Progrès de Vobstétricie à Vienne. Jos. Jac. Plenk
L'école de Vienne, à laquelle Crantz avait donné un certain essor (§ 154), se maintint à ce niveau, bien que le successeur de Crantz, Val. Ferd. Lebmacher, n'ait pas étendu le cercle de son action, puisqu'il n'a rien publié, mais il se distingua comme praticien judicieux, et comme maître de nombreux élèves, qui sont devenus d'habiles accoucheurs. Parmi ceux-ci se trouve Jos. Jac. Plenk, d'abord professeur à Tyrnau, en Hongrie, qui fut appelé plus tard à Vienne. Il fit connaître, par ses écrits, les principes de son maître, auxquels il ajouta ce que son observation personnelle lui avait appris, rendant compte ainsi au public de la manière dont l'obstétricie était cultivée à Vienne. Son livre d'accouchement, dont la première édition fut publiée en 1768, fut accueilli avec une faveur si grande, que bientôt les éditions se multiplièrent; il fut introduit dans toutes les universités d'Allemagne, et servait de base à l'enseignement oral. Plenk sépara nettement la description de l'accouchement naturel, de l'accouchement contre nature.Pour le premier, les conditions nécessaires sont la normalité chez la mère et chez l'enfant. Le mode de présentation de l'enfant est la condition essentielle de l'accouchement facile. Quand l'enfant, naturellement situé, ne naît pas facilement, en peu de temps, et dans des conditions particulières, l'accou-
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chementest encore appelé naturel, mais difficile. Plenk appelle la présentation la plus naturelle de l'enfant celle où la tête s'engage directement dans l'orihce de la matrice, et où la face est dirigée vers le sacrum, l'occiput vers le pubis.
Plenk sentait bien que l'accouchement pouvait encore se termi nernormalement.quand la présentation était diflérente; pour donneràces variétés place dans son système, il se servait du comparatif et du superlatif. Il n'a pas précisé les cas où. dans d'autres présentations, on pouvait abandonner Taccouchement à la nature, bien loin de là. car il conseille d'intervenir toujours dans les présentations du siège, de la face et des pieds. Il admet pourtant que l'accouchement par la face puis se se terminer normalement,toutefois il ajoute que la plupart des enfants naissent alors morts ou très faibles. Ce qui a trait au bassin est bien exposé, et non moins exacte est la description qu'il fait des phénomènes dynamiques de l'accouchement. Il appelle très bien l'attention sur les phénomènes actifs et passifs de l'accouchement, et. dans cet exposé, il se sert déjà du terme de « mécanisme de l'accouchement » dont la normalité dépend à la fois de la structure du bassin et de la forme de la tête, dont les mouvements de rotation, ainsi que ceux des épaules, dépendent des diverses régions du bassin. Parmi les signes de la grossesse, il met en relief le ramollissement du col, et il combat l'idée de ceux qui pensent que la fermeture de Toritice utérin est le signe le plus certain de la grossesse. Les causes des accouchements difficiles doivent être cherchées dans des altérations du côté delà mère, ou de l'enfant; Plenk ajoute, avec raison, à ces causes d^accouchements difficiles, les fautes qui ont pu avoir été commises parla sage-femme ou par l'accoucheur. Parmi les causes qui dépendent de la mère, l'auteur cite surtout les altérations pelviennes, auxquelles il accorde une grande attention : étroitesse ou trop d'amplitude, forme particulière du sacrum, immobilitédu coccyx, exostosesetdureté des cartilages pelviens qui peuvent causer des accouchements vicieux. AToccasion des exostoses, Plenk cite un cas observé par Lebmacher. qui n'est raconté que superficiellement, si bien quil reste du doute sur la
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cause d'une dépression sur la tête du fœtus, qui pourrait bien avoir été produite par la saillie du promontoire. Dans les cas d'étroitesse pelvienne, Plenk émet le vœu que les femmes accouchent au septième ou au huitième mois, ne se doutant pas que ce vœu serait un jour réalisé, en Allemagne, par la provocation de l'accouchement. (Plenk n'admet la perforation que chez l'eii' fant notoirement mort; et dans tout son livre il reste fidèle à ce principe.) Comme autres causes de dystocie, Plenk mentionne les défectuosités des grandes lèvres, du vagin, de l'orifice utérin, de la matrice et des parties voisines, ainsi que le défaut d'énergie dans les contractions utérines. Plenk admet, comme présentations défectueuses, celles des pieds, des genoux du siège, et de la face, il y ajoute toutes les présentations imaginables : du ventre, de la poitrine, du cou, même des oreilles ; il est certain qu'on lui doit l'introduction, en Allemagne, de cette multitude de variétés de présentations, qu'on ne trouve jamais dans la nature, mais seulement dans les traités. Les présentations des pieds et du siège causent des accouchements à moitié naturels et à moitié contre nature, puisque dans tous les cas, il faut que la tête soit dégagée.
