‹ Essai d'une histoire de l'obstétricie (volume 2)Chapitre 27 sur 32 · Jac. Fr. Schweighaeuser · texte numérisé non relu

Jac. Fr. Schweighaeuser

Il faut mentionner encore un accoucheur de Strasbourg, dont les travaux, commencés à la fin du dernier siècle, se sont continués jusqu'à ces derniers temps. Jacques Frédéric Schweighaeu- SER était un élève du professeur d'obstétrique de Strasbourg, OsTERTAG (mort en 1794), un des derniers élèves de Levret. En 1796, il publia, sur le forceps, un mémoire qui contient en général, les doctrines de son maître, sauf quelques modifications ; c'est ainsi que Schweighaeuser conseille d'enlever les branches de l'instrument, quand la tête est arrivée à la sortie du bassin, et quand on peut compter encore sur des contractions énergiques; de celte façon, pouvait être évitée la déchirure du périnée. Schweigh.^euser s'était efforcé de transplanter sur le sol de la France les découvertes des accoucheurs allemands; en 1801, il publia les « Archives de l'art des accouchements » (premier journal obstétrical publié en France), dans lequel il donne la

traduction de travaux allemands. Son but essentiel était d'établir entre la physiolologie et lobstétricie une connexion intime pour fournir à celle-ci une base plus solide, et plus de clarté dans les phénomènes mécaniques. C'est à ce but que tendait l'ouvrage qu'il publia en 1817 « Sur quelques points d'obstétricie physiologiques et pratiques ». Après une pratique de 2 3 ans, il entreprit d'exposer ses vues sur l'anatomie des parties génitales, et leurs fonctions, sur les membranes, sur le lieu d'implantation du placenta, sur la nutrition du fœtus, sur la matrice pendant l'accouchement, etc. Ces derniers écrits révèlent une certaine perspicacité et une étude sérieuse de la nature; toutefois, on trouve parfois des idées hasardées qui ne reposent que sur des hypothèses. Au point de vue des principes d'obstétricie, Schwei- GHAEUSER est de l'école de Vienjie, il a peu de goût pour l'intervention instrumentale, et il abandonnait à la nature les accouchements par les pieds, par le siège, même ceux par la face. Comme son contemporain Lobstein, il avoue que, depuis qu'on n'est plus intervenu dans les présentations de la face, on avait eu la satisfaction d'avoir des enfants vivants. Il décrit très bien le mécanisme de l'accouchement dans ce mode de présentation, et il fait remarquer que, bien qu'au début, le menton soit dirigé vers la symphyse sacro-iliaque, il revient néanmoins en avant dans le cours de l'accouchement. ScHWEiGHAEusERsedéclare contre la version céphalique, attendu que, souvent, on est obligé de se borner à des tentatives qui rendent difficiles ou dangereuses les autres opérations nécessitées après ces essais. Après la version podalique, il ne faut pas faire l'extraction avec un seul pied, il faut toujours dégager l'autre avant d'y procéder. Schweighaeuser fait une distinction très nette entre l'accouchement forcé, et l'accouchement provoqué par des excitations mécaniques ou médicamenteuses, sans que la nature ait commencé le travail, mais que la nature peut terminer totalement ou partiellement (i).

(i) Cette distinction avait déjà été faite par lui en 18 17 {Aujsatje), p. 188. En îS2b [Djis Gebjeren, p. 22S) i\ dit que l'accouchement provoqué est utile pour la mère et l'enfant, et pour l'accoucheur, qui y trouve

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ScHWEiGHAEUSER ne trouvc le levier plus utile et moins dangereux que le forceps, qu'au point de vue du charlatanisme. Les Tablettes chronologiques de Vhistoire de Vobstétricie continuées jusqu'en 1800, et publiées en 1806, révèlent une tendance scientifique que l'on constate, au reste, dans tous ses écrits, où nulle part le côté historique n'est négligé. Partout se révèle un homme érudit très au courant de la science, Schweighaeuser est moins bien disposé pour les progrès récents de l'obstétricie, il paraît vouloir s'appuyer sur ses principes et redouter d'être troublé dans ses croyances; ses écrits postérieurs n'ont dû trouver un accueil favorable ni en France ni en Allemagne. Le temps, auquel il appartenait, était passé, et, comme beaucoup d'autres, il n'a pas voulu prendre part à de nouveaux progrès ni s'y accommoder, ni les comprendre.

Obs. — Schweighaeuser est né à Strasbourg en 1766, il fut chargé des fonctions d'accoucheur à l'hôpital civil; il mourut à Strasbourg dans un âge très avancé le 7 mai 1842. Ses écrits sont : * Praktische Aîîjpeisung ^11 de7' Entbindiingmit der Zange. Leipz., i796,in-8'^. * Instruction pratique sur l'usage du forceps dans Part des accouchements. Paris, et Sirasb., 1799, in-8° (trad. du mém. allemand par l'aut. av. augm.). * Archives de l'art des accouchements considéré, etc.,4livr. (2 vol). Strasb. i8oi-i8o3, in-S", * Tablettes chronologiques de F histoire de la méd. puerp. Strasb. 1806, in-12. * Sur quelques points de physiologie relatif s à la conception et l'économie organique du fœtus. Strasb., 181 2, in-8^

Aufsàt:^e iiber cinige physiologische und praktische Gegenstaende der Geburtshiilfe. Nurnb., 18 17, in-S" (Mém. de physiol, etd'obstétr. prat.).

* Das Gebàren nach der beobachteten Natur und die Geburtshiilfe nach den Ergebnissen der Erfahrung. Strasb. et Leipz., 1825, in-8°, av. 3 pi.

l'avantage d'éviter une opération très désagréable et incertaine ; je vois trois femmes avec leurs enfants qu'elles doivent à des accouchements prématurés, que j'avais accouchées d'enfants morts, par suite de la perforation, ou d'une version difficile... Aprùs avoir parlé des moyens employés, et discuté leur valeur, il propose (p. 2 3o) de faire (dans l'orifice utérin) des injections tièdes qu'on peut rendre excitantes, etc. (F.-J. H.)

* La pratique des accouchements en rapport avec la physiologie et V expérience [xvsid. du préc. ouvr. par l'aut.) (sans planches). Par. et Strasb., i825, in-8°.

§ 245. — Marie-Louise Lachapelle à Paris.

La directrice d'une des Maternités les plus considérables du monde a pris, à Paris même, une part très active aux progrès de la science, en notant, pour les accoucheurs, avec le plus grand soin, dans ses mémoires célèbres, les événements passés dans son établissement, et en posant des règles, qui ont d'autant plus de prix, qu'elles se basent sur un nombre considérable de faits (plus de 40,000 accouchements).

Marie-Louise Dugès, veuve Lachapelle, fille, élève, puis aide de M'"« Dugès, dernière sage-femme en chef de l'Hôtel-Dieu, fut nommée, en 1797, sage-femme en chef de la Maternité, transportée de PHôtel-Dieu au couvent de Port-Royal.

M"™^ Lachapelle, observant fidèlement la nature, avait cherché à simplifier les variétés de présentations de son maître Baudelocque, à les réduire au nombre de celles qu'elle avait pu observer elle-même. Des 94 positions de son maître, elle n'en conservait que 22, y compris celles du crâne, du siège, des pieds, des genoux, de la face et des épaules, avec leurs subdivisions. Le diagnostic de ces positions fut clairement décrit, et partout sont indiquées les difficultés qui peuvent l'obscurcir. Dans toutes ses doctrines, elle s'en tient essentiellement à l'expérience, ce qui donne à son ouvrage une si grande valeur, car partout elle a évité les théories. Elle s'était donné la tâche de ne s'en tenir qu'au côté pratique de l'art. Ici, toutefois, il faut observer, comme Naegele l'avait déjà dit, qu'elle connaît très bien la fonction de la parturition normale et ses anomalies, ainsi que les secours mécaniques qui peuvent être nécessaires. Elle observait et écrivait, comme accoucheuse, sans avoir les notions fondamentales, en physiologie et en pathologie, que possèdent

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les médecins ; mais son ouvrage montre ce que pouvait son habileté au lit de la parturiente. Elle a parfaitement exposé le manuel des opérations obstétricales, elle parle longuement du forceps, de son application, et de la version ; elle expose avec précision toutes les variétés opératoires, et montre combien elle était digne du poste éminent qu'elle avait été appelée à occuper. Elle donne le conseil d'enlever les cuillers du forceps aussitôt que l'occiput a été amené au dehors, et d'abandonner à la nature de compléter l'expulsion de la tête. Elle préfère le forceps de Levret à tous les autres, et rejette complètement le levier. Dans son second mémoire, elle parle spécialement des présentations du vertexou dusoinmet] elle regarde les présentations de l'occz/»»? et du pariétal comme de simples variétés de présentations du sommet, qu'elle désigne sous le nom coliecùï de présentations du crâne; toutefois, ses conclusions ne sont pas toujours justes, elle admet trop de variétés de positions dans ces diverses présentations. Elle démontra, par son expérience, que les positions occipito-antérieures et postérieures directes à l'entrée du bassin, de Baudelocque, avaient été imaginées par ce maître. Elle décrit avec exactitude tout le mécanisme du travail, la réduction d'une position en une autre (occ. post, en occ. antér.) qu'elle appelle « Rotation extraordinaire ». Les accoucheurs modernes, ont dû, après Naegele, regarder cette rotation extraordinaire comme un mouvement normal. Les « observations particulières » qui sont données, à la suite des mémoires, forment la partie la plus instructive du livre de cette femme si sagace. Ce que Naegele a enseigné dans son mémoire classique sur le mécanisme de l'accouchement est pleinement confirmé par les observations de M""*" Lachapelle, tous les deux ont essentiellement décrit d'après nature. Si M •'^* Lachapelle décrit quelques phénomènes, comme des déviations de l'état normal, puisqu'elle n'avait pas été complètement affranchie des idées anciennes, elle n'en a pas moins l'immense mérite d'avoir surpassé tous ses compatriotes dans la description de l'accouchement normal, qui est un point si important. Le troisième me-

moire est consacre aux présentations de la face, qui sont rangées dans les présentations normales; elle admet deux positions: fronto-gauches, les plus fréquentes, et fronto-droites; dans la suite du travail, le menton se dirige toujours en avant; l'expérience a démontré que c'était la marche normale du travail. On ne peut accorder la croyance aux données contraires, à moins qu'il ne s'agisse de fœtus avant terme, très petits ou putréfiés, qui peuvent prendre toutes les positions possibles.

