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brité telle, qu'elle fut mentionnée honorablement, en public, par la Faculté.
§ 243. — Strasbourg. J. Fr. Lobstein. R. P. Flamant,
La vieille réputation que, dans le domaine de l'obstétricie, Strasbourg avait acquise depuis les premières années du XVIII* siècle, se raviva au commencement du XIX®. Celte ville avait sur Paris le grand avantage de posséder un établissement d'instruction obstétricale ouvert au public, dans lequel, les élèves pouvaient s'instruire facilement. Strasbourg formait comme un trait d'union entre la France et l'Allemagne, les j^rofesseurs de l'université de cette ville étaient, depuis longtemps, au courant de ce qui se passait dans les deux pays, dont ils parlaient les langues; plusieurs professeurs étaient d'origine allemande. Jean Fred. Lobstein (né à Giessen le 8 mai 1777) fut chargé, en 1808, des fonctions de directeur de la maternité de l'hôpital civil et de l'école des sages-femmes. Les notices, qu'il a publiées sur le service qui lui avait été confié, révèlent un homme au courant des découvertes modernes ; ce n'est qu'avec une grande discrétion qu'il avait recours aux instruments, et ce qu'il a publié sur son service montre qu'il n'avait paslaissépasser, sansy avoir égard, les enseignements de l'école de Vienne : c'est ainsi qu'il abandonnait à la nature les présentations de la face, et il voyait sa manière de faire couronnée de succès, même, comme il le dit, « quoi que tout semblât présager une fâcheuse issue ». Son étude de prédilection était l'anatomie pathologique. En 1804, ^^ ouvrit un cours d'anatomie, et étendit ses recherches dans le domaine de l'obstétricie phvsiologique. Ses travaux sur la nutrition du fœtus, sur la structure de la matrice humaine, et la fondation du magnifique musée d'anatomie pathologique lui valurent d'être nommé, par l'influence de CuviER, professeur d'anatomie pathologique, chaire créée pourlui. Plus tard ilfutchargédelaclinique interne. Il mou-
rut, le 7 mars 1 835. A la même époque, R. P. Flamant enseignait la chirurgie et les accouchements à la Faculté de médecine; c'était un professeur très estimé et un praticien très aimé. Il a écrit sur le forceps un excellent mémoire (1816), dans lequel il a cherché à mettre en lumière l'utilité de ce précieux instrument. Ce qu'il dit sur le mécanisme de l'accouchement (p. 9.) est conforme à la nature ; il est regrettable que ce sujet important n'ait été traité par lui qu'incidemment. En 1795, Flamant enseignait déjà l'utilité de la version céphalique, dans certaines circonstances; ses élèves ont appelé aussi Pattention du public sur ce procédé opératoire, depuis longtemps oublié.
Obs. I. — Pour la biographie de Lobstein voy. : * Arch. méd. de Strasb., avril i835, p. i52 et * Salzb. med. chir. Zeit., i835, t. IV, p. 364. Ses écrits sont : * Essai sur la niiti'ition du fœtus. 1802, Strasb., in-4°i^trad. en allem. par Th. Fr. Kestner, Halle, 1804, in-8°). * Fragment d''anatomie physiologique sur V organisation de la matrice dans l'espèce hum. Par., i8o3,in-8°. * Observations d'accouchements recueillies à la salle des accouchées de Vhôpit. civil de Strasb.. in-S^ (du 22 mars 1802 jusqu'au 3i déc. 18 14). Lobstein a aussi composé un Manuel pour les sagesfemmes. Strasb., 1827, in-80. * Traité d'anatomie pathol.,\. I. Par. et Strasb. 1 829, in-S", et Atlas, t. II, ibid., 1 833, in-8° et Atlas.
Obs. II. — Pierre René Flamant est né à Nantes, le 29 août 17G2 ; il fit de brillantes études chez les Oratoriens de cette ville, puis étudia la médecine, avec beaucoup de goût et d'ardeur; il fut nommé, très jeune, aide-major d'un régiment d'infanterie en garnison à Caen; il obtint la permission de compléter ses études à Paris, sous les maîtres qui y enseignaient : Desault, Chopart, Sabatier, Baudelocque, Lauverjat, etc. Le régiment fut envoyé à Nancy, où Flamant eut occasion de sauver la vie à une cantinière en travail, dont il entendit les cris en faisant sa visite des chambrées. Il se fit recevoir bachelier en médecine à l'école de médecine fondée par Stanislas, et, à cette occasion, il écrivit une thèse « Tentamen de Jluore albo », ensuite le régiment fut envoyé à Besançon; il fut attaché peu après comme chirurgien major aux armées de Rhin-et-Moselle, prit part à diverses campagnes ; puis fut appelé à Strasbourg pour professer l'aiiitomie et la chirurgie au collège des Jésuites, devenu le Lycée. Lors de la fondation de l'Ecole de santé de Strasbourg, établie par la Convention à la place de l'université, il fut nommé professeur de chirurgie et d'accouchements. Après la fonda-
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tion de l'université, celle-ci lui décerna le titre de Docteur, et le nomma professeur de Chirurgie et d'accouchements à la Faculté. Après la mort de Baudelocque, Flamant vint concourir à Paris (iSii) pour sa chaire , Antoine Dubois fut nommé. A cette occasion, il publia une thèse sur « V opération césarienne ».
Outre les écrits cités ci-dessus, Flamant publia, en Tan VI, un Programme de son cours d' accouchement, où il propose et décrit la version sur la tête ; cette méthode fut soutenue par deux de ses élèves : Labbé, an XI et Eckard, an XI. Il publia lui -même sur ce sujet un nouveau travail dans le Journal complémentaire des se. méd., t. XXX. * Mémoire pratique sur le forceps. Strasb., 1816, in-8° av. fig. et dans le Journ. compl., t. XXIX, i8'3i, un mémoire sur le levier. Le successeur de Flamant à Strasbourg fut l'éminent professeur J. A. Stoltz qui avait été son élève.
Nous avons cru devoir donner ces renseignements sur celui qui fut \e premier professeur de clinique obstétricale d'une Faculté de médecine française. L'éloge historique de Flamant a été écrit par le Dr G. L. Varlet, son ancien interne. St-Dié, i833. (F.-J. H.)