Il admet la conversion de la présentation du siège en présentation des pieds, et dans celle-ci, l'extraction doit toujours être faite. Parmi les instruments utiles, Plenk place en première ligne le levier de Roonhuysen ; selon lui, c'est le plus simple et le plus inoffensif de tous les instruments, avec lequel on peut donner à la tête une direction normale, quand elle ne l'est pas, et au moven duquel on peut la dégager de l'entrée et de la sortie du bassin, quand elle s'y trouve arrêtée. Au reste, il enseigne aussi l'usage du forceps, il recommande particulièrement celui de Levret, et donne de bonnes indications sur son emploi. Dans les grossesses gémellaires, l'expulsion du second enfant devra être abandonnée à la nature, même s'il se présente par le siège. Les conseils qu'il donne pour les accidents de la délivrance sont très judicieux, aussi bien dans les cas d'implantation vicieuse, que dans les cas de rétention prolongée du délivre, et de son extrac-
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tion artificielle, à laquelle on peut être forcé, par suite d'hémorrhagies ou d'autres accidents.
Ses connaissances sur les grossesses extra-utérines sont Justes, il indique les diverses manières suivant lesquelles la nature peut elle-même les terminer, et qui sont des indices pour l'intervention de l'accoucheur. On doit à Plenk d"'avoir introduit dans la pratique obstétricale, la teinture de cannelle, qui, aujourd'hui encore, jouit d'une certaine efficacité dans les hémorr.hagies; il dit que VAN Swieten lui a enseigné l'utilité de ce médicament, dont il fait un grand éloge. Plenk réduisit, en un texte condensé, en langue latine, ce qu'il avait exposé dans le livre allemand publié en 178 1. Le livre a une forme aphoristique destinée à seivir de programme à ses leçons.
Dans un âge avancé, il avait composé, sous la même form e, un livre sur les maladies des femmes, qui ne parut qu'après sa mort (1808), il mourut le 24 août 1807 ^ l'âge de 75 ans, comme piofesseur honoraire, après avoir occupé la chaire d'accouchements pendant 14 années.
Obs. I. — La variété des connaissances médicales de Plenk est prouvée par la multiplicité de ses écrits, qui se rapportent à diverses branches de l'art de guérir : à la botanique, à la toxicologie, à l'anatomie, aux maladies de la peau, à la syphilis, à la chirurgie, aux maladies des yeux, et à la médecine légale, etc. Parmi ces écrits il convient de noter ici les suivants :
* Jos. Jac. Plenk, der Wundarpiei iind Gebiirtshiilfe Meisters, Anfansgrûnde der Gebiirtshûlfe . {Eléments de l'art des accouchements de J. J. P. Maître en chirurgie et accouchements). 'Wien, 1768, in-8'', en 2 parties avec pagination continuée : I part, de Face, naturel ; II part. ace. diffic. et contre nat. av. pi. * 2® éd. Wien, 1774, in-8". * 5" éd., 1798, in-S^.
* Elementa artis obstetric. Edii. prœlectionibus accommodata, Wien., 1781, in-8°.
* Doctrina de morbis sexus feminei. Vien, 1808, in-8". (Dans la préface, l'auteur, dit : « Consultissime foret, si artis obstetriciœ professores finito cursu academico etiam doctrinam de morbis mulierum ac infantum addereni. Hanc legem ego per quatuordecimannos,quumartisobstetriciie munu s publiée t rade n dit mihi incubuit, sedulo observare consuevi. »)
Obs. IL — Dans les programmes des cours de l'université de
Leipzig de l'année i ']-'}> et suiv. nous trouvons indiqué le livre de Plenk positivement comme programme des leçons d'obstétricie, de BuRDACHetde Gehler. Fohl, comme ses contemporains, enseignait d'après Fried. En 1790, Gehler enseignait encore d'après Plenk.