L'auteur recommande de ne pas soutenir, trop tôt, le périnée dans les présentations de la face, pour que le menton ne soit pas pressé trop fortement contre l'arcade pubienne, que le dégagement ne soit pas gêné, et qu'il ne soit pas porté préjudice à l'enfant. Ce n'est que dans des cas très rares, que M"^° Lacha- PELLE intervient dans les accouchements par la face, et cela seulement par suite de circonstances qui peuvent se présenter dans tous les accouchements, telles que hémorrhagies, convulsions, procidence du cordon, étroitesse pelvienne, etc. Le mérite de M™*' Lachapelle, dans ce chapitre, est considérable, elle a enseigné, sur les présentations de la face, des idées plus nettes, elle en a amélioré le traitement; ce mémoire est comme le point lumineux de son livre. Bien que les accoucheurs allemands eussent précédé M"^ Lachapelle dans la détermination exacte de la conduite à tenir dans les présentations de la face, que Paul Portal eut, dès i685, exposé une doctrine supérieure à celle des prédécesseurs et contemporains (voy. plus haut § 66), les Français n'en avaient pas conservé le souvenir et n'avaient pas eu connaissance des travaux faits à l'étranger ; ils avaient suivi les principes de Baudelocque, qui conseillait de convertir les présentations de la face en présentation du sommet. Le mérite de M"^^ Lachapelle, d'avoir conduit ses compatriotes dans unevoie meilleure, n'en est que plus grand. M""" Lachapelle n'a pas déployé une ardeur moindre pour l'étude des présentations des pieds, du siège et des genoux, qu'elle appelle des positions de l'extrémité pelvienne. Elles constituent des espèces d'un même genre. Elle décrit très exactement le mécanisme de la

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présentation du siège, celui-ci s'engage dans le diamètre diagonal, pénètre dans cette direction, et se dégage ainsi des parties génitales externes.

Elle a très bien décrit le mode, suivant lequel les bras se dégagent par les seules forces de la nature, et en a déduit, pour l'extraction, des règles excellentes. Elle connaissait les avantages du dégagement de l'enfant, quand il ne s'engage que par un seul pied, et recommandait chaudement ce mode d'accouchement. Elle dit que les accouchements par le siège ne sont pas si dangereux qu'on l'avait cru jusqu'alors, et montra que la plupart se terminaient par les seules forces de la nature.

Dans les présentations pelviennes, elle rejetait complètement l'emploi du forceps, que Levret avait recommandé, elle craint qu'il en résulte des lésions des organes abdominaux (Mém. IV). Ce que dit M™" Lachapelle sur les présentations transversales porte l'empreinte d'une grande expérience et d'une e'tude sérieuse de cette anomalie de la parturition. « Jamais le fœtus n'est placé transversalement, il est toujours placé diagonalement, et c'est toujours, en fin de compte, l'épaule qui s'engage avec ou sans procidence du bras ». Elle a observé la version spontanée dans ce mode de présentation : la puissance delà matrice agit essentiellement sur le siège et le pousse vers l'orifice ; ce n'est que bien rarement que l'accoucheur peut espérer ce changement de présentation, car l'enfant succombe, presque toujours. M'"*' Lachapelle a posé très nettement les indications de la version podalique (elle rejette complètement la version céphalique) et les conseils, pour pratiquer cetteopération, prouvent qu'elleétait une maîtresse habile dans son accomplissement. Elle donne d'excellents signes pour diagnostiquer une implantation du placenta sur l'orifice.

Dans cet accident, la grossesse arrive rarement à terme. Quand l'orifice n'estque peu dilaté, elle rejette l'accouchement forcé, qui, jusqu'alors, avaitété tantprôné ; elle attend bcaucouji du tamponnement; l'accouchement par la version ou par le forceps ne devra être pratiqué que quand l'orifice se sera suffisamment dilaté.

Quand, après la version, le siège aura été amené Jusque dans les parties génitales, il ne faudra pas se hâter. Dans les éclampsies, elle recommande beaucoup les saignées et l'application de compresses froides sur la tête de la parturiente (Mém. VII). Elle expose très bien les obstacles à l'accouchement qui peuvent être ocasionnés par le bassin (Mém. IX); à cette occasion Taccouchcment prématuré artificiel est rejeté et appelé par elle «avortement artificiel, ». Mais le moment n'était plus éloigné où cette opération devait être accueillie par les Français. Elle n'est pas favorable à l'opération césarienne, qu'elle désigne comme une « opération cruelle et funeste ». Ce qui assure à l'ouvrage de M™* Lachapelle une valeur toute particulière, c'est le grand nombre d'observations dans lesquelles elle expose le résultat de son expérience si riche, et qui viennent donner aux règles qu'elle formule un appui si solide.

Nous ne pensons pas être trop élogieux quand nous disons que l'ouvrage de M"'*= Lachapelle est un des plus remarquables de la littérature obstétricale française. Les mérites et les progrès qu'elle a fait accomplir sont patents et ont reçu en Allemagne le meilleur accueil. Des remerciements doivent être adressés au neveu de l'auteur, M. Ant. Dugjès, qui a été chargé de la publication des œuvres de sa tante.

Obs. I. — Marie Louise Lachapelle est née à Paris, le i" janvier 1769. Son père, Louis Dugès était officier de santé, sa mère était, depuis 1775, sage-femme en chef de l'Hôtel-Dieu ; en 1792. elle épousa Charles Bon Come Langlet,dit Lachapelle, chirurgien de l'hôpital St-Louis (annexe de l'Hôtel-Dieu), qui mourut en 1795. Veuve sans enfant, elle s'adonna entièrement à l'art des accouchements, et, dès 1796, elle fut nommée adjointe de M"'^ DuGKS sa mère. La mèmeannécja Convention, s'étant emparée des couvents de Port-Roy^l et de l'Oratoire, décida que la la maternité de l'Hôtel-Dieu y serait transférée. M'"'^ Lachapelle reçut la mission honorable de veiller à cette transhition et de diriger l'installation de la maternité dans ces deux couvents, où elle existe encore aujourd'hui. C'est donc dansce nouvel «hospice delà maternité» que, sous les yeux de Baudelocque, elle exerça les fonctions de sage-femme en chef et de professeur des sagesfemmes, fonctions auxquelles elle s'appliqua avec le plus grand

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soin. Son biographe parle en ces termes de son habileté dans les opérations :

« Si nous suivons M""^ Lachapelle dans sa pratique, nous avons également à louer ses attentions dans tous les cas, et sa dextérité dans ceux qui nécessitent des manœuvres particulières. Baudelocque, si bon Juge en cette matière, admirait avec quelle facilité sa main souple, délicate, toujours dirigée par l'intelligence, savait surmonter tous les obstacles ; aussi, toutes les fois qu'il était appelé à Thospice pour quelques accouchements laborieux, il contiait à madame Lachapelle le soin de les terminer elle-même. Il aimait beaucoup la voir opérer sous ses yeux, et il ne manquait Jamais d'applaudir à ses succès. » C'est avec le plus grand soin qu'elle prenait note de tous les cas qui se présentaient; c'est de cette manière que ses « Mémoires » ont été composés. Elle mourut le 4 oct. 1821 : elle [n'était âgée que de 5i ans 10 mois et 4 jours. Voy. : Notice historique sur la vie et les écrits de madame Lachapelle dans le 2'^ volume de ses Mémoires, qui ont été publiés par son neveu Antoine DuGÈs sous le titre de : * « Pratique des accouchements ou mémoires et observations choisies sur les points importants de l'art » par Mad. Lachapelle, sage-femme en chef de la maison d'accouchement de Paris, publiés par Ant. Dugès, t. L Par., 1821, in-8°. Après la mort de l'auteur, parurent les t. 11 et t. III, 1825, in-8". Une traduction allemande du premier volume parut au comptoir de l'industrie à Weimar, * 1826, in-8°. Ce premier volume a été analysé et apprécié par Fr. C. Naegele dans le 5"^ vol. des Heidelb. Jahrb. d. Litter., 1S23, * tir. à part, Heidelb., 1823.

Il convient de citer ici un ouvrage fort intéressant intitulé : Origines de la Maternité de Paris, etc. par M'i^ H. Carrier, sage-femme à l'hôpital Lariboisière. i v. in-8° av. pi. Paris, 1SS8, On y trouve le portrait de M"^'^ Lachapelle (Anal, par le traduct. de cette histoire dans les Annales de Gj-ncc, juin 1888). (F.-J. H.)

Obs.II. — L'éditeur des écrits de M'"° Lachapelle, Antoine DuGics, d'abord prosectcur à la faculté de médecine de Paris, fut nommé, en 1824, proi'esseur d'accouchements à la faculté de Montpellier, il est auteur d'un « * Manuel d'' obstétrique ou traité de la science et de Vart des accouchements », livre utile, l'^'éd. Paris, 1826, 2° éd., i83o, 3« éd., 1840. Il a inventé un perl'orateur à vis (voy. dans le vol. ci-dessus, lig. 45). Il a inventé aussi un forceps asymétrique (qui ne figure dans l'arsenal que comme curiosité). Il a un nom estimé dans les sciences naturelles. Il est mort le i''' mai i838, à l'âge de 38 ans.

§ 246.— Marie Aiin. Victor. Boivin.

