EDOUARD GASPARD JACQUES DE SIEBOLD XIX
seurs particuliers pour développer les talents qu'annonçait cet enfant. Il étudia les éléments dans les écoles de la ville, et, de bonne heure, il apprit la musique, pourlaquelle il manifesta les plus heureuses dispositions, si bien qu'à l'âge de 9 ans il put exécuter un concerto de piano dans un concert public. De Sie- BOLD mentionne aussi un autre enseignement que lui fit donner son père : celui du tambour, dans le but d'assouplir les poignets, de là sa prédilection pour les timbales, qui, sans qu'il y paraisse, ne peuvent être confiées qu'à un musicien solide ; de là sa préférence pour cet instrument, quand il devait prendre part à une exécution orchestrale. Il apprit aussi le violon, dont il jouait avec une habileté qui lui procura de grandes Jouissances, et qui eut sur son éducation musicale la plus heureuse influence.
Bien préparé pour l'étude des langues anciennes, il entra en 1812 au Gymnase dirigé par des ecclésiastiques, où cet enseignement était bien donné, mais où l'on mettait au second plan les langues vivantes; cette lacune était comblée par des leçons particulières. Comme distraction, on cultivait l'entomologie qui charmait les promenades de l'été; on Jouait aussi des drames de Schiller dans la maison du père de Dollin- GER son ami, qui devint chanoine à la cathédrale de Munich, puis, plus tard, le chef d'une secte dissidente qui s'intitulait les Vieux catholiques.
On était, à ce moment, dans un temps agité par la guerre et la politique, qui, loinde troubler et d'inquiéter les enfants, était pour eux une source de distractions ; le souverain, qui tenait alors les destinées du monde dans ses mains puissantes, avait mis en mouvement toute l'Europe ; chaque fois que Napoléon ou son armée touchait la ville, c'étaient