Raphaël Joli. Steidele
Raphaël Jean Steidele. également accoucheur et professeur de chirurgie pratique et d'accouchements à l'hôpital général de Vienne, mérite la reconnaissance du public par ses travaux sur la médecine opératoire instrumentale en général, et sur l'emploi du forceps.
Dans son livre, il chercha à démontrer l'indispensable nécessité des instruments dans la pratique des accouchements, à décrire les règles à observer dans leur emploi, et à restreindre le plus possible l'usage des instruments tranchants. Ceux-ci ne doivent jamais être appliqués sur un enfant vivant, et si la perforation est absolument indiquée, il conseille d'attendre la mort de l'enfant avant de la pratiquer. Les règles qu'il donne, pour l'emploi du forceps, sont excellentes, elles mettent spécialement en relief les trois directions différentes, suivant lesquelles s'opèrent les tractions : d'abord directement en bas, puis horizontalement, enfin de plus en plus dirigées en haut; ces règles conservent toute leur valeur aujourd'hui. 11 montra ensuite le préjudice que peut causer le forceps, quand il est mal appliqué, quand ill'a été trop tôt, ou trop tard. Stedele donne ensuite des règles spéciales pour les diverses positions de la tête, et dans celles-ci, il admet même celles de l'oreille ; le meilleur instrument, selon lui, est celui de Levret, et les règles qu'il expose se rapportent à cet instrument. Le levier est, d'après lui, inutile ou nuisible, les raisons qu'il donne sont justes. Pour faire l'extraction du siège enclavé, il a proposé un instrument nouveau, composé de deux crochets mousses symétriques garnis de manches, croisés e t unis
par l'articulation du forceps, auquel il a donné le nom de forceps pelvien à crochets (Steiss-hackenzange). Les parties supérieures de l'instrument doivent être recouvertes d'une lanière de cuir lin. L'opération césarienne ne devra être pratiquée : i° que quand le bassin est tellement étroit, qu'on ne peut que difficilement faire pénétrer la main dans la matrice, quand la version étant nécessaire, on ne peut la l'aire (Levret) ni extraire ainsi ; 2'^ quand l'enfant se trouve dans une trompe, dans l'ovaire, ou dans la cavité péritonéale ; 3° quand, pendant l'accouchement, l'enfant a passé tout entier dans la cavité abdominale, à travers une déchirure de l'utérus. Les anciennes indications, telles que l'atrésie des partiesgénitales, sont complètement rejetées par l'auteur. Steidele a aussi composé, pour les sages- femmes, un livre qui a eu successivement plusieurs éditions, et qui est conforme, comme principes, et comme plan à celui de Plenk. Steidele arriva à un âge très avancé, resta très longtemps dans ses fonctions ; il ne fut mis à la retraite que le 27 octobre 1 8 1 6, et sa chaire et ses fonctions furent confiées le 17 mars 18 17 au maître actuel Luc. JOH. BOER.
Obs.— Steidele est né à Innsbruck le 20 fév. 1737. (Meissel, gel. Teiitschl) (l'Allemagne savante), t. VII, 1798. Sa mise à la retraite eut lieu à l'âge de 80 ans. Voy.: * Med.Jahrb. desK.K.oestr. Staats, t. IV, 2« fasc. VVien, 1817,111-8°, p. 2g.
Les écrits d'obstétricie de Steidele sont :
* Unterricht fiir Hebammen (Instrucûon yiouv les sages-femmes). Wien, 1774, in-8°, nouv. éd. av. pi., 1779, in-80 (Sur le titre, Raph. Joh. Steidele s^intitule Prof, public extraord. d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements ; chirurgien des hôpitaux réunis de l'Espagne et de la Trinité, les figures sont celles de Smellik, réduites).
Sammlung merkipiirdiger iind fiir Aer:{te, Wundàr^^te , haiiptsdchlich aber fïir Geburtshelfer iind Hebammen niit\licher Beobachtiingen von der in dcr Gebiirt \erisscncn Gcbàrniutter, fnit Anmerk 11. Kitpf (Collection de ruptures utérines remarquables, survenues pendant l'accouchement, intéressantes pour les médecins et les chirurgiens, essentiellement utiles pour les accoucheurs et les sages-femmes, avec réflexions et planches). Wien, 1774, in-8'' (on y trouve des observations de Lebmacher).