Une antre sage-femme française avait déjà, en 1812, publié un traité d'accouchements bien inférieur, comme valeur, aux ouvrages dont nous venons de parler. L'auteur, Marie Annette VictorineGillani Boivin, élève de M^^e Lachapelle, reçue sage-femme par l'école de médecine de Paris en 1801, avait suivi l'enseignement de Baudelocque, d'Ant. Dubois et de Chaussier, et débuté comme surveillante à Phospice de la maternité; elle avait colligé des observations personnelles, écrit les leçons des professeurs nommés ci-dessus et leurs réflexions, mis en ordre et publié le tout sous le titre de « Mémorial de lart des accouchements y>. et donné un grand nombre de dessins reproduits par des gravures sur bois qui sont placées, au nombre de i36 planches, avec texte explicatif, à la fin du volume, celles ci ne sont que peu supérieures aux vieilles figures de Roesslin. Elle a admis, chez les enfants, les postures les plus singulières, qui montrent que le dessinateur a suivi moins la nature que sa fantaisie. Et nous devons dire que ce livre a eu quatre éditions, et qu'il a trouvé un traducteur allemand! Nous admettons volontiers la phrase qui termine le rapport fait au conseil d'administration des hospices civils de Paris, dans sa séance du i5 juillet 1812, par le membre de la commission chargé du service de santé, mais nous lui donnons un autre sens : « Il est facile de juger que cet ouvrage doit être plus utile à ceux qui ont déjà fait leurs cours qu'à ceux qui les commencent ». En attendant, le livre était admis parmi ceux qui, en vertu d'une ordonnance du 12 sept. 181 2, devaient être distribués aux sages-femmes et aux élèves de la maternité, de là la nécessité de le rééditer. Ce n'est qu'après la 3'= édition, 1824, que l'auteur se décida à retrancher 34 figures « de présentations anormales entièrement imaginaires » (voy. la préface de Busch pour la traduction allemande). Plus tard. M"!" Boivin a encore écrit quelques mémoires : sur la mole vésiculaire et l'avorte-

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ment; dans cet écrit elle fait la description d"un pelvimètre composé (intro-pelvimètre), compliqué et inapplicable. D'une valeur plus considérable est son livre sur les maladies de l'utérus et de ses annexes, qu'elle publia en collaboration avec M. Ant. DuGÈs. Pendant les dernières années de sa vie, elle renonça à ses fonctions de sage-femme surveillante en chef de la m.aison royale de santé, et se retira à Versailles, dans le sein de sa famille, où elle mourut le i 5 mai 1 841 , à Tàge de bj ans.

Obs. — Les écrits de madame Boivin sont :

* Mémorial de l'art des accouchements, ouvrage pratique, dans lequel on a représenté avec soin, en i33 gravures, les positions de Venfant, le mécanisme de tous les accouchements, et rappelé en peu de mots, les règles qu' il faut observer dans les différents cas; suivi des aphorismes de Mauriceau; dédié à M™° Lacha- PELLE. par madame Boivin, Paris, 18 12. * Deuxième édition : * Mémorial de Vart des accouchements, ou principes fondés sur la pratique de Vhospice de la maternité de Paris, et sur celle des plus célèbres praticiens nationaux et étrangers, etc. Ouvrage placé par décision ministérielle au rang des livres classiques à rasage des élèves de l'école d'accouchements. Paris. 1817, 3^ éd., 1824, 4^ éd., 1837. Trad. en allem. Handb. der Geburtsh., etc.. par Ferd. Robert revue et ornée d'une préface par Busch. Cass. et Marb., 1829, in-8°.

Nouvelles recherches sur l'origine, la nature et le traitement de la môle vésiculaire ou môle hydatique, av. fig. Par., 1827, in-8°. Trad. Weimar. 1828, in-8^

Recherches sur une des causes les plus fréquentes et la moins connue de l'avortement, suivies d'un mémoire sur Vintropelvimètre. Par.. 1828 (av. lig.), trad. par Meissner. * Leipz., 182g.

Observ. et réflex. sur un cas d'absorption du placenta. Par., 182g (voy. le jugement de Naegele, sur ce livre, dans" Heidelb. Klin. Annal., t. VU, i83i, p. 454).

* Traité pratique des tnaladies de l'utérus et de ses annexes, fondé sur un grand nombre d'observations cliniques, accompagné

d'un atlas de 41 planches in f" gravées et coloriées. Par M'"^ Boivin, docteur en médecine et A. Dugès, prof, d'ace, à Montpellier, 2 t Par., i833, in-8". La Faculté de Marbourg, àPoccasion du jubilé de la 300" année de sa fondation, a décerné à M""^ Boivin le grade de docteur.

SltBOLD-HERRGOTT — 11,

§ 247. — U auscultation obstétricale.

Lejumeau de Kergaradec.

Une des découvertes les plus importantes de l'obstétricie, l'application de l'ouïe au diagnostic de la grossesse, a été faite en France dans ces derniers temps et s'est répandue rapidement dans les autres pays. Le célèbre Laennec avait recommandé chaudement l'ouïe (l'auscultation) comme excellent moyen de diagnostic des affections pulmonaires et cardiaques, et avait fait connaître ce mode d'exploration dans ses écrits classiques. M. Lejumeau de Kergaradec, médecin à Paris, avait cherché à utiliser ce moyen pour d'autre états pathologiques, et il eut l'idée d'appliquer le stéthoscope chez une femme enceinte pour savoir s'il ne pourrait pas percevoir le bruit du liquide amniotique mis en mouvement par l'enfant, il n'arriva à aucun résultat dans ces recherches, mais il .entendit les doubles pulsations résultant de la contraction du cœur fœtal, et il perçut encore un autre bruit soufflé, isochrone avec les battements du cœur de la mère, qui conduisit l'observateur à présumer que ce a battement simple avec souffle « pouvait bien avoir quelque rapport avec le lieu d'insertion du placenta, de là le nom de « bruit placentaire » qu'il lui donna. Il poursuivit ses recherches, et, le 2 1 déc. 1821, il en communiqua le résultat à l'Académie de médecine. MM. Dubois, Deneux, Desormaux, Laennec et de Lens nommés commissaires pour les examiner, approuvèrent ce travail. Les points importants mis en relief par l'auteur étaient les suivants : la perception des battements redoublés ne laissait subsister aucun doute sur l'existence de la grossesse, on pouvait môme diagnostiquer une grossesse gémellaire; le mode de présentation de l'enfant pouvait être déterminé; il était possible, en cas d'opération césarienne, de dire où le placenta était implanté, de sorte qu'on pouvait l'éviter; enfin Tausculiation fournissait un moyen nouveau et important en cas de grossesse extra-utérine. Les observations de

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DE Lens, membre de la commission, ne purent que contirmerces découvertes. Laennec leur donna son plein assentiment, et les publia dans la seconde édition de son traité d'auscultation, en fournissant sur elles des développements étendus. Les accoucheurs français furent unanimes à proclamer l'importance de ce moyen nouveau de diagnostic qui ne trouva qu'un seul adversaire en la personne de M. Antoine Dugès. qui. plus tard, n'en parla plus. En 1829, Velpeau accorda une attention bienveillante à ce moyen d'investigation, dans la première édition de son traité complet de l'art des accouchements. Le rapport de Paul Dubois, devenu classique, sur le travail de M. Bodson, imprima le cachet d'authenticité à cette nouvelle découverte. L'Allemagne, si disposée à accueillir toutes choses nouvelles réellement utiles, s'empressa de soumettre à une étude sérieuse la découverte de Lejumeau DE Kergaradec, peu après la publication de son mémoire, que Froriep s'était hâté de traduire dans les numéros de mai (n° 35), et juin (n° 38), de ses notices si estimées; Heyfilder, alors à Paris, tit connaître cette invention dans un article original publié dans les Allgem. med. Annal, (juin 1822, p. 866), et l'article de Froriep ci-dessus mentionné fut publié par un tirage à part, si bien que TAllemagne eut rapidement connaissance de cette découverte. Al'éminent professeur d'Outrepont, deWurtzbourg, appartient le mérite d'avoir, dès 1822, soumis, dans son service, cette découverte à de sérieuses expérimentations, que son élève Ulsamer, alors son aide, a publiées; un second travail de C. Haus, appartenant aussi à l'école de Wurtzbourg, expose les avantages de l'auscultation. Kluge, de Berlin, fit, en 1823, soutenir une thèse par son élève LAU,dans laquelle se trouvent quelques observations; peu après, Ritgen publia le résultat de ses recherches. Les autres maîtres en obstétricie se sont aussi occupés de l'auscultation obstétricale : El. de Siebold, seul, ne voulut, pas l'expérimenter, dans la crainte, disait-il, « de voir les accoucheurs négliger de s'exercer et de se perfectionner au toucher, et de le négliger pour préférer l'auscultation », ce qui montre bien qu'il n'appréciait pas avec justesse les avantages de la découverte.

Les écrits publiés plus tard, exclusivement sur Tauscultation obstétricale, par Hohl et par Naegei.e fils montrent en quelle haute estime les allemands tenaient ce nouveau moyen d'investigation, qui, dans chaque établissement, est l'objet d'un enseignement spécial. Les accoucheurs anglais ont, plus tard, accueilli aussi avec faveur ce moyen de diagnostic; C. Naegele, Fergusson, E. Kennedy et d'autres, lui ont accordé l'attention qu'il mérite. On a vu rarement une invention pareille trouver, en obstétricie, un accueil aussi empressé. Les avantages considérables que l'ingénieux inventeur lui avait prédits ont été réalisés dans les points les plus essentiels. Des recherches ultérieures lui reconnaîtront peut-être encore d'autres avantages, et confirmeront de plus en plus son utilité en obstétricie.

Obs. I. — Le mémoire lu à l'Académie de médecine, le 21 déc. 1821, par Lejumeau dk Kergaradec a été publié en 1822, sous le titre De : * « Mémoire sur V auscultation appliquée à l'étude de la grossesse^ ou recherches sur deux nouveaux signes propres à faire reconnaître plusieurs circonstances de l'état de gestation », par M. J. A. Lejumeau de Kergaradec, docteur en niéd. de la faculté de Paris, médec. du bureau de charité du septième arrondissement, etc. Paris, 1822, in-S".

