sont écartés outre mesure. J'ai cru utile, pour donner une juste idée de ces apparences, de faire représenter sur la fig. 23 une © dont le corps est dans un état d'extension forcée, comme il apparaît, lorsqu'on retire l’animal d’une liqueur où les tissus se sont plus ou moins désagrégés. On voit par là combien une espèce se ressemble souvent peu à elle-même et combien on doit se tenir en garde contre les erreurs qui peuvent résulter du facies variable des individus. — J’ai été moi-même induit en erreur par l’apparence trompeuse de cette Fontaria. Ne croyant pas que ses anneaux fussent susceptibles de rentrer les uns dans les autres au point de rendre les carènes continues, j'ai été conduit à en faire, dans ma première note, une espèce du sous-genre Leptodesmus, que j'ai nommée granulosus*. Un nouvel examen m'ayant montré que tous les autres caractères sont identiques à ceux du P. toltecus, j'en ai conclu que mon P. granulosus ne pouvait être qu’un P. loltecus allongé outre mesure.

1 Une © est, à tort ou à raison, étiquetée comme ayant été prise à une altitude de 3000 mètres, au Pic d'Orizaba.

? Ce nom était du reste déjà employé par Palissot de Beauvois pour une autre espèce.

Sous-genre POLYDESMUS. / Sensu strictiore.)

Formes allongées, gréles. Carènes continues, insérées au sommet des flancs, de façon à rendre le dos complétement plat. Corps un péu déprimé. Deuxième article des pattes inerme. — (P. complanatus, Fab.)

POLYDESMUS SERRATUS, Say.

Fuscus; corpus complanalo-depressum, supra planum, squamosum (vel squamosotuberculatum) ; port repugnatorii minuti, laterales ; antennæ breves.

Say, Journ. of the Acad. of Nat. Sc. of Philad. 1820, p. 106.

os. ©. Corps déprimé, deux fois plus large que haut. Dos plat. Segments continus, s’imbriquant insensiblement ; n’offrant pas d’étranglements à l’état de repos. Antennes très-courtes, ne pouvant atteindre jusqu’au 3° segment; leurs deux derniers articles, très-courts. Chaperon en trapèze, subéchancré, à angles latéro-supérieurs saillants. Vertex partagé par un sillon qui s'étend presque jusqu’au niveau de la base des antennes. Premier segment moins large que le 2°, ayant ses bords latéraux confondus en arc de cercle avec le bord antérieur et avec les bords latéraux du deuxième. Segments tous partagés en trois portions : la portion médiane légèrement convexe, ayant sa moitié antérieure lisse, et la moitié postérieure couverte d’une double rangée de plaques ; ces plaques (ou tubercules aplatis), au nombre de quatre sur chaque rangée. Les portions latérales (ou carènes), offrant une faible bosselure et bordées le long de leurs trois côtés, ayant l’angle antérieur arrondi et le postérieur aigu et prolongé en arrière. Bord latéral des carènes un peu arqué, portant à côté de sa bordure un bourrelet en forme de bosselure allongée, qui se termine dans l’angle postérieur. Pores répugnatoires latéraux et petits. Segments postérieurs se terminant par deux fortes dents. Le préanal triangulaire, subaigu. Plaque sous-anale arrondie. Couleur brune.

Habite : Les Etats-Unis, en particulier la Caroline du Sud. — Je dois cette espèce à l’obligeance de M. Zimmermann.

Ce Polydême ressemble étonnamment au P. complanatus. Xl en diffère par sa plus grande taille, par l’extrême brièveté de ses antennes, par son corps qui n’est pas

rétréci en avant et par la portion antérieure des premiers segments, qui est plus lisse au milieu, etc.

Say dit que les bords latéraux des carènes sont denticulés ; ils le sont en effet, mais si finement qu'on ne distingue les dentelures qu’au moyen du microscope ou d’une forte loupe.

Sous-sgenre RHACHIDOMORPHA', Sauss.

Carènes longuement séparées, insérées au sommet des flancs, réfléchies en haut { montantes), plus ou moins spimformes”; n'offrant pas de bord externe, mais seulement un bord antérieur et un postérieur, vu leur forme de triangle arqué (fig. 24°).