* Abhandliingvon dem iinvej'meidlichen Gebraiich dei- Instrumente inder Geburtshuif e{DeV'mdispensi\h\e nécessité des instruments dans l'art des accouchements). Wien, 1774, in-8°. * Nouv. éd. revue et augmentée, ibid., 1785, in-8" (Sur la figure frontispice, un ange descendant du ciel apporte le forceps de Levret à la déesse Luxine, debout à côté d'une parturiente. Le perforateur et les crochets aigus sont parterre; un ange qui survient bénit la pariuriente, et repousse d'un pied dédaigneux ces instruments, un troisième ange montre un livre ouvert) :
* Sammlwig verschiedener in der med. 11. pract. Lchrschiile, theils ausser derselben gemachtcn Beobachtungen chir.Vorfàlle und nndernaturlicher Geburten (Collection de cas d'accouchements contre nature de diverses sortes, observés dans l'école de médecine et de chirurgie pratique, et en dehors d'elle). Wien, 1781, in-8° (forme le 3« vol. des Obs. de chir. et ace. publiés par Steidele depuis 1776).
Verhaltiingsregelen fiir Sclupangere, Gebàrende iind Kindbetterinnen in der Stadt und au/ dem Lande (Règles de conduite pour les femmes enceintes, en travail et accouchées de la ville et de la campagne). Wien, 1787, in-8'', ibid., i8o3, in-S". Constitue la première partie de la collection des œuvres de St. en 4 parties, qui ont paru sous le titre général de Abhandl. der Geburtsh. (Mémoires d'accouchements). Wien, i8o3, la 2^ partie contient les accouchements naturels, la troisième les accouchements contre nature, etc. la 4° de l'usage des instrum. 4^ vol., Vienne, 1812-1814, in-S".
§ 168. — Les maternités publiques à Vienne.
Il a été exposé plus haut (| i54), quels services a rendus van Swieten en créant à Vienne une chaire publique d'accouchements, confiée à Crantz, le digne élève de Levret (1752). Son successeur fut Lebmacher, Crantz ayant été appelé à d'autres fonctions. Dans la conviction où était van Swieten, que cet enseignement ne produirait les fruits qu'on est endroit d'en attendre, que si, à l'enseignement théorique, on joignait un enseignement pratique, il obtint delà bienfaisante souveraine la création d'une maternité ouverte à l'enseignement, qui avait manqué jusqu'alors;
DEPUIS l'invention DU FORCEPS JUSQu'a LA FIN DU XVIII^ SIECLE 428
en 1755, on affecta à cet enseignement une portion de l'hôpital St-Marc, depuis longtemps destinée aux accouchements, dans lequel Crantz, et plus tard Antoine Rechberger enseignaient. (Les premiers pratiquants, en 175 5, furent Lebmacher et Krapf, que VAN Swieten y avait envoyés pour achever leur éducation.) Bientôt cet établissement fut trouvé trop petit, et on fut forcé de remédiera cet état de chose. En 1784, quand l'hôpital général fut achevé, et que par les soins du généreux Souverain, l'empereur Joseph, il fut placé sous la direction de M. Quarin, une aile de cet édifice fut affectée au service des accouchements, sous la dénomination de « maison générale d'accouchements » (allgemeines Gebiirhaus), et destinée à l'enseignement. Le président de la faculté de médecine, de Stœrk, si dévoué à ses fonctions, fitétablir un règlement d'après lequel aucun médecin, chirurgien ou accoucheur ne pourrait pratiquer son art, en ville ou à la campagne, s'il n'avait pratiqué pendant un temps fixé, dans cette maison, et y avait subi ses examens. Le premier accoucheur en chef de cet établissement, chargé d'enseigner, de procéder aux examens, et de délivrer le certificat de pratiquer, fut Simon Zeller. Lebmacher conserva l'enseignement théorique, que devaient fréquenter tous les élèves en médecine et les sages-femmes, avant d'être admis à la maternité. Steidele fut chargé des exercices sur le mannequin et sur le cadavre, desexercicesd'exploration, et de la direction des accouchements confiés aux élèves; il y ajoutait, encore des leçons sur les accouchements. C'est ainsi que l'Allemagne fut mise en possession d'un établissement grandiose, qui pouvait se comparer, avec avantage, à ceux de l'étranger, et fournir aux maîtres qui y étaient préposés une source abondante d'instruction, aux élèves qui le fréquentaient un vaste champ d'observations et d'études, dans ce livre de la nature, toujours ouvert à leurs investigations ; il devait en résulter aussi pour l'humanité, et les progrès de la science, un bien immense, que les fondateurs avaient espéré en le créant.
Obs. — Sur l'histoire de la maternité de Vienne, voy. : * S