En rendant compte du travail de Lejumeau de Kergaradec, le rédacteur de la bibliothèque universelle de Genève dit « que les observations de ce médecin et celles de ses rapporteurs lui en rappellent une de M. Mayor, habile chirurgien de Genève, très intéressante dans ses rapports avec l'art des accouchements et de médecine légale, que ce chirurgien a découvert qu'on peut reconnaître avec certitude si un fœtus, arrivé à peu près au terme delà gestation, est vivant ou non, en appliquant l'oreille surle ventre de la mère; s'il est vivant, on entend les battements de son cœur, qu'il est facile de distinguer du pouls de sa mère; s'il est mort, on ne perçoit rien « (Biblioth. univers., t. IX, p. 248, nov. 1 818); cette note fut ajoutée par le rédacteur à l'analyse d'un mémoire de Percy, « sur l'auscultation médiate ». Hohl {die Geb. explor..^ t. I , p. 8, note 3) ^^fait remarquer que, bien qu'antérieure au travail de Lejumeau de Kergaradec, cette simple observation ne peut enlever au médecin de Paris l'honneur d'avoir, le premier, fait connaître par un travail complet, base sur de nombreuses observations, la véritable importance de cette découverte, que cette simple note d'un journal ne peut lui ravir », voy. les remarques de l'auteur p. 35, de son écrit.

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LvENNEc, dans la deuxième édition de son * Traité de F auscultation médiate et des tnaladies des poumons et du cœur (la i""^ éd. est de 181 9;, mentionna la découverte de Lejumeau de Kergara- DEC dans un article qui a pour titre : « Des bruits donnés par les organes circulatoires du fœtus », t. II, p. 457.

Ant, Dugès écrivit, contre l'auscultation, un article dans la Revue médicale, t. VIII, Par., 1822, in-8'^, p. 221. auquel Kerg. répondit dans le même Journal, p. 365, engageant Dug. à faire de nouvelles recherches, qui furent plus favorables à la découverte. Rev. méd.^ t. IX, p. 40.

L'excellent mémoire de P. Dlbois se trouve dans les' Arch. gén. de méd., t. XXVII. déc. i83i, p. 487 et t. XXVIII, janvier i832,p. 5.

Cette importante découverte resta, en France, l'objet de travaux sérieux entrepris dans le but d'en vérifier l'exactitude, l'importance diagnostique et les interprétations données aux bruits perçus par l'oreille.

En 1 837, Jacquemier, ancien chef de clinique de P. Dubois, essaya de démontrer, dans sa dissertation inaugurale, que le souffle utérin ne s'entendait pas au lieu ordinaire de l'implantation du placenta, mais à la partie inférieure de la matrice, comme Bouillaud l'avait démontré en i835.

En i838, notre collègue de l'Internat de Strasbourg, Carrière, a soutenu, sous la présidence de M. le Prof. Stoltz, une thèse sur • Y auscultation appliquée à l'étude desphénomènes de la grossesse et à la pratique des accouchements » (1 5 déc, 2® série, n" 2 i), excellent travail de 100 pages, couronné par la Faculté, dans lequel on constate p. Co, que le bruit de soulTle a été entendu chez une femme non enceinte, mais affectée de tumeur fibreuse de l'utérus.

En 1840, DEPAULSOutient sa Thèse sur » V auscultation étudiée comme ynoyen diagnostique des présentations fœtales». Plus tard, il publie un Traité théorique et pratique d'auscultation. Par., 1847, in-8°, et l'article « Auscultation » du Dictionnaire encyclopédique, t. VII, 1867.

En 1876, Bouillaud fit à l'académie de médecine une communication t sur le bruit de souflle dit placentaire et sa localisation dans les artères utéro-pelviennes (Bullet. de l'acad., 2« série, p. 553) voulant jeter un coup d'oeil rétrospectif sur quelques travaux de sa longue et laborieuse carrière». ^F.-J. H.)

Obs. IL — Les écrits des allemands sur l'auscultation ont été mentionnés plus haut .§ 234. Ritgen a publié les résultats de ses recherches dans : ' Mende's Beobachungen und Bemerk. ans der Geburtshïilfe, t. IL Goett., 1825, in-8'', p. 38.

Obs. III. — Le travail de Lej. de Kergaradec fut publié en Angleterre, d'abord en extrait, dans * Medico-chirurgical Reviejp, vol. V. Lond., 1826, in-8°, p. 607, maisles principaux adhérents de cette découverte de l'auscultation se trouvèrent primitivement à Dublin : Dav. G. NAGLEauTrinity coll. sur l'emploi dustéthoscope pour découvrir une grossesse gémellaire, dans Tutérus. Lancet, i3nov. i83o ; dans* F. Froriep's A^ofz;[e«, n'*657. — Voy. encore : Observation on the use of the stetosc. in the practice of midnnfery , in the Dublin. Journ. Jan. i838. — Evory Kennedy, Observ. sur la circulation utérine et placentaire, et le bruit de souffle, comme moyen utile pour le diagnostic du début de la grossesse et de la mort de fœtus, dans V utérus, dans : Dubl. Hosp. Reports, vol. V. Dubl. {FnoR. Noti^, n°623). — Fergusson, Sur l'auscultation obstétricale, dans Dubl. med. transact..wo\. I, p. i, i83o ; dans * Allgem. Repert. der med. chir. Journal des Auslandes par Behrend, n° 1, juill., i83i, in-8'', p. 52. Le directeur d'alors, de la maternité de Dublin, Collins, aprisune part active à ces travaux.

A Londres, Ryan se déclara pour l'ausculiation. Voy. : * The Lond. med. and surg. Journal^ by Mich. Ryan. vol. V. Lond., i83o, in-8°, p. 497.

^ 248. — La céphalotripsie.

A. Baudelocque neveu.

Quelc|ues années après que la France avait enrichi l'art de ce nouveau moyen de diagnostic, Baudelocque, le neveu du grand accoucheur de ce nom, annonça un autre mode d'embryotomie qu'il appela céphalotripsie. Les dangers qui sont attachés, pour les mères, à l'emploi du crochet aigu, le conduisirent à imaginer un instrument nouveau, un forceps non fenêtre muni, à son extrémité inférieure, d'une vis au moyen de laquelle les cuillers, appliquées sur la tête, peuvent exercer sur elle une pression très énergique, qui, sans léser le cuir chevelu, peuvent faire passer la masse cérébrale dans les cavités orbitaires, nasales et buccales, diminuer le volume de la tête, et rendre possible son passage à travers le bassin rétréci de la mère, sans exercer sur elle aucune lésion. Cet instrument, appelé par lui céphalotribe,

DEPUIS LA FIN DU XVIII* SIECLE JUSQu'a I 845 647

devait remplacer les perforateurs et les crochets aigus. Baude- LOCQUE prétend, qu'avec son instrument, il peut écraser une tête de fœtus au-dessus du détroit supérieur, et la faire passer à travers un bassin dont le diamètre antéro-postérieur mesure de 5 1/2 ou 4 1/2 centimètres. Le procédé proposé par Baudeloc- QUE n'est pas absolument nouveau, il est mentionné dans les procédés de perforation les plus anciens ; dans ceux d'Hippocrate(i" vol. § 40 de notre Hist.), d'AExius (ibid. | 91), et des Arabes (§ 116). Les pinces dentées de Fabrice de Hilden, de SoLiNGEN, et autres (^voy. plus haut 2*vol.§ 104), pouvaient répondre à ce but. Le forceps denté de Coutuly, auquel se trouve adaptée, au milieu, une vis pouvait exercer sur la tête une pression énergique (1). Un nouveau forceps d'AssALixifiXi i) désigné comme « Forcipe compressore » est un instrument dont le mécanisme repose aussi sur l'action d'une vis qui devra agir sur la tête, après la perforation, quand elle reste enclavée, d'après les paroles mêmes de Tauteur. Baudelocque présenta un nouvel instrument qui agit avec facilité et promptitude, qui diminue le volume de la tête, et permet d'en faire l'extraction, sans léser la peau qui la recouvre. L'histoire lui attribue volontiers le mérite d'avoir enrichi, d'un moyen meilleur, une partie opératoire de l'art qui est fort triste. Jusqu'en mai iSSq, Baudelocque avait appliqué son instrument cinq fois, avec succès, et en i836, il publia, sur lui, un nouveau mémoire. La céphalotripsie fut pratiquée aussi par Barbette, Velpeau et Dubois, et leur jugement, sur ce procédé, ne lui fut pas défavorable. Les occasions, heureusement rares, d'appliquer le nouvel instrument, la frayeur qu'il cause (il pèse presque quatre kilogrammes, et il est long de 56 cent.), et la difficulté de l'appliquer ont dû, au début, s'opposer à la généralisation de son emploi. Malgré cela, Baudelocque reçut pour son invention un prix de 2,000 fr. Il rencontra en Allemagne beaucoup d'adversaires, en tête desquels se trouva

(i) Voy. une notice intéressante sur Coutuly, par le Dr Devilf.ikrs, membre de l'acad. de méd., dans le Bulletin, 1886, 2^ série, t. XIV, p. 317. (F.-J. H.)

Papius (i83i), suivi par Osiander fils, Joerg, Rosshirt, Stein et d'autres. Ce n'est que par la suite, qu'on fut favorable à cet instrument, et qu'on chercha à le modifier en Allemagne; Busch, KiLiAN, et surtout Hûter l'accueillirent avec faveur ; la suite nous apprendra si la céphalotripsie aura pris rang parmi les opérations obstétricales. La grande espérance de Baudelocque, devoir disparaître complètement la perforation du crâne, ne sera pas réalisée, car les étroitesses pelviennes sont parfois telles, que l'instrument ne pourra être appliqué, l'expérience a prononcé dans ce sens; au reste, Baudelocque a dépeint les dangers de la perforation sous des couleurs trop sombres. Les nouveaux perforateurs en forme de trépan, qui paraissent ne pas être assez connus en France, en ont sensiblement diminué les dangers.