Les carènes ont ici une figure tout exceptionnelle; elles sont plus qu'aliformes, étroites, longues et arquées en forme de corne, et leur extrémité se termine par une longue épine. En conséquence de cette configuration, elles n’offrent pas de bord externe, mais seulement un bord antérieur et un postérieur, et ces deux bords arqués, qui se rencontrent sous un angle très-aigu, concourent seuls à la formation de la pointe spiniforme par laquelle ces appendices se terminent. Ceci tient à ce que le bord antérieur de la carène et son bord externe se confondent en une seule courbe, par suite de la disparition totale de l'angle antérieur, et cette courbe devient le bord antérieur. Toutefois on peut distinguer le point de séparation des deux moitiés de ce bord, car il existe en cet endroit une petite dent qui indique la terminaison du bord antérieur proprement dit. La portion de l'arc située au delà de cette dent, représente le bord latéral ou externe de la carène et c’est lui qui porte le pore répugnatoire. L’épine terminale représente donc lPangle postérieur de la carène.

L'‘pxus, épine du dos, -use@», forme. (Le corps de ces Polydèmes offrant une certaine ressemblance avec une colonne vertébrale). Ce groupe ne peut encore être défini d’une manière exacte, parce qu'il n’est basé que sur une seule espèce. La connaissance d’autres types, voisins de celui-ci, obligera peut-être d'en modifier la diagnose.

? Ou plutôt corniformes.

Dans ce type les carènes sont trop étroites pour qu'il existe des bourrelets proprement dits; les pores s'ouvrent latéralement sur le bord externe des carènes.

POLYDESMUS TARASCUS.

(Fig. 24, 24%-244.)

Minutus; carinæ valde distantes, supra reflexæ, corniformes, in spinam elonga- Lam aculamque excurrentes, antice basi marginatæ et dente minimo in medio margine convexo antico, instructæ.

Corps grêle, allongé, à segments longuement séparés. Antennes très-longues, très-grêles, à articles allongés. Premier segment ayant son bord antérieur convexe, arqué en demi-cercle ; ses carènes fortement aliformes, relevées, à bord postérieur concave , terminées par une pointe arquée très-aiguë, qui regarde en arrière. Carènes des segments suivants en forme d’ailes étroites, fortement relevées, montantes (regardant en haut), terminées par une épine aiguë qui se dirige en arrière. Celles des 2° et 3° segments ayant leur base d’abord dirigée un peu en avant, puis se recourbant en arrière’. Celles du 18° segment redevenant aliformes et dirigées parfaitement en arrière : celles du pénultième, simplement spiniformes. Bord antérieur des carènes bordé par un cordon marginal, lequel s’arrête à peu près au milieu de l'arc que décrit ce bord, en formant une petite saillie dentiforme. Pores répugnatoires s’ouvrant sur le bord antérieur des cornes, ou carènes, non loin de leur extrémité. Segment préanal conique, en entonnoir. Plaque sous-anale en ogive: valves striées, à bord interne saillant. Corps lisse, luisant ; le 18° segment strié longitudinalement à son bord postérieur. Portion postérieure de tous les segments offrant au milieu un sillon arqué, qui s’étend de la base d’une carène à la base de l’autre et qui dessine un demi-ovale.

Longueur 0", 021.

Habite : La zone chaude du Mexique. — Cordova.

Explication des figures : 24. L'espèce grossie. (Les carènes ne sont pas assez étroites; celles de la portion antérieure du corps sont trop obliques en arrière et elles n'ont pas la double courbure que l'on observe à ces appendices.) — 24 a. La grandeur naturelle (trop petite). — 24 b. Un segment vu de profil. — 24 c. Coupe transversale du corps. {Les carènes sont trop fortement dirigées en haut, trop peu divergentes.) — 24 d. Segment préanal et carènes du segment pénultième. (Les carènes sont trop grandes, point assez spiniformes ; elles ressemblent plutôt à celles du 18° segment qu’à celles du 19e.)

! On ne peut mieux expliquer leur forme qu'en disant que, vues par devant, elles ressemblent aux cornes des bœufs.

Sous-genre STENONIA', Gray.

Bord latéral des carènes aminci, tranchant, dépourvu de bourrelets, découpé ou dentelé, ou denticulé; quelquefois seulement échancré. Pores répugnaloires s'ouvrant à la face supérieure des carènes. Carènes discontinues, en général très-grandes; séparées par des élranglements, comme chez les LEPTODESMUS. Forme du dos variable. Deuxième article des pattes inerme.

On peut partager ce sous-genre en trois divisions bien caractérisées.

I'° DIVISION, — Odontodesmus *.

