DEPUIS LA FIN DU XVIII® SIECLE JUSQUA
tellectuelle. Ces filles de l'Abyssinie ne sont inférieures, en intelligence, a aucune autre race. Cent filles et femmes, 20 de la ville, et4 de chaque province, sont instruites aux frais de l'État, et destinées à remplacer, par leur habilité, l'ignorance et les pratiques superstitieuses des sages-femmes actuelles. Ces matrones, après avoir employé inutilement les évacuants et les moyens les plus ridicules et les plus dangereux, faisaient sautiller un enfant entre les cuisses de la femme pour exciter le foetus à l'imiter. Heureusement que les accouchements difiaciles sont rares, au moins dans la classe des ouvriers (fellahs), mais, contre la stérilité et contre la grossesse, ces matrones emploient, sans conscience et sans scrupule, des moyens malheureusement actifs ; les femmes enceintes ne croient être responsables de leur enfant ni devant Dieu ni devant les hommes. Les nouvelles sages-femmes auront aussi l'avantage d'apprendre à traiter certaines maladies secrètes des femmes, « qui aiment mieux mourir, que de se laisser soigner par les hommes», suivant un préjugé très enraciné chez les Arabes. Sur l'ordre du gouvernement, il a été établi, au cap de Bonne- Espérance, depuis le 3 mars 1829, un enseignement régulier des sages-femmes,
Obs. — Voy. : * Zeitschr f d. gesammte Mediiin^ etc., VII. Hamb., i838,in-8% p. 547. « Progrès de la méd en Afrique, par Clôt Bey. « Nous devons à sa plume exercée une excellente description de V établissement S accouchement à Abii-Z abel », voy. encore son ouvrage sur le règne de Mehemet Ali (trad. en allem. I part. Stuttg., 1844, in-8û, p. 365).
Sur l'établissement du cap de Bonne-Espérance, * Sal^b. med. chir. Zeit., t. I, i832, p. 496.
§ 262. — Conclusion.
Nous terminons, ici, cet essai d'une histoire du développement et des progrès de l'obstétricie, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos Jours. Ce travail a dû être interrompu au milieu
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d'une époque dont le terme, encore loin de nous, devra être fixé par nos successeurs. C'est avec un admirable ensemble que les nations du monde civilisé travaillent à l'édification d'une science dont le développement a été rapide dans ces derniers temps. Un arrêt n'est plus à redouter, car la part qui a été piise à cette œuvre est devenue générale. Ce qui a été acquis, avec tant de peine, est confié à la sollicitude générale, qui est la garantie du progrès.
Beaucoup reste à trouver encore, mais Tardeur pour découvrir la vérité, ce sentiment que Dieu a mis dans le cœur de tous, ne s'éteindra pas, bien que la perfection absolue ne puisse Jamais être atteinte. « Ce n'est pas la vérité que chaque homme possède ou croit posséder, mais c'est le travail pour l'acquérir qui fait le mérite de l'homme, car ce n'est pas par sa possession mais par l'effort de ses reche)ches pour la trouver, que s'augmente sa puissance, que grandit sa perfection ». C'est par ces paroles d'un sage que nous terminons notre œuvre. Nous avons été loyalement à la recherche de la vérité, c'est ce sentiment qui nous a donné le courage de poursuivre notre œuvre dans une voie où, au début, nous avons rencontré tant d'épines.