Obs. I. — Baudelocque est né à Hailles, en Picardie, le 9 décembre 1795, il est mort à Boves près d Amiens, le3o mai i85 i. Il n'est le Jieveu du grand accoucheur quà la mode de Bretag^te, sa mère était sa cousine germaine, voy. sa Biographie par Dubois d'' Amiens dans ses Eloges académiques, t. I,p.447 (F.-J. H.). Il présenta d'abord son instrument à l'Institut, dans la séance du lundi 6 juillet 1829 (voy. * i^ev. mei/c, août 1829, in-8°, p. 32 1. Voy. dans ce journal, nouveaux détails : Sept. i832, p. 438 ; Mars, 1834, p. 444 et Juin, p. 445. Plus tard, Baudelocque, neveu publia : un mémoire intitulé : De la céphalotripsie^ suivie de Vhistoire des opérations de ce genre. Paris, i836, in-8°. Dans cet écrit sont mentionnées les opérations de Barbette, deVELPEAU et de P. Dubois. On trouve d'intéressants documents sur les opérations de P. Dubois par des lettres écrites par lui, dans une dissertation de Copenhague:* Meditationes nonnullœ de cephalotomia seu perforatiotie cranii., auct. Joann. Conr. Mueller. Havn., i836. in-8°, p. 144.

Les livres plus récents : de Velpeau i835, de Cazeaux, 1840 et de HoN. Chailly( 1842) sont favorables à cette méthode, par contre, Moreau, dans son* Traité pratique des accouchements, 1841 (t. II, 32 3) formule le jugement suivant : « on ne peut sans doute que louer le motif qui a présidé à l'invention de M. Baudelocque, mais tout considéré, il pourrait bien avoir plus d'inconvénients que la céphalotomie, dont l'auteur a singulièrement exagéré les dangers ».

Obs. II. — L'écrit de Papius cité plus haut, se trouve dans la * Gem. deuts. Zeitschr. J. Geb.y VI, i83i, p. 181, av. pi., ibid.

DEPUIS LA FIN DU XVIII® SIECLE JUSQu'a 1 845 649

p. 200. « Enige Worte ilber den Kopfierscheller von Ritgen (Quelques mots sur le céphalotribe, parR.). Ritgen imagina une disposition qui peut s'adapter à chaque forceps (voy. sa fig.)-

Sur les opérations faites à Berlin :* De cephalotripsia, etc. auct. GuiL. Rintel. Berol., 1840, in-8° et */)e ce/Aa/ofri/\v/cz, etc. auct. Henr. Curchod. Berl., 1842, in-8°. L'instrument de Busch se trouve figuré dans son * Atlas geburtsh. Abbild. Berl., 1841, in-8". Taf. 46. Voy. encore : * Kilian's Geburtslehre, 2 Thl. I Halfte, 1840, in-8°, p. 2.^4. Le nouvel instrument est surtout recommandé àdinssonNeues Organ ./. d . ges . Heilk . 2 vol, 2" fasc, p. 280, où il exprime le désir que le nouvel instrument soit introduit dans les facultés, l'instr. imag. par lui y est représenté. Voy. encore : *C. Unger, Perforatio et cephalotripsia collatœ. Bonn., 1840, in-4° (avec la figure du dernier instrument modifié par Baudelocque).

A Breslau, on a pratiqué aussi des céphalotripsies, sous Betschler, voy : * Jid. Gejpe de Cephalotripsia Baud. additis sex observationibus . Vratisl., 1842, in-8''.

* Die Etnbryothlasis oder Z usammendruckung und A iis\iehung der todten Leibsfrucht in die gebiirtshutflichen Operationen eingefiihrt und emp/ohlen durch^ K. Chr. Huetjïïr, mit. 3 Taf. Abb. Leipz., 1844, in-8° (av. l'hist. compl. de l'op. et représent, de tous les instr.).

Dans ces derniers tems J. H. Chr. Trefurt prof. àGoettingue s'est déclaré pour le céphalotr. et a imaginé un instr., voy. * Abhandl. u. Erfahr. ans dem Gebiete der Geburtsh. un der Weiber Krank.. Prem.Decad. Goett. 1844, in-8°, p- 33o.

Il convient de mentionner ici la thèse remarquable d'EoouARD Lauth, soutenue à Strasbourg le 22 août i863, sous la présidence de M. le professeur Stoltz, sur l'embryothlasie et la cephalotripsie, où sont décrits, représentés et jugés tous les céphalotribes connus, depuis les instruments de Coutuly, Assalini, etc., jusqu'à ceux publiés à l'époque, où a paru l'ouvrage, excellente monographie de 228 pages, avec 10 planches représentant 32 instruments. Strasb., i863, in-q» (2^ série, n» 696.) (F.-J. H.)

§ 249. — L'accouchement prématuré en France.

J. Al. Stolt:^.

La question de l'accouchement prématuré avait, en France, subi un moment d'arrêt parmi les accoucheurs, à peu d'exceptions près, jusque vers i83q, en raison de l'interdit lancé contre cette

méthode opératoire par Baudelocque^ en 1781 (voy. § 141). En 1823, Capuron l'avait qualifiée d' « attentat contre les lois divines et humaines » ; et l'Académie de médecine de Paris se prononça, sur cette grave question, par l'organe d'une commission nommée pour examiner la proposition de M. Costa, qui demandait si, dans un cas de grossesse compliquée d'une maladie menaçant les jours de la malade, il n'y aurait pas lieu de provoquer l'accouchement avant terme, en supposant que l'enfant fût viable; le i5 février 1827, la commission, composée de MM. Kergaradek, Desormaux, Marc, Orfila et Adelon, répondit « qu'en aucun cas il n'est permis de provoquer l'accouchement ». Dans la première édition de son traité d'accouchements, Velpeau (1829) se prononça contre cette opération, attendu, disait-il, que la ponction des membranes pourrait léser la matrice, ou causer la mort de l'enfant, par les contractions de la matrice, etc. En tout cas, il pense que l'opération, devrait être soumise à des règles fixes, posées par des hommes compétents, libres de tous préjugés, et d'une manière plus philosophique que cela n'avait été fait jusqu'alors (182g), en Angleterre et en Allemagne! Déjà, en i8i3, le vénérable Fodéré, créateur de la médecine légale en France, avait, dans les t. II et IV de son traité, admis que l'opération était licite. En 1820, il s'était montré défenseur de cette opération, puis encore en 1825, dans le Journal des sciences, agriculture et arts de Strasbourg ex, en 1828, dans un article du Grand dictionnaire des sciences médicales. Déjà, en i8i8,Duclos de Toulouse avait, par la ponction de l'œuf pour un hydramnios, sauvé la mère et l'enfant; et, à Strasbourg même, l'accoucheur Schweighaeuser, s'était montré favorable à l'opération (voy. § 244), mais tout progrès semblait arrêté par l'autorité de Baudelocque, par l'origine anglaise de la méthode opératoire, et aussi par l'ignorance de la littérature obstétricale allemande, car la provocation de l'accouchement, au moyen de l'éponge préparée, n'était pas connue de Velpeau, en 1829, puisque partout il n'est question que de la ponction des membranes. C'est dans ces conditions.

DEPUIS LA FIN DU XVIIl^ SIECLE JUSQu'a 1845 65 I

que J. A. Stoltz, de Strasbourg, qui. en 1834. fut nommé successeur de Flamant, pratiqua cette opération, le 27 septembre i83i. L'année auparavant (20 juillet i83o), il avait fait soutenir, par un de ses élèves. G. Burckhard, une thèse « Sur Vaccouchement prématuré artificiel dans les cas de rétrécissement considérable du bassin, dans laquelle sont exposés les avantages de l'accouchement provoqué avant terme, et relatés les succès obtenus en Allemagne. L'opération fut faite par l'éponge préparée, sur une femme qui, deux fois auparavant, avait dû être accouchée par la perforation du crâne; le résultat fut heureux pour la mère et pour l'enfant; le i5^ jour, la mère put sortir. Le 24 septembre i833, M. Stoltz communiqua à l'Académie de médecine un mémoire sur la provocation artificielle de l'accouchement prématuré, ainsi que la relation de son observation ; la communication écoutée avec un silencieux étonnement tut renvoyée à une Commission composée de MNL MoREAU et P. Dubois, qui n'ont point fait de rapport à la savante compagnie. T>é]k. une année auparavant, Dezeimeris, très au courant de la littérature étrangère, avait recommandé la provocation de l'accouchement à ses compatriotes, dans l'article « Accouchement prématuré artificiel » de la deuxième édition du Dict. de méd. En 1834, dans le concours pour la chaire de clinique obstétricale, le sujet de thèse qui échut à M. P. Dubois, un des concurrents, fut celui-ci : « Dans les différents cas d'étroitesse du bassin, que convient-il de faire ? Dans son travail il prit en main la défense de l'accouchement prématuré artificiel, et il précisa le degré d'étroitesse où il est spécialement indiqué. La relation des séances du concours ne mentionne aucune contradiction contre ces indications. Stoltz avait, en i833, répété la provocation de l'accouchement chez une femme enceinte pour la cinquième fois, et dont tous les accouchements avaient été malheureux, et, en 1 835. il publia dans les Archives médicales de Strasbourg une série d'articles très solides et substantiels sur la provocation de l'accouchement prématuré destinés à faire connaître aux Français les avantages de cette méthode opéra-

toire, à combattre les objections qu'elle avait soulevées en France, et à mettre en lumière les travaux étrangers ainsi que les cas qui avaient été publiés. Le sort de cette méthode fut dès lors décidé subitement. Dans la 2^ édition de son traité d'accouchements (i835), Velpeau modifia complètement ses idées; il déclara que les dangers, pour la mère et pour l'enfant, étaient insignifiants, vanta surtout l'emploi de l'éponge préparée, comme procédé le plus avantageux, et mit en relief les cas observés en Allemagne, qu'il avait appris à connaître par les travaux de BuRCKHARD ct de Stoltz. Il ne manquait plus à Paris qu'un cas heureux; en 1840, Paul Dubois pratiqua cette opération sur une petite femme, dont la conjugata ne mesurait que 3 pouces, (8 cent.) et qui. antérieurement, avait été accouchée par la perforation. Le succès fut complet, cette opération qu'on avait tant blâmée, et combattue par tous les moyens, était enfin admise en France. Dans les traités récents on n'en parle plus qu'avec éloges. Il est honorable pour les accoucheurs allemands de voir celte opération entrer en France avec l'appui de leurs observations, et de leur jugement favorable, après que, pendant un demi-siècle, cette méthode, d'origine anglaise, avait été constamment repoussée. C'est sur les documents allemands que Stoltz, si parfaitement au courant de ce qui se passait dans le pays voisin, s'est appuyé pour porter un jugement favorable; entre les deux pays, il s'est présenté comme médiateur. C'est par ses travaux que les Français, qui ignorent généralement la langue allemande, ont été instruits et convertis.