Corps gréle. Carènes n'offrant pas de bourrelets distincts ; ayant leur bord latéral denticulé. Pores répugnatoires, marginaux, s'ouvrant à côté du bord des carènes. (Corps plus ou moins vermiforme, à carènes espacées et tombantes. Segment préanal en palmette arrondie; plaque sous-anale échancrée.)

Exemples: Polydesmus javanus, Sauss. 1. e., p. 324. — Polyd. denticulatus, Le Guillou, Bull. Soc. Phil. de Paris. 1841, p. 85. — Gerv. Aptères IV, p. 103, 21.

l Je me suis trompé en affirmant dans ma note préliminaire que ce genre ne pouvait être admis ; il avait été si incomplétement décrit que je m'étais mépris sur ses caractères, en sorte que je n’y ai pas fait figurer le P.véridis, qui évidemment doit y entrer. Cette coupe sous-générique mériterait peut-être d’être érigée en genre, mais, pour la bien définir, il faudrait posséder une série plus complète des types dont elle se compose. Je serais maintenant assez tenté de séparer les Stenonia des Polydesmus pour en former un genre, mais je n’ai pas cru devoir le faire ici, parce que les Stenonia ne sont pas encore assez bien connues pour qu'il soit possible de juger des limites du genre et les transitions qui les rattachent aux Polydesmus sont évidentes. Ainsi le P. viridis n'a déjà plus les carènes denticulées et il se rapproche des vrais Polydesmus par ses pores marginaux, la transition est bien plus marquée encore dans les Odontodesmus, qui, non-seulement ont les pores marginaux, mais qui rappellent de plus, par leur forme générale, celle des Paradesmus et des Leptodesmus. Enfin les Polydesmus proprement dits font de leur côté un pas vers les Stenonia, car eux aussi ont les carènes denticulées. (P. serratus, etc.) — I est fort possible qu’on découvre un jour d’autres types intermédiaires qui, en complétant ces transitions, serviront de lien parfait entre les Stenonia et les autres groupes du genre Polydesmus.

2 G9ode, odevres, dentelure, -deu>, segment.

Quoique ce groupe ne paraisse pas être représenté en Amérique, j'ai cru devoir l'indiquer ici, afin d'empêcher qu’on ne le confonde avec les suivants. Il semble servir de lien entre les Stenoma d’une part, les Paradesmus et les Leptodesmus d'autre part, car il se rattache au premier par son segment préanal en palmette et au second par les formes générales du corps.

Les Polydêmes qui appartiennent à cette division ne sont presque que des Paradesmus dont les carènes sont denticulées. Sous ce rapport ils diffèrent essentiellement des vraies Sfenoma par le fait que les pores répugnatoires sont placés comme chez les autres Polydêmes, quoique les bourrelets aient disparu.

EL° DIVISION. — Khachis, Sauss.!

Carènes fortement séparées , larges , lamellares, à bord latéral amincr, grand et découpé en forme de lobules, ou subdentelé. Pores répugnatoires s'ouvrant à la face supérieure des carènes, mais placés très-près du bord latéral, et, en général, au fond d'une espèce d'échancrure oblique ; s’écartant du bord aux segments de lextrémité postérieure du corps et occupant alors leur face dorsale. Segment préanal triangulaire ou subconique. (Carènes montantes; pattes très-longues; plaque sous-anale en ogive.)

Le bord des carènes est ici plutôt découpé que dentelé; souvent il est un peu échancré, et excisé en dessus, de façon à offrir une fossette qui contient le pore. Celui-ci est contourné par un cordon saillant qui part des deux crénelures, entre lesquelles se trouve la fossette, et 11 est débordé en dessous par une lame qui forme une crénelure intermédiaire. La fossette va s’allongeant et s’effaçant de plus en plus vers lextrémité postérieure du corps, à mesure que les pores s’écartent du bord et se rapprochent du milieu des carènes.

L'‘édxis, colonne vertébrale. — J'avais d’abord fait de ce type un sous-genre, mais la

disposition de ses pores répugnatoires lui assigne incontestablement une place parmi les Stenonia.

Les animaux de ce groupe paraissent appartenir exclusivement au nouveau continent. Ils forment, par l’ensemble de leurs caractères, la transition aux Strongylodesmus, et offrent avec eux une si frappante ressemblance qu’on pourrait facilement les confondre.

POLYDESMUS VIRIDIS.

(Fig. 49. 19%.)

Viridis; carinæ disjunclæ, distantes, lamelliformes , lalæ, ascendentes, margine lalerali, emarginato, dentato-lobalo ; pedes perlongi.

