XXII EDOUARD GASPARD JACQUES DE SIEBOLD
tion à Wûrtzbourg, dans laquelle il avait pris ses habitudes, où il était honoré de la confiance la plus entière, et où il avait sa maison entourée d'un beau jardin, tandis qu'à Berlin tout était à recommencer, comme il le disait souvent avec une profonde tristesse ; il était même entravé dans son enseignement par l'insuffisance d'un établissement où tout était à créer.
La confiance du public se trouvait en d'autres mains, l'appartement qu'on occupait était petit et insuffisant ; toutes ces entraves et causes de plaintes avaient naturellement retenti dans le cœur delà maîtresse de la maison, qui en prit un profond chagrin, et bientôt tomba malade pour ne plus se relever. Cinq enfants, deux fils et trois filles, dont la dernière n'avait pas encore trente mois, pleuraient cette mère excellente; le père regrettait amèrement sa douce compagne qui avait été son meilleur soutien. Il fallut un temps bien considérable pour se remettre de cette catastrophe qui rendait la résidence actuelle de plus en plus pénible. Toutefois, on finit par s'y habituer peu à peu. L'installation de la nouvelle maternité avançait à grands pas et donnait au professeur l'occasion d'un enseignement plus large et d'un travail plus fructueux. De toutes parts accouraient à Berlin de nombreux élèves pour étudier les accouchements, ou pour imprimer à leurs études la dernière perfection. Les malades aussi affluaient et donnèrent au maître des satisfactions qui, au moins extérieurement, pouvaient le consoler.
Les fils étaient heureux, depuis quelque temps déjà, de la liberté que la grande ville leur avait procurée. A Wûrtzbourg ils avaient été soumis à une surveillance rigoureuse dans la maison paternelle et au Gymnase, où des règlements sévères