Obs.I. — Les travaux sur l'histoire de l'accouchement prématuré artificiel sont :

* Revue médicale, fév. 1827, p. SqS. Question de Costa sur l'admissibilité de lopér. ibid., mars, p. 53o. Réponse de ï Académie.

*Dictionn. dessc. méd., t.XLIV, Par., 1820, in-8^ Art. '(Police 7nédic.^p. 75 et suiv. Fodéré prend la défense de l'opération; déjà en 181 3, il l'avait défendue dans son Traité de méd. lég-., voy. Journal de la soc. des scienc. agric et arts du dép. du Bas- Rhin, 1828, p. i53, en extrait dans * Bullet. des se. ?néd., par Ferussac, sect. 3, t. XXI. Par., i83o, in-8<>, p. 272.

DEPUIS LA FIN DU XVlIie SIECLE JUSQu'a I 845 653

* Journal général de méd., etc. ou Recueil périod. des trav. de la soc. de méd. à Paris, t. LXVI, i8i9,in-8'\ p. 248. Le cas de DucLos, à Toulouse (Verelier-Dlxlos, prof, d'ace, à ïéc. de méd. de Toulouse mourut le 3 août 1839).

* Alf. Velpeau. Traité élé?n. de l'art des ace. Paris. 18:^9, in-8'', t. II, p. 807, 2e éd. i835, p. 404.

* GusT. BuRCKHARDT, Essaï sur r accouchement prématuré artificiel, employé dans les cas de rétrécissement considérable du bassin. Sirasb., juill. i83o, in-4°.

* Revue médicale., oct. i833, p. 142, séance del'acad. de méd. du 24 sept i833. * Ga-. méd. de Paris, 678 (Dans la Revue, le nom de Stoltz est écrit Stroltz). Ce que dit le journal témoigne d'un grand préjugé contre l'ace, prém. : « La pratique de M. St. est certainement très hardie, et nous ne voudrions pas prendre sur nous de la proposer comme un exemple à imiter. Provoquer un accouch. av. le terme fixé par la nature c'est condamner à mort un être humain ».

Ce que dit la Galette médicale est plus juste : « M. Stoltz, jeune professeur de Strasbourg, lit un mémoire sur la provocation artificielle de raccouchement prématuré. Cette opération a été considérée par les plus habiles accoucheurs comme funeste pour la mère et pour l'enfant, et par les médecins légistes comme un double attentat. M. Stoi.tz fait voir, par un cas heureux tiré de sa pratique, que, provoqué à propos pour la mère, et pour l'enfant, et par le mode d'exécution, cet accouchement peut sauver la vie de l'enfant et même celle de la mère, et qu'alors cet acte de l'art n'est plus un acte criminel. L'examen de ce mémoire est renvové à MM. iMoreau et Paul Dubois. »

Comme le Bulletin ofliciel de l'Académie de médecine ne date que de i836, c'est dans les journaux de l'époque qu'il a été nécessaire de se renseigner. (F.-J. H.)

P. Dlbois. Thèse de concours, citée plus haut, soutenue le i5 mai 183.^.

* Arch. méd. de Strasb. Strasb. et Paris, i835,in-8°. t. I.p. 18 et 243 ; t. II, p. 81. Tirage à part du « Mémoire et observations sur la provocation de l'accouchement prématuré dans le cas de rétrécissement du bassin, par J. Al. Stoltz.

* Bulletin de VAcad. roy. de méd., t. V. Par., 1840, in-8°, p. 25. '( Observ, d'une naine chez laquelle on eut recours à l'accouchement prématuré artificiel avec succès, par Paul Dubois », en extrait dans * Arch. gén. de méd., avr. 1840, in-8°, p. 5i3.

Obs. IL — Le professeur de Strasbourg, Joseph Alexis Stoltz

est né à Andlau (Bas-Rhin) le 3 déc. i8o3. Il a été reçu docteur à Strashouri2; le 21 août 1826; le titre de sa thèse est : * Considérations sur quelques points relatifs à l'art des accouchements. Strash., in-80. Contributions intéressantes sur le col, etlesmoditications qu'il subit, pendant la grossesse et l'accouchement; sur le mécanisme de l'accouchement, particulièrement sur les travaux de Naegele; une troisième partie est consacrée au levier. En 1829, St. a traduit un Recueil d'observations sur des cas de grossesses douteuses et une introduction critique sur la manière d'explorer, par le professeur Schmitt, de Vienne. Strasb., 1829, in-S». En 1834, de la délivrance, thèse présentée au concours pour la chaire d'accouchements de Strasbourg, laissée vacante par la mort de Flamant, in-4°.

M, le professeur STOLTza été un collaborateur actifdu Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques; de la Galette médicale de Strasbourg, oi\ se trouvent, de lui, de nombreux travaux. Doyen de la Faculté de médecine de Strasbourg, puis de celle de Nancy, il a pris sa retraite en 1879. Il vit depuis cette époque retiré dans la maison paternelle, jouissant de la plus haute considération méritée par son dévouement à la science et à l'humanité; il a été remplacé dans sa chaire de clinique obstétricale, à Nancy, par son élève, le traducteur de ce livre, qui lui-même est, depuis 1887, remplacé par son fils, A. Hkrrgott. (F.-J. h.)

§ 25o. — État actuel de Vobstétricie en France (1845).

La France n'est pas restée étrangère à l'essor si considérable que l'obstétricie avait prise, dans ces derniers temps, en Allemagne ; elle a produit des choses importantes pendant cette période, et ses représentants, parmi lesquels nous devons nommer A. C. Baudelocque, Velpeau, Paul Dubois, F. J. Moreau, Cazeaux, Chailly-Honoré, se sont efforcés, par leur zèle pour l'art, et par leurs écrits, de montrer combien ils avaient à cœur les progrès de l'obstétricie dans leur pays. La confiance aveugle, pour les doctrines de Baudelocque, s'était amoindrie peu à peu. Des vues plus claires, sur le mode suivant lequel s^accomplit la parturition, et les bienfaisantes conséquences qui en résultent pour la pratique, avaient pris racine en France; on constate aussi

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que les mérites de l'étranger y sont appréciés. La création, à la Faculté de médecine de Paris, d'une clinique d'accouchemenis, sous la direction de Paul Dubois, a été pour l'obstétricie un grand progrès, elle a répondu à un pressant besoin ressenti depuis longtemps (i), mais on attend son agrandissement qui aura lieu sûrement; car les portes de la grande Maternité de Paris restent fermées aux jeunes médecins, et le nombre des étudiants en médecine de Paris est si considérable, que la clinique de la Faculté, même avec les établissements d'instruction privés, est insuffisante pour que l'instruction des élèves puisse se faire avec fruit. Des sages-femmes continuent à donner un enseignement pratique aux étudiants (voy. plus haut § 242). L'accès de la maternité accordé aux élèves pourra seul remédier à cette grande défectuosité et réveiller en France cet amour de Tobstétricie, pour laquelle ne sauraient travailler que des hommes dont les fonctions permettent de faire, dans le champ de l'observation, d'abondantes récoltes, moyennant lesquelles seules le progrès de l'obstétricie est assuré. Cette condition est absolument désirable pour que la France soit en état de réunir ses efforts à ceux de ses voisins, attendu que chez elle a existé le berceau de cet art, qui, sur son sol, avait acquis sa plus grande perfection et brillait, il y a un demi-siècle d'un éclat tel, qu'il pouvait servir de modèle à tous les pays. Ce n'est pas l'amour-propre national qui conduit notre plume, nous ne disons ici que ce que des accoucheurs français ont trouvé eux-mêmes très exact, témoin les paroles par lesquelles Velpeau termine la notice historique placée à la tête de son livre (i835) : « ce simple coup d'œil, dit-il, montre, on doit en convenir, que, sous ce rapport, l'Angleterre, et surtout l'Allemagne, sont agitées, sourdement travaillées par un besoin de progression plus vif, plus étendu qu'en France. C'est au point, qu'après avoir si longtemps donné l'élan et servi de ber-

(1) Son effet immédiat a été de former des élèves qui s'honorent d'avoir été ses disciples; Dkpaul, Fajot, Taknier, qui ont porté, et les deux derniers, portent encore si dignement le flambeau de l'obstétricie en France. (F. -J. H.)

ceau à Part des accouchements, la patrie cI'Ambkoise Paré court véritablement le risque de se laisser dépasser, si elle ne se hâte de reprendre le sceptre que lui avait acquis Baudelocque. La tocologie est enseignée à Paris, au XIX« siècle, comme elle Tétait auxXVIP et XVIII*, après Baudelocque, comme au temps de Mauriceau, de Levret, ou d'ANXoiNE Petit. Toutes les avenues de la pratique d'une science si essentielle pourraient-elles être encore longtemps fermées aux élèves en France, quand elles leur sont si libéralement ouvertes partout ailleurs? Non; il n'est pas possible qu'un fait qui contraste d'une manière si tranchée avec renseignement des autres branches de la médecine se maintienne davantage parmi nous. Qu'il y ait dans la capitale de 4 à 6 cliniques tocologiques, comme il y en a de 12 à i5 pour la médecine, et bientôt, j'en ai la conviction, l'art des accouchements reprendra chez nous la prééminence qu'on ne lui contestait point il y a 25 ans, et que la France ne doit pas perdre, placée comme elle l'est, plus que jamais, à la tête des nations scientifiques et libérales » . Puisse ce vœu se réaliser pour Paris, ce soleil de la France !