Saussure, Linnæa Entomologica. XIII, 1859, p. 326.

o”". Corps très-osseux ; Ses anneaux ressemblant à une série de vertèbres; leurs portions cylindriques ne pouvant rentrer dans les portions emboîtantes. Carènes montantes, longuement séparées, très-larges, lamellaires , insérées au sommet du corps et dirigées obliquement en haut ; leur longueur à peu près égale à leur largeur. Premier segment presque aussi large que le 2°; concave et bosselé ; son bord antérieur un peu échancré, mais moins que chez le Strongylodesmus cyaneus; ses lobes latéraux montants, triangulaires , à angle postérieur subaigu. Les trois segments suivants ayant leurs portions carénifères 4 ou 5 fois plus larges que longues ; leurs carènes un peu obliques en avant, très-larges et très-courtes, comme chez l’espèce citée, mais ayant déjà leur bord externe arqué, subtrilobé. Les carènes suivantes très-grandes, très-larges, et aussi longues que larges, mais un peu moins larges au bout qu’à leur base, parce que jusqu’au 13° anneau leur bord postérieur est dirigé obliquement en avant; aux 14° et 15: il est tranversal, mais alors le bord antérieur des carènes devient oblique en arrière, et l’angle antérieur s’arrondit; aux suivants, l’angle postérieur devient dentiforme et se prolonge fortement en arrière (fig. 19, d); les carènes deviennent alors nettement aliformes, et la partie postérieure du corps se rétrécit sensiblement, malgré la grandeur des carènes. Le bord latéral de ces dernières offre d’abord une petite dent (+) qui termine le bord antérieur ; puis il est fortement arqué à celles qui ne portent pas de pores (6°, 8°, 14°), puis échancré (e) avant l’angle postérieur, qui forme aussi une dent. Aux carènes qui portent les pores, cette échancrure est plus grande, elle occupe plus de Ja moitié du bord de la carène (0) et elle est placée entre deux dentelures du bord. Entre ces dentelures est une autre petite dent, surtout distincte aux segments 12, 13, 15, en sorte que le bord externe est tridenté (r). Entre les deux grandes

dentelures est une fossette, tout à fait supère, qui contient le pore répugnatoire, lequel n’est pas marginal. Au 16° segment celui-ci s’écarte du bord, et la fossette qui le contient s’allonge obliquement ; aux anneaux 17-19 la fossette s’efface et le pore est placé loin du bord, sur la face supérieure de la carène. Le bord postérieur des carènes est échancré vers le bout, à côté de la dent formée par l’angle postérieur (s). — Segment préanal conique. Antennes et pattes très-longues; celles-ci inermes.

Couleur, bleue ou verte, se conservant même chez les individus desséchés.

Longueur 0", 060; largeur des portions carénifères 0", 007.

Habite : Le versant oriental de la Cordillère du Mexique. Jen ai pris deux individus ©” à Orizaba.

Var. Les dentelures des carènes ne sont pas toujours également bien prononcées.

Ce singulier Polydême ressemble d’une manière si frappante au Strongylodesmus cyaneus, qu’à première vue on pourrait le prendre pour le mâle de ce dernier’. Ces deux Myriapodes offrent un exemple frappant de cette analogie de fucies si remarquable, qui semble souvent rapprocher les espèces d’une même faune, sans que cependant cette analogie dans la figure coïncide toujours avec les caractères zoologiques. — Le P. viridis est, du reste, très-facile à distinguer du Sérongylodesmus cyaneus, car il en diffère par ses carènes réfléchies en haut et échancrées; par la forme de ces appendices qui sont plus grands, surtout beaucoup plus longs dans le sens antéro-postérieur *, en sorte que les portions cylindriques ou étranglements sont, relativement aux carènes, moins longs, etc. D’ailleurs, les caractères génériques seuls suffiraient pour faire distinguer les deux types à première vue.

Explication des figures : 19. Portion du corps, comprenant les anneaux 6-11, vue en dessus,

grossie et représentant le corps fortement allongé. — 19 a. Grandeur naturelle de cette même portion.

Observation. — Les carènes sont un peu trop écartées; les portions cylindriques ne devraient avoir

qu'une longueur moitié moindre que les portions élargies. La forme et les dentelures des carènes ne sont pas bien rendues ; c'est à tort que l’on a indiqué l’existence de rebords qui rappellent des bourrelets.

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