Les livies les plus importants des accoucheurs français cités plus haut sont :

Obs. I. — Les écrits de A. G. Baudelocque, qui sont encore à citer ici, après ceux de Yobs.I du% 248, sont : Traité de la péritonite puerpérale. Par., i83o, in-8°. * Traité des hémorrhagies internes, qui surviennent pendant la grossesse., dans le cours du travail et après V accouchement. Par., i83i, in-8°. Deux mémoires couronnés; nommé médecin des enfants, il a composé un xva\xé de la maladie scrofuleuse. Par., i838, in-8°.

* Alf. Velpeau, Traité complet des accouchements ou tocologie théorique et pratique, avec 16 pi. grav. * Par., 1829, 2 vol., in-8°, * 2^ éd., i835. L'auteur, élève à la maternité de Tours, et interne à l'hôp. St-Louis, où des parturientes étaient aussi admises, a été nommé, à la suite d'un brillant concours, prof, de clin, chir. à la fac. de méd de Paris et chirurgien de la Charité. Il avait concouru pour la chaire de clinique obstétricale avec P. Dubois qui fut nommé. Velpeau a aussi composé un traité d''embryologie ou ovologie humaine. Paris, i833, in-f°.

Paul Dubois a écrit des mémoires excellents sur l'auscultation

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(voy. plus haut ^ 247), sur le mécanisme de raccouchcment. Journal de méd. et de chir. ([834), sur l'e'troitesse pelvienne et l'ace, prémat. artif. (voy. § 249), etc. Il a enseigné les accouchements avec autant d'autorité que de distinction dans sa chaire de clinique d'accouchements (dep. 1834). Il a partagé avec Danvau, les fonctions de chirurgien de la Maternité.

(Il est mort en 1862).

' F. J. MoREAU,* Traité prat. des ace, 1 vol. in-S". Paris, i838- 1841. avec un bel atlas in-S". Moreau était professeur théorique d'accouchement, des maladies des femmes et des enfants, à la Faculté de méd. et médecin de la Maternité.

" P. Cazeaux, ancien chef de clinique d'accouchement de la Fac. de méd. de Paris. Traite thc'or. et prat. de l'art des accouch. ace. de pi. Paris 1840, in-8\ 2^ éd. 1844, * 6^ éd. i858.

Chailly-Hon'oré, Traité prat. de Fart des ace. av. 216 fig. grav. s. bois dans leiexte. Par., 1842, * 4*^ éd. 1861, Tauteurdans sa préface de la i^* éd. dit qu'il a exactement reproduit l'enseignement de p. Dubois (qui avait commencé un traité, en collaboration avec M. Pajot, mais dont il n'a paru qu'une livraison).

Obs. II. — On trouve dans l'écrit récent de S. J. Otterburg, * « Das medic. Paris (le Paris médical). Carlsr., 1841, in-S», p. 86. La liste des cours privés d'accouchements qui existent à Paris, indépendants de la Faculté. On y trouve aussi p. 1 1. une notice sur la clinique nouvelle dobstétricie de Paris. Sur la maternité. Voy. : Kiir^e Schilderimg eines Besuchs (i838), im Entbindnngshosp. :[u. Paris, von J. Fr. Osiander (Courte notice sur une visite à la Maternité de Paris), dans .Y. Zeitschr. f. Ge^.,t.XIV, p. 32 1.

Obs. m. — Parmi les sages-femnies qui enseignent à Paris, Velpeau nomme (ouv. c, p. civ ) M""^^ Dutillei x, Lacour, Lachapelle (nièce) et Mercier. Lors de mon séjour à Paris, en i83i, je vis, par hasard, dans mes pérégrinations la grande enseigne de M™= Dutilleux dans la rue du Paon ; je ne pus m'empêcher de la copier, la voici :

« M'°^ Dutilleux, maîtresse sage-femme jurée. Reçue par la Faculté de médecine de Paris. Enseignant, avec autorisation depuis nombre d'années, la chirurgie des accouchemens pour MM. les élèves en médecine, tant nationaux, qu'étrangers, continue ses cours journaliers de théorie et de pratique pendant toute l'année scolaire.

« M'"^ Dutilleux continue aussi de recevoir en pension les dames enceintes à toutes les époques de la grossesse, dans une maison d'accouchement. Elle est visible tous les jours, dans son cabinet, rue du Paon, n° 2, depuis 10 heures du matin, jusqu'à I heure.

SIEBOLD-HRRRGOTT. U — (2

658 NEUVIÈME ÉI'OQUE

« Consultations gratuites pour les maladies des femmes et des enfants, tous les mardis et lundis, de 9 heures à midi. »

Si, comme Velpeau le dit, et comme cela m'a été répété à moi-même à Paris, ce sont les « mœurs et l'humanité » qui mettent obstacle à la création d^une grande Maternité ouverte aux étudiants, il faut convenir que l'enseigne de M™« Dutilleux a l'air d'une ironie amère au point de vue de la « moralité ». « Difficile est, satyram non scribere ».

§ 2 5i. — Les maternités de V Angleterre au XIX'' siècle.

C'est avec la doctrine de Denman (| i 89), qui a suivi presque complètement les vues lumineuses de Smellie, que Tobstétricie de l'Angleterre entre dans le XIX^ siècle. Elle ne trouvait pas devant elle les obstacles qui s'opposaient, en France, à son épanouissement et à ses progrès ; partout on avait organisé, en Angleterre, des établissements d'instruction, une fausse pudeur n'empêchait pas de confier les femmes aux soins des hommes; les sages-femmes ne jouissaient pas en Angleterre de cette considération dont elles étaient entourées en France. Il en résultait que les accoucheurs pouvaient trouver une riche moisson dans le champ de l'observation, et l'Angleterre n'a jamais manqué d'écrivains distingués pour enrichir l'obstétricie de leur travaux; le caractère particulier qui distinguait l'obstétricie anglaise, au siècle dernier, se maintenait dans celui-ci. Les lumières et les ombres sont plus nettement accusées que dans les autres pays. Depuis longtemps les anglais avaient trouvé dans l'observation de la nature la véritable voie du traitement. Les excellents préceptes de Smellie étaient toujours suivis, et les efforts réunis des accoucheurs anglais, au XIX* siècle, ont toujours eu pour but de maintenir l'art à sa hauteur. Mais les erreurs des fâcheuses doctrines d'OsBORN, à la fin du siècle dernier (^ 142), avaient jeté de profondes racines chez une nation qui avait l'honneur d'avoir inventé le forceps', et qui aurait dû cire ainsi préservée de ces erreurs. 11 faut dire que ce n'est pas sur le sol anglais que le nouvel instrument avait

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prospéré ; ce n'est que par sa transplantation sur le sol français qu'il a pu porter tous ses fruits, qui, du reste, n'eurent jamais accès en Angleterre, La forme même, donnée à cet instrument par les accoucheurs anglais, devait s'opposer à la libre expansion de son application, et justifie parfaitement le conseil de n'appliquer le forceps que quand on sent facilement l'oreille de l'enfant, et quand la tête est arrivée sur le périnée. Cette restriction, dans remploi de cet instrument, devait souvent rendre nécessaire la diminution du volume de la tête pour rendre l'accouchement possible ; de là la fréquence de la perforation en Angleterre, et ce précepte : « on ne pratique pas la perforation parce que l'enfant est mort, mais parce qu'il est impossible d'accoucher autrement la mère » (Burns). La vie de l'enfant compte peu pour les accoucheurs anglais, jamais il n'ont été partisans de l'opération césarienne ; ils ne l'admettent que quand il y a impossibilité absolue défaire passer l'enfant, même réduit de volume, par le canal pelvien. Aussi, toutes les opérations césariennes se sont terminées d'une façon malheureuse en Angleterre, ce qui ne devait pas engager les accoucheurs à la pratiquer. Ils conviennent eux-mêmes que l'insuccès de l'opération, chez eux, résulte de ce qu^on n'y a recours que quand la femme est épuisée par un long et infructueux travail, et qu'il n'y a plus aucun espoir de le voir terminé autrement que par l'opération césarienne (Conquf.st). Par contre, l'accouchement prématuré artificiel s'est généralisé en Angleterre où il a été inventé (§ 140); les accoucheurs anglais y ont cherché un moyen d'éviter la perforation, et ils disent nettement que, de cette manière, on a sauvé la moitié des enfants qui eussent été perforés. Les anglais ont accordé une grande attention aux phénomènes dynamiques de l'accouchement. Des idées très remarquables ont été émises, par eux, sur les contractions (Power). Ils ont contribué beaucoup à enrichir le diagnostic obstétrical par d'estimables travaux (Montgomkry). Les accoucheurs anglais les plus distingués ont cultive la gynécologie avec une grande prédilection, ils ont consacré, dans leurstraités d'accouchements, des chapitres importants à la gynécologie et aux maladies des femmes

enceintes et accouchées. La restriction apportée par les anglais à l'emploi du forceps les a conduits à une grande prédilection pour l'emploi de Topium, ils le prescrivent à des doses énormes dans les accouchements prolongés ; les accoucheurs allemands ne sauraient les suivre dans cette voie pouvant conduire à des malheurs. C'est ainsi que nous voyons le côté lumineux et obscur de l'obstétricie anglaise, ce dernier, toutefois, ne diminuera en rien la sympathie que nous avons pour cette nation. Puisse la « Obstetric Society », fondée à Londres en 1825, atteindre son but, faire progresser l'art et affranchir les femmes de l'effet de ces erreurs.

Obs. — L'accoucheur anglais Johx Ramsbotham, à Londres, dans son * Pract. observations in Aîidwi/ery nnth a sélection of cases. Lond., 1821, in-8'^, publie quatre-vingt-dix cas dans lesquels l'accouchement avait été (ou avait paru) impossible, par suite de l'étroitesse pelvienne, ou de la grosseur de la tête, et qui furent tous terminés par la perforation. Combien de ces accouchements n'auraient-ils pas pu être terminés par le forceps? Une seconde édition de ces observations pratiques parut en 1842. Lond., in-8°.

Robert Collins, qui fut pendant sept ans (de novembre 1826i833) directeur de la maternité de Dublin (les fonctions alternent tous les 7 ans), raconte dans son intéressant écrit : * A practical Treatise on Midwifery containing tlie Resuit to 16.664 Births occurring in the Dublin Lying-in Hospital., Lond., i836, in-80, dit que sur ce nombre, le forceps ne fut appliqué que 24 fois, que la perforation fut nécessitée cent dix-huit fois, ainsi une fois le forceps sur 608 accouchements, et une fois la perforation sur 144! Par contre, on observa 34 ruptures de la matrice. Ces résultats confirment parfaitement ce que nous avons dit plus haut, et démontrent la triste vérité de ce que dit Blun- DELL : « It is a fundamental axiom of British midwifery, that we must save the mother, corne what may to the child », mais on se demande, comme le dit l'auteur, s'il est : « equally approved of by the head and heart » ? Les questions que D. Davis, accoucheur à Londres, a adressées aux accoucheurs allemands, en 1824. sur l'emploi des instruments, dans les accouchements, avec la prière de vouloir bien y répondre, sont importantes, et caractérisent l'état de l'art à cette époque en Angleterre, celles surtout qui ont trait à l'emploi du forceps. Voy. : * Journal de Siebold, t. V, p. 184.

Sur la société obstétricale de Londres, voy. la notice de son

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secrétaire Fr. Ramsbotham dans : ^ Lond. med.Ga:^., t. VI. Lond., i83o, p. 396. L'excellent journal dirigé par le savant John FoRBEs : * The British and foreign medic. Revie»'. Lond., i836, in-8°, qui renseigne les anglais sur les événements de l'étranger, et qui a donné à l'obstétricie un rang important par l'échange des idées, sera très utile aux anglais.

§ 2 52. — Auteurs jnglaia d'obstétricie. Londres.

Le zèle des anglais, pour l'obstétricie, est prouvé par le grand nombre d'ouvrages consacrés à cet art,, au commencement du XIX* siècle, dans les trois royaumes. Les uns s'occupent de la totalité de l'art et de ses principes (Traités d'ace), d'autres de quelques parties seulement, mais traitées d'une manière complète. Enfin, les nombreux journaux de médecine publiés dans les trois capitales contiennent beaucoup de mémoires et d'observations relatifs aux accouchements qui, répandant et échangeant les nouveautés, rendent, à la diffusion des connaissances, les plus grands services. Londres marche en tète avec ses nombreux établissements d'instruction, et ses maternités si bien organisées ; les écrits des Merriman, Ramsbotham, Conqcest, Power, Davis. Ryan, Ashwell. Walter, Lee, Rigby, et autres, montrent que ces mines si riches d'observations obstétricales, de cette grande capitale du monde, n'ont pas été ouvertes en vain. Parmi ces maîtres, le vénérable Merriman, accoucheur à l'hôpital Middlesex, s'est efforcé de classer, dans un ordre rigoureusement nosologique, les accouchements contre nature; il admet i5 classes de a dystocies » et il expose son système dans un ordre lumineux. Un supplément, renfermant des éclaircissements et des observations, sert à faire comprendre la théorie de l'auteur. Power, Conqlest, Ryan. l'accoucheur de Guy-Hospital, Ahswell, G. Walter et Edw. Rigby, accoucheurs à General Lying-in Hospital ont publié des traités très utiles. Ramsbotham, médecin et accoucheur à la maternité de laGharité, a publié les observations de sa prati-

que si étendue (voy. § 25 i, obs.), il a aussi publié, en 1846, un ouvrage plus complet comprenant les principes de l'art. Le judicieux RoB. Lee, médecin et accoucheur au British Lying-in Hospital, a enrichi la nosologie des maladies puerpérales de ses recherches si distinguées. Ses écrits sont très estimés dans son pays. Davis, professeur au collège de l'Université et accoucheur à l'hôpital de l'université, a ouvert une voie particulière pour l'amélioration de l'art en cherchant à démontrer, dans ses Eléments ofopei-at. Midipifery, publiés en 1825, que, depuis 5o années, cette branche avait été très négligée en Angleterre, qu'on s'était trop facilement laissé aller à abandonner à la nature la plupart des accouchements ; il s'efforça surtout de donner une plus grande extension à l'emploi du forceps; dans ce but, il a modifié la forme de cet instrument, et construit des variétés destinées à certains cas particuliers, en donnant à une des cuillers plus de largeur et une courbure céphalique plus considérable, etc., modifications qui n'ont dû avoir pour effet que de rendre son application plus difficile et plus effrayante. Davis s'est acquis une réputation regrettable par ses doctrines sur la perforation, pour l'exécution de laquelle il avait imaginé une foule d'instruments nouveaux : des forceps crochets, des pinces pour écraser les os, un embryotome au moyen duquel on pouvait faire la décollation du fœtus. Nous nous bornons à ces observations sur ces instruments et ces méthodes opératoires imaginés en l'an de grâce 1825. Il nous faut mentionner encore les leçons ingénieuses de J. Blundell, professeur d'accouchements à Guy-Hospital, publiées en i83o et i83 i, et celles de Th. Castle, en 1834. Ce dernier livre n'est qu'un coup d'œil sur l'état de l'obstétricieen Angleterre, car la forme de cet écrit, destiné aux élèves, a laissé au maître toute liberté pour exprimer sa pensée, dont a profité largement le spirituel professeur. C'est ainsi qu'ont paru les leçons de Ramsbotham, de Ryan, et de R. Lee. Le premier a accordé une attention spéciale au bassin. Le contenu de ces leçons confirme pleinement ce que nous avons dit, dans le ^ 25i, sur l'obstciricie anglaise en général.

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Obs. I. — Les écrits des auteurs que nous venons de mentionner sont :

*Sam. Merriman, a Dissertation on Rétroversion o/the Womb^ incliidingsonie Observations on Extra-iilerine Gestation. Lond., 1810, in-8°. — Synopsis of the varions Kind of difficiilt Parturition. Lond., 1814, in-12, 4^ éd. 1826, 5« éd., 1839. Trad. en allem. par H. ^'r. Kilian. * Mannh., 1826, in-S" (Merriman est mort en i8ig à l'âge de87 ans).

J. T. CoNQUEST, Outlines of Midivifety developpingits Principles and Practice. Lond., 1820, in-8°, S"^ éd , i83i (Trad. d'après les conseils de NAEGELE)par Otterburg. * Heidelb. u. Leipz., 1834, in-S".

J. Power, Treatise on Midwifery. developping new Principes, etc. Lond., 1819, 2«éd., 1823, 3" éd., 1839 (L'auteur avait d'abord pratiqué la méd. et les ace. à Markel Booswoith, puis à Londres).

* David D. Davis, Eléments ofoperative Midnnfery ^ comprising a Description of certain nexp and improved Poncer s for assistingdifficult and dangerous Labours ; illustr. by Plates, jpith caiitionary Strictures qf the improper Use of Instrument . Lond., 1S25, in-4''. — Plus tard : The Principles and Practice ofObstetrie Medicine, in a Séries of systematic Dissertations on Midwi-

fery and the Diseases of Women and Children. Illustr. by num. Plat. Lond., i836,2 vol. in-4'', sec. édit., 1^4^ (Davis est mort en déc. 1845).

M. Ryan,^ Maniial ofMidwifery, etc. Lond., 1828, 3eéd.,i83 i (l'auteur est mort en 1841).

S. AsHWELL, Practical Treatise on Parturition^ etc Lond., i838, in-S" (l'auteur a été le successeur de Blundell à Guy- Hospital, après que celui-ci s'était retiré en 1834.

G. Waller. Eléments of practical Midjpifery., 2° éd., Lond., i83r, in-12 (l'auteur a publié la dernière édition du traité de Denman (voy. § 139). ,

* RoB. Lee, Researches on the Pathologr and Treatment of s orne of the most important Diseases of Women. Lond., i833, in-8", trad en allem. par G. Schneemann. * Hanov., 1834, in-8°, * The anatomy of the Nervesof Utérus, witli. 2 plat. Lond., 1 841 , in-8''. Clinical Midwifety n>ith the Historiés q/'400 Cases of difficult Labour. Lond., 1842. 'wi-S". Lectures on the Theory and Practice of Midwifcry.^ with numerous Wood-Engravings. Lond.. 1844, in-80.

Franc. H. Ramsiîotha.m. The Principles and Practice of Obstetrie Medicine and Surgery, in Référence to the Process of Parturition : with 100 illustr. Lond., 1841, in-S".

Edw. RiGBY. A System 0/ Midwifery. Lond., 1841, in-S" (Forme la 6^ partie de « Library of Medicin. édid. by Tweedie).

664 NEUVlF.Mi; ÉPOQUE

Le digne auteur, formé à Heidelberg, s'est efforcé de répandre dans son pays les principes de Tobstétricie allemande. H a publié des mémoires et notices sur sa pratique obstétricale dans : * Lond. mcd. Ga:^., années XII, XIV, XVI et XVII.

Obs. II. — Les leçons de Blundell ont d'abord paru dans la Lancct, puis, plus tard, ont été réunies en un livre : * The Principles and Practice of Obstetricy as at présent taiight, by James Blundell. By Thom. Castle. Lond., 1834, in-8° (av. des grav. s. bois dans le texte), trad. enallemand par L. Calmann. Leipz., i835 et i836, in-8°, nouv. éd. avec notes et additions par Alexander Cooper Lïïe et Nathanjel Rogers. Lond., 1840, in-8°. Les leçons de Ramsbotham et de R. Lee ont paru dans * Lond. med. Grt:^., vol. XIII et XIV, i833 et 1834, et dans vol. XXXI et XXXII 1842, 1843. Les leçons de Ryan ont été publiées dans : * The med. and siirg. Journ. vol. I, Lond., i836.

Obs. III. — Nous devons encore une mention honorable à des mémoires publiés dans divers journaux anglais : de Thom. Radford, prof, d'ace, à Royal School of Med. andSurg. à Manchester; ils ont paru ensemble: Essays on vaj'ious Siibjects connected n'ith Midnnfei^y. Manch., i83q, in-S".

Ingelby, professeur à Birmingham a publié aussi : Pract. Treatise on utérine Hœmorrh. in connex. with Pregnancjr and Partiirition. Lond., i832, in-8° et Facts and Cases in obstetric Medicin. Lond., i836, in-8°.

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